Lola Marsh : Une Pop planante et de charme propice aux rêveries

Lola Marsh, festival du Bout du Monde 2018 - photo ehyobro weirdsound Lola Marsh, festival du Bout du Monde 2018 - photo ehyobro weirdsound

Lola Marsh n’est rien de moins que l’une de mes grosses, pour ne pas dire ma plus grosse découverte musicale 2017. Consultant alors le programme du Stereolux de Nantes, je n’avais pu que succomber illico au charme de Wishing Girl, le titre accompagnant la présentation du groupe. Creusant plus avant sur la plateforme bien connue, You’re Mine m’avait convaincu de leur talent certain. J’achetai donc mon ticket, et découvris l’album complet (Rember Roses – 2016) un peu plus tard. Un album Indi-Pop fascinant au sens premier du terme, empreint de charme et de nostalgie, fort de belles envolées ne laissant pas insensible. Une musique définitivement positive, portée par la magnifique voix de Yaël Shoshana Cohen, et les mélodies envoûtantes de Gil Landau à la guitare.

Lola Marsh - Remember Roses
Lola Marsh : Remember Roses – 2017

Le concert s’avéra être tout bonnement l’un des meilleurs auquel j’assistai en cette même année 2017. Je découvrais alors sur scène des artistes aussi sympathiques et avenants que leur musique pouvait le laisser supposer. Cherish on the cake : ce moment reste encore aujourd’hui d’autant plus particulier que je me retrouvai dans le public à côté de Ziggy, plus vu depuis 25 ans alors qu’il était à l’époque mon professeur… Moment clé qui marqua donc le début de mon histoire avec Weirdsound. Après le concert, nous avions pu échanger quelques mots avec Gil et Yaël, cette dernière se prêtant même volontiers au jeu des photos. (Je vous recommande la lecture du très bon article de Ziggy sur ce concert.)

A ma plus grande joie, Lola Marsh faisait partie de la programmation du Festival du Bout du Monde 2018. Ils fîrent bien évidemment partie de ma liste de demandes d’interviews ! Deux jours avant leur venue au festival, l’interview étaient confirmée, et l’horaire fixé. Je vous propose maintenant de lire le compte rendu de cette agréable rencontre…

Après les présentations de rigueur, nous pouvions commencer notre entretien…

Weirdsound : En fait, nous nous sommes déjà rencontrés. Vous êtes venus à Nantes en Novembre dernier pour votre tournée…

Gil : Nantes ? Oui, je me souviens de Nantes. (Yaël semble avoir plus de mal à se souvenir…)

W : Après le concert, nous nous sommes rencontrés et parlé, et j’ai une preuve ! (Je sors les photos imprimées de Yaël avec Ziggy, puis de Yaël avec moi.)

Yaël : Oh Oui, je me souviens…

W : Je suis donc vraiment très heureux de vous rencontrer à nouveau aujourd’hui, car il fallait vraiment que je remercie Lola Marsh. Lors de ce concert qui était très bon, j’ai pu rencontrer cette personne (en montrant la photo de Ziggy), qui fût mon professeur il y a 25 ans. Il se trouve qu’il a co-créé un site web consacré à la musique car il en est passionné. Après le concert, nous avons beaucoup parlé musique, je suis maintenant dans l’aventure Weirdsound. Et me voici face à vous aujourd’hui…

Gil : Oh c’est carrément sympa cette histoire !

Yaël : Oui, ça fait un joli cercle vertueux !

W : Je suis d’accord. Donc merci Lola Marsh !

Yaël : Dis donc, tu avais plus de cheveux sur la photo ?

: Effectivement, c’était la coupe hiver, là nous sommes en août… (Les deux rient) Alors, comment allez-vous ?

Yaël : Très bien ! Nous venons de faire un premier concert (W : Je n’ai pu y assister car je devais interviewer Boogie Belgique), le public a été adorable et on a ressenti de bonnes énergies.

Gil : Oui, justement on parlait tout à l’heure du fait qu’on aime vraiment la France. Et le public français est incroyable !

You’re Mine ouvre l’album Remember Roses

W : Pourriez-vous me donner la signification du nom Lola Marsh ? J’ai eu beau chercher sur le net, je n’ai absolument rien trouvé…

Yaël : Tout simplement, il nous fallait un nom et celui la sonnait bien, donc nous avons fait ce choix !

W : Il n’a vraiment aucune signification particulière ?

Gil : Il y a bien eu deux ou trois réflexions, mais non vraiment celui-là sonnait bien c’est tout !

W : Yaël, quand tu as participé à The Voice, tu as chanté Video Games de Lana Del Rey. Es-tu toujours une fan ? (Cette question est une commande de Ziggy)

Yaël : Oui absolument ! Elle est extraordinaire… Je me souviens que cette chanson est l’une des raisons pour laquelle j’ai voulu participer : je me suis dit qu’il m’en fallait une super. « Si tu en as une, fonce ! » J’avais ce titre en tête, je l’adorais et j’ai donc tenté l’aventure…

Yaël lors de d’un de ses passage à l’émission The Voice. Elle ira jusqu’en quart de finale

W : Après avoir écrit votre toute première chanson, pensiez-vous avoir si rapidement une carrière internationale ?

Yaël : En réalité, cela nous a pris du temps, ça n’a pas été aussi rapide qu’on ne l’imagine…

Gil : Je me souviens, après que l’on a écrit notre première chanson, je suis allé voir un très bon ami, et je lui ai dit “Mec, j’ai rencontré une fille, on va déchirer, je te le garantis !” Mais en fait, je ne connaissais rien de tout ça, je ne savais pas ce que ça signifiait d’aller chanter aux quatre coins du monde, de réaliser un album, de voir que les gens accrochent à ta musique. C’était beaucoup à la fois !

Yaël : Je pense que notre carrière a débuté plus tard (après l’écriture de la première chanson). Nous avons travaillé avec acharnement, en duo au début, pendant au moins deux ans.  Nous avons rencontré alors les autres membres du groupe, puis les labels et tous les professionnels. Oui, nous nous sommes construits petit à petit, et aujourd’hui la musique est notre job ! (Dit-elle avec un large sourire)

Morning Bells, l’un de mes titres préférés de l’album Remember Roses.

W : Vous avez beaucoup voyagé pour chanter en dehors d’Israël ; en Amérique, en Europe, en Russie. Qu’avez-vous appris pendant vos voyages ? Cela vous a-t-il changé ?

Yaël : Nous avons vraiment beaucoup de chance dans notre job, c’est très dynamisant. Voyager, rencontrer des gens et des cultures très différents est très intéressant, et source d’inspirations. Nous sommes ouverts d’esprit, et aimons toutes ces cultures et couleurs !

Gil : Moi, j’ai appris à apprécier l’endroit où je suis quel qu’il soit ! Je n’aimais pas Tel Aviv ni Israël avant de connaitre les tournées. Et maintenant, j’aime beaucoup ! Quand je suis en tournée à l’étranger, j’apprécie aussi d’y être. Par exemple, je suis très content d’être en ce moment en train de parler avec toi dans cet endroit très sympa !

Yaël : Je ne sais pas si un jour on sera habitué complètement à ces voyages ? Pour l’instant, c’est toujours vraiment très excitant…

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Lola Marsh, Yaël, Festival du Bout du Monde – photo ehyobro weirdsound

W : J’ai l’impression que vous n’aviez pas vraiment prévu tout ce qui s’est passé depuis votre rencontre à cette fête, là où tout a commencé. Peut-on dire dans un sens, que vous avez tous les deux pris un bateau pour naviguer vers l’aventure, et que la pochette de votre album reflète cet état d’esprit ?

Gil : Complètement !

Yaël : Exactement ! Tu as mis le doigt dessus ! (Les deux rient)

Gil : L’idée de la pochette de l’album vient de notre chanson “In good times“. (Là arrive le moment drôlissime de la rencontre, où Gil et Yaël tentent de retrouver les paroles de leur chanson, sans y parvenir… Bien sûr, éclats de rire garantis !)

Yaël : M.., on a oublié nos paroles…

Gil : Bref, cette chanson nous a inspiré la couverture de l’album, et nous nous sommes rendus comptes en voyant la photo que c’était réellement ce que nous vivions au quotidien.

W : Je reviens vers l’idée du voyage… Avez-vous trouvé des sources d’inspirations pour peut-être de nouvelles chansons durant ces voyages ?

Yaël : Clairement oui !

Gil : Oui, ces trois derniers mois nous avons écrit de nouvelles choses pour un nouvel album. Nous commençons à travailler dessus, on y va tranquillement…

W : Voici une excellente nouvelle ! Donc on peut vraiment parler d’un projet de nouvel album ?

Yaël : Oui oui, pour sûr !

Gil : Je ne veux pas savoir quand, je ne veux pas dire quand, mais on y travaille, quasiment tous les jours…

W : Peut-être pourrais-tu me donner une fourchette large, genre entre six mois et deux ans par exemple ?

Gil : (En éclatant de rire) Pas question !

Yaël : Désolée ! (Avec un grand sourire)

Wishing Girl, Le Hit de Lola Marsh

W : En dehors d’un nouvel album, quels sont les projets de Lola Marsh ?

Gil : Nous allons commencer les enregistrements d’une part. Puis en octobre, on va tourner aux USA. On a fait les premières partie de Milky Chance en Allemagne, et nous allons recommencer sur leur tournée américaine. Nous avons des concerts également prévus en Israël dans des festivals sympas.

W : N’avez-vous jamais pensé à représenter Israël à l’Eurovision ? (Les deux se marrent comme des baleines)

Gil : Non !

Yaël : Bin… En fait j’y ai déjà pensé…

Gil : Oh ?!?!

Yaël : Simplement parce que je dois admettre que j’aime l’Eurovision. C’est un moment sympa que je passe avec des amis, on distribue les points et on pari sur qui va gagner…

Gil : Je ne sais pas si l’Eurovision correspond à notre musique, mais après tout on ne peut être sûr de rien finalement ! Peut-être un jour, peut-être pas…

Yaël : La France avait une super chanson cette année, (Mercy, du groupe Madame Monsieur), je l’ai beaucoup aimée.

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Yaël, Festival du Bout du Monde 2018 – photo ehyobro

W : Une question plus politique. Pensez-vous que vous pourriez œuvrer pour la paix avec les Palestiniens ? Il y a sûrement des bonnes volontés de part et d’autre, même si ce ne sont pas celles que l’on entend le plus… (Cette question est également une commande de Ziggy)

 

Yaël : Nous sommes pacifiques. Gil et moi sommes concentrés sur la musique, et je pense que faire cela est plutôt une bonne chose pour le Monde. La musique est un Langage Universel, et je reçois beaucoup de messages sur Facebook et Instagram de gens du monde entier, dont les pays limitrophes avec Israël dans lesquels je ne peux pas aller. Je me sens d’ailleurs mal par rapport à ça, c’est une situation difficile et triste. Je pense que la musique participe à rassembler tout le monde…

Gil : Je pense qu’en tant que musiciens, la seule choses que nous puissions faire, ça va sonner cliché, mais c’est de faire se propager l’amour, l’inspiration et la musique, et faire en sorte que les gens soient touchés par notre musique. Il n’est pas là questions de pays ou de nations. Quand je suis sur scène ou que j’écris une chanson, je ne pense pas “Je suis Israélien”. Je suis juste en train d’écrire une chanson.

Yaël : En fait, lorsque nous sommes sur scène, nous ne jouons pas devant des pays, nous jouons devant des gens.

W : Une autre question politique. Qu’avez-vous pensé de la décision de D. Trump de déménager l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem ?

Gil : C’est compliqué de se colleter à ça… Plus jeune, je lisais un maximum de journaux, de sites d’information sur le net, mais ça me faisait plus de mal qu’autre chose. Je veux me reconcentrer non pas sur les décisions de D. Trump ou toute autre décision, mais sur les gens, la musique, et travailler sur la discussion et la rencontre entre les gens. Je ne parle pas avec un Israélien, un Palestinien ou un Français, je parle à un être humain et c’est cela qui importe!

Sirens, encore un excellent titre de Remember Roses

W : Revenons à la musique ! J’aime beaucoup votre chanson “Le Sud”…

Gil : Ce n’est pas notre chanson !

W : Haha, oui, je sais bien !

Yaël : Evidemment qu’il le sait !

W : (Je reprends après une bonne poilade) … Comment avez-vous travaillé sur cette chanson, la traduction, les arrangements ?

Yaël : L’idée nous est venue d’amis français. Ils nous ont fait écouter cette chanson de Nino Ferrer et nous avons beaucoup aimé son ambiance, son atmosphère. On a pensé qu’elle pourrait être sympa dans l’album. Nos amis nous ont envoyé le texte en français et la traduction, quant à moi j’ai fait des recherches sur le net sur cette chanson et sa signification. J’ai commencé à écrire des idées sur son sens en anglais, et soudainement, je l’avais !

Gil : On a envoyé le fruit de notre travail à la famille de Nino Ferrer, qui a beaucoup aimé !

Yaël : Oui, ils ont écrit à notre label pour dire qu’ils avaient aimé, donc pour nous ça a été YESSSSSS !!! (Elle serre le poing victorieux)

(Jeanne, du service communication, me presse de terminer car la session a pris du retard, et il y a du monde derrière… Je ne pourrai donc malheureusement pas poser toutes mes questions)

W : Yaël, tu as une voix d’enfer. Il y a un autre chanteur du même nom que toi, Cohen, qui avait une voix sublime : Leonard. Tu aimes ?

Yaël : Bien sûr ! Il était l’un des meilleurs, et je suis très heureuse d’avoir le même nom !

Gil : Oh, Il était Le Meilleur… Ce Monsieur est une inspiration !

(Je comprends qu’il est temps de conclure, je presse donc le pas…)

W : Si vous pouviez avoir juste un petit mot pour mon ami (Ziggy) qui n’a pas pu venir aujourd’hui ? Il est très jaloux parce qu’il aurait adoré faire l’interview avec moi, et j’ai peur qu’il ne veuille plus me parler…

Yaël : Bien sûr ! Celui de la photo ? Quel est son nom ?

W : Ziggy

Gil : Salut Ziggy ! On t’aime !

Yaël : Ziggy, merci et maintenant en regardant la photo je crois être sûre que je me souviens de toi !

Gil : Et merci d’avoir engagé ce gars sympa !

Yaël : J’espère qu’on aura l’occasion de se revoir un jour et prends soin de toi !

W : Merci pour lui et merci beaucoup à vous pour ce moment!

Yaël et Gil : Merci !

Après cet échange très intéressant et trop bref, j’ai malgré le timing plus que serré pris le temps de faire dédicacer mes photos, ainsi que l’album que j’avais apporté avec moi. Plus tard ce même jour, J’allais assister avec grand plaisir à leur second concert que je n’aurais loupé pour rien au monde !

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Lola Marsh, Festival du Bout du Monde 2018 – photo ehyobro

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