Thrice

Thrice ou l’éternelle renaissance

Hello! Voici le retour de notre rédacteur invité Ludwig qui vous avait régalé avec son article sur le meilleur groupe du monde, Coheed & Cambria. Il a un nouveau meilleur groupe du monde à vous faire découvrir (bientôt une chronique dédiée aux « Meilleurs Groupes du Monde »?). Mais place à Ludwig :

Un premier E.P. introuvable, un nom improbable

Décidément, il y a pléthore de meilleurs groupes du monde ! Mais là, c’est Thrice ! Ils font partie de ces rares groupes qui ont su se renouveler, évoluer, tout en restant dans une démarche intègre, intelligente, dénuée de calculs marketing. Un groupe d’une classe rare.

Tout commence en 1998, ça ne nous rajeunit pas, car ça fait bientôt 25 ans, Dustin Kensrue (guitare et chant) et Teppei Teranishi (guitare et chœurs) quittent le groupe de leurs débuts, Chapter 11 pour former Thrice à l’aide des frères Eddie et Riley Breckenridge qui prennent la section rythmique. Ils choisissent, un peu au dernier moment, en référence à une « private joke », le nom de Thrice et sortent l’année qui suit un premier EP : First Impressions (aujourd’hui introuvable ! ). On est sur du hardcore mélodique, enregistré à l’arrache, produit à l’arrache, vendu à l’arrache, mais qui pose les bases. Le groupe joue, et joue bien. C’est puissant, rapide, teinté de leads de guitare bien sentis, malheureusement desservis par l’urgence et les moyens d’enregistrement assez pauvres. Ils écument les scènes de leur Californie natale et commencent à se frayer un chemin parmi les milliers de groupes de pop-punk à roulettes qui vendent des disques par palettes entières.

Avril 2000, les choses sérieuses commencent avec un premier album, Identity Crisis. Douze brûlots enregistrés dans la même urgence, c’est rapide, la voix de Dustin se fait tantôt douce, tantôt criarde, on est dans une veine post-hardcore, screamo parfois, toujours bien composé, joué vite et fort. Le boulot effectué par Teppei derrière pour habiller les riffs acérés de Dustin apportent définitivement la patte Thrice. Les mélodies sont là, au service d’une efficacité remarquable. Le succès vient timidement, et le quatuor mouille la chemise à travers les US pour promouvoir leur musique.

Et vint la maturité…

Deux ans plus tard, retour en studio, avec l’apport d’une plus grosse structure, et c’est leur album The Illusion of Safety qui vient enfoncer le clou. Chose rarement mentionnée, Thrice offre une partie de ses bénéfices à des œuvres de charité, comme pour cet album, notamment à A Place Called Home, un refuge pour jeunes déshérités à South Central, Los Angeles. Là, ça décolle pour de vrai, les paroles teintées de noirceur, les riffs acérés trempés dans le metal, les leads mélodiques à souhait, la voix de Dustin qui se fait plus polyvalente et qui sait moduler les émotions font de cet album une vraie réussite. On y décèle des touches de genres différents, de l’emo, du hardcore, du thrash parfois, du punk, tout ça mélangé avec goût. On alterne la violence et la rapidité d’un Deadbolt qui va droit dans la face avec un titre plus mélodique comme Trust, ou complexe comme Betrayal Is A Symptom. Une vraie réussite avec plus de 150.000 ventes. Le groupe fait le Warped Tour, et des centaines de concerts à travers le continent.

Ayant tapé dans l’œil d’une major, Island Records, et n’ayant vraiment pas le temps de niaiser, Thrice remet le couvert en 2003 avec The Artist in The Ambulance, son chef d’œuvre, l’album de la maturité comme on dit. Prod impeccable, leads acérés comme jamais par Teppei, chant habité de Kensrue, lignes de basse solides et batterie au poil. La recette fait vraiment mouche. Deux titres sont mêmes clipés et passent sur MTV2, All That’s Left, titre urgent, intelligent, hardcore mélo dans l’âme, bluffant de simplicité sophistiquée, et Stare At The Sun, une presque ballade, un titre épique à la ligne de basse délicieusement lancinante. Signatures rythmiques plus osées, riffs plus complexes, mélodies imparables, c’est un album incontournable, une réussite totale qui hante toujours ma platine près de vingt ans après sa sortie. Bien entendu, c’est le carton, le groupe tourne à plein pour promouvoir son bébé et le succès, amplement mérité, dépasse le « simple » cadre du post-hardcore. Comme pour l’album précédent, Thrice a donné pour une œuvre de charité, cette fois, il s’agit de Syrentha Savio Endowment, un programme d’aide aux malades du cancer du sein.

Si je devais vous conseiller un album, ce serait celui-là. Comparé aux plaisirs coupables du pop-punk à bermuda, c’est une telle claque de complexité qui ne force jamais, de mélodies jamais faciles, de guitares acérées, et de cocottes qui rendent le tout irrésistible. Pas un bout à jeter. Que dire sinon que cet album est parfait ?

Élargissement du domaine de la créativité

La perfection a sa relève deux ans plus tard, Vheissu, un titre énigmatique pour un groupe qui prend tout le monde à contrepied. Les musiciens ralentissent la cadence, et ce sont des morceaux plus profonds, plus introspectifs, plus puissants aussi qui prennent place dans cet album à la pochette sublime. Dès les premières notes de Image of the Invisible, on comprend qu’on est là dans autre chose. Les touches hardcore ont laissé place à un autre style, Thrice, tout simplement. Accordages divers, signatures rythmiques alambiquées sans que cela sonne bancal, le travail d’arrangement de Teppei est hallucinant de beauté : ambiances changeantes, voix de Dustin qui est ailleurs, loin, si haut parmi les nuages. La batterie est puissante, et résonne avec une basse solidement arrimée au beat. C’est encore un chef d’œuvre de ce groupe qui déboussole tant il regorge de talent, de beauté et d’expérimentations toutes réussies, pas de faute de goût, tout est maîtrisé. Accouché dans la douleur, à cause d’un producteur qui n’avait pas compris l’envie, et même la nécessité pour le groupe d’aller vers d’autres voies, l’album est une totale réussite. On y retrouve du piano, du Fender Rhodes, des claviers en général qui vont dans des directions qui servent des compositions aux petits oignons. A écouter absolument, rien à jeter encore une fois. Dans la démarche des trois précédents albums, Thrice donne à l’association 826 Valencia, une œuvre qui aide les enfants défavorisés à travers l’art, la lecture, et à développer leurs talents créatifs.

A peine les presses ont-elles fini de sortir le précédent que le suivant s’annonce. Pas un album, non, un double album, en fait, un quadruple EP ! What ? Dans le hardcore ? Dans le punk ? Dans cette musique simple et efficace ? Quelle hérésie ! Les fans (dont j’étais) attendent la bave aux lèvres et la truffe humide la prochaine offrande de ce groupe parfait. Pour ronger notre frein, ils nous sortent un EP If we could only see us now, avec des covers, dont une reprise magnifique de Eleanor Rigby qui surpasse l’originale en tous points, des morceaux live, un inédit, et des versions acoustiques. Que demande le peuple ? Du pain et des jeux ma brave dame. Du pain, on en avait déjà, avec le DVD bonus qui voit le groupe période The Artist in the Ambulance au mieux de sa forme, croyait-on. La suite prouve qu’ils pouvaient aller encore plus loin. Des jeux, les quatre californiens, vont nous en donner, et pas qu’un peu. Époque Myspace oblige, on est pendu à la moindre photo, au moindre message du groupe et le moins qu’on puisse dire, c’est que, si le thème – les quatre éléments – est plutôt commun, la livraison est colossale, la baffe cosmique, l’uppercut fatal.

Quand la voie de l’Alchimie emmène plus haut et plus loin : The Alchemy Index

Deux heures de musique dense, puissante, aérienne, fluide, qui déboule dans nos oreilles. Les sorties sont espacées de quelques mois, et, uniquement en import à des prix indécents pour nous, européens. The Alchemy Index, volume I and II : Fire and Water sort en octobre 2007. Les artworks sont sublimes, et dès les premières notes de Firebreather, on y est, le son est dense, furieux, volcanique, et durant les six chansons suivantes dont le sublime Burn The Fleet, on sent le disque nous brûler de l’intérieur. Accordages bas sans que ça sonne sourd, envolées lyriques, chant passionné, basse assise sur des braises, cette première demi-heure passe comme un piment sur un lit de magma. Les flammes elles-mêmes ne peuvent décrire plus avant la puissance et l’empreinte que laisse ce premier quart.

Water, c’est autre chose, c’est la crème glacée après un après-midi en plein désert. Fluide, ambiant, électronique, la distorsion n’est qu’anecdotique, la rage contenue, Dustin, qui vient d’enregistrer un album de folk tout à fait recommandable, Please come Home, se fait doux, charmeur, crooner presque, c’est une caresse, une relaxation intense. On n’attendait pas Thrice ici. Ils y sont, à grands renforts de claviers, de nappes ciselées, de dentelles d’harmonies, d’effets de reverb et de chrorus dosés à point. On est dans le trip-hop, l’electro, ailleurs, à mille lieues du hardcore mélo de leurs débuts. C’est beau, touchant, puissant, introspectif presque, avec la complexité qu’ils savent mettre dans leur travail. Water, c’est la larme d’émotion qui coule après la baffe de Fire.

Avril 2008, après la déferlante, c’est la sortie des deux derniers volets, Air and Earth. Broken Lungs, qui ouvre Air est ambiant, atmosphérique, aérien, acoustique, léger, gorgé d’harmonies, de puissance parfois, d’instruments incongrus, comme le Glockenspiel. La demi-heure est une douce caresse. La voix de Dustin, secondé par ses comparses, est enchanteresse, incroyablement polyvalente, transmettant une variété d’émotions incroyable. Le groupe sait mettre sa force et son talent au profit des compositions complexes et travaillées, que dis-je, ciselées. La violence y est parfois présente et arrive au bon moment, pour nous surprendre, pour venir nous chercher là où l’on s’attendait à se laisser planer. Le travail de composition est ahurissant de précision et de talent. Que dire de Daedalus, qui aurait pu être composé par Coldplay ou Radiohead s’ils avaient eu plus de talent (ceci n’engage que notre rédacteur invité NDLR :)), mais qui nous emporte loin, si loin, dans une composition d’une complexité folle qui, pourtant fait de ce morceau de six minutes une réussite absolue.

Earth, enfin, du Rock, pur, folk, soul, R’n’B (le vrai, pas celui de Beyoncé), boisé, pur, brut. Thrice a sorti les banjos, les guitares acoustiques, la contrebasse, les tambours, le piano. C’est beau, simple, organique, profond, de la musique comme on aurait pu la jouer il y a cent ans. Come All your Weary est d’une beauté folle avec ses chœurs qui montent et donnent un relief incroyable à ce morceau. The Earth isn’t Humming, avec cette basse entêtante sur un rythme impair, est un chef d’œuvre où le bois semble teindre tous les instruments. Quel final en Child of Dust, piano-voix, harmonies simples, presque une slave song dans l’âme, avec cet effet étouffant qui vient petit à petit, quelques trompettes qui agrémentent le tout, nous tirant la larme à l’œil.

Écouter ces quatre EPs à la suite, c’est plonger dans une musique riche, pleine, vivante, complexe, terrifiante de beauté, par un groupe au sommet de son art. Le quartet, bien entendu tourne intensivement pour promouvoir ce chef d’œuvre absolu accueilli plutôt positivement par la critique. Si les fans de la période hardcore reçoivent timidement ce virage, tous sont touchés par la qualité de la sortie. Thrice ne joue carrément plus dans la même cour. Fini le petit groupe noyé dans la vague punk-rock à casquette, on est sur du sérieux, du lourd, du talentueux, du grandiose. Que faire après ça ? Partir en live bien entendu !

Live at the House of Blues, le groupe joue à domicile, en 2008, après la sortie de la quadrilogie, devant un public conquis d’avance, sur une setlist parfaite, des musiciens au top, une déluge de matériel, deux CD, un DVD, un régal pour les yeux et les oreilles. Les morceaux sont issus de tous les albums du groupe avec une préférence pour les derniers, on y remarque une version améliorée de Deadbolt, qui fait du bien par où elle passe. La force, la complexité, la mélodie de ce qu’ils ont pu faire avant y sont parfaitement capturées. Une offrande bienvenue pour nous, pauvres européens qui n’avons que trop peu la chance de les voir dans nos contrées.

La dernière offrande ?

A peine un an après ce chef d’œuvre, c’est un album intimiste, plus pêchu qui sort ; Beggars, à l’automne 2009. Il ne devait sortir qu’en numérique sur iTunes, mais la version physique arrive finalement, agrémentée de bonus savoureux, dont une reprise des Beatles, encore eux, Helter Skelter. Le groupe s’enferme dans leur propre studio dans la maison de Teppei, et enregistre dans des conditions proches du live. Instrumentalement, on retrouve des expérimentations aux claviers menées par Teppei, la voix de Dustin se fait tantôt rageuse, tantôt douce, chuchotante parfois, toujours teintée d’émotions variées liées aux paroles parlant d’amour, de la perte des êtes chers, de la mort et des inégalités entre les hommes. Le morceau-titre illustre parfaitement cet état. Dustin est habité sur de longs accords saturés et une batterie tout en nuances, on y retrouve du Muse, du Radiohead, du Brand New aussi, du grand art. Le groupe évolue, avance, tente, avec goût, toujours. Il n’enlève rien à la valeur de ce qu’il a fait par le passé, il le sublime.

Deux ans à peine passent, et après force tournées, les musiciens reviennent tous ensemble pour s’épancher sur Major/minor. Un disque réussi, encore une fois, les influences sont plus grunge, plus roots, plus variées aussi, Yellow Belly, morceau d’ouverture marque par sa puissance, son urgence, son son direct, ses mélodies parfaitement maîtrisées, une batterie massive, et, comme toujours, Teppei qui sait en trois notes transformer le plomb en or. Les traces des expérimentations passées sont toujours là, le côté folk et intimiste dans la voix de Dustin sonne juste. Le son à la fois massif et aéré, les leads qui savent où ils vont, la basse ancrée comme jamais sur une batterie désolante de talent font de cet album encore une fois une réussite très bien accueillie. La parfaite bande-son d’un long trajet en voiture dans les immenses plaines des États-Unis. Le son, organique, sied à merveille aux chansons. Encore un album parfait. Le groupe file en tournée, et là, catastrophe : le groupe se sépare ! Un concert de trente-trois chansons choisies par les fans marque la disparition de ce monument après quinze ans de pure merveille. Le 19 juin 2012, à Santa Anna, Californie, le monde entre dans la nuit. Anthology, 24 chansons live capturées dans la tournée d’adieu est comme une dernière offrande au monde. Votre serviteur est en pleurs, surtout de ne pas les avoir vus en live une fois.

Riley joue alors dans Pig Destroyer, un groupe de grindcore, pendant qu’Eddie rejoint Angels and Airwaves avec Tom Delonge (Blink-182). Dustin joue des morceaux acoustiques et folk tandis que Teppei se consacre à la production. Globalement, cette séparation n’était qu’une pause, le groupe tournait et bossait intensément depuis 1998 sans temps mort, et des difficultés familiales en plus de la fatigue et la nécessité de se ressourcer auprès de leurs familles les a menés à s’éloigner quelques temps.

Renaissance et nouveaux albums

2015, Thrice est de retour. Ouf ! la pause n’a pas duré. La Terre recommence à tourner. Les quatre compères entrent en studio et composent. La magie revient, et quelques mois plus tard, To Be Everywhere Is To Be Nowhere reprend les choses là où elles étaient restées auparavant. Voix puissante et douce, leads aériens, envolées riffesques, section rythmique au top, structures complexes, Thrice is back ! On y retrouve des influences grunge, de sa frange noble tout du moins, des traces des méconnus Cave In, un peu de touches stoner pour le son massif, toujours des envolées d’arpèges nappées de delay et de reverb, quelques touches de piano, l’album est une continuation logique du précédent, et innove, toujours.

Le morceau Yellow Belly qui ouvre l’album est une pure merveille. Les titres en général ont des paroles plutôt politiques, faisant référence à Edward Snowden sur Whistleblower, à l’usage des drones pour tuer sur Death From Above. On y parle de Sénèque sur Seneca. Bref, c’est un condensé de ce que Thrice sait faire de mieux. Un album parfait encore une fois—ça devient une habitude— avec des titres courts et diablement efficaces comme Blood on the Sand, ou plus lents et introspectifs tel Salt and Shadow qui traite de relations à distance, de la technologie qui prend plus de place dans nos vies et nous éloigne les uns des autres.

Le groupe tourne et lève le pied sur le rythme des albums. ce n’est en 2018 que sort leur nouvelle livraison : Palms dont la production est absolument parfaite. Dustin, fidèle à lui-même, la basse vrombit comme jamais, le tout est d’une propreté rare et d’une intelligence dans chaque note. Les californiens nous montrent qu’ils savent encore une fois se renouveler avec classe, sans opportunisme. Les influences sont là, Teppei sait toujours aussi bien habiller les riffs de Dustin, et arranger avec discernement le travail de composition. Les paroles sont introspectives parfois, politiques à d’autres moments comme sur Blood on Blood qui parle de la bêtise de tuer son prochain à la guerre. On note le monument de beauté qu’est Just Breathe avec sa voix féminine qui vient de nulle part et cloue tout le monde sur cette chanson complexe et touchante au final à dresser les poils sur la peau de l’ours.

De nouveaux horizons

Octobre 2021, j’ai raté leur seul passage en France, en 2019 au Download, concert forcément un peu bancal, Thrice est plus un groupe de petites scènes comme l’Elysée Montmartre qu’une bête de stades. Les quatre quarantenaires désormais sortent encore une belle offrande, Horizons/East qui doit avoir son frère jumeau Horizons/West dans quelques mois. Chronique à suivre dans quelques semaines donc.

Thrice est un groupe unique, qui a su mûrir, évoluer avec grâce et intelligence, sans calcul marketing, en écoutant ses fans malgré une communication aléatoire. Ses chansons sont des hymnes que je me repasse sans cesse depuis vingt ans pour certains. Des artistes, au sens noble du terme, qui savent qu’ils ne veulent pas sortir le même album encore et encore, qui ont su extraire la fleur du sel de leur musique, le tout servi par des musiciens extraordinaires de simplicité et de maîtrise. Un groupe qui compose sans efforts visibles, qui sert une musique fluide, forte, émotionnelle, intense et qui ne laisse pas indifférent.

2 réflexions sur “Thrice ou l’éternelle renaissance”

  1. Merci pour ce super article qui me donne bien envie de découvrir, pas plus tard que maintenant ! (surtout si c’est le meilleur groupe du monde ;-))

    1. Tout le plaisir est pour moi, ravi que cet article bien indigeste vous ait donné envie de découvrir ce pur condensé de talents qu’est Thrice.
      Bien musicalement
      Ludwig

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