Maxwell Farrington et Christophe Vaillant aka Le Superhomard janvier 2021

Farrington & Le Superhomard: rencontre d’un crooner et d’un orfèvre pop

Ce 30 Avril, le label Talitres nous offre à nouveau un bel album atypique. Christophe Vaillant aka Le Superhomard et l’australien Maxwell Farrington se sont heureusement rencontrés pour élaborer l’album Once. Nous avons eu lle plaisir d’avoir leur éclairage pour vous présenter cet opus. Une pop orchestrale élégante teintée de nostalgie où la voix de crooner de Maxwell Farrington vient délicatement se poser pour vous séduire.

La rencontre heureuse de Maxwell Farrington et du Superhomard.

Un certain nombre de nos lecteurs peuvent déjà connaître Le Superhomard. C’est le projet musical porté depuis fin 2014 par Christophe Vaillant, multi-instrumentiste avignonnais. Après un premier album déjà intéressant, Maple Key, en 2015, Le Superhomard s’attire de nombreuse bonnes critiques avec son deuxième et original opus, Meadow Lane Park. Il paraît sur le label espagnol Elefant Records en 2019. Critiques élogieuses tant en France, de Rock & Folk à Télérama en passant par Libération, qu’outre Manche avec Mojo et Uncut. Tous mettent en avant « des mélodies superbes » « arrangées à la perfection », ce que nous allons retrouver aujourd’hui avec ce nouvel album.

Maxwell Farrington quitte l’Australie en 2013. Lui aussi est multi-instrumentiste mais aussi chanteur. Il a joué « dans plein de groupes différents et dans des styles variés » me reconte t-il. « A Melbourne, j’ai composé et joué de la guitare dans le groupe Daimaru, à Brisbane j’ai joué de la batterie dans Bloody Roo et en même temps de la basse dans Buffalo Brown« . Après un bref passage au R.U, à Marseille et à Toulouse, il s’installe à ST Brieuc. Il participe alors aux débuts de Dewaere, un quatuor noise rock post punk, très différent de son registre du duo actuel. « C’est Julie Bardet (aka Yelle) qui m’a présenté à Marc Aumont qui cherchait un chanteur pour son groupe noise et moi…des potes« ! Un premier album, Slot Logic, a ainsi vu le jour en 2018.

C’est à la Boule Noire, à Paris, lors du MaMa Festival de 2019 que la rencontre heureuse de ces deux artistes a lieu. Pendant les balances du groupe Dewaere, Maxwell Farrington chante, a capella, une chanson de Bacharach de 1963. Cette reprise de Close to You, grand hit des Carpenters en 1970, séduit immédiatement Christophe Vaillant. Le dialogue va s’engager pour déboucher sur une collaboration fructueuse!

Passions communes et envie de travailler ensemble en étant complémentaires.

Belle reprise de Cass Elliot en marge de la préparation de l’album Once

Leur passion commune pour certains artistes les réunit immédiatement. Scott Walker, Lee Hazlewood, Sinatra et Sean O’Hagan, mais pas seulement une passion musicale . « Nous nous sommes rapidement aperçus que nous nous entendions très bien au niveau humain » relate Christophe Vaillant. Très vite un constat va s’imposer: « Nous arrivions à bosser ensemble en étant complémentaires« .

Le début d’une riche collaboration fut plutôt rapide. Christophe Vaillant raconte: »Je crois bien qu’au début j’ai surtout demandé à Maxwell d’écrire des paroles pour moi et lui m’a demandé d’arranger une de ses compositions. Puis nous avons continué tout en enregistrant des reprises« . Superbes reprises, d’ailleurs, de Sinatra, de « Mama » Cass Elliot ou de Vera Lynn plus récemment.

Maxwell Farrington a ainsi envoyé certains de ses titres déjà trouvés « super » par Christophe. Ce dernier a surtout craqué pour un titre. « C’est surtout quand nous avons fini la première chanson sur laquelle nous avons collaboré, Light & Seasons, que je me suis dit que ça valait absolument le coup de continuer« . On ne pourra que se féliciter d’une telle prise de conscience! Une « nouvelle aventure » commençait et non pas « un projet parallèle temporaire » précise Christophe Vaillant. « Une confiance et une complicité se sont rapidement établies entre nous en fait« .

Une composition de l’album à 4 mains et des invités.

Le titre ouvrant l’album Once

« La composition s’est vraiment faite à 4 mains » raconte Christophe Vaillant. « Des morceaux viennent de démos de Maxwell et d’autres de moi. Quand c’est un titre de Maxwell, j’essaye d’améliorer le truc le mieux possible et quand le morceau vient de moi, il fait la même chose de son côté…Nous échangeons beaucoup« . Ensuite, Chrisrophe Vaillant s’occupe des « arrangements de cordes, de cuivres ». Christophe V enregistrait les musiques des titres composés et « Maxwell rajoutait ses textes et ses voix chez lui« . Lorsque le déconfinement a rendu cela possible, Christophe Vaillant est aussi allé enregistrer chez Maxwell Farrington en Bretagne.

Quand Maxwell Farrington écrit, c’est « la musique qui me guide d’abord » explique t-il. Puis il ajoute: « Je chante en yaourt jusqu’au dernier moment et je laisse ma main aller où elle veut surune page A4. Je travaille pas mal avec le « steam of conciousness »…comme Bowie d’ailleurs« . Ayant fait la remarque que les arrangements sont souvent très riches et superbes, je veux en savoir un peu plus . En fait on retrouve Le Superhomard derrière tous les instruments y compris la basse. Seules la batterie, jouée par Olivier, le frère de Christophe, et « plusieurs parties de violon » ne sont pas jouées par Christophe Vaillant.

Sur cet album on peut noter aussi la présence de deux invités. Max Meser sur La Mesa Motel et Evelyn Ida Morris sur Big Ben. Max Meser, un hollandais, est le leader et chanteur du Max Meser Group et joue de l’harmonica. Christophe Vaillant m’explique qu’il avait en tête « un truc à la Toots Thielemans » pour ce titre instrumental. Toots Thielemans était un jazzman guitariste harmoniciste belge. « C’est un ami commun, Andy Crofts (chanteur de The Moons et bassite de Paul Weller) qui nous a mis en contact« . Evelyn Ida Morris est un très bon ami australien de Maxwell: « C’est un artiste immensément talentueux. Iel sort aussi des disques sous le nom de Pikelet« .

Maxwell Farrington & Le Superhomard pour un album intemporel.

Quand Scott Walker reprend Burt Bacharach sur l’album Scott 2

J’ai immédiatement accroché dès le 1er titre de l’album envoyé par le label Talitres. La voix et les arrangements sont, d’emblée, plus que séduisants. Dès le titre d’ouverture, We Us The Pharaohs, la voix m’a rappelé Scott Walker. Maxwell Farrington semblait habité par la voix du mentor de Bowie. Avant d’en avoir la confirmation, l’influence me paraissait déjà prégnante. Maxwell Farrington s’en explique: « J’ai toujours été fan de Sinatra mais quand on m’a fait écouter Scott 2 (le 2ème album de Walker en 1968, ndlr)- j’avais 17 ou 18 ans- le monde s’est arrêté« . Maxwell Farrington avoue aimer »sa voix, ses compos, sa production, ses reprises de Brel….tout en fait« !.

N’allez pas croire pour autant que l’album pourrait être un ersatz de Scott Walker! Il a, fort heureusement, de nombreux autres atouts, alliant nostalgie et modernité dans les arrangements. L’humour et la fantaisie, pour ne pas dire parfois un brin de délire, accompagnent aussi les textes. Pas facile d’en savoir un peu plus cependant sur ce qui guide Maxwell Farrington. Un éclairage lorsque Maxwell chante « we Us The Pharaohs, live for our own ideals »? Maxwell avoue que « c’est une chanson imagée, ce n’est pas vraiment fait pour comprendre le sens…il faut demander à Freud« ! Alors pour Free Again? « Je pense qu’elle raconte plus une autre histoire que les autres chansons…ça parle de quelqu’un qui est frappé par une méduse contemporaine et rêve d’être libéré de son regard« .

Les 12 titres méritent votre écoute et nous font aussi voyager, en musique et en images. Je pense notamment à Light & Seasons, un de mes 3 titres préférés ou à La Mesa Motel. En milieu d’album, c’est un peu une respiration instrumentale cinématographique; On peut s’imaginer du côté d’Almeria, où ont été tournés les westerns de Sergio Leone; L’ombre d’Ennio Morricone n’est pas loin, accentuée par l’harmonica de Max Meser-né d’ailleurs en Espagne.

Pochette de l'album Once
Pochette de l’album Once peinture de Guillaume Pinard

Epilogue: Once, un album à l’identité et l’originalité fortes

Avec encore un brin d’humour, ce sont les propos de Maxwell Farrington qui vont conclure cette rubrique. Quand je lui demande ce qui fait l’identité, la cohérence et en même temps l’originalité de ce bel album inclassable, il me répond. « C’est grâce à Christophe…ses arrangements sont inspirés, beaux….L’originalité, par contre, c’est grâce à moi, bien sûr! » Cet album contient plusieurs pépites…mes favoris. A écouter absolument, Light & Seasons, Happening Again, Big Ben, North Pole, We Us The Pharaohs…et le reste bien sûr! Les fans de Scott Walker, de Sinatra, mais aussi de Neil Hannon/Divine Comedy devraient adorer. Iggy Pop vient d’être séduit et en a fait l’apologie sur la radio anglaise! Tant mieux!

Un deuxième album suivra, c’est déjà une évidence et les concerts viendront dès que la situation sanitaire va le permettre. Les deux compères ont déjà, en formule groupe, bossé le live en résidence.

Pour ceux qui sont curieux de découvrir des artistes peu ou non connus chez nous, Maxwell Farrington m’a aussi conseillé , sans ordre, quelques australiens! Guy Blackmman, de Perth comme Mt Mountain récemment chroniqué mais aussi Seja, Spod, Ela Stiles, No Zu, Gregor, The Harpoons ou… David Mc Cormack. Mon premier coup de coeur fut pour Ela Stiles et son harmonium!

Quand Farrington et Le Superhomard reprennent Sinatra

http://www.talitres.com/

Ziggy

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