Possum Cover Lunar Gardens

Possum: Lunar Gardens, album cosmique et pluriel

Ce Vendredi 2 Juillet, le quintet canadien Possum sort son deuxième album Lunar Gardens sur le label torontois Idée fixe Records. Dès le titre d’ouverture, Clarified Budder, on se retrouve comme en apesanteur, baigné dans un mélange de styles musicaux. Deux ans après son premier opus, le groupe de Toronto n’a pas fini de nous surprendre.

Possum, jeune groupe inclassable de Toronto

En 2017, dans leur studio de Toronto, Possum joue Ice Cream, cinquième titre de leur premier album

En Juin 2019, Possum sortait son premier album, Space Grade Assembly. Un album qui, déjà, nous enveloppait d’un son hypnotique et surprenant par le mélange, réussi, de styles musicaux. Entre Garage Rock, Krautrock et Ethio Jazz, l’album offrait un séduisant patchwork. Trois jours avant la sortie de cet album, le groupe se produisait à Nanaimo, en Colombie britannique. Dans une brève chronique du Nanaimo News Bulletin annonçant le concert, Patrick Lefler, le bassiste s’exprime. Il résume bien alors la conception de ce 1er album: « l’album est une chaîne d’assemblage de singles passés et de nouvelles pensées. Nous voulons, en quelque sorte, prendre tout ce que nous avons fait au cours des 18 derniers mois. L’album combine donc beaucoup de sons différents« .

Ce premier opus reflète déjà bien les influences du groupe mais aussi sa démarche, musicale et artistique. « Nous aimons nous perdre dans des rythmes sans fin et créer un groove tout en essayant de faire du bruit…cool« . Cette réflexion, comme la suivante, montre bien une partie de ce qui va constituer l’identité de Possum. L’album est enregistré sur du matériel analogique et le plus possible en direct pour mieux « capturer les premières idées« . Une ambition et un objectif affiché de plus en plus chez d’autres groupes aujourd’hui. Nous l’avons vu, il y a quelques semaines chez Hooveriii. Pour Possum également, « la base de la musique est la façon dont nous sonnons en live« . Pour cela, le groupe réalise et mixe ses enregistrements dans son propre studio, l’Oscillatarium. Possum garde la maîtrise totale!

Possum: Lunar Gardens, un album plus cosmique?

Le titre ouvrant l’album Lunar Gardens de Possum

Le quintet est basé à Toronto où il s’est formé. Il est composé de 2 guitaristes, Brandon Bak (aussi au chant), et Tobin Hopwood. A la basse, Patrick Lefler, Bradley Thibodeau à la batterie et Christopher Shannon aux claviers. Le groupe revendique des influences très éclectiques se retrouvant dans leur musique. Celle ci peut, ainsi, plaire autant aux fans de Can, Amon Düül II, Oh Sees, Ty Segall, Captain Beefheart, Zappa ou….Frankie & The Witch Fingers, vus en 2019 à Levitation/Angers. Vous n’êtes pas surpris alors de retrouver le mélange Kraut, Garage et psyché dans le nouvel album.

Si Lunar Gardens peut sembler reprendre les mêmes ingrédients, il montre cependant uen évolution. Celle-ci se reflète tant dans le son que dans l’écriture. De nouveaux territoires ont été explorés. Le groupe évoque Lunar Gardens et ce qui le différencie du premier album. « Alors que Space Grade Assembly traitait davantage de l’espace dans un sens littéral froid, l’approche de Lunar Gardens est plus l’espace comme métaphore de la conscience dans toutes ses formes fractales en expansion infinie« . Lunar Gardens apparaît ainsi comme « un fantasme spatial d’évasion surréaliste d’espaces impossibles…le type de lieu où vous pourriez aller quand les choses sont devenues trop lourdes, ici en 3D« . Le groupe tente une comparaison cinématographique. « Si Space Grade Assembly est 2001 A space Odyssey, Lunar Gardens est The Holy Mountain« .

Sur le plan thématique, l’album aborde la télépathie mais aussi le Ley Line Riding, pratique entre jeu, magie et relaxation. « C’est une exploration psychique du cortex collectif, la capture de l’énergie cosmique et l’alignement du flux astral« , explique encore le groupe.

Possum, un mélange d’improvisation et de précision pour un son contemporain

Possum ..quand Zappa rencontre… The Doors

Lorsque l’on écoute Possum et Lunar Gardens, une double impression vient à l’esprit. Le groupe semble combiner improvisaton et précision avec rigueur! L’impression d’improvisation vient, sans doute, de la prise directe du son voulant se rapprocher le plus possible du Live. La précision tient au fait que le groupe doit savoir combiner harmonieusement les styles musicaux.

Clarified Bubber, le titre ouvrant Lunar Gardens, est comme un pont entre les deux albums. Une intro plutôt langoureuse, puis une explosion sonore mêlant batterie, groove hypnotique, guitares wah wah psyché et des vocaux saccadés. Superbe! C’est le ype même de morceau qui tout en empruntant au Space Rock-j’ai même une pensée pour Hawkwind-sonne très moderne. Après plus de 5 minutes, un sentiment de flotter dans l’espace.

Gala at The Universe City m’a fait immédiatement penser à Zappa….qui aurait pu rencontrer The Doors comme au début de Heywood Floyd. Ce troisième titre, à la longue première partie instrumentale, est un de mes préférés. La rythmique et le jeu de basse peuvent même rappeler parfois… Santana! Un bijou montrant la variété des styles! Guest Of The Moon a un côté psych rock jazzy tandis que les guitares wah wah s’en donnent à coeur joie. L’ombre de Zappa plane encore. Avec Leyline Riders on retrouve le groove funky style Herbie Hancock, l’octogénaire caméléon musical américain.

Les trois derniers titres restent dans la même veine, mêlant avec bonheur différents styles. Le titre éponyme cloture, avec douceur, l’album. Possum est, encore, un groupe qui, comme Sons Of Raphael, sait emprunter au passé pour sonner, au final, très contemporain! 8 titres pour un bel album affirmant aussi l’identité de Possum.

Possum le Psych Rock Jazzy de Guest Of The moon

https://possumyyz.bandcamp.com/album/lunar-gardens

https://www.ideefixerecords.com/

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