Thomas Azier: Aftershow « Rouge »

J’avais bien aimé plusieurs titres très électro du 1er album « Hylas » de Thomas Azier paru début 2014… »Hylas » , mais aussi, bien sûr, « Red eyes » (un titre sorti dès 2012 et popularisé par une publicité parfumée en 2015), « Rukeli’s last dance » mais aussi des titres plus cool comme le très beau « Angelene » ou « how to disappear » dont certains aspects musicaux me font penser à…Lana Del Rey! Dans cet album, Thomas Azier racontait son parcours berlinois.

Le tubuesque « Red eyes » (2012)

Né aux Pays Bas en 1987, Thomas Azier les a quittés en 2006 pour Berlin, ville qui attire artistes et musiciens… Arrivé avec son sac à dos, il commence à composer dans sa chambre, souvent seul entre son ordi et ses instruments. Parallèlement il joue dans des clubs berlinois des sets très courts lors de soirées animées par des D.J. En 2012, après 5 ans de travail méticuleux, Thomas Azier sort ses 2 premiers E.P avec « Hylas » et « Red Eyes », tout en commençant à assurer les premières parties de Woodkid (comme en Sept 2012 à paris au « Grand Rex ») ou de Stromae pour lequel il a composé plusieurs titres de l’album « racine carrée« ). En 2014 sort son 1er album « Hylas », album électro pop qui révèle surtout une voix et un talent certain!

« Angelene » sur l’album « Hylas » (2014)

En 2016, Thomas Azier quitte Berlin pour s’installer à Paris et préparer la sortie de son 2ème album. Une grande partie des chansons a été composée entre Berlin, Amsterdam et Paris (travaillant beaucoup avec son frère) et parachevé en Normandie, près d’Evreux où il va trouver refuge dans la maison studio de Dan Levy (The Do) pour être dégagé du côté production. Thomas Azier voulait faire un album qui « vient des tripes » et dégage des émotions. Le titre « Rouge » correspond d’ailleurs bien à cette approche: « le rouge symbolise le sang, c’est la couleur de la colère, de la passion, de l’Amour »… et le fil rouge, autour duquel il a construit son album, c’est sa voix. Dans une courte interview aux « Inrocks » en janvier, il disait que Dan Levy l’avait aidé à simplifier et à « magnifier » ses chansons. Thomas Azier aime le « clair obscur » de la peinture hollandaise et aime aussi cet aspect dans la musique , confiait-il récemment à « Ouest France ». Aujourd’hui il cite comme influences Woodkid, James Blake et Jamie XX et aime aussi certaines chansons françaises , « l’aigle noir » de Barbara notamment! « Je comprends le français mais le parle mal! ».

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L’album « Rouge » paraissant le jour de l’anniversaire de ma douce moitié, je lui avais offert, accompagné de tickets pour le concert à Stéréolux/Nantes le 30 mai, quasi persuadé qu’elle aimerait! Après une 1ère partie sans intérêt (on ne peut avoir à chaque fois la qualité de Lo Moon!), place au set de notre dandy. Le concert commence par « Starling« , un de mes 3/4 morceaux préférés de l’album »Rouge »… Thomas Azier me fait immédiatement penser au Bowie période berlinoise, dandy élégant à l’aspect un peu théâtral par moments. Il est accompagné par Clément Fonio (guitare/basse/synthés), Kenzo Zurzolo (claviers/synthés) et Nicolas Musset à la batterie (très efficace). La voix de Thomas Azier, puissante est au rendez vous et le groupe joue la totalité du dernier album, en alternance avec des titres de « Hylas »…

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Thomas Azier/stéréolux-Nantes/30/05/2017 photo Ziggy/weirdsound/

Plusieurs grands moments, notamment quand Thomas enchaine tous mes titres préférés de « Hylas » à « Angelene » en passant par « Berlin« , chanson d’au revoir à « sa » ville pendant 10 ans, les très beaux « Sandglass » (qui démarre au piano façon Lennon) et « Crucify » sans oublier une version longue et magnifique de « Red eyes » suivie d’ une douce chanson d’amour « Concubine ». Cela ne veut pas dire que les autres titres ne sont pas intéressants. Thomas Azier produit un set impeccable, alternant chansons electro pop rythmées et ballades plus délicates. En rappel, « Verwandlung » de l’album « Hylas » suivi de « Babylone » qui clôt en beauté aussi le dernier album. Dommage… nous n’avons pas eu le cadeau proposé aux parisiens le lendemain soir : sur « A forest » de Cure, The shoes ont rejoint Thomas Azier sur scène au Trianon. Une très belle soirée… (pour moi!!) avec un bémol… ma douce moitié n’avait pas apprécié tant que cela et Father Ubu était partagé… »du talent, une voix et un potentiel » mais … Thomas Azier, en maitrisant si parfaitement son show, ne risque-t-il pas de perdre spontanéité et  émotion …?

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Thomas Azier/ Stéréolux-nantes/ 30 Mai 2017/ Photo Ziggy-weirdsound/

Thomas Azier reste un artiste talentueux et sincère, qui, pour moi, n’en rajoute pas!! Son album nous le fait découvrir car il dit qu’il est « le reflet » de sa vie et qu’il utilise la musique comme thérapie. Il dit « faire les choses » comme les chansons, c’est à dire « comme il les sent ». Le titre « talk to me » peut être son credo: « Talk to me, tell me how you really feel. Tell me what is fake and what is real ». Il se méfie du système médiatique d’aujourd’hui, que ce soit le web, dénonçant « la mer de videos youtube » et les réseaux sociaux et leur choix simpliste « j’aime » ou « je déteste » mais aussi les émissions tv musicales où l’on manie trop souvent le sarcasme.

Thomas Azier en dandy élégant dans « Gold »/ album « Rouge »/ mai 2017/

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Thomas Azier/ set list / Stéréolux-Nantes/ 30 Mai 2017/

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