Levitation France Angers Samedi 25 Sept 2021 crédit photo benoit weirdsound

Festival Levitation France 2021 : jour 2 … folie musicale !

Le Festival Levitation 2021, à Angers, avait proposé le Vendredi, sous le soleil, une belle affiche(Voir reportage). La météo est moins optimiste pour le Samedi mais l’affiche est plus qu’attractive, entre groupes confirmés et belles découvertes plus ou moins récentes ou…. encore à faire pour de nombreux spectateurs. Evidemment, l’enthousiasme de ceux ci fut un peu douché (doux euphémisme) pendant le set des 4 premiers groupes…Puis le soleil timide revint et une grande douceur accompagna le clair de lune jusqu’au milieu de la nuit. 11 groupes à l’affiche, on ne pouvait que s’en réjouir ! Il y eut, bien sûr, de grands moments même si ceux ci sont toujours subjectifs…. Los Bitchos peuvent aussi séduire. A Weirdsound, nous avons, comme tout le monde, nos préférences et nos coups de cœur !

Tiña, mon coup de cœur de début de soirée !

A 16h, sous la pluie qui tombe depuis seulement 30 minutes, c’est Baston qui ouvre ce deuxième jour du Festival Levitation. Le quatuor breton, signé sur le label Howlin’ Banana Records va vite faire oublier la pluie. Un rock énergique aux accents post punk coldwave dans lequel on retrouve aussi des rythmiques kraut. Bon, pour être honnête, je n’ai assisté qu’à 10 minutes du concert. J’étais en Interview avec Shame, dont vous aurez, très vite, de larges extraits.

J’attendais Tiña, ayant été séduit par leur premier album prometteur, Positive MentalHealth Music. Encore un groupe signé par le défricheur Dan Carey pour son label Speedy Wunderground. Le quintette arrive sur la scène Nord alors qu’il pleut encore un peu plus fort…. Situation délicate pour les appareils photos dans le crash devant la scène ! Dans cette grisaille, le rose fluo du guitariste chanteur Josh Loftin fait du bien ! Rose comme la pochette et le vinyle de l’album paru fin 2020. Josh Loftin en a écrit les 11 titres pendant une période dépressive et il s’en dégage une certaine mélancolie.

Josh Loftin face à son père dans ce titre extrait du 1er album de Tiña

Musicalement, Tiña tranche avec les groupes britanniques rock, psyché, ou post punk actuels. Le groupe, à l’image du chapeau de cowboy-rose évidemment- se nourrit plutôt d’influences musicales américaines. Le set est enlevé et nous avons droit au meilleur de l’album, sans doute encore bonifié en Live. Mes titres préférés restent Rosalina, DIP, Closest Shave, I Feel Fine et People pour conclure le set. Tiens ! Preuve que l’album se veut aussi positif car ce titre appelle à plus de solidarité, d’entraide. Un message non subliminal en ces temps mo-roses.

La découverte d’Anika

Le trio Parrenin, Weinrich Rollet prend le relais sur la scène Sud. Programmation audacieuse mais intéressante de la part du Festival Levitation. Je n’en verrai, malheureusement, que la fin du set, étant, cette fois, en ITV avec Slift. Emmanuelle Parrenin est une artiste et chanteuse atypique. « Grande prêtresse du Folk » dans les années 70, on lui doit alors l’album culte Maison Rose, réédité en vinyle (rose!) pour le RSD 2017. Sur la scène de Levitation, on la retrouve avec son instrument fétiche, la vielle à roue. A ses côtés, le musicien électro allemand Detlef Weinrich -aka Tolouse Low Trax- avec qui elle a enregistré Jours de Grève, album paru en début d’année. Quentin Rollet, le saxophoniste ajoute une belle touche cuivrée au set expérimental avant gardiste notamment sur Gelbe Schlange.

Les saumurois-angevins de Wild Fox investissent la scène Nord alors que les gouttes de pluie s’estompent. Bons représentants de la scène garage pop rock régionale, Wild Fox nous livre un set énergique et efficace. Leur dernier E.P, Night Has Come, et ce set les montrent en progrès constants.

Anika arrive avec les premiers rayons de soleil. Le quatuor Anika, c’est d’abord Annika Henderson, jeune journaliste anglo-allemande avant de tomber dans la marmite musicale. Elle sort un premier album expérimental, Anika, sur les labels Stones Throw/Invada en 2010. Il est enregistré, déjà, avec Geoff Barrow et le groupe Beak. Après avoir collaboré avec de nombreux musiciens (dont Tricky) elle rejoint Mexico en 2015. Annika forme alors le groupe Exploded View, jouant avec des musiciens de légende locaux. Cette année, elle a sorti son deuxième album solo, Change.

Le set d’Anika est plutôt cool, mélange de post punk-kraut-électro. Une voix souvent froide mais plaisante et des titres rappelant parfois le Velvet, Portishead, Patti Smith (Rights). Je ne pouvais m’empêcher de trouver aussi un parfum dylanesque à la sauce électro sur le titre Change..(Ré)écouter Kocking on Heaven’s Door…. A noter aussi un incident technique(plus de son) après le 2ème titre, obligeant le groupe à une pause boissons.

Anika, un set cool en retrouvant le soleil après la pluie

Le retour de Sonic Boom avec Zombie Zombie…et le post Punk de Lice

Le festival Levitation proposait déjà Pete Kember-aka Sonic Boom, la veille, sur la scène angevine. Ce Samedi, c’est avec le trio Zombie Zombie qu’il va officier. Le duo Zombie Zombie est né en 2006 de la rencontre entre Etienne Jaumet, saxophoniste et Cosmic Neman, batteur d’Herman Dune après 2001. Influencés par le cinéma, l’électro, le jazz et adeptes des ciné concerts, Zombie Zombie ont signé aussi des B.O. Sur scène, le duo a été rejoint par un second batteur, Docteur Schönberg aka Jerôme Lerichon. On retrouve le trio, ce soir à Levitation avec Sonic Boom derrière ses machines analogiques, comme Jaumet. Au 1er plan, nos deux percussionnistes sont là pour assurer un rythme d’enfer.

La part belle est laissée aux improvisations qui s’adaptent bien aux longs morceaux en Live. L’essentiel de la musique est dans l’énergie comme le rappelait Cosmic Neman lors de la sortie du dernier album, Livity, en 2017. Les spectateurs sont rapidement emmenés dans une sorte de transe hypnotique. Les rythmes motoriques où electro et free jazz se croisent parfois, peuvent d’ailleurs autant séduire les adeptes des Dance Floor. Le final est brillant avec la reprise de Revolution et Livity. Cosmic Neman rappelle d’ailleurs que Revolution a marqué leur jeunesse. Le titre figurait, en 1989, sur l’album Playing With Fire de Spacemen 3, fondé, en 1982, par 2 jeunes de 17 ans, Pete Kember et Jason Pierce. On a revu ce dernier avec Spiritualized en 2018 à Levitation.

Livity titre éponyme de l’album de Zombie Zombie cloturant le set avec Sonic Boom

La partie plus pêchue de la soirée est désormais bien lancée et on ne risque pas de s’endormir avec Lice. Encore un jeune groupe né à Bristol alors que le guitariste Silas Dilker recherchait des membres pour former un groupe sur la page du média universitaire. Alastair Shuttleworth est devenu alors le chanteur, Gareth Johnson le bassiste et Bruce Bardsley a remplacé le premier batteur. Lice est influencé par The Fall mais aussi les australiens de The Birthday Party de la fin des 70’s et leur post punk le reflète ; Leur côté garage rock les rapproche davantage de Fat White Famiy pour lesquels ils ont joué en 1ère partie.

Lice Levitation Sept 2021 Angers
Lice Festival Levitation Sept 2021 Angers photo benoit weirdsound

Ils ont rejoint le label de Joe Talbot, le chanteur de Idles, pour leur 1er E.P -8 titres tout de même- en 2018. Leur premier album , Wasteland(What ails our people is clear), est sorti en début d’année. Un album concept imprégné d’une atmosphère étrange et fantastique où l’auditeur est embarqué avec 3 personnages étranges. Lice est emmené par un chanteur qui a choisi de s’affirmer(trop ?) en frontman. Set, là encore, énergique(davantage que l’album qui ménage quelques pauses.

Pamphlet illustrant l'album Wasteland
Pamphlet illustrant l’album Wasteland

Un côté expérimental burlesque absurde revendiqué par le quatuor, à l’image du titre Arbiter, pour une découverte pas inintéressante. A suivre.

Slift, le choc sonore et visuel avant….. Los Bitchos

Slift Festival Levitation Sept 2021 photo benoit weirdsound
Slift Festival Levitation Sept 2021 photo benoit weirdsound

Slift va se révéler être un choc énorme, surtout pour les spectateurs qui ne connaissaient pas. C’était mon premier Live avec le trio toulousain dont le deuxième et dernier opus, Ummon, m’a véritablement conquis ! Un album de Space Rock où se mêlent les ombres d’Hawkwind, d’Hendrix, saupoudrées de Kraut et de Stoner. Un trio détonnant qui dégage une énergie décuplée en Live. On imagine sans peine que les musiciens sur scène sont plus nombreux si l’on ne regarde pas ! Les frères Possat, Jean à la guitare et chant, Rémi à la basse et le batteur Canek Flores nous scotchent ! Nous vous présenterons davantage Slift dans l’ITV réalisée quelques heures auparavant.

Un peu plus de 1h quand Slift entre en scène. Ummon se taille la part du lion dans le set d’une heure. Le titre lui même ouvre brillamment le concert avec quelques beaux accords cristallins tandis que les roulements de batterie s’accélèrent. Les riffs puis solos de guitare hendrixiens ne tardent pas à nous faire décoller. Citadel on satellite et Lions, Tigers & Bears sont les morceaux de bravoure de l’album ; Ils comportent quelques belles ruptures de rythme qui permettent un peu de respirer. Slift nous a embarqués très loin, très haut !

Ummon, titre éponyme du deuxième album de Slift

Dur de redescendre, même si Los Bitchos vont tout tenter pour maintenir une ambiance au Top niveau. Los Bitchos, 4 filles et un garçon venus de Londres pour apporter une dernière brise estivale. Musique seulement instrumentale mêlant Cumbia et electro psyché… C’est dansant, frais, mais j’avoue que ce n’est pas ma tasse de thé ou mon verre de téquila. Il est temps aussi de se ravitailler un peu ! Je ne veux pas défaillir au milieu de la nuit alors que 2 gros morceaux musicaux nous attendent encore !

Shame…tête d’affiche du Samedi

Charlie Steen Shame Levitation sept 2021 photo benoit weirdsound
Charlie Steen Shame Levitation sept 2021 photo benoit weirdsound

A Weirdsound on aime Shame depuis le début….. Le premier album, Songs Of Praise, nous promettait déjà un grand groupe. Le deuxième album, Drunk Tank Pink, paru en début d’année a le mérite d’être moins accessible immédiatement. Après plusieurs écoutes, il révèle pourtant toutes ses richesses ; Le groupe, en ITV l’après midi, m’avait dit qu’il mélangerait les titres des 2 albums comme on l’espérait. Quand le quintette pénètré sur la scène Nord, une partie du public lui est déjà acquis ! Les « Shame » « Shame » retentissent tandis que les premières notes de guitare et la batterie annoncent Alphabet, 1er titre du dernier opus.

Les premiers rangs, dans lesquels on remarque de nombreux anglais, vocifèrent…. Les paroles sont débitées en harmonie avec Charlie Steen et ses compagnons. Josh Finerty, fidèle à ses habitudes, arpente à grande vitesse, de long en large, la scène. Le groupe va livrer le meilleur de lui même. Les 5 premiers titres du 1er album sont là, Concrete, Tasteless,The Lick, Dust On Trial, One Rizla….Une surprise, Chicken Wings vient se glisser entre Concrete et Nigel Hitter ! Parenthèse sympathique, Charlie Steen hérite d’un magnifique Marsupilami : « J’adore » s’exclame t-il ! Bien sûr, on ne va pas échapper non plus, à 2 reprises, à la séance de crowd surf de Charlie Steen, glissant sur la foule toujours ravie.

Le final est superbe. Après le très beau Snow Day, ses ruptures de rythmes et ses chorus et One Rizla, c’est Station Wagon. Un de mes titres préférés qui parachève le set, comme le titre clôture l’album. « Join Us on Planet Cluj…join Us »! On en reprendrait bien une dose mais jamais de « Encore » en Festival, au Festival Levitation comme ailleurs.

Alphabet et Station Wagon, les titres ouvrant et cloturant le deuxième album et le set de Shame au Festival Levitation d’Angers 25 sept 2021

Working Mens’s Club pour une belle clôture du Festival Levitation 2021

Fatherubu m’accompagnant pendant la quasi totalité de cette longue journée musicale, je lui laisse bien volontiers le soin de vous résumer le set de Working Men’s Club, groupe dont il est fan !

La clôture de cette édition du Festival Levitation, édition 2021, était assurée par les anglais de Working Men’s Club. Un excellent choix de la part de la programmation du festival, pour terminer sur quelque chose de dansant. Les festivaliers arrivent progressivement devant la scène, encore portés par l’énergie du concert de Shame.

Working Men’s Club, c’est un mélange de New Wave, d’electro et de post punk, concocté dans le sous-sol d’une discothèque de Manchester : Une musique qui s’écoute passée la permission de minuit et qui vous oblige à danser. Leur premier et unique disque est un véritable bijou. Fortement influencé par Joy Division et The Fall (deux inspirations majeures du groupe), l’album reprend à son compte cet héritage mancunien, tout en faisant le grand pont avec l’électro contemporaine et la House de Detroit. Il en résulte une création musicale atypique vraiment intéressante. Je rappelle au passage à notre lectorat que nous parlons de jeunes gens, leur chanteur/leader Sydney Minsky-Sargeant venant à peine de fêter ses vingt ans.

Sydney Minsky Sargeant et l'héritage post punk mancunien
Sydney Minsky Sargeant et l’héritage post punk mancunien Crédit photo Eric D.

Justement, voilà Sydney et sa troupe qui arrivent sur scène (Liam Ogburn à la basse, Rob Graham à la guitare/synthé et Mairead O’Connor à la guitare/clavier). Le soir précédent ils jouaient à…Hambourg, un sacré trajet pour venir à Angers. Le concert débute sur le titre John Cooper Clarke, une bonne entrée en la matière. Sidney harangue la foule pour que ça bouge un peu, mais les angevin(e)s ont l’air fatigué…(Sur La gauche de la scène, Los Bitchos s’éclatent par contre !). Cela ne l’empêche pas de se déhancher, sa manière de danser n’étant pas sans rappeler un certain Dave Gahan. Il y a dans ses mouvements quelque chose de très provoc et sexuel, c’est marrant. Le reste du groupe est pour le moins monolithique !

Les morceaux s’enchainent sans coup férir, les festivaliers autour de nous commencent à se prendre au jeu et à danser. C’est un réel plaisir d’entendre Valleys, ou encore A.A.A.A ! Pour le final nous avons le droit à l’incroyable morceau Teeth : juste énorme ! Le groupe termine son concert à 0H57 : le minimum syndical, ils ont a peine joué quarante minutes. Le groupe disparaît de scène sans même un rapide salut, ils ont fait le travail… Hormis ce petit bémol concernant l’ambiance, foncez découvrir Working Men’s Club si vous ne les connaissez pas déjà !

Rendez -Vous, évidemment, pour l’édition 2022 ! Merci aux organisateurs de nous avoir permis de renouer avec le Festival Levitation qui, après son annulation, nous avait tant manqué l’an dernier !

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