Bye, Bye Aucard! À l’année prochaine

Du début à la fin, des moments forts pour ce Aucard 2018

Aucard, c’est fini, et dire que c’était seulement cinq jours! Ce dernier soir s’annonçait arrosé (de pluie, mais aussi de bière, sans aucun doute). Mais une cloche anti-cyclonique protégeait providentiellement le site du festival. Car, alors qu’à l’autre bout de la ville certains écopaient sous des trombes d’eaux, la Gloriette fut, elle, miraculeusement épargnée. Ce qui ne veut pas dire que cette ultime soirée de concerts et de spectacles connut une routine sans accroc. Non, malheureusement pour l’artiste et l’organisation, une des têtes d’affiche s’est retrouvée hospitalisée. Rien d’irrémédiable. Non. Mais il a fallu toute l’imagination de ces personnes rompues aux coups durs que sont les organisateurs et la collaboration des autres artistes du groupe pour combler le vide. Mais qui donc a bien pu se retrouver frappé ainsi par le sort? Vous le saurez en lisant l’article jusqu’au bout!

Mais avant toute chose, il faut rendre hommage à tous les bénévoles qui ont permis à ce festival de se dérouler dans la bonne humeur, le rire et qui ont su garder le sourire vaille que vaille. Mais pas que cela : il faut également saluer les organisateurs, les techniciens, mais aussi les animateurs, qui ont travaillé sans relâche pour que tout se passe pour le mieux. Si vous avez de supers interviews d’ici à la fin de la semaine sur Weirdsound, vous le devrez à Vanessa qui a organisé tout ça à merveille. Enzo a fait la programmation… Bref, il serait trop long de nommer tout le monde, mais derrière un festival, ce sont des dizaines de personnes, souvent pas ou peu payées, une association qui galère avec la suppression des contrats aidés et qui doit sans cesse faire le jeu de la politique locale afin de lever des fonds, des gens passionnés qui se bougent afin de donner le meilleur. Alors merci de vous joindre à moi et de dire :

« Bravo et merci! »

Enfin, quel plaisir de croiser des photographes qui ne se bousculent pas pour la meilleure place!

Ceci étant posé là, voici ce que WS a retenu. C’est subjectif, évidemment, comme les précédents live report, ce n’est qu’une petite partie de ce qui s’est passé tous les soirs à la Gloriette. Car il fallait aussi compter DJ Kéké qui animait une tente pour les amateurs de dance floor pas ringard, le Studio Polemic et ses danseuses… Mais on ne peut pas être partout.

Exceptionnellement, le site ouvre à 16 heures et c’est Bhale Bacce Crew ft Marina P,  sound system dub/reggae où se pressent les premiers festivaliers de la soirée qui monte les potards en premier, faisant résonner les sub basses sur la plaine.

Jazz, hip-hop, le son cool et dansant de VSSVD met les festivaliers dans l’ambiance.

En tout cas, ce samedi 9 juin 2018, le début de soirée commençait à la cool avec un groupe de jazz/hip-hop dans l’esprit des Jazzmatazz et des expériences crossover comme ont pu les tenter des figures telles que Brandford Marsalis ou Erik Truffaz, entre autre. VSSVD emmène son monde dans son univers urbain, fait de cool jazz, de free jazz et d’un flow slamé avec nonchalance et intensité, ce qui n’est pas contradictoire. Avec le soleil et le ciel bleu qui revient, la fin d’après midi laisse place à un début de soirée qui va se glisser lentement dans les draps de la nuit (wouah! C’est beau!) et la musique du quintet tourangeau nous fait monter la sauce. Juste comme il faut.

Tout en douceur, la soirée se poursuit avec les improbables héritiers de Sun Ra, ceux qui ont appelé leur collectif du nom du groupe qui accompagnait le célèbre musicien, le Golden Dawn Arkestra. On navigue en plein mysticisme new-age, voyage interstellaire que mène une figure barbue au ventre proéminent accompagnée d’une danseuse androgyne et filiforme, comme pour contrebalancer visuellement les formes qui évoluent sur la scène. Peut-être une recherche d’équilibre cosmique ou karmique? Celui qui pourrait être un George Clinton blanc guidant un navire à la Parliament dans les méandres d’une musique entre psychédélisme, rock, jazz-rock, musique tribale se pose en MC d’un show érotico-écolo. C’est hypnotisant, groovy et colorée.

Sur la scène du petit chapiteau, c’est Diron Animal, un touche à tout angolais (oui, avec un « o ») qui se frotte à une techno/dance/house afro énergique qui fait bien sauter le public. Les trois musiciens délivrent un show chaud et fortement dansant. Normal, c’est « let’s dance! » le leitmotiv du festival après tout.

Voyage astral et coloré avec le Golden Dawn Arkestra

Je ne savais pas à quoi m’attendre avec Moodoïd. Sorte de croisement improbable entre M et Claude François, l’artiste se présente entouré de deux choristes, d’un guitariste et d’une solide section rythmique au groove prenant et profond. Empoignant souvent lui-même la guitare, Pablo Padovani arpente le devant de la scène avec une assurance qui ne laisse pas deviner que ce concert est le premier de la tournée qui accompagne la sortie de son album Cité Champagne. Un disco down-tempo, des voix éthérées—esprit des Bee Gees es tu là?— la musique très 80 habille des paroles à double sens érotiques.

Moodoid Aucard 2018 ©AntoineGB
Disco langoureux sur la grand scène d’Aucard ce samedi soir avec Moodoïd ©AntoineGB pour weirdsound

Stage diving et po-go, It It Anita déclenche une frénésie de violent dancing durant leur set

Toutes les danses sont à l’honneur à Aucard. Et ce coup-ci, c’est plutôt po-go pour It It Anita, groupe ultra énergique, enragé qui délivre son Emo-Math-Rock violent. Dès les premiers accords, impossible de rester devant la scène sans mourir étouffé, écrasé ou assommé! Les quatre belges ont choisi un dispositif scénique pour le moins original, puisque les deux chanteurs guitaristes se font face sur le devant, tandis que le batteur—gonflé aux stéroïdes— regarde le bassiste droit dans les yeux sur l’arrière de la scène.  C’est violent, jouissif, ça riff, ça dissone, et ça hurle. À suivre de près!

Bon, mais alors qui n’a pas pu monter sur scène ce soir? Et oui, la tête d’affiche de la dernière soirée, Kiddy Smile victime d’un accident au genou est à l’hôpital. Ce sont donc in extremis Arno N’joy et GL8 qui, accompagnés des danseurs de Kiddy Smile, auront le lourde charge de clôturer ce 33è festival Aucard de Tours avec un DJ set house qui emmènera le public jusqu’à la fermeture de la Gloriette pour cette année.

Oui, Aucard c’est fini. Mais rappelons que cela fait maintenant plus de trente ans que Radio Béton! et les équipes bénévoles ou non, qui se succèdent de génération en génération, font vivre ce festival à taille humaine—et humain— qui fait du bien au milieu de ces énormes machines—qu’on adore par ailleurs— que sont devenus les Hellfest et autres Download.

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