Aucard, Day IV : in the heat of the night !

Ambiance estivale sur la Gloriette ©AntoineGB pour weirdsound

Il y a des soirées qui frisent la perfection. Malheureusement, il y a toujours cette fameuse loi de Murphy qui fait que la confiture est toujours du mauvais côté de la tartine. Or, ce vendredi soir, tout avait commencé pour le mieux. Les pluies intermittentes ayant laissé la place à un soleil estival, la plaine de la Gloriette se parsemait petit à petit de groupes qui s’installaient sur les chaises, dans l’herbe ou, impatients de se désaltérer, devant les différents bars. À 20 :00, le trio pop tourangeau rafraichissant—c’est le bon moment—Thé Vanille  grimpe les marches de la scène du petit chapiteau, à la conquête du public qui semble vouloir être bien au rendez-vous ce soir là. Pas de doute, il y a un potentiel musical et sympathie chez eux, et c’est avec une grande facilité qu’ils emmènent la salle dans leur univers loufoque et préhistorico-steampunk, Nastasia/Nala plaisantant et haranguant les spectateurs avec une candeur feinte qui gagnerait le cœur de l’anti-Thé Vanille le plus endurci. Si l’ambiance est chaude, que dire de l’atmosphère tropicale qui règne sous la grande tente ? C’est qu’il en faut des degrés Celsius pour pousser Valentin/Valoupopoulos à quitter sa légendaire robe ! C’est pourtant bien ce qui se passe sous les yeux ébahis des fans en délire (j’en rajoute un peu là). Ceux qui ne connaissaient pas en ont eu pour leur argent, et je sais de source sure que le groupe a fait de nouveaux adeptes.

Les t-shirts et les chemises tombent rapidement dans l’étuve qu’est le petit chapiteau.

Sur la grande scène, c’est une autre figure féminine de la pop française qui arrive derrière le micro. Concrete Knives porte le nom d’un groupe de shogaze ou de hardcore et pratique pourtant une pop douce aux accents de rock progressif, aux rythmes lancinants et aux mélodies accrocheuses. Les voix de Morgane et de Nicolas, assis dans une chaise roulante—encore un éclopé de la jambe droite, décidément—se mélangent avec bonheur. Le show est bon, les musiciens vibrants à l’unisson et les silhouettes dans le public commencent à osciller doucement. Pas de matière à pogo ici, contrairement à ce qui se prépare de l’autre côté. Hop, le temps d’une petite bière, d’une discussion, et je me dirige vers l’Équipe de Foot. Le soleil tape encore en cette journée parmi les plus longues de l’année, et réchauffe agréablement le visage.

Pas de remplaçant sur le banc de touche! On frôle la catastrophe dans l’équipe invitée comme à domicile!

La soirée s’annonce décidément parfaite. Mais, lorsque je fouille mes poches, à la recherche d’une nouvelle carte pour mon appareil, je me rends subitement compte que justement, le compte n’y est pas (même si j’ai croisé un ami qui justement s’appelle comme ça et qui donc y était…). Bref, j’ai perdu une carte renfermant les photos du concert de Thé Vanille. Me reste trois images sur la nouvelle, enfournée rapidement dans l’appareil à la fin du set.

Bam ! Voilà qui gâche indubitablement la soirée…

Je me fais une raison, et parcours donc, le cœur un peu lourd, les quelques mètres qui me séparent d’Équipe de Foot. Ceux qui me connaissent—et ne connaissent pas Équipe de Foot— se diront sans doute, « mais que va t’il faire à un match de foot, lui qui n’aime pas ça ? ». Eh, eh. Ben non, Équipe de Foot ils sont neuf de moins qu’une vrai équipe. Ils ont bien le maillot des bleus, mais ils ne sont que deux ! Dans la veine des Inspector Cluzo, un batteur et un guitariste se livrent à un duo épique en équipe et ça pique ! Du lourd, avec une guitare fuzzée qui fait également office de basse, des morceaux puissants, épais, parfois rapides qui entrainent le public dans de furieux pogo. Ça fait du bien et tout le monde est rapidement en sueur après ce set qui commençait pourtant mal : le numéro 19, à la batterie, casse sa pédale de grosse caisse dès l’engagement ! Et pas de remplaçant ! Heureusement, Aucard c’est plus de trente ans d’expérience, et on est paré à toute éventualité ; la pédale trouve vite un remplaçant dans une équipe qui ne jouait pas ce soir là.

La poussière, les ballons (!), les bouteilles plastiques, les gobelets, les spectateurs(!!) volent sous le grand chapiteau, la sueur coule et les guitares déboulent sur les morceaux de deux/trois minutes enchainés à un rythme effréné. Ces sont Les Sheriff.

Ah, ah. Là, c’est le moment que tout le monde attend, on se masse sous le grand chapiteau pour aller se faire furieusement bousculer dans des pogo violents—mais bon enfant— en reprenant en chœur les refrains des légendes du punk-rock français. Ils devaient être là en 2016, mais les inondations ont donné un coup d’arrêt au festival avant même qu’ils arrivent! Les revoilà donc, trente ans après leur première apparition sur la scène de Béton! qui se situait alors sur la fameuse île Aucard. Oui, en 1987, Les Sheriff écumaient déjà les scènes françaises. On en reparle avec Olivier dans une interview à paraitre la semaine prochaine sur weirdsound.net.

Que dire du show hyper-énergique des montpelliérains, si ce n’est que n’ayant plus aucune preuve à faire ils se lâchent sans aucune pudeur et que le public suit, aux anges.  Les hymnes s’enchainent : À coup de batte de base-ball, Pas de doute, un nouveau morceau—eh oui !— Là où je suis né, à Montpellier, Pile ou Face, 3, 2, 1 zéro, Les deux doigts dans la prise… et, en ultime morceau du set, après un rappel, le classique et entonné par toute la salle, Jouer avec le feu ! Du grand délire sous le grand chapiteau ! Même la team de photographes, entre la scène et les barrières, chantent les refrains, le poing levé. C’est dire.

Changement radical d’ambiance, puisque sous le petit chapiteau, c’est Contrefaçon qui entame les hostilités dans le style dance/techno qui devra emmener le public dans des transes folles jusqu’au bout de la nuit. Des projections et des sons rugueux pour le collectif aux visuels et à la musique bruts, urbains et sans fioriture.

Enfin, c’est l’allemande Ann Clue qui clôture la soirée avec un set de Deep Techno que je ne verrais pas, vaincu par la chaleur et la pénurie de Petit Maïz.

On remet ça ce soir pour l’ultime soirée avec Golden Dawn Arkestra, It It Anita, ou encore Moodoïd!

 

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