HoTeL : rencontre avec un duo cinq étoiles!

Photo : Arno Lam (2018)

Le Printemps de Bourges édition 2018 nous a donné l’occasion de rencontrer Anna Reinhardt et Victor Le Dauphin, qui forment le duo HoTeL. Couple sur scène comme à la ville, ces deux-là se sont rencontrés autour de passions communes pour les Kills, les Rolling Stones, le LCD soundsystem…, et bien d’autres !

 En 2017, leur premier EP, Express Checkout, voyait le jour, un cinq titres bien accueilli par la critique et porté par de très beaux clips (on va y revenir). Leur second EP, Room 102, vient de sortir…il était grand temps pour weirdsound.net de s’intéresser à ce sympathique et talentueux duo ! Après les présentations d’usage, l’interrogatoire en règle, mené par votre serviteur, commence :

Weirdsound : J’ai vu que pour l’enregistrement de votre premier EP en 2017, Express Checkout, vous aviez travaillé avec Alex Rodriguez, comme s’est fait votre rencontre ?

Anna : C’est moi qui l’ai connu, il y a une dizaine d’années, à l’époque autour du cinéma, et puis nous avons eu l’opportunité de nous revoir à New York, ville où je me rends régulièrement. Il a eu alors l’occasion d’entendre nos premières maquettes, qui à l’époque, sortaient tout droit de notre cuisine normande ! Visiblement il a trouvé ça sympa, puisque quatre mois après, il arrivait à Paris avec quatre synopsis de clip différents. C’était fou !

Victor : Depuis c’est devenu un bon pote, en tout cas ça nous a permis de réaliser nos premiers clips avec lui en Californie.

Weirdsound : Clips dans lesquels on trouve une ambiance particulière…

 Victor : Oui effectivement, tu as macadam qui est très dark, et l’autre, Makin’ the Rules, qui est beaucoup plus dans l’esprit road movie californien, avec la bagnole décapotable et tout…Les deux expériences se sont très bien passées et du coup on a un nouveau projet avec Alex Rodriguez…

 

Weirdsound : Ah du coup vous allez tourner de nouveau prochainement ?

Victor : Il est pas mal pris, et il vit en Californie, on est en train de s’organiser.

Anna : On le voit bientôt à Marrakech, pour commencer à bosser les bases de ce nouveau projet. D’ailleurs dans l’esprit, ça sera plutôt un mini film…Concernant Alex, son dernier film est nommé à Cannes, on est super fier pour lui !

Weirdsound : Il l’aura pas volé, c’est un très bon réal…

Anna : c’est un réalisateur d’exception, il a sans doute été un peu blacklisté par certains mexicains lorsqu’il a été nommé aux Oscars et pas eux…

 Weirdsound : J’ai stalké toute votre vie sur internet, du coup je suis au courant de tout ! Vous avez signé plusieurs bandes originales, dont Women and sometime Men, qui a été primé au festival de Chelsea. La relation au cinéma ou plus largement à l’image est importante dans votre approche de la création artistique ?

Victor : Tu sais, on passe beaucoup de temps à regarder des films et des vidéos quand on est à la maison, et quand on compose de la musique, pour nous l’un ne va pas sans l’autre !

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Anna Reinhardt et Victor le Dauphin – Photo Arno Lam

 

Weirdsound : L’esthétique est aussi importante que la musique quelque part…

Victor : Oui c’est exactement ça !

Anna : Pour moi, une musique réussie te plonge immédiatement dans un univers, et s’il y a un univers, il y a forcément de l’image…Il y a des personnages, une histoire qui se déroule ! Un morceau réussi raconte forcément une histoire !

Victor : Et tu vas sans doute nous dire : mais il n’y a pas de clip pour le nouvel EP…

Weirdsound : attends un peu, ne me grille pas mes autres questions, on va y venir ! (rires) En tout cas c’est amusant votre attachement au clip, ça me rappelle de bons souvenirs de quand j’étais kid et que je passais mes nuits sur MTV…

Victor : Aujourd’hui la vidéo est un vrai moyen de se faire connaître, youtube marche aussi bien, si ce n’est mieux que les plateformes de streaming…

Weirdsound : A travers les retours que vous avez, vous avez l’impression que les gens vous découvrent grâce aux vidéos ?

Victor : Oui, tout le monde, pas que les kids, vont sur youtube pour chercher du son et regarder les clips qui vont avec… Instinctivement, quand t’es en soirée par exemple, tu vas aller sur youtube chercher un morceau que tu aimes bien. C’est simple ! En plus tu n’as pas les pub comme sur le streaming (rires)

Weirdsound : merde, je deviens vieux en fait (rires)

Anna : Pour Room 102, on a fait le choix de sortir la musique d’abord, pour que l’on puisse avoir un retour uniquement sur le son ! On essaie de ne pas tomber dans le piège de l’image à tout prix. Il faut que ça soit intelligent, construit, donc ça prend un peu de temps…Vous ne nous verrez jamais en slip chez nous sur Twitter…(rires)

Victor : On l’a fait une fois, quand je me suis fait opéré !

Anna : Ouais c’est vrai ! Quand tu t’es fait opérer du genou. Mais tu souhaites vraiment que l’on parle de nos vies privées ? (rires)

Weirdsound : Comme vous voulez, je prends comme ça vient ! (rires)

Anna : Tu l’auras compris, on soigne beaucoup l’image et nécessairement, ça prend du temps… On souhaite obtenir un résultat dont nous sommes pleinement satisfaits.

J’ai beaucoup de respect pour le monde du cinéma et les métiers qui vont avec, c’est eux qui nous permettent d’avoir un tel rendu. En face de ça, il y a sûrement plein de trucs malins que tu peux faire en vidéo avec un téléphone, mais je ne suis pas certaine que ce soit complètement ma culture, qui est vraiment orientée vers le cinéma.

Victor : C’est plus un défi qu’autre chose en fait ! Avec un téléphone, tu es limité par le matériel et tu dois te montrer ingénieux. Nous, ce n’est pas notre délire, on préfère prendre trois mois et travailler avec du matériel et des pro du secteur de l’audiovisuel.

Anna : Outre la technique, ça te permet de faire de belles rencontres ! Un gars comme Alex, c’est juste génial d’avoir pu bosser avec lui et d’avoir eu son avis et son regard sur nos réalisations !

Victor : Tu sais, pour notre tournage en Californie, faut savoir qu’on avait que 500 dollars en poche ! Ça reste du petit budget pour un clip. On a trouvé l’argent dans le tronc d’une église…

Weirdsound : Ah oui quand on voit le rendu, c’est de l’argent bien investi !

Anna : C’est les compétences de l’équipe qui ont fait la différence.

Weirdsound : Par contre, je réalise, Victor t’es en train de me dire que le clip a été financé avec le plan épargne du petit Jésus…(rires)

Anna : On pourra t’expliquer, comment avec un cintre tu peux faire un tas de trucs super ! (rires)

Victor : De toute façon, il y a toute une histoire autour de ce tournage ! On était à San Francisco avant le tournage, je faisais du skate dans les rues, et la veille de tourner j’ai un accident et je me suis niquer les ligaments d’une jambe, impossible de marcher…

Anna : Du coup on a appelé Alex, qui a changé le programme de tournage quasiment le soir pour le lendemain, heureusement on avait déjà prévu que ce soit un road movie, mais il a fallu ruser à l’image !

 

Weirdsound : Pas question de faire des sauts d’un toit à l’autre à la Luc Besson quoi ! (rires)

Victor : Non !

Weirdsound : Bon, on a déjà des scoops pour l’article, visiblement vous aimer bien le cinéma, le skate et faire les poches au bon Dieu ! (rires) je vous propose de changer de thème et d’en venir à votre dernière sortie, Room 102, pourquoi ce titre ?

Victor : On fait tout sur une péniche, on habite dessus pour tout te dire. On est au numéro 102 au niveau du quai, et en plus ça correspond au double pastis de Gainsbourg !

Anna : C’est un petit clin d’œil à Gainsbourg, on l’a dans le sang.

Weirdsound : La production est vraiment de très bonne facture, avec qui avez-vous travaillé ?

 Anna : Merci !

 Victor : C’est une production assez « low fi » en fait, par exemple par rapport à Express Checkout, il n’y a plus de batterie…Sur Room 102 on a utilisé une boite à rythme.

Anna : Sur le premier EP, on a voulu montrer tout ce qu’on savait faire, là on s’est volontairement restreint à cinq ou six instruments. On a tout fait à deux et On a finalisé l’ensemble chez Tropicalia avec Guillaume Jaoul qui est n’y plus ni moins qu’un dieu !

Victor : oui, c’est vraiment un studio « french touch », et c’est grâce à lui que l’on a ce son finalement très propre. En plus de la production, on a filé le tout à un ami aux États Unis qui a peaufiné le mix..

Weirdsound : OK, visiblement vous n’avez rien laissé au hasard ! (rires)

HoTel Room 102 EP
La pochette de l’EP Room 102 – réalisée par Arno Lam

 

Weirdsound : On a parlé des clips liés à Express Checkout, dans un registre différent je trouve la photo présente en couverture de Room 102 super intéressante…C’est vous qui avez eu l’idée de cette composition ?

 Anna : oui elle est top, c’est Arno Lam qui en est à l’origine !

 Weirdsound : j’y ai trouvé une composition un peu seventies, je suis dans le vrai ?

 Victor : Oui il y a de ça, les tenues, l’arrière décor…

Anna : On a bombé la plante en dorée nous-même, je tiens à la préciser ! (rires)

 Victor : Est-ce que vous avez compris le second degré de cette photo ?

Weirdsound : D’habitude c’est moi qui pose les questions ! (rires) On veut bien une explication !

 Victor : Il y a un second degré de posture en fait, Anna a un truc entre les dents, qu’elle essaie visiblement de retirer, moi je la regarde… Il ne faut surtout pas prendre la photo au premier degré !

Weirdsound : Votre attitude dénote avec la photo très léchée en fait…

Victor : Oui c’est ça !

Anna : La photo est très belle, et sur la même session on a pu en faire d’autres qui sont vraiment bien…

Weirdsound : Mine de rien c’est important d’avoir une pochette sympa pour une sortie, parce que si elle est pourrave…

Victor : Bah carrément ! Tu sais, je suis un peu la vie de cette photo sur les réseaux sociaux, et je me rends compte qu’elle attire les regards et les commentaires, elle fait le taf ! L’esthétique est vraiment primordiale pour déjà commencer à passer une émotion avant même d’écouter le disque…

Weirdsound : Bon et ce fameux clip pour Room 102 ?

Anna : Un clip pour Room 102 ça va venir, mais comme je te le disais, on prend le temps et on attend d’avoir du recul sur les réactions que suscitent les morceaux de l’EP. Ce qui est assez amusant, c’est que ce n’est jamais le titre auquel tu t’attends qui retient l’attention ! Pour tout te dire, je travaille à coté dans l’image, et j’aurai parié sur le titre Digitale, j’avais commencé à penser à deux trois choses, et au final…

Weirdsound : vu les commentaires sur le web, c’est plutôt le titre Perfecto qui se démarque ! (rires)

Anna : Exactement ! Mais c’est cool, c’est une chanson que j’aime beaucoup, qui parle de l’intimité, qui est très sensuelle…du coup c’est peut-être Perfecto que l’on imaginera en clip…et puis Digitale un peu plus tard ! 

Weirdsound : Lors de ma première écoute, un nom m’est venu rapidement en tête, les Kills ! Ça a été une vraie influence pour Room 102 où je fais fausse route ? D’ailleurs vous êtes souvent comparés à eux…C’est plutôt un compliment !

Anna : Bah écoute la comparaison nous va très bien, on prend ! Je serai fatiguée par pleins d’autres choses avant d’être fatiguée par ce type de comparaison (rires)

Victor : C’est clairement une grosse inspiration pour nous !

Anna : A chaque fois que j’ai eu la chance de les voir en live, je me suis pris une claque ! Ils défoncent sur scène, elle , elle sourit tout le temps et elle est grave sexy !

Victor : c’est un vrai lion en cage sur scène…En tout cas on a écouté tous ce qu’ils ont sortis, donc c’est forcément quelque chose de marquant pour nous. Nous on aime le félin, et en France ça existe peu, ou alors il est mal fait…

 Weirdsound : Tant que nous en sommes à parler de vos influences musicales, pour ce Room 102, comment s’est fait le travail d’écriture et de composition ? Vous vous mettez tous les deux autour d’une table avec du café ?

 Anna : Les textes ça vient souvent de moi et les inspirations c’est souvent ensemble…

 Weirdsound : Et le choix de l’anglais ou du français ?

 Anna : C’est selon les prod, même si sur Room 102 on avait vraiment envie d’aller vers le français.

 Weirdsound : Oui, il y a 4 chansons en français sur les 5 de L’EP.

Anna : Oui, il n’y a que Dust en anglais, mais elle ne pouvait être qu’en anglais, c’est l’histoire d’un vrai monsieur qui a existé et qui était new yorkais, pour moi ça n’aurait pas eu de sens de la faire en français.

 Weirdsound : Au final, vous nous offrez 5 titres vraiment tous différents, avec des touches d’électro, des riffs de guitare beaucoup plus rock, des passages pop…mais il y a une vraie alchimie qui se créer et qui rend l’ensemble cohérent.  C’est très sensuel et vaporeux : c’est quoi votre recette magique ?

 Victor : Tout à l’heure sur les réseaux sociaux, j’ai vu une fille mettre en commentaire « putain, joie, Paris existe encore », forcément ça fait plaisir…et je vois le commentaire en dessous : « Tu as vraiment des gouts de merde ! » (rires)

 Weirdsound : Ça a dû te faire redescendre ! (rires)

 Victor : En fait, tout est dit ! Ça nous résume ! Dans notre musique il y a du félin, que l’on assume complètement, et en même temps un certains laisser aller…C’est ce paradoxe que tu entends sur Room 102 et qui donne lieu à ces réactions différentes !

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Vous avez dit félin(e)s? – Photo Arno Lam

Weirdsound : Avec les Kills on parlait de vos influences anglo saxonnes, mais, il y a-t-il aussi des artistes français vivants ou morts que vous appréciez ?

 Victor: On adore Patrick Coutin! (Il fredonne j’aime regarder les filles)

 Weirdsound : Finalement, on connaît que celle-là de lui…

 Victor : Du coup faudrait parler de carrière plutôt ? Tu sais, Patrick Coutin, quand c’est sortie on le prenait pour de la merde ! A la base on a pas capté en France que cette chanson elle était géniale !

Anna : Et depuis elle a fait son chemin…

Anna : Après on dig pas mal de vinyles, par exemple X Ray Pop !

Weirdsound : peu de gens connaissent !

 Anna : Mais on a de bons disquaires, et ça, ça aide ! (rires)

Weirdsound : et un mec comme Bashung ? Vous aimez bien ?

Anna : Bien sûr ! Une chanson comme Madame Rêve, comment tu ne veux pas l’aimer ?

Victor : c’est marrant que tu nous parles de lui, sur Express Checkout, Jean Fauque (qui a écrit La Nuit je Mens) a écrit des textes pour nous. Je crois que Bashung c’est dans l’ADN des français qui prennent des guitares en fait !

Anna : Ceci étant on n’a pas d’album de Bashung à la maison, comme on a pas d’album de France Gall alors qu’on l’adore…

Weirdsound : le prochain de France Gall vous allez l’attendre longtemps…Désolé pour cette blague de merde…

Anna : On aime bien rassures toi, on aurait pu la faire ! (rires)

Victor : Sinon, j’aime les chanteurs français pour leur flegme, le ton de la confidence, typiquement un mec comme Gainsbourg !

Weirdsound : Parmi les sorties actuelles, qu’est-ce que vous appréciez ?

Anna : Il y a une artiste que j’ai vu il y a quelques semaines et que j’aime bien, c’est Charlotte Gainsbourg.

Weirdsound : Ah oui ?

Anna : C’était dingue je te jure !

Victor : Il faut que tu écoutes la chanson cachée de l’album, elle est géniale. C’est sa fille qui chante dessus et elle est hallucinante !

 Weirdsound : Bon bon, vous m’avez convaincu, je vais l’écoutez alors ! (rires) On m’en a peut-être trop parler en fait, du coup j’ai fait demi-tour.

 Anna : Quand il y a brouhaha autour d’une sortie, je fuis le truc, sinon c’est le meilleur moyen de t’en dégouter. Je préfère me faire ma propre opinion !

Victor : Pour Anna c’est l’album de l’année, pour moi ça serait plutôt le dernier de la Femme. C’est la résurrection de quelque chose en France, une immédiateté, une urgence…et le concert qu’on s’est fait d’eux était vraiment bien.

 Weirdsound : j’aime beaucoup la chanson Digitale. Si je n’ai pas tout compris de travers il y est question d’amour, de solitude, de technologie qui renforce cet isolement…Même si à la fin ça se termine bien ! A faire le Freud de service j’ai l’impression que vous êtes un peu dubitatifs concernant meetic ou tinder ? 

 Anna : Il a le reflex du cortex ! (une citation du texte de la chanson). Alors non, on a rien contre le numérique et ce que ça provoque, mais par contre ne nous endormons pas ! Réfléchissons deux secondes à la place grandissante que nous donnons au numérique. A mon sens, si je n’existe qu’à travers de mon avatar, je n’existe plus !

Weirdsound : question à 3000 euros, vous pensez quoi des gens qui vont au concert de leur vie et qui passent la majorité de leur temps à filmer avec un smartphone ? Je sens qu’on va tomber d’accord…

Anna : Bah je ne les comprends pas !

Victor : Moi je les encule (rires) ! Encore heureux, il y a des concerts ou tu te retrouves avec zéro portable. Nous sommes allés voir le LCD Soundsytem, le public était tellement captivé que finalement personne n’a pensé à sortir son foutu téléphone…

Weirdsound : Jack White a peut-être raison quand il propose de laisser les téléphones hors de la salle dans un casier…

 Victor : Ça a un petit côté nazi quand même ! (rires)

Anna : L’outil numérique, si tu en reste maitre, c’est cool et utile, il ne faut pas se laisser endormir…Dans Digitale, il a fallu une jolie fille en chair et en os, pour que le type est un sursaut de conscience et lâche son écran !  Le reflex du cortex !

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back in seventies baby! – Photo Arno Lam

Weirdsound : De même transcendental Express est un morceau vraiment intéressant : faut-il simplement y voir une embrouille dans un TGV ? Ça pourrait se comprendre on a tous vécu ce moment gênant où on réalise qu’on s’est tromper de place…(rires)

Victor : La longueur du morceau, c’est comme un voyage en train, ça peut durer longtemps et la répétition, qui peut être lié à la mécanique du train, peut devenir un peu anxiogène.

 Weirdsound : c’est marrant, je ne l’ai pas vécu comme ça ! J’étais pénard dans mon canapé et ça m’a plus fait planer qu’autre chose…

 Anna : C’est peut-être lié aux paroles « quand je m’éloigne du stress… »

 Weirdsound : possible !

Victor : Pour moi en tout cas c’est un témoignage de l’angoisse et du fait qu’il faut savoir s’éloigner pour chasser ce sentiment…Que ce soit géographiquement ou même dans un couple qui prend un peu de distance dans leur relation, parfois ça a un effet salvateur.

 Weirdsound : je l’ai aussi écouté à 08h du matin dans un tramway blindé avec des gens qui tirent la gueule, et je ne l’ai pas vécu pareil !

 Anna : Ah merci ! (rires) Tu sais qu’on l’on va travailler avec un jeune réalisateur qui se nomme Tanguy Masson, qui justement va aborder cette image du train…

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Anna et Victor prenant gentiment la pose pour nous! – Photo Eric Le Menelec

 Weirdsound : et faire de la thunes avec la SNCF en leur proposant pour remplacer leur jingle pourri ? (rires)

 Victor : Tu sais que David Gilmour l’a samplé !

 Weirdsound : Bah justement, faut y aller !

 Anna : S’il nous file le train pour le clip, alors là on peut commencer à discuter ! Et il nous faut un beau train, style Orient Express ! (rires)

Victor :  Ceci dit je ne suis pas sûre que ça soit le bon message pour la SNCF…(rires)

Weirdsound : Il y a-t-il des artistes ou des groupes avec qui vous aimeriez vous produire ou enregistrer ?

Anna : Moi je tournerai bien un clip avec Wes Anderson !

Victor : J’aimerai bien bosser avec Danger Mouse !

Anna : Tu vas vraiment écrire ça ? Précise bien qu’on sait que c’est irréalisable hein ! (rires)

Weirdsound : sait-on jamais…(rires)

Weirdsound : Et pour finir ! Quelle va être votre actualité pour la suite de 2018 ?

Anna : on va commencer à bosser sur un troisième EP !

 Weirdsound : Un troisième EP, ça va finir par sentir l’album non ?

 Victor : Tu crois que c’est une obligation ? (rires)

Anna : On se donne six mois pour cet EP, et effectivement, on ne sait pas encore s’il y aura un album derrière, à voir !

Weirdsound : Si l’album ne convient pas, peut être un truc plus audacieux, genre un Best Of ?

Anna : Tu es train de nous conseiller de prendre nos trois EP et de monter un Best Of ? C’est bien ça ? (rires)

Weirdsound : oui !

Anna : Remarque « HoTeL cinq étoiles » ça sonne bien pour un nom de Best Of !

Weirdsound : Bah voilà, vous avez déjà le nom ! (rires) Mais si ça ne marche pas, ce n’est pas de ma faute !

Anna : et si ça marche alors ? (rires)

 

Notre interview fleuve se termine, nous n’avons pas vu le temps passé. Normal quand on est aussi bien accueilli ! Après quelques réflexions hautement philosophiques sur Kurt Cobain et Nirvana, nous prenons congés de Anna et Victor.

 Bon ? Maintenant vous n’avez pas d’excuses : Écoutez HoTeL ! Ils ont tout pour cartonner : deux personnalités attachantes, une vision autant musicale qu’esthétique de leur projet… et surtout un son et des paroles qui démontrent un potentiel créatif en pleine effervescence. Ces deux-là iront loin ! Comptez sur weirdsound pour vous tenir au courant !

Liens pour découvrir Room 102 :

https://www.deezer.com/fr/album/56070482

https://itunes.apple.com/fr/album/room-102-ep/1342371572

 

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