Les clips de la semaine vol.39

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Hello les ami(e)s ! Vous en avez pris l’habitude, voici votre livraison hebdomadaire de clips musicaux ! Pour “fêter” ce déconfinement (restons prudents quand même…), l’équipe du site est allée dénicher les meilleures sorties vidéo de ces derniers jours. On commence?

Premier extrait de leur album F. A. Cult à sortir le 22 mai chez October Tone (chronique ici), le groupe de Strasbourg nous offre une video ludique et érotique. Composé de musiciens français et turcs, Hermetic Delight trouve ses racines musicales aussi bien dans l’indie français des années 90 que dans la new-wave ou le post punk. le groupe a une véritable dimension internationale : leurs titres sont autant en anglais, qu’en turc ou en français!

Hermetic Delight – Rockstarlari

Arlo Parks, 19 ans seulement, mais une artiste promise sans doute à un bel avenir musical. D’origine africaine et française, elle a grandi à Londres où elle lutte, jusqu’à ses 17 ans, avec son identité : elle opte alors pour sa bisexualité et cette affirmation la pousse encore davantage vers l’écriture et la composition. Si Fela Kuti (voir notre article sur Tony Allen) et Otis Redding ont bercé son enfance, ses goûts et influences sont aujourd’hui multiples, allant de Kendrick Lamar à Sufjan Stevens en passant par Hendrix, Bowie ou King Krule.

Après un premier E.P, Sophie, en 2019, et le single Eugene en début d’année, Arlo Parks nous dévoile maintenant Black Dog : c’est un titre construit autour du sentiment d’impuissance qui accompagne la souffrance d’un être cher. Un doux spleen pour une artiste poétesse de la génération Z de la nouvelle scène néo-soul britannique.

Arlo Parks – Black Dog

Chez Weirdsound, on aime bien Half Moon Run que l’on suit depuis leurs débuts (voir le dernier Live à Nantes, dernier concert avant confinement et la chronique de l’album A Blemish in The Great Light). Après nous avoir proposé plusieurs titres, Sun Leads me on ou Give Up, en mode acoustique confiné, HMR nous en offre cette semaine un nouveau, Grow into Love. Le titre n’a pas été écrit récemment mais il faisait partie des trésors musicaux encore cachés de nos canadiens. 

Les paroles, écrites par Devon Portielje, disent Je ne sais pas si je pourrais juste devenir amoureux de toi… On y retrouve une certaine prudence, nous dit Conner Molander, une sorte d’auto-protection contre, peut-être, les dangers de tomber amoureux. Selon nous, ajoute encore Conner, l’auto-protection se compare, en quelque sorte, à un certain type d’auto-isolation et je suis certain que nous commençons à être plutôt familier avec l’acceptation d’auto-isolation par les temps qui courent ! Un nouveau titre qui montre, une nouvelle fois, le talent et les harmonies vocales du quatuor.

Half Moon Run – Grow Into Love

Certes l’album Maps & Territory de Juju est sorti en Mai 2019, sur le label Fuzz Club, mais Juju nous en propose, cette semaine, un nouveau clip vidéo, en l’occurrence le titre Mother Fucker Core. Juju est, au départ, le projet musical du multi instrumentiste sicilien Gioele Valenti aka Herself et qui avait aussi formé le duo Lay Llamas.

Il a aussi contribué à d’autres collaborations musicales, notamment avec le français Amaury Cambuzat (Faust, Ulan Bator… avec Stéphane Pigneul que l’on a vu avec le brillant groupe Oiseaux Tempête en Novembre dernier à Nantes). L’album Maps & Territory reflète les influences du frontman de Juju : racines méditerranéennes (y compris touaregs et tribales), new wave et rock psyché. Juju nous confie, à propos de Mother Fucker Core : le titre parle des banques qui nous volent dans ce pseudo (mais en réalité médiéval) monde moderne. Le gros cochon est une métaphore du capitalisme financier et le petit cochon représente les bureaucrates qui travaillent sous leurs ordres.

La video a été réalisée par Sergio Angot. A noter aussi que l’artwork de l’album de Juju a été réalisé par Marco Baldassari, membre de Sonic Jesus, que nous avions interviewé en 2018 lors de leur concert parisien.

JuJu – Motherfucker Core

Après la Suédoise Isabel Sörling et son excellent album, place à un duo suédois formé en 2008, I Break Horses. Leur troisième album, Warnings, sort ces jours ci (le 22 Mai?), 6 ans après Chiaroscuro. Vous aimez Beach House? Alors vous allez adorer I Break Horses dont les mélodies envoûtantes vont vous faire sortir en douceur du confinement. Après 3 singles, voici Death Engine, nouvel extrait -live-de l’album qui vous fait retrouver la voix addictive de Maria Lindén. Dream pop et darkwave règnent en maître dans cet album à la fois intime et expansif ; comme le suggère le titre de l’album, les univers sonores somptueux crépitent de tensions dramatiques immersives.

On a pu déjà voir I Break Horses en tournée avec M83 et Sigur Ros et leur titre Winter Beats a été utilisé par U2 pour leur entrée en scène lors de leur tournée mondiale. A noter, enfin, que c’est Chris Coady (Tiens… Beach House, mais aussi TV on The Radio) qui a produit et mixé l’album.

I Break Horses – Death Engine (live session)

Depuis la sortie de l’album l’année dernière, When Will the flies in deauville drop, cela faisait un petit moment que nous n’avions pas eu de nouvelles du Villejuif Underground ! Les rumeurs allaient bon train : annulations de dates, séparation du groupe, bagarres de pochards dans les rues de Paris… l’affaire sentait le sapin, et nombreux sont ceux qui pensaient qu’ils ne s’en remettraient jamais.

Mauvaise ou bonne nouvelle (à vous de choisir), les sales gugusses sont de retour! Ils viennent de sortir deux titres, toujours sur l’excellent label Born Bad Records. On découvre donc le clip de Ghost of the water, une hallucination éthylique où viennent se télescoper un space opéra et un western de Lee Hazlewwod : en somme un joyeux bordel, typique du groupe.

Le Villejuif Underground – Ghost of the water

L’information vous est sans doute déjà parvenue, mais on ne résistera pas au plaisir de la redonner ici, Fontaines D.C vient de publier un nouveau clip, prélude à leur prochain album. Le morceau A Hero’s Death est disponible sur le Bandcamp du groupe, ce sera aussi le nom du disque ! La parution est prévue pour le 31 juillet prochain chez Partisan Records, le même label que les gentils garçons de Idles.

Fontaines D.C. – A Hero’s Death

Les ami(e)s de We Hate You Please Die sortent leur prochain EP le 13 mai prochain, il répondra au doux nom de Waiting Room. Ils se sont bien amusés pendant le confinement (comme quoi), en témoigne le clip de Good Cie, une vidéo qui abuse des filtres Instagram ! Un titre caustique qui flingue le nombrilisme obscène règnant sur nos chers réseaux sociaux.

We Hate You Please Die – Good Cie

L’artiste allemand Christian Löffler fait partie des pépites électro de la sélection, nous avions déjà parlé de son clip Noah mais également de son live à l’Elysée Montmartre en Décembre 2019.

Seulement voilà, avec le talent on ne compte pas, et son dernier clip Roth, avec l’artiste Mohna qui fait la voix, vient de sortir et c’est sublime. Il a été tourné au Mexique par les réalisateurs Diego Padilla et Franz Zimmermann. Le clip met en scène une opposition entre deux protagonistes, l’une face à l’immensité de la nature, l’autre bloquée dans une pièce noire éclairée par des écrans brouillés. Elles se libèrent et semblent être dans une transe et danse cathartiques, au son de la musique de Christian. Et cela semble faire écho à notre situation de confinement / déconfinement en cette deuxième semaine de Mai. C’est hypnotique et cela donne envie d’écouter le reste de l’album Lys, sorti en Mars.

Christian Löffler – Roth (feat.Mohna)

Le trio féminin, Dream Wife, venu de Londres, nous propose un punk corrosif et à fleur de peau (oui c’est possible!). Nous les avions vues sur scène en 2018, et elles nous avaient fait très forte impression pour leur premier album ! Elles préparent leur deuxième album When You Gonna… pour début Juillet, et aujourd’hui c’est le clip du single Hasta La Vista que nous voulions partager. Plus mélancolique, le titre a été écrit après leur tournée. Il traite de leur difficile retour à la réalité mais aussi du sentiment doux amer des ‘au revoir’ après de longs mois de séparation… Elles ont choisi de mettre en avant des vidéos de leur enfance, pour illustrer ces paroles. La basse est envoûtante et on se laisse envelopper dans leur nostalgie. A ne pas manquer.

Dream Wife – Hasta La Vista

Alors verdict ? Une belle sélection musicale n’est ce pas ? On espère en tout cas que vous aurez passé un bon moment et que des envies de découvertes musicales plus approfondies auront vu le jour… L’équipe de weirdsound vous souhaite une belle semaine en quasi liberté (100KM c’est déjà mieux que 1KM!) et on se donne rendez vous la semaine prochaine pour un nouvel arrivage de clips!

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