Re-confiné du bulbe #5 – Deutsch Electro

Temps de lecture : 9 minutes

Salut les amis fans d’électro!

5 mois plus tard… c’est reparti… le mot « Confinement » venait d’être validé par nos académiciens au même titre que « Darknet » et « Uberisation ». Pris de court, ils tablent depuis quelques jours sur la réitération « Reconfinement » et peut-être même repasser le terme Covid au masculin.

Mais laissons nos ancêtres statuer via Zoom ou Whatsapp sur le bien-fondé de la linguistique de la langue de Molière… la population est « en guerre », elle est confinée, elle ne peut même pas aller dans une librairie… ni dans le rayon librairie d’un Leclerc. Il ne nous reste plus qu’à contenter nos conduits auditifs, car rappelez-vous les élucubrations d’Antoine… euh… Nietzsche « sans musique la vie serait une erreur »

Académie Française
Scène de rigolade à l’Académie Française, Brice-Théophane et ses amis préparent le départ en retraite de Marie-Hortense, la bibliothécaire.

Nous sommes donc de retour sur Weirdsound avec les (re)confinés du bulbe. Vous n’aviez pas suivi les épisodes précédents? Pas de drame… petit rappel pour les 3 du fond qui ne suivent pas.

Les confinés du bulbe ont pour objectif de vous accompagner pendant ces périodes de télé-travail, télé-chômage-partiel, télé-apéro et télé-raclette. L’objectif est de vous faire sourire, vous faire remuer la tête et le popotin sur votre chaise à roulette avec accoudoir que vous avez récupérée jeudi 29 octobre chez But ou chez Office Dépôt à quelques heures du reconfinement.

Weirdsound vous partage du bon son, des sets électros qui tabassent, des lives,… en bref des espaces auditifs qui durent de 50 minutes à 7 heures (et permettent d’éviter de retourner sur son appli de streaming tous les 5 minutes pour sélectionner un morceau). Cela vous évite également le air-guitar, le air-concert et les air-boites-de-night !

Rappel des épisodes précédents

Un mois de confinement va être long… vous pouvez donc retourner-vous délecter musicalement sur les premiers opus de la série :

Les Confinés du Bulbe #1 furent, mon foie, très éclectiques, et sans ligne directrice particulière. Différents sets à votre disposition, de Laurent Garnier et son fabuleux live de 7h, à notre chouchou Molecule (et son live spacialisé sur FIP), mais surtout une bonne (première) dose de Dj allemand talentueux (Christian Löffler, David August et Helena Hauff)

Les Confinés du Bulbe #2 furent orientés sur ma 2ème grande passion à savoir le post-rock (Explosion in the Sky, Mogwai, Sigur Ros, Godspeed You ! Black Emperor, Thee Silver Mount Zion & Totorro)

Les Confinés du Bulbe #3 permettent de faire un focus sur la richesse de la French Touch Electro via la grandeur et la qualité de ses artistes féminines (Chloé, Calling Marian & Miss Kittin) mais également masculins (pré-2000 via Daft Punk, Cassius, Air, Etienne de Crécy & Rubin Steiner ou post-2000 avec Rone, Agoria & Thylacine).

Dans les Confinés du Bulbe #4, vous vous délecterez devant les sûrement plus beaux noms de l’Electro Allemande Ellen Allien, Paul Kalkbrenner, Michael Mayer, Marcel Dettmann, The Field (berlinois d’adoption), Fejka,… et j’en passe.

Pourquoi le télétravail séduit-il - 2020 @TF1
Je suis séduis, car je lis les Confinés du Bulbe incognito sur mon temps de travail.

On prend presque les mêmes et on recommence…

Je commence tout d’abord chers lecteurs assidus par vous présenter une nouvelle fois mes plus plates excuses. Comme le titre de l’article le laisse présager (mais vous avez cliqué après tout), nous repartons sur la thématique des DJ si talentueux dont regorge l’Allemagne.

Le problème : les différents DJ allemands présentés dans les épisodes précédents sont malheureusement réducteurs de l’ensemble du patrimoine musical électronique germain.

Je vais donc tenter de vous accompagner sur des artistes légèrement moins connus… bien que le jugement n’en soit que très personnel et donc discutable…

Ben Klock, un résident connu et reconnu du Berghain

Pour les petits étourdis de fond de classe, le Berghain est le club techno parmi les plus représentatifs des nuits Berlinoises qui peut se vanter d’avoir accueilli quelques très grands noms de l’électro entre ses murs… mais aussi d’avoir une ancienne réputation légèrement sulfureuse (disons que les réfractaires au mariage pour tous ne s’y sentiraient vraiment pas à l’aise : tant mieux, ça fait moins de monde à l’entrée). Ancienne centrale électrique désaffectée, l’ambiance est électrique sur les 4 étages de l’immeuble dont le fameux Panorama Bar.

Je vous avais présenté Marcel Dettmann dans les confinés du bulbe #4… Ben Klock est également l’un des autres DJ Résidents de cette boite de nuit à l’ambiance très RDA… et cela depuis 2004.

Ben Klock – Boiler Room Berlin

Niveau musical, Ben Klock nous distille une house – techno que je qualifierais également d’assez dark et industriel. Des rythmiques aux racines minimales, et des efforts à produire des mixes basés sur le phénomène de répétition des sonorités aigres & stridentes. Enfin des beats entêtants prouvant la faculté du DJ Berlinois à maîtriser son sujet.

Je ne vais pas vous cacher que Ben Klock fait donc partie de mes idoles de la scène électro résidentes berlinoises. Du talent, de la scène, et une volonté de travailler avec ses pairs…

Allez petite devinette… reconnaitrez-vous la brunette qui fait autant le show que Ben Klock sur cette vidéo… On se demande même si le caméraman de Boiler Room n’en oublie pas qui est le DJ qui mixe ce soir-là ! Évitons de tomber dans l’instant Paparazzi-Closer-Paris Match pour les 2… la situation est effectivement cocasse (bon disons qu’ils ont cohabité il fut un temps). Toutefois, c’est surtout le mix qui est juste hallucinant qualitativement.

Pantha du Prince… des ténèbres

L’ambiance dark de ses sets couplée à un son minimal fait de Hendrik Weber l’un des grands noms de l’électro-indie allemande. Je vous l’accorde, ce n’est pas le premier nom qui nous vient à l’esprit quand on se plonge dans l’électro, mais Pantha du Prince est un véritable compositeur de talent et est très reconnu dans le monde électronique. Profitez donc de ce reconfinement pour vous atteler à ses différents albums et notamment Black Noise de 2010 (une somptueuse pépite d’album portée par les titres The Splendour et surtout Satellite Snyper…)

Minimal, atmosphérique et avec une mise en exergue de divers instruments… le set à découvrir ci-dessous, axé sur son album The Triad sorti en 2016, s’avère assez inoubliable. On entre de plein pied dans un effet concert plus que DJ-Set et c’est vraiment vraiment appréciable.

Pantha Du Prince present “The Triad ” – Boiler Room Berlin

Boys Noize, Oi Oi Oi la castagne !

Je vais faire preuve d’une franchise des plus totales. Alexander Ridha m’avait fait complètement halluciné en 2007 avec la sortie de son album Oi Oi Oi. Sous son nom de scène de Boys Noize, cet album très baigné dans l’acid house et la techno transe avait illuminé ma fin d’année 2007.

J’ai eu la chance de voir son set au Festival de Benicassim lors de l’été 2009… un set dansant et bouillant (et pourtant l’affiche électro du festival aurait dû l’assagir un peu entre le set de Kevin Saunderson, celui de Gui Boratto et les 5 heures de show de Laurent Garnier pour clôturer le festival…)

Je suis bien moins fan des créations postérieures (d’où ma franchise la plus totale…). Avec un DJ qui je trouve est devenu un peu trop pop/fashion par des reprises / partenariats avec des artistes qui ne font pas partie de mon panel d’écoute… (dont Lady Gaga & Ariana Grande).

Par contre le “avant”… étant très très bon, je me permets de vous le faire découvrir/redécouvrir… C’est abrasif, dansant, rythmé… bref un bon moment d’électro comme on ne peut que les aimer…

Matias Aguayo, le « Chill »-o Germanique !

Avec 3 albums sortis sur le label Kompakt de Michael Mayer, Mathias Aguayo est également un producteur / compositeur s’étant forgé en transpirant sur scène et dans les clubs… à faire transpirer les gens devant lui. Perso, je suis un très grand fan du mix Boiler Room ci-dessous que j’ai beaucoup écouté en 2014-2015 suite à sa sortie. La particularité, déjà… et cela s’avère assez rare… Mathias pousse la chansonnette dans ses mix, cela peut sembler bizarre mais finalement la cohésion fait mouche…

Par contre, j’ai le souvenir d’avoir vu un set qu’il avait fait en Amérique du Sud, où il avait du abuser de la cachaca ou du ti-punch… le son était très bon, mais la voix pour le coup un peu défaillante… je m’étais bien marré… ! (Mes excuses par contre… incapable de remettre la main sur ce live…)

En tout cas, ses prestations sont dansantes, exotiques presque tribales et rythmées par une puissance « house » ne laissant pas de marbre. J’apprécie vraiment le garçon qui a pris son envol par la création du label Comeme en 2009.

Bref, lancez-vous dans ce set particulier mais tellement bon !

Nils Frahm, l’Icare de l’électro symphonique

Un musicien hors pair, un pianiste de très grand talent … qui a fait le gap vers la musique électronique. De l’audace, du génie musical, des albums fantastiques et une atmosphère en live hallucinante… les adjectifs pour décrire Nils Frahm sont bien faibles. Si vous avez un jour l’occasion de voir l’un de ses lives… allez-y les yeux fermés. En 2018, pour ma part, je ne connaissais pas du tout et j’ai été embarqué par mes collègues festivaliers à son live lors des Primavera Sound. Il était tard… pas forcément emballé par la notice descriptive de l’heure et demi qui m’attendait… et la… sphalfffff :

  • Une claque visuelle (la caméra était positionnée au-dessus de Nils en train de jouer avec si mes souvenirs sont bons 5 à 6 pianos et claviers autour de lui)
  • Une claque sonore avec la puissance de ces mélodies couplant électro et classique.

La moindre petite note est réfléchie, pensée, ajoutée avec la minutie de l’horloger. L’album All Melody (2018) que j’avais beaucoup écouté après le concert m’avait littéralement retourné… Je ne peux que vous le conseiller ! L’album live Spaces (2013) est également des plus magnifiques (présenté en podcast par nos amis des Vinyliques Anonymes vendredi dernier sur Sun FM)

Que l’on soit bien clair, nous sommes à 10.000 encablures de la hardtek, et du dub-step… je te préviens lecteur, on change complètement de registre, mais cette électro ambiant et chill sous fond de pianos et claviers, est des plus addictives… on retrouve peut être un peu de cette dynamique de son compatriote virtuose Christian Löffler en termes de composition !

Nils Frahm – Boiler Room

Recondite, le Yul Brynner de l’électro allemande.

Avec autant de cheveux que l’acteur américano-suisso-russe star des 7 mercenaires, et un nom de famille quasi-similaire, Lorenz Brunner alias Recondite à force de persévérance a créé son propre label Plangent Records en 2011, mais s’est surtout fait reconnaitre du monde berlinois, les spectateurs noctambules et ses pairs. Des présences régulières dans son pays d’origine au Berghain, au festival Melt et au Time Warp mais également un peu partout sur la planète lui ont permis de distiller un son assez unique entre acid, deep house et ambient.  

Ses qualités : un grand technicien, discret, exigeant dans son travail tout comme dans ses sets. Un Stakhanov enchaînant les dates, les albums et les EP.

L’ancien physiothérapeute recherche une atmosphère unique, un son qui lui est propre… et c’est un réel plaisir d’écouter ses lives.

Vous l’avez compris, il est bien moins connu que ses compatriotes, mais c’est un véritable talent de l’électro, une source inépuisable de création sonore… relax, dance and enjoy !

Recondite Live – TIme Warp 2019 – Arte

Roman Flügel, das électro Taulier !

L’un des très grands noms de l’électronique mondiale… un touche à tout depuis la fin des années 80. Difficile de le positionner dans une typologie précise tant il a œuvré pour la dynamisation de la musique électronique tout d’abord par son partenariat avec Jörn Elling Wuttke dans les années 90 (entre autre sous les noms d’Alter Ego et Acid Jesus) à l’origine du label house Playhouse, mais également sa reconnaissance dans les meilleurs boites de nuit de la planète… notamment au Berghain encore et toujours.

House (donc), techno, acid, ambiant,… expérimental ou minimaliste, Roman Flügel a traversé le temps… Alors ça parle moins sur le papier qu’un Jeff Mills ou un Laurent Garnier, mais le producteur / DJ fait parler son talent depuis près de 3 décennies.

Laissons Roman Flügel nous le prouver par ce DJ Set enregistré sur la plateforme Boiler Room (oh ce finish, à partir de 1:08:00 … donne de sacrés frissons)

Roman Flügel – Boiler Room Berlin

Digitalism, eh bien ! Dansez maintenant.

Le duo allemand formé de Jens Moelle et Ismail Tuefekci a frappé un grand coup en 2007 avec la sortie de l’album dance / house / rock de génie Idealism, sorti sous Kitsuné. Soit, il faut aimer ce style, de nombreux groupes et producteurs s’y sont frottés en y laissant des plumes, mais perso, il fait partie de ma discographie électro depuis de nombreuses d’années… et pour de nombreuses années encore. On y retrouve les fantastiques tubes Zdarlight, I Want I Want, Digitalism in Cairo, Anything New, Jupiter Room – Planetary Lobby Version… et ma p’tite favorite Echoes.

Par contre, depuis cette pépite d’album, les morceaux de qualité se sont raréfiés… la problématique du soufflé qui retombe. D’excellents titres ont été quand même créés depuis par le duo, un coup de cœur notamment pour Blitz sous l’EP I Love You, Dude qui m’accompagne tous les matins quand je veux danser sous ma douche ! Ou encore la belle surprise de leur dernier EP sortie il y a un mois Reality 2.

Vous l’avez compris Digitalism a du talent… pas mais pas tout le temps. Néanmoins, Jence et Isi gardent leur compétence de show-men dynamique, qui vous font lever le popotin et transpirer des litrons de Pils accumulés pour garder une hydratation conforme aux recommandations OMS.

Allez dansons jusqu’au bout de la nuit:

Digitalism – Boiler Room Melt Festival

John O'Cube

Sous ses airs de trader aux combines maladroites, John est fasciné depuis son plus jeune âge par la musique. Brillant titulaire d'un fichier excel récapitulant l'ensemble des concerts vus depuis le début de sa vie étudiante, il cherche désormais la renommée en additionnant son record de présence en live devant Mogwai ou Deerhunter, ou divers groupe folk, rock, pop, indé,... Malheureusement, malgré une énergie débordante, on le perd souvent à l'heure de l'électro... ne vous méprenez pas, il ne commence pas à rédiger des articles pour la firme Weirdsound, il est plutôt perdu au 5 ou 6ème rang d'une scène électro douteuse, lunettes de soleil sur le nez car "l'électro s'écoute mieux avec des lunettes de soleil".

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