PDB 2018 : Dream Wife vend du rêve!

Pour commencer notre week end à Bourges, nous avons décidé de nous rendre devant la scène du 22 le vendredi soir, la programmation étant juste démentielle ! Du fait d’interviews qui se sont décalés, nous arrivons juste au moment où Queen Zee quitte la scène : c’est bien dommage, j’espère qu’on pourra se rattraper !

Ceci étant, le moral de la troupe reste au beau fixe, et c’est bien normal, car nous sommes idéalement placés au premier rang, pour l’arrivée sur scène de Dream Wife ! Le trio, exclusivement composé de la gente féminine, vient de sortir son premier véritable album début 2018. Celui-ci est sobrement intitulé Dream Wife : facile pour vous en souvenir !

Croyez-moi, un groupe comme ça, de toute façon vous allez vous en rappeler ! Le groupe s’est formé à Londres fin 2015, à l’initiative de Rakel Mjöll (chant), jeune islandaise tout juste débarquée en Angleterre pour faire ses études. Elle s’entoure de Alice Go (guitare et chœur) et de Bella Podpadec (basse et chœur). Toutes les trois inscrites en école d’art à Brighton, elles adorent le film Spinal Tape et elles décident de s’en inspirer pour monter un groupe, qui aurait pu s’apparenter au démarrage à une grosse blague. Sauf que voilà, le pudding prend ! (on est à Londres), les voilà en route pour conquérir le cœur des punks !

Oui Oui, on parle bien de punk quand on écoute Dream Wife. C’est drôle, irrévérencieux, et les trois filles visent droit dans les burnes des gens qui les embêtent ! Résolument féministes, et cramant la vie par les deux bouts, elles ne sont pas là pour faire les potiches, mais bien pour nous offrir une ode corrosive et explosive au sujet de notre société ! Leur premier EP, de quatre titres, est sorti en 2016. Il comporte le très drôle Lolita, avec sa parodie de film d’horreur :

 

Elles en profitent pour renverser les rôles, la femme arrêtant d’être une victime. Si vous avez du temps devant vous, je vous invite aussi à regarder le clip de Hey Heartbreaker, chanson sur les briseurs de cœur, qui passent gentiment pour des cons.

Je sens que certains d’entre vous ris jaune devant leur écran, alors on va clarifier les choses ! Dream Wife est un groupe de jeunes femmes, bien dans leurs baskets (à supposer qu’elles en portent), qui vivent avec leur temps, et de ce fait dans un environnement sexiste, occupant malheureusement le devant de la scène, à cause d’histoires sordides dont les femmes sont victimes. Pour autant, Dream Wife ne fait pas du rock féministe, où je ne sais quel autre genre abscons, elles font juste du bon punk rock qui parle des problèmes de notre époque.

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La pochette de Dream Wife – Premier album de…Dream Wife! (2018)

Leur premier album, sorti en janvier 2018, est d’ailleurs un joyeux mélange, je dirai même un putain de bon mélange ! Des paroles sarcastiques, un chant qui oscille entre la pop et les meilleures heures du punk, devenant parfois juste un cri de rébellion, des mélodies simples, rapides…J’aime ! Les pisses-froids vous diront qu’il n’y a pas vraiment de logique dans l’enchainement des onze titres de l’album, je vous répondrai que l’on en a rien à foutre. Les trois filles envoient du bois, l’intensité et l’immédiateté du punk est dans leur ADN. Du coup on a onze quasi singles, qui correspondent sans doute à onze moments de vie couchés sur le papier avec les accords de gratte qui vont bien. Bref écoutez le !

Maintenant que les présentations sont faites, retour à Bourges ! Vu que je suis une vraie quiche (lorraine), je n’ai pas réussi à mettre la main sur la setlist du concert. J’ai donc reconstitué les morceaux joués par ces dames grâce à mon infaillible mémoire ! La salle du 22 est pleine, ça fait plaisir à voir et j’aime bien l’endroit avec son parquet oldschool, ça me remémore plein de bons souvenirs…

Le trio de Dream Wife arrive sur scène sous les encouragements du public. Let’s go girls ! A noter, sur scène, elles s’adjoignent les services d’un batteur, malheureusement je n’ai pas réussi à retrouver son identité.

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Dream Wife sur la scène du 22 au Printemps de Bourges 2018

En guise d’introduction, nous avons droit au morceau Hey Heartbreaker, dont je vous parlais plus haut. Les filles ont un sens inné de la scène, elles emmènent rapidement le public avec elles, dès les premières minutes.

Va suivre Lolita, sans doute un de mes morceaux préférés, la chanteuse, Rakel Mjöll, multipliant les poses lascives, ce qui contraste complètement avec ses collègues, qui, pliées en deux sur leurs instruments, nous délivrent la sainte parole du punk rock !

Suivront les morceaux Fire et Everything, le premier de ces morceaux étant présent sur l’EP du même nom paru en 2017. On continue sur notre lancée endiablée, Rakel prenant quand même quelques instants pour établir le contact avec le public, qui le lui rend bien.

Love Without Reason arrive alors, chanson très entrainante, comme celle qui suivra, Kids. Dans les deux cas on trouve des paroles simples et un refrain qui fait mouche, le tout emmené tambour battant par le groupe. Le côté très pop que je leur trouvais à froid, s’estompe en live, c’est beaucoup plus énergique, et j’aime ça !

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Rakel Mjöll : prête à en découdre!

Le titre Somebody est une vraie tuerie en live, là encore porté par un enchainement simple mais percutant : « I am not my body, I am somebody »…Rakel Mjöll étant une très jolie fille, les paroles prennent toute leur saveur  et interpellent d’autant plus : le message est passé !

Le concert va se terminer sur le triptyque Act My Age, F.U.U et Let’s Make Out. Le temps est passé à toute vitesse, et on en redemande ! Lorsque la musique stoppe définitivement, une chose est claire : Dream Wife est un groupe sacrément prometteur, et malgré un seul album et leur jeune âge, le trio fait preuve d’un professionnalisme et d’une générosité sur scène, qui pourrait servir de modèle à bien d’autres…

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moment de songes…

Dans ce que nous avons pu voir et entendre durant cette date au Printemps de Bourges, il n’y a pas grand-chose à jeter, je dirai même qu’il n’y a rien du tout. On nous avait promis du punk rock, le contrat est rempli ! Musicalement c’est dans la droite lignée du mouvement punk : rapide, simple et sans fioriture, mais sacrément efficace. Rakel Mjöll pour sa part à une voix vraiment intéressante, qui laisse présager plein de bonnes choses ! Vous l’aurez compris, nous étions ravis en quittant la salle, Dream Wife est un assurément un groupe de rêve, qu’il va falloir suivre de très près !

 

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