Top 10 2020 de Weirdsound

Weirdsound, le top 2020 de la rédac!

Chaque année à la même période, il revient. Non, pas le père Noël, mais le difficile choix cornélien du top 10 des rédacteurs de Weirdsound. Alors que cette année s’annonçait aussi morose sur le plan musical que sur le plan social, la pandémie noircissant peut-être le tableau des sorties et donnant l’impression qu’il y avait très peu de bonnes productions, force est de constater que lorsqu’arrive l’heure du bilan, c’est tout l’inverse. En dépit de l’absence de concerts, il y a eu de très, très bonnes productions et en assez grand nombre. Il est possible que beaucoup d’artistes aient décalé la sortie de leur album pour privilégier les périodes hors confinement…

Alors ici, pas de Taylor Swift, pas d’Ariana Grande, mais une véritable sélection hétéroclite sortie du cœur et des tripes de nos chroniqueurs. Vous y trouverez les albums qui nous ont accompagnés durant cette année difficile, nos coups de cœur, et, pour la première année, une sélection d’EP. Enfin, pour revenir au père Noël, n’hésitez pas à offrir des disques pour soutenir les artistes ! Vous pouvez passer directement par les labels ou Bandcamp….c’est encore mieux!

Et pour la première fois, devant vos yeux ébahis…

Le top 10 de la rédaction, enfin ! Non, non, pas seulement celui de chaque rédacteur, mais pour la première fois de son histoire, un vrai top collectif. Pour en savoir plus sur ces disques, et sur les raisons qui nous ont amenés à les porter au pinacle, rendez-vous plus bas, dans nos top individuels.

1 – RoneRoom With A View

2 – Tunngpresents…Dead Club

3 – Fontaines DCA Hero’s Death

4 – Sigur RosOdin’s Raven Magic

5 – A. A. Williams Forever Blue

6 – Other LivesFor Their Love

7 – CS+Kreme Snoopy

8 – Ian William CraigRed Sun Through Sky

9 – DeftonesOhms

10 – Isabel SörlingMareld

Le top des rédacteurs

Mr Moonlight

Peut-être que la surcharge de travail qui a résulté du premier déconfinement n’a pas permis de chroniquer autant de disques que j’aurais aimé le faire. Ou alors la faute revient peut-être à la procrastination. Va savoir. C’est donc un top 10 amputé de certains disques qui valent le détour, comme toujours, que je vous propose. Ainsi, passent très près de la sélection le dernier P. G. Lost, Oscillate, Moaning et son très 80’s Uneasy Laughter, Geezer avec son Groovy, Clarys et le très beau De Là, ou encore le live de Nick Cave sombre et douloureux, et le proche cousin de Gostheen, Fall to Pieces de Tricky… Mais place aux albums qui m’ont chamboulé cette année, et vive la bamboche (merci Thomas VDB) !

1-Kvelertak – Splid

Ce fut une des premières chroniques de l’année, un de mes premiers coup de cœur, et durant ces quasi 365 jours, je n’en ai pas démordu : ce nouvel opus de Kvelertak avec leur nouveau hurleur, Ivar Nikolaisen, est une bombe! Le discours radical sur un monde qui s’effrite ne pouvait que trouver un auditeur attentif en ma personne atteinte d’une forme aiguë de solastalgie. Dégustez donc sans modération ce petit live post-confinement enregistré en mai dernier.

Kvelertak – Bratebrann

2 – Protest The Hero – Palimpsest

Les Canadiens de Protest The Hero nous offrent avec ce Palimpsest, un brulot anti-Trump qui revisite l’histoire US en prenant le contrepied de la vision du monde du futur ex-président (presque) néo nazi. Après la rééducation des cordes vocales du chanteur, Rodi Walker, la musique du groupe sort renforcée, plus pêchue et directe. D’une énergie communicative et d’une efficacité technique hors-pair, Palimpsest est ce qui manquait à 2020 pour ne pas sombrer dans le fond du fond de la déprime. Mais pour en savoir plus, connaitre les détails historiques évoqués dans les titres, vous pouvez lire cette très bonne chronique qui décortique les morceaux de cet album !

Protest The Hero – The Canary

3-DeftonesOhms

Voilà bien des années, j’ai acheté, plus par curiosité qu’autre chose, je l’avoue, le CD d’Adrenaline. Convaincu, je m’étais jeté sur White Pony, puis j’avais un peu oublié les disques suivants. Si le groupe a bien évolué depuis et a posé les bases d’un genre, les albums récents ne déclenchaient guère qu’un intérêt modéré chez votre serviteur. Mais là… avec Ohms ! Tout à coup, c’est, comme je l’écrivais, toute l’essence du groupe qui revient au premier plan. Et avec quelle puissance ! Décriés par certains, boudés par d’autres, personnellement, je ne me lasse pas d’écouter ces titres si « Deftones« , si bons ! (Si vous les avez vu passer, oubliez les déclarations imbéciles de Stephen Carpenter, ça reste un guitariste capable de composer et de jouer des riffs énormes ! )

4-Rone – Room With A view

Chez Rone, il y a aussi du Damasio. Et j’aime Damasio ! Potes depuis 2009, ce n’est pas pour rien : Rone déclare que La Zone Du Dehors lui a ouvert le crâne. Les romans presque pas dystopiques de l’écrivain français trouvent alors un écho dans la musique de l’artiste. Ainsi, sur Nouveau Monde fait-il dialoguer Alain Damasio et Aurélien Barreau. Le titre de son album sorti en plein confinement prenait une autre dimension. Comme l’écrivait mon rédac chef préféré dans sa chronique :

« Évoquer un monde différent, c’était sans doute le parti pris de cet opus, si l’on s’en réfère aux intitulés des différents morceaux : Nouveau Monde, Esperanza… Dans le contexte actuel, des titres comme Babel ou encore Human trouveront eux aussi une drôle de résonance !« 

5-Paul Weller – On Sunset

Maximum respect pour le Modfather. Album de l’âge qui avance, mais certainement pas album nostalgique ou ringard, ce dernier LP en date nous offre toute la palette de talents de l’ex-Jam/ Style Council. Paul Weller est toujours à la recherche de nouveaux sons, toujours au top du songwriting. Et, si ses albums précédents étaient plus qu’honorables, je trouve que cet On Sunset est tout simplement sublime.

Petit plus marrant, sur ce clip live de Paul Weller, on peut apercevoir le même Juke Box que celui qui trône dans le salon de Mr Moonlight !

Paul Weller – Village (live session)

6-Phoxjaw – Royal Swan

Nouveaux venus sur la scène anglaise, Phoxjaw était très attendu pour ce second L. P. A Playground For Sad Adults, le précédent, manquait de cohésion musicale, mais présentait déjà tous les ingrédients qui font l’identité particulière du groupe de Bristol. Entre noise, metal, math rock, ils défient les catégories. Comme je l’affirmais déjà en septembre, ce Royal Swan a enchanté mes tympans.

7-Squarepusher – Be Up A Hello

Empêché d’utiliser son set-up habituel ou de jouer de la basse par une fracture du poignée, Tom Jenkinson ressort ses vieux Commodore et autres antiquités pour composer un album libre et jouissif, parfois sombre, mais tout bonnement excellent. Je me répète et m’auto-cite : cet album de Squarepusher est, à mon humble avis, ce qu’il a fait de meilleurs en solo depuis… ses premiers albums.

8-A. A. Williams – Forever Blue

Ma première écoute d’A. A. Williams date de ses toutes premières expériences sonores solos publiées sur Bandcamp en janvier 2019. Mon ami et collègue Ziggy m’avait fait remarquer qu’elle avait déjà collaboré avec le projet post-rock japonais Mono. Je n’avais alors eu l’occasion ni de chroniquer son EP , ni de parler de Mono. Ziggy s’est chargé de dire tout le bien qu’il pense de son nouvel album, Forever Blue, et l’a inclus lui aussi dans son top 10 2020.

9-The Ocean Collective – Phanerozoic II, Mesozoic/Cenozoic

Alors dans les albums qui n’ont pas eu la chance d’avoir une chronique dans Weirdsound cette année mais qui passent quand même la sélection, il y a le deuxième volume de Phanerozoic du désormais collectif berlinois The Ocean. La recette est la même que pour le premier, une thématique paléonto-géologique où les aléas tectoniques sont autant de métaphores du destin contemporain de l’humanité. Si le premier était déjà une réussite et figurait dans mon top 10 de l’an passé, celui-ci est encore meilleur, plus riche, plus subtil et tout aussi magnifiquement présenté dans de somptueuses pochettes découpées (en vinyle). Nous vous avions tout de même présenté le clip de Pleistocene dans le volume 47 des clips de la semaine.

10-Tunng – Presents…Dead Club

Le très bon article de Ziggy agrémenté de l’interview de Sam Genders avait retenu mon attention. Mais je n’avais pas trop eu le temps de jeter une oreille à ce Dead Club. Eh bien, j’aurais eu tort et serais passé à côté d’une pépite. Il se battait pour entrer dans le top 10 avec le très bon Omens de Elder, et a fini par lui ravir la place.

Des EP à retenir :

Trois EP méritent largement votre attention cette année. Le premier, chroniqué dans ces colonnes, est l’excellent split autour de deux figures de la metallurgie japonaise réunissant deux figures de la metallurgie stoner, Howling Giant et Sergeant Thunderhoof, Masamune/Muramasa, soit le volume II de Turned To Stone du label Ripple Music. Vient ensuite le très planant Ithaca sur NOMark. Sur son label, Amon Tobin s’associe à Thys une nouvelle fois pour ce cinq titres expérimental. Enfin, on retrouve de nouveau Squarepusher pour cet EP autour de Detroit People Mover, Lamental EP, cinq titres dans l’esprit de ce morceau extrait de Be Up A Hello.

Johann Trümmel

1- CS + Kreme – Snoopy (The Trilogy Tapes)

Ce disque me laisse pantois depuis sa sortie en février. J’ai essayé de comprendre pourquoi il me fascine depuis la première écoute, pourquoi il ne cesse de me fasciner depuis tout ce temps. Mais je n’ai pas trouvé d’explication. Peut-être que sa proximité sonore avec Hex de Bark Psychosis me touche droit au coeur, pour des raisons purement proustiennes, mais ceux de mes interlocuteurs qui sont tombés sous le charme de Snoopy ne voient pas vraiment le rapport avec la pierre philosophale crée par Graham Sutton en 1994. Pour quelqu’un qui, comme moi, essaie d’expliquer rationnellement en quoi tel ou tel disque est un trésor ou pas, Snoopy relève du défi impossible. Je renonce. Merci pour cet échec.

2- Ian William Craig – Red Sun Through Smoke (130701)

Le deuil, l’angoisse de la mort, l’amour à la fois heureux et contrarié : tout cela se retrouve donc partout dans cet album magnifique, fruit de circonstances tragiques qui s’accordent (par bonheur ?) au modus operandi de Craig : son esthétique de la mémoire défaillante, de la désagrégation sereine, de l’oubli, prend un sens tout particulier avec Red Sun Through Smoke. Intime et épique, le dernier Ian William Craig est un disque fort, pétri d’amour et de chagrin, de noirceur et d’espoir. C’est un chef-d’oeuvre, dont Craig nous a livré quelques-uns des secrets de fabrication.

3- Echium – Disruption Of Forms (sferic)

Éclaboussures sonores, miroitements aquatiques, éclats de lumière et d’eau vive : voilà ce qui fait la texture de ce petit miracle de musique électronique. Les pieds dans la rivière et le soleil dans les yeux, Echium mêle abstraction et musique concrète. Le résultat est inouï.

« Overlapped Fluidity », d’Echium.

4- CCLCNG – Niagara Falls (Quantum Natives)

Il y a quinze ans, je tombai par hasard sur l’un des albums les plus marquants de ma vie : Handwriting de Khonnor. Album électronique aux influences shoegaze, Handwriting promettait à Connor Kirby Long (16 ans à l’époque) un avenir des plus brillants. Puis il a disparu des radars. Pendant quinze ans, je me suis demandé pourquoi ce gamin avait laissé passer sa chance, lui qui avait manifestement tant de choses à offrir, et tant de démons à exorciser. Je me suis finalement décidé à retrouver la trace de Connor.

Première surprise : j’y suis parvenu, grâce à un fait divers publié dans un journal local aux États-Unis. Deuxième surprise : il était, physiquement, dans un sale état, et moralement au trente-sixième dessous. Troisième surprise, il était sur le point de tourner la page, après une période très dure, en publiant un deuxième album : Niagara Falls, publié sous le nom de CCLCNG. Cela valait la peine d’attendre quinze ans : Niagara Falls est une perle, dont « Birds Of A Feather » est le plus beau titre.

CCLCNG – « Birds Of A Feather »

5- Roméo Poirier – Hotel Nota (sferic)

Roméo Poirier est un artiste mystérieux dont la musique baigne dans un imaginaire balnéaire : l’azur, les côtes de roches blanches, le soleil méditerranéen imprègnent de leur texture limpide cet Hotel Nota, où l’on séjournerait volontiers éternellement. A la lisière de la musique ambiante, discrètement mélodieux, Hotel Nota se laisse savourer comme son prédécesseur Plage Arrière : au casque, les orteils en éventail.

Hotel Nota, de Roméo Poirier.

6- Dirty Projectors – 5EPs (Domino)

Après trois coups de génie (The Getty Address en 2005, Rise Above en 2007 et Bitte Orca en 2009) Dirty Projectors m’a déçu, pas à pas. Certes, le départ des choristes magiciennes Amber Coffman et Angel Deradoorian n’a pas aidé Dave Longstreth à installer pour de bon son statut de Grand Maître de la musique indie new yorkaise. Mais ces départs l’ont néanmoins contraint à faire peau neuve, en revenant d’abord à un projet solo (son album éponyme un peu moyen, en 2017), puis en faisant preuve d’humilité, de générosité et en retrouvant son esprit aventurier : l’album 5EPs est l’union de… cinq EPs sortis en 2020, chacun interprétés par un membre du nouveau groupe, explorant tour à tour un genre musical que Longstreth a déjà abordé par le passé. Leur meilleur album depuis Bitte Orca.

7- Tomoko Sauvage – Fischgeist (Bohemian Drips)

2020, année aquatique. Après les eaux vives d’Echium, les criques méditerranéennes de Roméo Poirier, place au « synthétiseur naturel » de Tomoko Sauvage, soit un instrument de son invention, associant microphones étanches et bols d’eau. La Japonaise, Parisienne d’adoption, explore l’immensité du panel sonore aquatique : des gouttes d’eau sur des bols de céramique ou de métal, l’amplification de l’effet d’effervescence naissant d’un morceau de terre cuite immergé, le tout enregistré dans château d’eau berlinois… De la pure magie, qui façonne l’espace à partir du son.

Tomoko Sauvage, live au Sonic Acts Academy, en février dernier.

8- Matmos – The Consuming Flame : Open Exercises In Group Form (Thrill Jockey)

Les cadors du high concept reviennent, un an après Plastic Anniversary, avec leur projet le plus affolant de leur longue carrière. Le duo de Baltimore a toujours aimé la contrainte. En 2001, A Chance To Cut Is A Chance To Cure empruntait la majeure partie de ses samples à des enregistrements de liposuccions ou de rhinoplastie. En 2016, Ultimate Care II n’était composé que de sons provenant de la machine à laver du couple. Pour The Consuming Flame, la formule tient en un chiffre : 99. Quatre-vingt dix-neufs collaborateurs, des morceaux figés à 99 BPM, pour un album pléthorique (trois heures), expérimental, incroyablement varié et, comme toujours, ludique. On y croise une palanquée de grands noms : Yo La Tengo, Oneohtrix Point Never, Mouse on Mars, Rabit, Matthew Herbert, et j’en passe. Une épopée festive.

Matmos : « No Concept » ? C’est cela, oui.

9- Autechre – Plus (Warp)

Dans quelle direction Autechre allait-il bien pouvoir aller après les quatre heures d’Elseq (2016) et les huit heures des NTS Sessions (2018) ? Un album permanent et éternel, autogéré par un algorithme explorant les décimales de π ? S’enfoncer encore davantage dans l’abstraction la plus hermétique et perdre tout le monde en cours de route, à part une poignée de fans aveugles (pléonasme) dont je crains bien de faire partie ? Eh bien non.

Autechre revient avec un album composé à deux, in praesentia (cela fait des lustres que Sean Booth et Rob Brown composent à distance). Cet album, Sign, est décevant, assez plat, pas assez aventurier pour qui aime Autechre. Mais deux semaines plus tard, le duo sort un autre album : Plus. Et là, je retrouve tout ce qui me fascine chez ce groupe : des sons inconnus qui s’entremêlent, des textures froides et dynamiques, des blips et des blops épileptiques. Et tout cela dans un format réduit : une heure « seulement ». Welcome back !

« X4 », d’Autechre

10- King Krule – Man Alive ! (True Panther Sounds)

En 2011, est apparue une « gueule » : celle de King Krule, alias Archie Marshall, 17 ans au compteur, rouquin juvénile et maigrichon à la voix dépareillée : une voix grave et cassée d’homme en colère. Son EP éponyme était une merveille où se croisaient punk rock, jazz et hip hop. On n’attendait plus qu’un vrai album pour découvrir de manière plus approfondie l’univers de ce gosse né dans / de / pour la musique. Ce fut chose faite en 2013, avec 6 Feet Beneath The Moon : un disque formidable, mais un peu trop long, trop démonstratif – des défauts que King Krule traîne sur son deuxième album, The Ooz, quatre ans plus tard. Man Alive ! est beaucoup plus resserré, plus construit, plus efficace : après une première moitié sombre, sous tension (« Stoned Again », quel morceau furieux), l’album se calme, comme après une crise, et s’étiole dans des structures plus souples et des accents plus jazz.

John O’Cube

Je fusionne avec le ressenti de mes collègues et compères de la rédaction Weirdsound… nous avons connu un déficit évident de concert, de festival, de nuits électro et de rencontres musicales impromptues. Une année lourde et difficile psycho-musicalement-parlant. Lueurs phoniques et symphoniques dans cette année sombre : la multitude, la qualité et le nectar de ces albums de qualités sorties en 2020… Du beau, du très beau et du très très beau. J’en ai pris plein les conduits auditifs jusqu’à en avoir des tremolos dans le ventre.

Et c’est avec regret que je suis en souffrance à l’heure où il s’agit de faire une sélection limitée à 10 albums. J’en arrive à mettre de côté pléthore d’excellents albums : l’incroyable et super pêchu Ultra Mono d’Idles, un nouvel album Ultimate Success Today de Protomartyr, Stephen Malkmus qui dans Traditional Techniques nous confirme son talent hors Pavement, le magnifique Tunng Presents… Dead Club (un déchirement de ne l’inclure dans mon top 10), Strange to Explain des Woods et la surprise brut de décoffrage du Container de The Wants.

1 – The Black Lips – Sing In A World That’s Falling Apart

Première claque de l’année. Les Black Lips ont frappé un très grand coup avec Sing In A World That’s Falling Apart. Un album complet, travaillé et blindé de créations hors du commun. Un rock-indie-country addictif comme ligne directrice de ce 9ème opus des Américains,  une reprise des Velvet Underground fabuleuse Get It On Time (et pourtant quelle difficulté de reprendre une telle icône) et le déjanté et bien rythmé Rumbler. Assurément mon album coup de cœur de toute cette année 2020. Hâte de les retrouver sur scène en 2021, leurs shows sont de véritables bouffées d’oxygènes !

Black Lips – Rumbler

2 – Other LivesFor their love

Les 5 américains d’Other Lives nous ont peut-être pondu, en cette année 2020, leur album le plus abouti. For Their Love permet de mettre en avant toutes leurs qualités : symphonique, mélodique, percutant, touchant et somptueux… les mots sont faibles pour décrire ce dernier opus. Lost Day percute, Cops dérange, Nites Out est merveilleusement composé et Hey Hey I est un véritable tube à écouter et re-écouter ! Ziggy nous avait fait le plaisir de rédiger un papier sur For Their Love.

3 – Rolling Blackout Coastal FeverSideways to New Italy

Les Australiens de Rolling Blackout Coastal Fever se font leur petite place dans l’univers de l’indie rock depuis 2017. Leur dernier album est une nouvelle étape dans leur reconnaissance. L’album est dense, puissant. Il y a un gros taf derrière Sideways to New Italy. Je suis pour ma part tombé amoureux du morceau Cars In Space et de son solo final !

Rolling Blackouts Coastal Fever – Cars In Space

4 – RoneRoom with the view

Voici un album qui a fait la (quasi) unanimité au sein de la rédaction, mais aussi donné lieu à une grande frustration car nous avions pris nos billets pour voir le concert de Rone qui devait se tenir le 5 décembre au Stereolux à Nantes. Mon ressenti : Erwan Castex avec 7 albums dans sa besace m’a totalement fait chavirer avec Room with the view. Il a toujours ce talent pour produire des morceaux très travaillés, complexes, recherchés, mais qui s’initient et se concluent par des ritournelles simples, entêtantes belles et intelligentes.

5 – King Gizzard & The Lizard Wizard K.G.

Mais où s’arrêteront-ils ? Quand vont-ils enfin s’épuiser à force de nous inonder de leur psychédélisme outrancier ? Presque simultanément à leur album Live In San Francisco ’16, sort K.G. un album aux sonorités assez orientales mais également très déjantés et psychédéliques donc (on l’a déjà dit). Alors ok 16 albums aux compteurs en 8 ans… le rythme est soutenu, c’est limite difficile de s’y retrouver, mais jetez-vous (tout comme moi) sur le dernier album des Australiens.

King Gizzard & the Lizard Wizard – Straws In The Wind

6 – Tame ImpalaThe Slow Rush

Une première écoute qui fut difficile (oui, oui, je vous jure), mais Kevin Parker a fini par m’imprégner de The Slow Rush. En plus d’être un génie et un métronome, l’artiste chanteur, guitariste, mixeur, créateur, interprète… et j’en passe, Parker a le talent de pondre de véritables hymnes psyché-pop. Et c’est à la force de son talent encore qu’il a réussi ,en 4 albums, à convertir la planète Terre. L’album a beaucoup fait parler au sein de la rédaction Weirdsound… Mais au moins Ziggy et moi étions sur la même longueur d’onde comme il le décrivait en mars dernier.

7 – DarksidePsychic Live July 17 2014

Projet éphèmère (3 ans quand même) de Nicolas Jaar et de Dave Harrington, l’album Psychic sortie en 2013, est un véritable big bang dans le milieu du monde électronique. La symbiose musicale et l’harmonie des deux musiciens est exquise. J’ai eu la chance de les voir en live en juin 2014 au Primavera Sound. En live, la puissance de l’album est décuplée. Plongez-vous dans ce magnifique set du 17 juillet 2014, date à laquelle Darkside annonce la fin de son projet. Ce fut donc une très belle surprise de découvrir la sortie de ce live en novembre 2020. Allez… Profitez de l’écoute intégrale.

8 – Kevin MorbySundowner

Son CV en fait pâlir plus d’un… si vous aimez la folk et l’indie. Kevin Morby tourne en solo depuis 2013, mais a auparavant été bassiste des Woods et le chanteur des Babies. Son talent fait encore mouche avec Sundowner, 6ème album. Les créations sont percutantes, entre beauté et tristesse. Un songwriter d’exception, et des titres qui touchent au génie. Découvrez notamment le très court Wander. Je suis fan, fan, fan!

Kevin Morby – Wander

9 – Alex MaasLuca

Un très bel album, fruit de deux ans de travail pour Alex Maas, l’un des leaders des Black Angels. L’originaire d’Austin nous délivre un 10 titres folk, blues et psyché, chroniqués par votre serviteur en début de mois.

10 – Sigur RosOdin’s Raven Magic

Odin’s Raven Magic est LA dernière belle surprise de cette année. J’ai failli passer à côté de cette merveille d’album live (merci FatherUbu !). Entre performance transcendantale, classique et post rock… Jón Þór Birgisson (alias Jónsi) nous prouve encore une fois qu’il réussit à sortir des sentiers battus et à se renouveler perpétuellement. D’année en année, je suis de plus en plus bluffé par cet Islandais… Pourvu que ça dure.

Ziggy

Eh oui, pas évident d’établir un Top 10 des albums que l’on a aimés. Les styles musicaux sont tellement différents qu’il faut être quasiment maso pour tenter d’éliminer (sale mot!) The Apartments, Manuel Adnot, Protomartyr, Cabane, Beyries et autres Bruce Springsteen, Dylan et Mayflower Madame qui m’ont tant séduit aussi!

En cette fin d’année 2020, manque de temps aussi pour écouter davantage de très bons albums récents qui auraient pu rendre le dilemme encore plus douloureux. Je pense à All Them Witches, le live de Sigur Ros, ou Owen Pallet (dont la version physique ne sort qu’en février). Bon, la vie est faite de choix parfois douloureux…

Dans mon Top 5, je place A.A Williams, Tunng, Nick Cave, Lanterns on The Lake et Other Lives… Les ayant tous chroniqués avec passion, je ne m’attarderai point, d’autant que plusieurs de ces albums ont séduit mes ami(e)s/collègues.

1- A.A WilliamsForever Blue

A. A Williams m’a enchanté par sa voix envoutante mais aussi son sens des mélodies inclassables, entre post rock et post classique. L’album Forever Blue est excellent en tout point et révèle aussi de belles surprises comme le titre Fearless, où l’on retrouve Johannes Persson de Cult Of Luna

Le plus bel album de l’année? Peut-être!

2- TunngPresents… Dead Club

Tunng a proposé un album, Dead Club, autour du thème de la mort et c’est un bijou. Plus on l’écoute, plus on en distille ses richesses. Un grand cru de Tunng ! L’éclairage de Sam Genders a contribué à le rendre encore plus passionnant.

3-Nick CaveIdiot Prayer

Nick Cave, en solo, au piano, dans l’immense hall de l’Alexandra Palace… vide ! Ô temps suspends ton vol. Instants magiques remplis d’émotion pour cet album, Idiot Prayer.

4- Lanterns On The LakeSpook The Herd

Lanterns on The Lake, avec Spook The Herd, ont confirmé le talent que leurs précédents albums avaient déjà plus que dévoilé. Attention, il serait regrettable de passer, une nouvelle fois, à côté de ces Anglais !

5- Other livesFor Their Love

Other Lives, avec For Their Love, a su nous séduire en revenant davantage aux sources folk rock de l’Oklahoma, malgré l’exil. Du coup, j’en ai profité pour acheter Flight Of The Flynns, très bel album, en 2005, de Kunek, le premier groupe de Jesse Tabish made in Oklahoma !

Pour mes 5 albums suivants, (5 à 10) j’ai refusé tout ordre précis !

Servo, avec l’album Alien, tout juste chroniqué, est mon plus gros coup de coeur de Rock Psych où la tendance Kraut s’affirme aussi davantage progressivement.

C’est carrément le cas aussi dans le 1er album de Flying Moon In Space qui est une vraie réussite. Les Allemands frappent un grand coup avec cet album éponyme parfumé d’electro. A noter que ces deux albums de Servo et Flying Moon In Space sont sur le label Fuzz Club Records.

Fontaines D.C a confirmé, avec A Hero’s Death, tous les espoirs placés dans le groupe après Dogrel, leur premier album. Le piège du deuxième album, si souvent redouté voire fatal, a été évité et l’album regorge de pépites tout en soignant la diversité musicale.

Concert de fin Novembre 2020. Vivement 2021 pour retrouver ces fabuleux moments!

La Suédoise Isabel Sörling a sans doute surpris beaucoup de monde en sortant, en plein confinement, un album atypique et lumineux, le bien nommé Mareld. Cocktail original de rythmes tribaux, de synthés sublimés par une voix où l’émotion est toujours palpable.

Yorkston, Thorne et Khan nous ont proposé, en début d’année, l’album Navarasa. Superbe album d’assemblage musical multiculturel qui est à déguster sans modération après Protomartyr par exemple. Quoi ? On n’a pas le droit d’autant aimer l’un que l’autre ?

Les albums ci dessus (et ceux non « sélectionnés » dans le top 10 ne doivent pas, non plus faire oublier quelques excellents EP parus cette année.

Pour ne pas abuser (!!!) je n’en mentionnerai que 5… mais que du bon!!

Hotel Lux avec Barstool Preaching. Le groupe m’avait déjà séduit en 1ère partie de Slaves, à Nantes en 2018. Après plusieurs singles, cet EP vient nous rappeler que le quatuor de Portsmouth est toujours là ! Leur heure viendra…

Hotel Lux – Ballad Of You & I

A l’automne 2003, j’ai assisté au concert que Grandaddy nous a offert dans notre mythique salle nantaise de l’Olympic. Je suis resté fidèle au style de Jason Lytle. Grandaddy a sorti pour le dernier Black Friday un superbe E.P avec le magnifique Coyote, déjà dévoilé il y a un an. Vous ajoutez deux reprises solo piano de Jason Lytle, Fox In The Snow de Belle and Sebastian et In My Room des Beach Boys et vous avez un EP indispensable!

Grandaddy – RIP Coyote Condo #5

King HannahTell Your Mind and I’ll Tell You Mine

King Hannah, le duo de Liverpool, nous a offert un 1er EP superbe et prometteur, Tell your Mind and I’ll tell you mine. Dream pop délicieuse à l’image du titre Crème Brûlée mais pas que. Les nostalgiques de la voix de Hope Sandoval aimeront aussi !

Une des plus belles chansons de l’année ave Take me Home part 2 de Cabane

Lombre-La Lumière du Noir

J’ai découvert Lombre, ce jeune Aveyronnais, grâce à un mail envoyé par son label et j’ai tout de suite accroché. Un EP reflétant talent, poésie et sens musical avec une sincérité réelle. C’était, avec Mey et JB Soulard, une découverte française indispensable, pour cette année 2020.

PVAToner

PVA, le trio londonien a sorti son 1er EP, Toner, fin Novembre. C’était le défricheur de talents (Squid, Black Midi…) et boss du label Speedy Wunderground, Dan Carey, qui leur avait permis de sortir le single Divine Intervention il y a un an. C’est d’ailleurs Dan Carey qui a produit les 3 nouveaux titres de l’EP, sorti sur le label Ninja Tune. Combinaison de synth pop/techno/guitares avec effet stomp…..un trio prometteur pour 2021 ! J’y reviendrai!

PVA , un grand Espoir de 2021

Le single de l’année 2020….Living in a Ghost Town!

Je ne pouvais résister à intégrer le single des Stones qui ont fait un brillant retour musical avec Living In A ghost Town. Le titre avait pourtant été écrit en Février 2019 à L.A mais il pouvait apparaître prémonitoire lorsque la bande à Jagger a décidé de le sortir en plein confinement printanier. Jagger avait juste remanié quelques paroles et la vidéo reprend, bien sûr, des vues de différentes villes fantômes, en lien avec la Covid. Certains n’y verront qu’un rip off du single Ghost Town des Specials en 1981, alors récompensé comme meilleur single de l’année par NME, et qui dénonçait les dommages de la politique thatchérienne. Times are changing ?

The Rolling Stones – Living In A ghost Town

Margaux

Quelle année 2020. Une année tronquée, une année que je scinderai en deux. L’avant et pendant crise covid-19. L’avant, avec mes premières chroniques de l’année et les rencontres avec des artistes qui ont marqué le premier trimestre, comme The Wash et Asgeir. Cet avant qui m’avait permis de prévoir tout un agenda de concerts : Bombay Bicycle Club, James Blake, Foals, The Slow Show, Rone pour ne citer qu’eux… Tous annulés avec cette pandémie mondiale. Puis, ce « pendant », où la musique s’est laissé apprécier autrement. Le casque dans les oreilles, ou les amplis de la platine branchés au volume sonore maximal. Je vous embarque dans mon top 10 de l’année, qui sans surprise, est parsemé de coups de coeur découverts grâce à la fabuleuse rédaction Weirdsound.

1- Fontaines DC A Hero’s Death

Sans aucune hésitation, l’excellent deuxième album des Fontaines DC est le premier de mon top, grâce à sa rage sourde, plus maîtrisée que sur leur premier album, mais non moins puissante. Le morceau I don’t belong avec son riff de guitare lancinant, ou Televised Mind, avec cette introduction à la batterie, invitent à casser des instruments. Vous l’aurez compris, écoutez-le sans attendre si vous étiez passés à côté.

« Televised Mind », par Fontaines D.C.

2- Bombay Bicycle ClubEverything Else Has Gone Wrong

Plus de six ans après le dernier opus, le groupe britannique Bombay Bicycle Club revient pour un album pop rock, aux refrains entêtants. Certes, il n’atteint pas le sublime de leur tout premier album, daté de 2009, I Had the Blues but I Shook them Loose (un de mes albums préférés de tous les temps, dont sort d’ailleurs une réédition live en cette fin d’année …). Nous retrouvons néanmoins la marque de fabrique du groupe, qui raconte le réconfort dans la musique, mieux que n’importe quel autre groupe cette année. Le morceau Eat, Sleep, Wake est devenu mon hymne du confinement.

3- The StrokesThe New Abnormal

Enfin ! Les Strokes sont de retour cette année. Un vrai retour, un retour aux sources, comme un écho aux premiers albums du groupe au début des années 2000, avec la somme de leurs expériences passées (Julien Casablancas en solo ou avec le groupe The Voidz, tout comme Albert Hammond JR qui a plusieurs albums solo à son actif, dont le très bon Francis Trouble de 2018). Sous la supervision de Rick Rubin (qui a contribué à la renommée de petites gens comme les Red Hot Chili Peppers ou Johnny Cash), le groupe nous livre neuf morceaux d’une grande cohérence et dont vous ne vous lasserez pas. Et mention spéciale pour le titre de l’album (la Nouvelle Anormalité en français), qui prend tout son sens à l’heure actuelle.

« The Adults Are Talking », des Strokes.

4 – Matt BerningerSerpentine Prison

Je suis une fan de la première heure du groupe The National. Je continue à écouter l’entièreté de leurs albums, dont chacun apporte un renouveau, une prise de risques, tout en gardant la patte du groupe. Comme tout groupe, la voix du chanteur laisse un empreinte particulière, et celle de Matt Berninger ne fait pas exception. J’ai donc commencé mon écoute un brin enthousiaste et dans la crainte d’être déçue.

Heureusement, Matt est à la hauteur de son héritage et donne une nouvelle fois la preuve de son talent en s’aventurant aux limites de la folk sur certains morceaux, comme Love so little. Une folk sublimée par la voix féminine de Gail Ann Dorsey sur le morceau Silver Springs (comme c’était plus le cas sur le dernier album du groupe I am Easy to Find). Un très joli moment, tout en douceur, que je vous partage ici, avec cette session organisée par Konbini, Arte concert et le chanteur. Une jolie plongée live dans l’album.

Concert de Matt Berlinger, sur Arte

5 – Other LivesSicily Sessions

Apprécié de mes amis chroniqueurs et analysé ici par Ziggy, le constat est unanime : le groupe Other Lives fait partie de nos coups de coeur de l’année. Le signature sonore du groupe est reconnaissable dès les premiers accords. Cela arrive rarement. Il s’agit d’un album que j’ai aimé dès la première écoute, et qui saura résister à l’épreuve du temps.

6 – Dream WifeSo When You Gonna…

Un groupe que j’ai inscrit dans les concerts à voir une fois dans ma vie ! Quelle énergie et quelle douceur à la fois ! Le trio de punkettes Dream Wife ne nous déçoit pas avec ce deuxième album, repéré et analysé par Father Ubu ici. Il est jouissif, engagé, et nostalgique. Qui eût cru qu’il était possible de combiner les trois adjectifs dans un album ? A vous de le vérifier.

7 – AsgeirBury the Moon

Bury the Moon, encore un album écouté en boucle. Je m’épancherai moins ici car j’ai déjà détaillé toutes les bonnes raisons de l’écouter ici, suite à ma rencontre avec le chanteur islandais. Laissez le temps suspendre son cours et découvrez son univers avec le premier single de l’album, qui est aussi mon morceau favori : Youth.

« Youth », d’Asgeir.

8 – Bärlin The Dust of Our Dreams

Certains albums s’apprécient dès la première écoute. D’autres dévoilent toutes leurs subtilités, leur magie au bout de plusieurs. Et c’est parfois d’autant plus superbe. Ce fut le cas avec l’album Dust of Our Dreams du trio lillois Bärlin. Le morceau éponyme est un coup de coeur qui m’impressionne toujours. Vous pouvez vous replonger dans l’interview que j’ai faite avec le groupe ici, si vous voulez en savoir plus.

9 – Isabel SörlingMareld

Quelle belle découverte que l’album d’Isabel Sörling, grâce à Ziggy qui l’avait chroniqué ici. Une plongée dans une aventure onirique, guidée par le voix d’Isabel et aux rythmes de percussions tribales. Vous allez voyager.

10 – The WashJust Enough Pleasure to Remember

The Wash fut (j’ai l’impression de parler d’une autre époque) un énorme coup de coeur de mon début d’année. J’ai découvert l’album, vu le groupe dans un concert intimiste, puis les ai rencontrés pour échanger sur leur album Just Enough Pleasure to Remember. Et comme son nom l’indique, l’album est généreux, il vous donne le sourire aux lèvres, avec une envie d’y revenir encore et encore. Le clip ci-dessous Strange Gift n’est pas mon morceau préféré (Morning Lights avec son long solo de synthé) mais donne un joli aperçu de ce que vous réserve cet album.

The Wash – Strange Gift

Fatherubu

1 – RONE – Room With A View

Sans conteste l’album que j’ai le plus écouté cette année. Sorti au printemps en plein confinement lié à la pandémie, Room With A View m’a été d’une aide inestimable pour briser le cercle de la morosité et pour retrouver (un peu foi) dans l’espèce humaine. Outre un joli plaidoyer écologique, on passe de l’ambient (« la Marbrerie ») à la Rave (« Raverie ») avec une maestria impressionnante qui confirme que Rone est sans conteste un des artistes électro français parmi les plus intéressants du moment. Je compte les jours qui nous séparent du concert nantais en 2021 !

2 – LOWRIDER – Refractions

Je dois écouter Refractions environ trois fois par semaine depuis sa sortie, une addiction qui me suit partout : à vélo, au bureau, sous la douche… C’est grave docteur ?  Refractions est un disque que plus personne n’attendait (vingt ans d’attente !), mais qui se révèle une excellente surprise. Bien plus qu’un come back, c’est une renaissance. Les Suédois de Lowrider nous prouvent qu’ils sont les dignes cousins de Fu Manchu, Kyuss et autre Nebula. Des morceaux entêtants et puissants qui provoquent des rêves de grands espaces, des riffs à faire péter du double vitrage… Les morceaux durent pour certains entre huit et onze minutes pour un disque de quarante-deux minutes au total. Refractions est un  monolithe érigé à la gloire du stoner. En espérant les voir en France bientôt…

Lowrider – Pipe Rider

3 – ALL THEM WITCHES – Nothing As The Ideal

Un disque déroutant et fascinant. A la croisée de beaucoup chemins, ce sixième album de All Them Witches est un véritable animal sauvage qu’il vous faudra apprivoiser. Metal ? Un peu. Heavy ? Oui. Bluesy ? Sans nul doute ! Heavy-Pysché ? Il y a de ça. Non, définitivement Nothing As The Ideal échappe à la classification facile. La voix de Charles Michael Parks Jr. nous envoute tout au long de cet album crépusculaire et superbe.

All Them Witches – The Children of Coyote Woman

4 – SIGUR ROS – Odin’s Raven Magic

La belle surprise de la fin d’année ! Toujours attachés à leurs racines, Sigur Ros a sorti mi-décembre Odin’s Raven Magic : un récit mythologique tiré d’un poème islandais daté du quinzième siècle où il est question des dieux, du Walhalla ainsi que de la fin du Monde.

Si l’on est, comme moi, fan de Sigur Ros depuis des années, cet enregistrement live est à la hauteur de ce qu’on peut attendre du groupe : c’est beau et impressionnant comme un volcan islandais en éruption.

5 – DREAM WIFE – So When You Gonna…

Pour leur second album, les filles de Dream Wife confirment tout le bien que l’on pensait d’elles. Sortant de leur zone de confort, elles proposent un disque résolument plus pop et plus simple d’accès que le précédent. Les fans de la première heure peuvent se rassurer cependant, le trio fait toujours preuve de mordant en donnant un bon gros coup de pied dans les noisettes du patriarcat !

6 – STRAWBERRY PILLS – A Murder To A Beat

Mon coup de cœur de 2020. Le duo grec orienté darkwave/synthwave nous propose son premier album, A Murder To A Beat, sur le label Inner Ear Records. Dès les premières minutes, nous voilà plongés dans un univers digne d’un roman noir, alternant entre passages atmosphériques et moments plus speed et anxiogènes. Leur interview pour Weirdsound vous permettra d’en savoir un peu plus au sujet de Strawberry Pills, en espérant que cela vous donne envie de goûter ce fruit musical à l’amertume assumée. A conseiller aux fans de Bauhaus, Cabaret Voltaire et autre Soft Moon.

7 – LEBANON HANOVER – Sci-Fi Sky

Le duo composé de Larissa Georgiou et William Maybelline est injustement trop peu présent dans nos colonnes. Ce sixième album est une belle réussite, à la fois dansant et raffiné (sans pour autant devenir un exercice de snobisme musical). Son écoute réserve des surprises : c’est bien le seul disque de l’année à proposer du chant diphonique mongol (sur Third Eye in Shangai) ! Ce disque est aussi l’occasion de s’éloigner un peu du style minimaliste caractéristique de Lebanon Hanover, pour tenter quelques incursions du côté du Doom Metal voir du Black Metal. Un album surprenant vous dis-je !

8 – CABARET VOLTAIRE – Shadow Of Fear

Rien que le nom est mythique. Mon petit cœur d’amateur de cold wave / New Wave / Dark Wave (je dois oublier des termes en wave) a bondi quand j’ai vu Shadow of Fear dans les rayons d’une enseigne bien connue. Autant vous dire, pour être foncièrement honnête, que je n’attendais rien de ce disque, acheté par mauvaise habitude consumériste (mais je me soigne !) et par pur atavisme musical. A 64 ans, il aura fallu cinq ans à Richard H Kirk (désormais le seul membre de Cabaret Voltaire), pour finaliser ce disque. Il nous propose avec ce Shadow Of Fear un voyage dans des contrées froides (très froides) et industrielles : 1h (seulement 8 titres) de pure jouissance. Je préviens les esprits cartésiens : faut se laisser aller ! De ce disque émane une réelle folie douce et créatrice, bien éloignée des standards d’aujourd’hui.

Cabaret Voltaire – The Power (Of Their Knowledge)

9 – DEFTONES – OHMS

Voilà un groupe que j’apprécie depuis mon adolescence. Autant dire que j’attendais avec impatience ce nouvel album. Pour aller dans le détail, je vous renvoie à la lecture de l’excellente chronique de Mr.Moonlight. Pour aller à l’essentiel, c’est, selon moi, le meilleur album de Deftones depuis White Poney.

10 – SOFT KILL – Dead Kids, R.I.P City

En novembre dernier sortait Dead Kids, R.I.P City, le sixième album studio de Soft Kill, excellente formation post-punk originaire de Portland aux USA. Le disque a été produit par David Trumfio (Wilco) et masterisé par Howie Weinberg (The Cure, Smashing Pumpkins, Nirvana…) – rien que ça ! Les membres du groupe qualifient eux-mêmes leur musique de « sad rock » et nous sommes bien forcés de leur donner raison : il n’y a pas de place pour du fun sur cet opus. Dead Kids est un album intense, de ceux qui vous prennent par les tripes. Attention : si vous êtes déjà en semi déprime, son écoute va vous achever. Un disque aussi beau que dangereux.

Retrouvez la playlist de l’année 2020 de weirdsound.net :

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La rédaction de weirdsound
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