Nick Cave Alexandra Palace photo Joel Ryan

Nick Cave: Idiot Prayer, un piano solo contemplatif

Crédit photo en une: Joel Ryan

Nick Cave nous livre, en ce mois de Novembre 2020, Idiot Prayer, un live enregistré à Londres en Juin. Un album où Nick Cave, seul au piano revisite une partie de son répertoire. Un album contemplatif qui parachève l’atmosphère intimiste de Ghosteen. Indispensable dans la hotte du père Noël pour ceux qui cherchent des idées!

Nick Cave: Idiot Prayer ou les conséquences heureuses de la Covid!

Nick Cave fait partie de tous ces humains que la pandémie mondiale de Covid a bousculés. Beaucoup d’artistes ont profité du confinement forcé pour composer de nouveaux titres. Certains ont rompu l’isolement en proposant des Home Live de leurs titres, souvent en acoustique. C’est le cas de Half Moon Run dont les sessions ont donné l’occasion d’un album, intitulé avec humour The Covideo Sessions.. D’autres, enfin, ont multiplié les cover/reprises, préparant là encore de futurs albums. A.A Williams nous proposera ses « Songs From Isolation » en support physique en Février.

La tournée mondiale de Nick Cave devait passer par Paris et Londres en Juin. Plus de concert? Nick Cave décide alors de jouer, seul, au piano, sans ses Bad Seeds. le concert se déroule dans l’immense West Hall de l’Alexandra Palace de Londres. Le concert est filmé par le cinéaste irlandais Robbie Ryan et a été diffusé, une première fois, en streaming payant le 23 Juillet. Il devait être rediffusé en France, début Novembre, dans un certain nombre de salle de cinéma, mais la nouvelle vague de la Covid l’empêcha.

Nick Cave revisite, seul au piano, 22 titres de son répertoire.

Un morceau inédit parmi les 22 titres de ce concert solo alone

Heureusement, pour tous ceux qui n’avaient pu assister à cette performance, une sortie physique a, finalement, été prévue. Depuis quelques jours, nous pouvons bénéficier du double cd ou du double vinyle, Idiot Prayer. On retrouve le songwriter australien pour près d’une heure et demi de magie. Vingt deux titres, épurés, dépouillés, sans artifice, provenant des premiers albums jusqu’au dernier et sublime opus de 2019.

Quelques exemples? Stranger Than Kindness nous rappelle l’album avec The Bad Seeds de 1986, Your Funeral…My Trial. Higgs Boson Blues est un des très beaux titres de Push The Sky Away de 2012. Mais on n’oublie pas l’époque Grinderman, période de 2006 à 2010, où Nick Cave a constitué un groupe alternatif. C’est vrai qu’on y croisait plusieurs des Bad Seeds dont l’incontournable Warren Ellis. Des 2 albums de cette période sont tirés Man In The Moon et Palace of Montezuma. Les albums The Boatman’s Call de 1997 et Ghosteen, l’ultime et poignant opus de 2019 se taillent la part du lion, avec 7 morceaux. Ces 2 albums semblent d’ailleurs représenter le squelette de cette performance épurée.

Nick Cave, pour un live intimiste et contemplatif.

Le concert s’ouvre, en effet sur Spinning Song, qui ouvrait précisément Ghosteen…La chanson qui tournait en boucle était déjà comme une prière introductive qui évoquait le jeune prince devenu un roi mort et « la paix qui viendra avec le temps« . L’album du deuil de son fils est donc omniprésent et c’est Idiot Prayer de l’album The Boatman’s call qui suit et donne aussi le titre à cette performance Live. On a l’impression d’être dans une suite-presque logique- de la période débutant en 2018. Ouverture d’un site internet, The Red hand Files, où Nick Cave répondait à ses fans en toute franchise et intimité.

nick cave affiche de 2019
nick cave affiche de 2019

Puis, en 2019, Nick Cave donna plusieurs performances, intitulées « Conversations With » et sous titrées, An Evening of Talks and Music. Pendant quasiment 3 heures, Nick Cave se livrait à « un exercice de connectivité » comme il le disait lui même. Dans des propos relayés par le magazine Rolling Stone, en début d’été, Nick Cave nous éclairait davantage. »Idiot Prayer découle des Conversations With que j’ai jouées en 2019. J’avais adoré décortiquer mes chansons pour ces concerts, en retrouver l’essence et mettre l’accent sur les mots plus que sur la musique. J’avais l’impression de redécouvrir ma musique« .

Il ne ne faut donc pas s’étonner qu’après avoir chanté Waiting For You (album Ghosteen) puis Into My Arms (album The Boatman’s Call), que ce soit le magnifique Galleon Ship qui clôt le concert. L’émotion est palpable, à fleur de peau. Le fait de filmer Nick Cave en gros plan contribue, bien sûr, à l’intensité forte du ressenti. L’acoustique du vaste bâtiment victorien ajoute une dimension aérienne presque irréelle, un peu d’écho céleste, à ce solo piano voix.

No Comment

Epure et émotion de Idiot Prayer

L’épure et l’émotion sont les deux maîtres mots qui se dégagent de cette performance Live de Nick Cave en solo. Bien sûr, on s’attend, par moments, à ce que le violon de Warren Ellis apparaisse. Mais, non, finalement, cela ne nous manque pas! Respectons le choix de l’épure voulue par Nick Cave. L’émotion et la contemplation n’en sont que plus fortes. A noter aussi que , parmi ces 22 tires, figure un superbe inédit, Euthanasia. Ce morceau avait été écrit au moment de l’album Skeleton Tree mais n’avait pas, alors été retenu.

Nick Cave sera de retour en Live, en France, les 28 Avril 2021(Paris Bercy/Accor Arena) et 28 Mai (Zénith de Toulouse)

Into my arms de l’album The Boatman’s Call de 1997.

https://www.theguardian.com/music/2020/jul/25/idiot-prayer-nick-cave-alone-at-alexandra-palace-review-utterly-magnetic

Ziggy

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