Yamin Alma, l’irrésistible ascension

Yamin Alma est un O.V.N.I. Il navigue dans son univers, guidé par son seul désir musical, allant de l’avant sans sembler se soucier des obstacles. Ne serait-ce que son itinéraire de vie, à lui seul, suffit à dessiner un portrait hors norme du garçon. Né à Perpignan, il suit à travers le monde pendant quatorze ans une compagnie de danse de flamenco, notamment comme danseur, part s’installer en Suède, revient en France, habite Londres, y voit de nombreux concerts… Il commence à écrire de la musique à vingt-et-un ans, inspiré par les musiciens folk et rock qu’il a découvert au pays d’Abba, First Aid Kit, de Märvel et des Hellacopters. S’il a suivi des cours de CHAM (cours aménagés d’apprentissage de la musique), il découvre la guitare (rock, je suppose, parce que question guitare, le flamenco ça se pose là, quand même) en regardant… La Nouvelle Star et se forme à cet instrument en autodidacte afin de transcrire l’émotion que lui a procuré cette découverte. Autant dire que c’est quelqu’un qui vit chaque instant à fond et ne semble jamais vouloir s’arrêter.

On ne vit qu’une fois alors autant le faire bien « Love Ascension », écouter son cœur et se battre coûte que coûte pour ce que l’on aime, cet « Electric Diamond », pour se trouver soi-même et vivre libre comme un « UFO », tout en gardant les pieds sur Terre « Justice » et en essayant de ne pas trop se perdre dans l’ « Illusion ».

Yamin Alma, post facebook

Son premier album, Into The Blue (un titre décidément folk…) est dans la ligné de ses pairs, Nick Drake, Bob Dylan, Ryan Adams… mais ce n’est pas tout. Dans cet enregistrement autoproduit, il se fait fort de réconcilier des influences aussi diverses que Higelin, M, ou encore Jacques Brel. On y sent poindre également du Neil Young, sans aucun doute. Et pour écrire de façon efficace, se frotter au folk est une bonne école. À tel point que les Inouïs du Printemps de Bourges ne s’y trompent pas et lui décernent une récompense.

J’adore la pureté de la performance en folk : c’est souvent guitare voix et si tu veux attirer l’attention d’un public, c’est souvent une très bonne école.

Yamin Alma

 

Enregistré après Into The Blue, le single Losing Control augure du virage stylistique pris par l’artiste.

Puis, tel un Dylan qui prendrait des raccourcis temporels, il décide d’électrifier ses compositions et se tourne vers un rock simple, dépouillé et direct avec le single Losing Control qui préfigure ce que sera cet E. P., Love Ascencion.

Mais Yamin Alma garde cette volonté de faire une musique qui parle au plus grand nombre tout en restant authentique, aussi bien dans ses choix artistiques que techniques. Pour ces nouveaux morceaux, il choisit de passer par des machines analogiques et de s’adjoindre la collaboration de musiciens. Il part aussi se plonger aux racines du rock anglais et de la brit-pop. Il rejoint Londres. Il y retrouve un ami batteur, Jimmy Pallagrosi, bœuf avec Jodh Bergson à la basse et forme avec ses deux nouveaux compères, Yamin Alma and the Love Machines. L’amour, toujours l’amour! Une valeur sûre (enfin, je crois… non?).

En France on a pas cette culture du rock à la base… donc aller en Angleterre et rencontrer les anglais qui font du rock, apprendre à parler anglais avec eux, c’est formateur !

Yamin Alma

Quand on vous dit que c’est un O.V.N.I.! Il le clame lui même. U.F.O. est extrait de Love Ascension

Ce qui frappe chez ce français globalisé, c’est l’étonnante universalité de sa musique. Sur ce Love Ascension, on retrouve la fraicheur des premiers Strokes ou même Arctic Monkeys, le talent d’écriture des premiers Kravitz, et même, cette touche 70’s frappée de glam qui fit le succès de Wolfmother. Et cela, sans que l’artiste ne semble revendiquer plus qu’une tentative de se rapprocher d’un style plus “kravitzien” (tient, ça faisait longtemps que je n’avais pas tenté un néologisme musical…). On trouve donc chez lui une humilité tout aussi musicale qu’égotique. Pourtant, il a de quoi être fier de sa dernière production, car elle claque aux oreilles et réveille le rockeur assoupi devant les sorties un peu surannées des rockeurs en place.

La voix haut placée de Yamin Alma se trouve être un atout certain tellement elle est unique, reconnaissable dès les premiers couplets. L’Electric Diamond qui ouvre cet E. P. est d’entrée de jeu un hit potentiel : le refrain tape juste, le format est idéal. Il y a un peu de Cult dans ce titre. Les cinq titres de Love Ascension ont cette particularité qu’ils ne se répètent pas tout en gardant une forte identité. On y retrouve une balade folk avec le titre éponyme, des incursions plus expérimentales, toutes proportions gardées, avec Justice, et même une balade électro-soul très “Princienne” qui clôture l’ensemble, Illusion.

Vous l’aurez compris, il faut absolument suivre Yamin Alma et ses machines d’amour dans leur ascension vers plus d’amour et, je leur souhaite, plus de succès.

Sources :

http://www.justfocus.fr/musique/interview-yamin-alma-ep-love-ascension.html

Liens :

https://www.yaminalma.com/

https://www.facebook.com/yamin.alma/