SURPRISE ! Aujourd’hui c’est ULTRA VOMIT !

Oyez ! Oyez !

L’heure est grave ! Ou du moins, l’heure est importante. Non ! L’heure est … Pourquoi je fais une fixette sur l’heure moi ? J’ai même pas de montre ! (#Blaguepourrie) J’en viens aux faits. Nous avons eu l’opportunité, que dis-je, la joie, que dis-je, l’insigne honneur … une p***** de b***** de m**** de nom de Dieu de chance de rencontrer Nicolas (dit Fetus) et Matthieu Bausson (dit Matthieu Bausson) d’ ULTRAVOMIT ! Autant vous dire qu’en tant que fan, je sautais dans tous les sens dès l’annonce du rendez-vous. Je n’y croyais pas lorsque Fatherubu me l’a dit. Mais le message de Fetus, pour confirmer l’interview, m’a définitivement rendu ouf … j’étais ouf ! (ça ferait un super refrain rap !).

Petite piqûre de rappel pour les enfants de Satan qui ne seraient pas sortis de leur grotte depuis le premier album de Black Sabbath. ULTRAVOMIT, c’est 4 mecs complètement dingues, FETUS (guitare / chant), FLOCKOS (guitare lead), MANARD (batterie et voix de merde) et MATTHIEU BAUSSON (basse …), qui nous offrent un métal parodique des plus soigné. Leur son puissant et leurs paroles humoristiques en font l’un des groupes de métal français les plus écoutés de ces deux dernières années. Après des centaines de dates à travers la France, trois albums (M. Patate / Objectif Thunes et le dernier Panzer Surprise !) et un passage remarqué au HELLFEST 2017, le groupe a franchi un stade, passant d’un groupe rigolo à un groupe incontournable. Rien d’étonnant car la qualité de leur jeu n’a rien à envier à Metallica et autres Village Peoples !

Nous les avons rencontré en vu de leur passage au festival LES NUITS DE L’ERDRE le 29 juin prochain.

Alors à vos lunettes myopes et presbytes, parce qu’aujourd’hui, c’est ULTRA VOMIT !

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Un bon petit déj’ fait toute la différence !

Weirdsound : Salut les gars ! Déjà, merci de nous accorder un peu de votre temps. Pour commencer, j’ai fouillé sur Internet pour trouver un historique d’ULTRA VOMIT et, bien sûr, je suis tombé sur Wikipédia. À ma grande surprise, il n’y avait rien !

Nicolas : Y’a rien ? À ouais ? Ça fait longtemps que je n’y suis pas allé mais …

W : À part ce que l’on sait déjà sur le dernier album donc du coup j’aimerais bien un petit historique made in Ultra Vomit.

Nicolas : J’avais quand même été choqué parce que quand j’avais été voir, ils sortaient des noms de démos que j’avais faites en K7 genre en 1999. J’étais genre « mais comment il sait ça lui ! C’est bizarre. Ce n’est pas moi qui ai écrit. Il y a quand même peu de gens qui savent. C’est trop bizarre. » The Trampolino Session ça c’était énorme ! C’étaient les tous premiers enregistrements et du coup je faisais quasiment tout – batterie, guitare avec mon pote sur un 4 pistes. Je sais plus combien … c’était un challenge. Il y avait un créneau de 4 heures. J’avais enregistré peut être 60 morceaux sur une K7… ils duraient 30 secondes les morceaux, et puis à la fin, on a pas eu le temps, la répète se termine et le mec vient nous voir et nous dis « ouais c’est fini ». Et du coup j’ai fini en acoustique chez moi et à la fin de la démo du coup il n’y avait plus de batterie ! C’était en acoustique. Mais c’est énorme ! Je ne sais pas comment ils savent des trucs comme ça.

W :Un peu obscure tout ça !

Nicolas : Ouais c’est choquant. En plus je suis sûr que je peux aller en prison facilement pour certaines chansons … Parfois, c’était compliqué …

(rire)

Matthieu : C’était trashosse ?

Nicolas : Ouais, franchement !

W :Alors c’est toi qui est à la base de tout ? C’est toi qui a lancé le groupe ?

Nicolas : Ouais, mais avec une impulsion, parce que les projets, j’arrive difficilement à les faire tout seul dans mon coin. Il y a souvent quelqu’un avec moi pour me dire « à ouais c’est marrant ». Il faut qu’il y ait un échange. Et là, c’était avec un pote de lycée qui était en 1e avec moi. On était tout le temps côte à côte à se marrer, à parler de film gore et d’autres trucs comme ça. On dessinait des trucs dégueulasses, on écrivait des paroles et tout ça. Et c’est lui qui a trouvé le nom d’ailleurs, ULTRA VOMIT. Et quand il m’a montré ça j’ai dit «  mais non ! C’est pourri ! ». Je trouvais ça horrible. Finalement c’est resté. Maintenant j’assume, j’aime bien. Mais j’ai mis du temps.

W : Ça marque comme nom, on s’en souvient facilement.

Nicolas : oui, et donc ça a commencé avec ce mec. Mais il est resté dans le groupe réellement l’espace d’un an, un truc comme ça. En fait pour moi, il a servi à lancer le projet. Et c’est lui qui a fait la pochette de M.Patate aussi.

Matthieu : (Rires) La boucherie ! (rires)

Nicolas : c’est-à-dire, tu vois le personnage …

Matthieu : qui mange ses tripes …

Nicolas : par le cul !

(Rires diaboliques !)

W :Pour moi la pochette de M.Patate c’est une raclette un peu hardcore. Le moment convivial qui tourne mal !

Nicolas : De toute façon c’est ouvert à interprétation. Chacun peu voir ce qu’il veut. C’est ça qui est bien. Des fois il y a des gens qui voient des papillons qui volent au dessus de … Non, c’est bien.

Matthieu : c’est le pur test de Rorschach en fait la pochette de M. Patate!

(rires)

Nicolas : Donc là, je vois un personnage qui se bouffe les boyaux par le cul ! (Rires) Ok vous êtes un psychopathe !

m patate
ULTRA VOMIT – M. Patate

W :J’ai une question qui me trotte dans la tête. Désolé si ma question est mal tournée mais, n’y a t il pas une sorte de frustration à être dans la parodie continuelle ? L’envie de faire quelque chose de « sérieux » ne te donne pas envie ?

Nicolas : En fait ça, pour le coup, je suis bien armé pour répondre parce que cette question on nous la pose tout le temps. Mais genre tout le temps, que ce soit en interview ou les gens qui viennent nous voir et qui nous disent : « Mais quand même et tout, mais vous jouez bien quand même. Je ne comprends pas pourquoi vous ne faites pas un truc sérieux ?». Mais tu sais, pas méchamment, mais du style « c’est bizarre ».

Déjà pour moi, la première réponse que je leur donne c’est que ce que l’on fait c’est sérieux en fait. Mais vraiment, c’est que je n’aurais pas envie de faire ça sinon. Le métal ce n’est pas mon …, comment dire ? J’aime bien mais ce n’est pas ma passion. Ma passion tu vois c’est plus le foot par exemple.

(rires)

fetus foot
No Comment !

Matthieu : aucun rapport ! (Rires) Tatie Danielle !

(Rires)

Nicolas : J’ai préféré Tatie Danielle à Jurassic Park 3…

Non mais le métal c’est pas ma passion ultime et j’en ferais pas de manière « sérieuse », je ne pense pas …

W : Même un autre genre musical ?

Matthieu : Toi c’est plus les grosses voix harmonisées.

Nicolas : Je préférerais chanter dans une chorale, chanter du Bach que de faire du métal à la rigueur. Si je veux avoir des émotions je ferais ça. Mais j’adore la puissance du métal. Quand on joue, il y a des moments, il y a des riffs, je me dis : « Yeeees ! ». Mais ce qui me plait, c’est le décalage entre la connerie et le gros son. C’est-à-dire faire passer des paroles toutes pourries avec un gros son lourd. Sinon c’est pas possible. Parce que c’est tellement nul ce qu’on raconte que s’il n’y avait pas cette exigence et ce gros son bah …

W : Et ça fonctionne ! Au point de vue musical c’est tellement carré que, comme tu dis, si c’était tout pourri, ça ne passerait pas.

Nicolas : Ouais mais c’est sûr. Tu sais, on en est convaincu. Même en studio quand on est allé enregistrer, Duquesne il nous a dit : «  Mais vous avez pas peur que si on met un gros son la dessus, une grosse prod’, que ça enlève le coté marrant ? ». On s’est regardé et j’ai dit : « non je ne crois pas ». Et aujourd’hui j’en suis convaincu. Tu ne vas pas salir le son pour dire « oh c’est marrant ! ».

Matthieu : Après il ne fallait pas couvrir les voix non plus. Le but c’était quand même qu’on entende les paroles.

Nicolas : Il y a quand même un truc au niveau du mixage de la voix, ça j’ai quand même insisté, ce n’était pas évident parce que faire un bon son pour les groupes de métal généralement, c’est quand même rentrer un peu la voix. Mais là, franchement, faut que la voix soit hyper forte, parce que la connerie, elle ne va pas être dans les coups de grosse-caisse. Ce n’est pas ça qui va te faire marrer. Ce qui va te faire marrer c’est la voix et éventuellement quelques riffs.

Matthieu : Il avait bien capté l’esprit parodique du groupe en reprenant les sons des groupes que l’on parodiait.

Nicolas : Ouais aussi.

Matthieu : Tu vois Rammstein, il a essayé de calquer la prod’ qu’ils avaient.

Nicolas : Il écoutait et comparait quelquefois. Il était énorme. Il écoutait et il disait « ouais ça va, on est bon, on les mange ! »

Matthieu : on les mange ! (rires)

W : D’ailleurs Kammthaar est vraiment bien réussi. Étant un adepte de RAMMSTEIN, j’ai fait écouter le morceau à des amis qui connaissaient sans plus et ils m’ont répondu :  » C’est Rammstein ça ! « . C’ est quand ils ont entendu « Vroom Vroom » sur le refrain qu’ils se sont dit : « Ah, il y a un problème ».

(rires)

Nicolas : je pense qu’on a occis pas mal de monde avec ça. Après quand tu connais, je trouve que musicalement, ce n’est pas trop du Rammstein au final. Il y a des riffs c’est presque du Metallica ou du Exodus, des trucs comme ça. C’est un mélange de plein de trucs. Après, l’ambiance ça rappelle quand même vachement Rammstein.

Matthieu : Plus Lindemann !

Nicolas : Ouais c’est plus ça qui nous a inspiré. Plus Lindemann que Rammstein.

W : Je reviens rapidement sur le coté « marrant ». Fabien (le guitariste), avec son groupe Justin(e), a réussi à se détacher du coté humoristique.

Nicolas : Oui, ce qui est bien avec Justin(e), c’est que quand tu lis les textes, il n’y a rien de spécialement marrant mais par contre il y a un côté hyper, ce qu’on appelle nous « éginié ». C’est notre verbe à nous, mais c’est pour dire qu’il y a un côté décalé. Il y a dans tout ce qu’ils font un côté absurde ou bizarre.

Matthieu : Surtout dans la com’, dans le visuel !

Nicolas : Dans la com’ surtout. Quand leur pochette c’est un numéro de téléphone et que tu peux appeler l’album ! Et puis en tournée, ils font des conneries. Il y a un côté, comme avec des groupes comme NOFX où le fond est engagé politiquement mais, sur la forme, c’est vachement détendu. Justin(e) c’est peinard. Mais, pour le coup, je pense que Fabien, ça le gênerait moins de faire un groupe sérieux de métal. Manard c’est pareil. À la batterie, lui, son challenge c’est de jouer … Je reviens à la question de tout à l’heure sur la formation du groupe. Faut parler de Manard, on est obligé ! Quand lui est arrivé, c’est là que le groupe à commencé vraiment. À deux, notre humour était vraiment bien synchro. Plus que musicalement. Les groupes qu’il écoutait, je ne connaissais pas. Il écoutait du vieux heavy, moi j’écoutais … je n’étais pas trop dedans. Il écoutait des trucs de death mais que j’aimais pas du tout. Des trucs techniques et tout ça. Franchement on s’est retrouvé sur deux groupes peut être, Cannibal Corpse et Sepultura. Green Day aussi je crois parce qu’il aimait bien. Mais sinon je crois que c’est tout.

W : On est obligé de parler du Hellfest de l’année dernière.

Nicolas : Bien sur !

W : Du coup ?

Matthieu : C’était stylé !

W : Pour info j’étais dans la chenille géante ! Comme je disais à Nicolas avant que tu arrives Matthieu, pour moi c’était le meilleur show du festival de l’année dernière !

Nicolas : Félicitations Matthieu !

Matthieu : Merci Nico !

(rires)

W : J’ ai vu du public vers la scène, mais de la scène vers le public, ça fait quoi ? Surtout que vous aviez joué au Hellfest 2 ans auparavant je crois ?

Nicolas : On avait déjà joué sur la main stage en 2008 au moment de la sortie d’Objectif Thune et c’était déjà impressionnant !

Matthieu : J’avais 15 ans …

Nicolas : Ouais !

Matthieu : C’était pas moi ! (rires)

Nicolas : Non c’était Gregory Dutein … Je m’en souviens … Il était tout p’tit.

(rires)

Matthieu : Il est toujours tout p’tit !

Nicolas : Du coup c’était déjà impressionnant, mais là, ça n’a rien à voir ! On a jamais eu un truc comma ça. J’imagine que pour Matthieu Bausson qui n’a pas eu la préparation mentale… Parce que nous finalement, quand tu as déjà fait des scènes comme ça avant, tu peux te préparer. Tu sais ce que ça va être de ne pas voir les gens au fond.

Matthieu : C’était incroyable ! On voyait plus le sol … Enfin … C’était un truc de fou. Je me suis chié dessus. C’était chaud. Comme le dit Fabien Lefloch :  » Je me suis tricoté un slip en maille de merde ! ».

(rires)

Nicolas : Faut que je ressorte la vidéo, si je la retrouve, je vous la montre.

Matthieu : C’était le gros stress avant même le concert parce qu’on voyait déjà le monde qu’il y avait à coté.

W : Ça m’a impressionné ça ! Parce qu’ il n’était pas tard. D’habitude vers cet horaire là, il y a du monde mais ça reste clairsemé. Là, c’était plein à craquer !

Nicolas : La veille on était déjà là pour prendre la température ou je sais pas quoi et franchement, vers ces heures, milieu d’aprèm, c’était pas fou. Il y avait des gros trous dans le public. Donc si tu veux on se disait « ok ça va être impressionnant !  » , mais on s’attendait pas à ça. Du coup on a été pris de court.

Matthieu : C’était n’importe quoi ! Tout ça pour que des gens viennent gueuler « pipi – caca ! » et qu’ils se rentrent dedans. (rires)

W : C’est quand même balèze de faire hurler à des métalleux pipi – caca !

Matthieu : On perd les paroles, on est tellement habitué à jouer les morceaux qu’au bout d’un moment  » Le pipi c’est du caca ! « , on est blasé. Et puis quand on revient dessus, on se rend compte qu’on a réussi à faire ça ! En fait ils sont tous à fond dedans en train de gueuler des pipis et des cacas ! (rires) Ça n’ a aucun sens quoi !

Nicolas me tend son téléphone pour me montrer la vidéo.

Nicolas : C’est du point de vue de la scène !

Matthieu : Ouais c’est du n’importe quoi !

Nicolas : Non mais cette vidéo elle est hallucinante. C’est en voyant ça que je me suis rendu compte. Sur le moment j’étais un peu concentré et tout …

Matthieu : Ouais c’est ça !

Nicolas : Et quand j’ai vu la vidéo j’ai fait : « Ouuuf – c’était dingue ! ».

W : J’ai pris mon téléphone à un moment pour faire le tour du public et c’était noir de monde ! En plus, ce qui me fait marrer dans vos concerts, c’est qu’il y a toujours un mec déguisé avec des fûts de bière ou qui slam sur une bouée canard !

Nicolas : A mais oui ! Mais si !

Matthieu : Un truc de fou, le mec, il est parti du fond !

Nicolas : Toi tu ne l’as pas vu sur le moment ?

Matthieu : Bah si je l’ai vu plusieurs fois parce que ça a duré mille ans en fait.

Nicolas : Je n’arrivais pas à me concentrer sur ça.

Matthieu : Ça a duré un moment. Il a fait son slam sur 3 morceaux je crois et il est arrivé devant pile pour les canards !

(rires)

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ULTRA VOMIT – Hellfest 2017

Nicolas : Ça c’est énorme ! En fait j’ai eu plein de révélations de trucs que je n’avais pas vu sur le moment parce que j’étais trop focalisé sur le concert. Ouais ! C’est hallucinant, ça dans un concert normal, tu le vois direct. Là, il y a tellement de monde, c’est comme si il y avait plein de salles , tu peux pas tout voir. Par contre à la fin, moi, c’est mon meilleur souvenir du concert. C’est quand on arrête de jouer bien-sûr (rires) et il y a un mec, quand on salue les gens, qui filmait. Et moi, je ne sais pas qui est filmé à ce moment-là. Je l’ ai su après parce qu’on me l’a dit, et il y a un mec qui m’envoie un petit canard de merde en plastique. Et puis je le reçois, ça me tape dessus. Je le ramasse et je fais « Ooooooh ». Les gens me voient en gros plan et ils se marrent. Je le prends et je lui mets un gros coup de latte. Et je te jure, j’entends des rires qui partent, mais un truc diffus, je me dis que c’est trop petit comme action pour qu’ils se rendent compte. Je me suis vraiment fait la réflexion. Ils se marrent, mais ils n’ont pas pu tous voir ça à ce moment-là. Et c’est après qu’on m’a dit :  » Ouais sur l’écran énorme le canard ! « . Moi je ne savais pas que j’étais filmé donc du coup c’était marrant … voilà. Le meilleur truc.

W :Il y a eu le Hellfest. Les Nuits de l’Erdre et le Motocultor sont à venir. Vous êtes partout en ce moment !

Nicolas : Bah … Euh … ouais ! Sauf au Printemps de Bourges, sauf aux Eurockéennes. On est pas au Costa Rica. On est pas au Japon !

Matthieu : Par exemple !

(rires)

Nuits de l'erdre
Toute la programmation sur le site officiel

C’est un peu votre année. Votre double année 2017-2018 ? Vous étiez déjà connus dans le milieu du métal mais là, j’ai l’impression que ça va plus loin que ça !

Matthieu : Ouais on joue dans des festivals éclectiques maintenant. Après je sais pas si c’était le cas auparavant. Vous aviez fait le Printemps de Bourges ?

Nicolas : Oui mais c’était une scène métal quand même. Mais par contre c’est déjà arrivé qu’on fasse des festivals avec Tryo des groupes comme ça, La Rue Ketanou. Et quand tu regardes l’affiche tu te dis :  » Mais qu’est ce qu’on fout là ? « . Même l’autre jour …

Matthieu : Avec Naaman.

Nicolas : On était le premier groupe de métal du festival. Après je sais pas s’il y avait des années …

Matthieu : Non, ouais c’est clair !

Nicolas : C’était la troisième édition mais bon … Bref, quand même le premier groupe de métal et ça n’avait rien à foutre-là. C’était cool !

Matthieu : On a été très bien accueilli par le public.

Nicolas : Moi j’avais peur. On jouait assez tard …

Matthieu : 23H30

Nicolas : Et l’ambiance qu’il y avait sur les groupes de reggae, j’ai fait : « Bon … ». C’est pas du tout notre public quoi ! Je ne vois pas comment d’un coup ça va se transformer en public métal. Ça ne s’est pas changé en public métal mais par contre il y avait une pure ambiance. Comme l’année où l’on a fait Garorock. C’est plutôt rock- électro avec du rap et tout. Tu sens ! Il y a une curiosité quand même.

Matthieu : C’est qu’il y a deux publics pour ULTRA. Il y en a qui veulent se marrer et il y en a qui sont là pour écouter la musique.

Nicolas : Après je pense qu’on a toujours besoin de la base solide des gens qui connaissent. C’est ça qui met les autres dedans. Si devant t’en as qui sont à fond dedans, qui pogottent, qui chantent tes trucs, bah après, les autres ils sont entraînés forcement. Sinon s’il n’y a que des gens qui découvrent, c’est quand même dur je trouve. Tu vas voir quand on ira au Québec ça va être autre chose. Quoi que, si ça se trouve les mecs, ils connaissent déjà.

Matthieu : On verra. Je ne sais pas. Moi en tout cas j’ai que des bonnes surprises depuis le début. … Merci Nicolas.

(rires)

Nicolas : Il est con !

W : Super enchaînement avec la question suivante. L’international, c’est pour quand ?

Nicolas : Pour le moment l’international, on fait que le Québec. On aimerait bien se barrer … Un rêve, ça serait de jouer au Japon. Je trouverais ça énorme ! Même si ils ne captent rien, on s’en fout.

W :C’est un bon public apparemment.

Nicolas : Avant j’avais tendance à dire que si les gens ne captaient pas les paroles, ça servait à rien. Genre ils ratent trop de trucs pour apprécier. Maintenant j’ai plus confiance dans le fait que c’est bon musicalement. Ça peu suffire dans un premier temps pour dire « oh c’est marrant ce truc-là !». Moi si je vais voir un groupe japonais qui vient jouer en France, je m’en fous de ne pas comprendre ce qu’ils racontent à la limite ! Je fais « ah c’est énorme ça ! ». C’est exotique. Donc pour moi, si on me dit vous allez jouer aux États-Unis ou je sais pas quoi, en Angleterre ou en Allemagne et bah … vas y ! Ça peut être cool. J’aurai moins peur d’y aller.

W : Petite question kiff perso. Vous avez fait le WarmUp pour le Hellfest et vous êtes passé par La Nef à Angoulême.

Nicolas : Oh putain !

Matthieu : La tuerie !

W : Je suis charentais, d’Angoulême. Un petit mot dessus ?

Nicolas : Bah ANGOULÊME … Sinon ça fait genre dès qu’on me parle d’une ville je dis oh putain c’est énorme ! Je pourrais mais si tu venais par exemple de Le Mans …

Matthieu : De Le Mans (rires)

Nicolas : Je te dirais peut-être pas ça. Je ferais « oui oui ! ». Je serais poli. Mais Angoulême c’est ouf ! Angoulême c’est incroyable … je sais pas pourquoi. Parce que les villes autour genre saintes, on a joué plusieurs fois, il n’y a rien eu de particulièrement incroyable ou quoi. Mais Angoulême il y a une espèce de microclimat là-bas, dans le punk rock, dans le métal, ça défonce ! L’ année dernière c’était une boucherie et cette année aussi.

W : Tu n’avais pas joué avec Andreas au Mars ?

Nicolas: Au Mars Attack, oui plusieurs fois. Le Mars c’est un peu le repère. Bah Justine(e) ils connaissent à fond parce qu’ils y ont joué plein de fois et puis pareil, Fabien me disait non mais Angoulême c’est … Pour lui, c’est quasiment le meilleur public de France. Je pense que si tu lui demandes, il te dira ça. Pour Justin(e) je pense qu’il dirait ça. Nous pour Ultra, c’est affreux, mais je reste toujours sur Paris.

Matthieu : Ouai Paris, pareil !

Nicolas : Paris je suis bloqué moi. – Incroyable ! Ça ne devrait pas, tu vois ? Normalement c’est des enculés !

(rires)

W : Certains groupes disent que c’est un public un peu difficile.

Nicolas  & Matthieu : Nooon pas du tout !

Matthieu : C’ est énorme, c’est la grosse teuf à chaque fois.

Nicolas : C’est l’inverse, tu as l’impression que tu dis n’importe quoi, ils se marrent. Trop bizarre. Franchement, c’est bon !

Matthieu : Indisciplinés. Au WarmUp à Paris, moi je pouvais plus bouger. Il y avait des mecs qui venaient tout le temps sur scène pour virer les gens.

Nicolas : Mais Angoulême, dans cette zone de la France, dans l’Ouest, pour moi, c’est mieux que Bordeaux ou Toulouse.

Matthieu : J’ai trouvé ça quand même plus foufou l’année dernière.

Nicolas : Oui oui, c’est sûr ! En même temps, l’année dernière, c’était vraiment énorme !

W : A quand le live filmé ? Parce que j’ai découvert, hier,  quelque chose. J’ai vu qu’il y avait un court-métrage sur la fausse interview d’Ultra Vomit.  » This Is Ultra Vomit « .

Nicolas : Oh putain. C’est très étonnant n’est-ce pas ?

W : Étonnant … c’est le mot !

Matthieu : Je l’ai trouvé cool à l’époque quand il est sorti.

Nicolas : Il faut se remettre dans le contexte. On était dans la période la plus violente de l’histoire, en termes de tournée, parce qu’à part le mois du WarmUp, où l’on a vraiment joué comme des cochons, on avait enchaîné avec ce truc là. On était éclaté. On enchaînait, on savaient même pas ce qu’on allait faire. On avait 5 ou 6 jours de tournage, je sais plus. C’est quand même pas rien. Ce n’est pas deux jours quoi. On était à Cherbourg. On avait tourné là-bas et l’on nous a dit : « Vous allez arriver, tout est prêt, ne vous inquiétez pas !». En effet tout était prêt, mais on avait à peine lu le script. On était là :  » Ouais ça va être bien, on s’en fout !  » . Après être arrivé, on a commencé à lire le truc et c’était vraiment pas marrant ! C’était vraiment la flippe. Et du coup j’étais tout crevé. La nuit, avant chaque matin, je réécrivais des trucs. Je changeais des dialogues pour nos rôles et après j’allais voir le réal’ pour demander si on pouvaient dire ça à la place de ça . Ça serait possible de ne pas faire ça ? Le mec disait « Au dernier moment ! Fais chier ! », normal quoi . Et du coup, ce n’est pas que ça a été tendu mais, par notre faute, de ne pas avoir prévu assez le truc en disant on veut ça et ça, on a laissé faire et on s’est pris dans un engrenage. Il y avait une poire en deux à faire et, à la fin, je suis tombé bien malade, à cause de ça, je pense. Mais genre une putain d’angine dégueulasse. J’avais des hallucinations et tout. Le soir de la fête de fin de tournage, ton corps, il fait ok t’as fini, c’est fini ! Et là, tout le monde est allé faire la fête. Moi je suis resté et j’entendais le réal’ continuer à me parler « dans 3 secondes tu te retournes sur ta gauche ! ». Et puis je me retournais. « Ok ! Maintenant tu vas aller dans la salle de bain pour essayer de te faire vomir ! ». Horrible, c’est trop bizarre ! Du coup je trouve que l’effort qu’on a mis dedans ne vaut pas le résultat. Mais avec du recul, je me dis que ça va. Pour moi il y a un détail que j’aurais rajouté : des rires enregistrés. Genre assumer le côté c’est bidon, sitcom. Dès que tu fais une phrase t’envoies les rires. C’est con, mais ça aurait sauvé pas mal de trucs. Enfin sauvé…

W : Il y a quand même le magnifique jeu d’acteur de Manard !

Nicolas : Non mais Manard c’est un pur acteur. Tu auras l’occasion de le vérifier dans le clip d’Évier Métal que l’on sort la semaine prochaine, ça va être du grand Manard.

W :Le dernier clip est super bien travaillé (Kammthaar) mais après avoir réécouté les premiers albums, au niveau du son général de « Panzer Surprise ! », il y a une grosse différence.

Nicolas : Plus qu’une différence c’est un fossé.

Matthieu : J’ai dû l’écouter 1 fois moi le premier !

Nicolas : Le son du premier, je le trouve réussi dans le sens où c’est ce qu’on voulait faire. C’est a dire un truc, pas inaudible mais un truc ultra violent. Et il l’a appliqué. On lui aurait demandé un truc propre, il aurait peut-être fait un truc propre. Pour moi le premier album est réussi.

Matthieu : L’ humour est plus difficilement accessible.

Nicolas : Oui mais tout est plus difficilement accessible. C’est chaud. Les guitares sont accordées hyper basse, on n’entend pas les riffs. Sur « Objectif Thunes » quand on enregistrait, c’était la première fois que j’arrivais avec des démos enregistrées chez Fabien. Et en écoutant sur la chaîne hifi les morceaux après les enregistrements, on se prenait une claque. Pour moi le mec qui nous enregistrait, c’est un dieu du son. On voulait que ce soit lui qui fasse « Panzer Surprise ! » mais il nous a dit que c’était trop ambitieux pour lui. Du pur Maître Yoda. Le Jedi que tu viens voir dans sa cave.

Matthieu : Du coup, on a été du côté obscur, on est allé à Paris.

Nicolas : Duquesne, lui, c’est plus gros son à l’Américaine, des progs modernes. C’est pour ça qu’on est aller chez lui.

W : Matthieu, tu es le dernier arrivé. Peux-tu nous expliquer comment ça s’est passé ?

Matthieu : Au début … Très mal ! Non je rigole. Il y a eu deux auditions, c’était horrible. On a fait des pures dates dès les débuts donc moi j’étais très content. Mais l’intégration a été plutôt délicate, surtout vis a vis du public. Parfois je me faisais un petit peu humilier sur scène avec Ultra et maintenant on joue toujours cette carte de l’humiliation mais ça marche mieux. À l’époque comme j’étais le petit nouveau, je prenais cher de la part du public sur les réseaux sociaux.

Nicolas : Tu vois même sur l’album, c’est cool. Les mecs, ils ont des pseudos : Fetus, Manard et Flockos. Mais là, on a trouvé ça trop drôle de mettre Matthieu Bausson. Nom et prénom. C’est énorme !

Matthieu : Et  » Basse … »

W : Sur le visuel tu es le seul à être plus petit que le rond noir !

Nicolas : Sur la pochette c’est le mec qui s’accroche au tank, j’en suis pas peu fier. Le gars vraiment fragile. C’est quand même chaud pour sa gueule !

Ultra-Vomit-Panzer-Surprise
Pochette « PANZER SURPRISE ! »

Matthieu : Sur la tournée, c’était moins flagrant que ça. Au sein du groupe, ça se passait bien. Mais c’est une carte que l’on joue de moins en moins.

W : Et donc tu as passé un entretien d’embauche ?

Matthieu : Ouais ! En fait j’avais un groupe avec MANARD. Il n’y est plus mais moi j’y joue toujours avec Andreas. Ça s’appelle Rage Against The Peppers. C’est comme ça que j’ai connu les gars d’Ultra et après j’ai fait les deux auditions.

Nicolas : A la base, on était prêt à signer presque à l’aveugle avec un autre bassiste. Et du coup on est super content du choix. Ça s’est avéré …

W : Efficace !

Nicolas : Ouai ! voilà ! Je voulais revenir sur le bolossage. Flockos quand il est arrivé dans le groupe, aujourd’hui ça ne viendrait même pas à l’idée, mais il se faisait sur-humilier. Il avait des dreads et tout. Ce n’est pas qu’à cause des dreads mais … Il y avait une photo de presse énorme, du pur Manard Photoshop.

manard photoshop
MANARD Photoshop !

Nicolas : Tu vois, je vais sur le site officiel d’Ultra Vomit et je trouve que c’est un coup de maître. On a réussi à jamais mettre à jour le site et ça me ferait presque chier qu’il y ait un vrai site. Moi je trouve ça énorme que la dernière news soit quand FLOCKOS est arrivé dans le groupe, genre en 2006.

W : Par habitude, dans les interviews, je demande le pire et le meilleur souvenir.

Nicolas : Pour moi c’est le Hellfest et le Hellfest. On avait hyper mal joué la première fois avec la pression, mais, au final, j’avais assez vite relativisé … Dans l’aprèm avec des bières par exemple.

(Rires)

Non mais c’est quand même énorme de jouer les morceaux dix fois plus vite. Il y a tellement de groupes aujourd’hui qui jouent avec des séquences. La plupart des groupes pros, ils font ça. Les lives ils se ressemblent tous et tu sais que quand tu vas les voir, tu auras une qualité minimale. Tu vois même pas quand les mecs ne sont pas en forme. C’est pour ça qu’aujourd’hui je me dis que ce concert, il est marqué dans le temps. Il est unique.

W : Comme tu dis, c’est toujours « agréable » de savoir que les groupes peuvent avoir la pression. Ça les rend plus abordables.

Nicolas : Tu viens voir des gens pas des machines ou des vidéos Youtube. Quoique ça ne marche pas ce que je dis, vu que c’est des humains à travers écrans. (rires) C’est bizarre ce que je dis ! Bref c’est bien d’avoir la surprise comme avec des groupes comme NOFX. Bon certes la drogue doit aider, mais ça reste le groupe que j’ai le plus aimé regarder.

Je suis sortie de la question…

Meilleur souvenir donc : Hellfest. Le pire souvenir c’est un retour de concert, mais c’était quand même marrant. On a mis 36 heures pour faire Valencienne – Nantes. On s’est retrouvé dans la neige, on a pété l’embrayage etc …

Matthieu : Moi je n’ai que des bons souvenirs. Il y a eu des concerts compliqués, mais c’était de ma faute. Trop fait la fête …

Nicolas : Après on avait fait une date aux Tanneries à Dijon où il faisait hyper froid ! On se serait cru en Sibérie. Du coup pour se réchauffer, on s’est dit que l’on essaierait bien de se mettre une race… Comme eux dans leur pays. Dans la vie, il faut essayer des choses. On a fait un concert tout pourri, on faisait des pains partout… Mais ça reste une bonne expérience. Je pourrais plus te répondre pour Andréas & Nicolas. J’ai quelques concerts bien compliqués avec des gens tout bourrés devant toi. Ceux-là je les ai bien en tête. Mais avec Ultra, ça va. On écrase les gens avec le son. C’est vrai ! Tu arrives et Boom ! Allez t’as Gueule ! Alors qu’avec Andréas et Nicolas quand ta des boulets qui te gueulent dessus, tu ne vas pas faire « j’aimerais tant pouponner un ours … » t’arrives pas à les écraser avec le son. Ça ne suffit pas. (rires)

Matthieu : Sans déconner, le non-respect ! (rires)

Nicolas : Avec Ultra c’est comme une pâte de brachiosaure qui vient t’éclater. C’est l’avantage.

W : Et il n’y a jamais eu de salle bien pourrie comme on peut avoir quand on débute ?

Nicolas : Mais si bien sûr. En sortant du Hellfest avec Manard on se remémorait le passé. On se disait que le chemin parcouru avait été long, ça ne s’est pas fait en deux jours mais il y a eu une sacré évolution. On se rappelait du troisième concert que l’on avait fait au Calysto, une sorte de boîte à Nantes. Une boîte dégoûtante ! On a joué là-dedans devant 4 ou 5 personnes. Du coup on a joué pour le groupe qui était avec nous. Mais c’était horrible parce que dès le début d’ Ultra Vomit, j’ai compris que le côté participatif allait être intéressant. Et là, tu ne peux pas. Donc tu joues, tu annonces tes morceaux. « Hey ! Le prochain morceau c’est Poil Pubien ! » Et tu prends un four…

Matthieu : Après ça dépend. Avec RATP, on a fait des concerts devant 15 personnes et c’était énorme. Mieux que le Hellfest ! (rire)

Nicolas : Justin(e), ils ont réussi à faire un -2. Ils jouaient dans un bar avec 2 vieux mecs qui se sont barrés quand ils ont commencé à jouer. C’est énorme !

Matthieu : Mais ils ont fait quand même 700 balles de merch’ ! (rires)

W : Petite question hors Ultra vomit. Andreas & Nicolas, ça tourne encore ?

Nicolas : Non, en fait pendant un temps j’ai essayé de faire les deux en même temps. Et l’on savait qu’avec Ultra Vomit, ça aller tourner vraiment beaucoup. Pour moi ce n’est pas possible parce qu’avec Andreas, on se prend vachement la tête sur les sets et pour moi ce n’est pas conciliable. Je préfère faire les choses dans l’ordre. Et du coup je pense qu’on recommencera à composer tranquillement. De toute façon Andreas, il bosse avec nous. Il s’occupe du merch’, des clips. Il est à fond dedans. Il nous a mis un coup de pied au cul. On a longtemps eu une gêne dans Ultra. Il y avait Andreas qui a du talent et tout … La prophétie de Manard qui disait que Andreas allait rejoindre le groupe carrément ! Moi j’étais partagé. Pour moi c’était deux choses distinctes, mais il a trouvé sa place. Nous on est des branleurs, on ne met pas à jour notre site pendant douze ans. Dans le fond on est des flemmards. Lui il nous dit : « Il faut le faire ». Il nous a dit : « Pour la sortie de l’album, il vous faut un clip. C’est cette chanson ! ». C’est presque un directeur artistique, même plus que ça. C’est plus large, il s’occupe de tout. Il a eu un méga impact sur Kammthaar par exemple.

andréas et nicolas
ANDREAS & NICOLAS – Singes du Futur

W : Il a le regard extérieur nécessaire au groupe en fait.

Nicolas : Ouais il est hyper précieux. Pour moi il y a eu trois trucs. L’album, le Hellfest et la sortie du clip. Et ça marche ! C’est stratégique.

W : Les gens sont habitués, en plus, à fonctionner comme ça. Album et clip.

Nicolas : On a pris notre temps pour les clips ça s’est fait en trois mois, un truc comme ça.

Matthieu : Ça a été vite je trouve, il y avait toujours quelque chose à faire.

Nicolas : Ouais mais sur la tournée d’Objectif Thunes, les gars nous avaient dit qu’il fallait battre le fer tant qu’il était encore chaud, d’ici 1 an et demi ou 2 ans, sinon on allait nous oublier. Ce qui est logique Moi ça m’est toujours passé au-dessus de la tête. Je me disais qu’on sortirait quelque chose quand on aurait quelque chose.

W : En même temps ça permet de créer une certaine attente.

Nicolas : Oui et puis les gens si tu fais un truc bien, c’est bien si ce n’est pas bien, c’est pas bien ! Si c’est bien, les gens vont suivre. C’est ce que je me disais, toujours avec un petit doute, parce que quand tu reviens 9 ans après, parce que c’est le cas, c’est un peu la flippe. Mais bon, au fond, je suis convaincu que si tu fais les choses de manière honnête, ça fonctionne.

Matthieu : Si on avait sorti un album de feignasses 3 ans après, ça aurait été compliqué.

Nicolas : Mais on a trop d’exemple autour de nous. Ça sert à rien de trop calculer. Regarde Nirvana ! Je ne suis pas trop de l’école Iron Maiden où tu te dis : « Et au fait le quatorzième, il est comment ? ».

Complètement d’accord ! À la fin, le but, c’est de faire le dessin qu’il y a sur le dos des cd !

Nicolas : Ouais ! Pour moi ça, c’est important. Et puis il y a la flemme aussi. J’y mets tellement d’énergie que quand on sort de studio je dis : « Pas un autre album avant 3 – 4 ans s’il vous plait ! ».

Donc tu es forcément plus live que studio.

Nicolas : Euh … Oui.

Matthieu : Après ça reste une bonne expérience quand même. C’est plutôt le côté composition.

Nicolas : Le studio tu te dis que ça reste gravé alors que le live … Tu parlais tout à l’heure de filmer les concerts. On va filmer à l’Olympia par exemple. Je suis plutôt quelqu’un de bordélique, mais quand ça reste gravé, j’ai le cerveau qui switch. Je vais me branler sur la moindre harmonie.

W : C’est marrant parce que sur scène vous êtes plutôt très extravertis. C’est vannes sur vannes. Alors qu’ici vous êtes super calmes.

Nicolas : Bah moi ça a toujours été. Les gens qui me connaissent depuis longtemps, collège lycée, ils hallucinent de me voir sur scène. J’ai travaillé ma timidité grâce à ça. À la base, à l’école, c’était mort. J’essayais d’être le plus neutre possible. J’étais ni celui qui bolosse ni celui qui se faisait bolosser. Je faisais en sorte d’être vraiment au milieu.

Matthieu : Spectateur quoi ! Moi je dis moins de trucs sur scène

Nicolas : Là, tu parles d’Ultra. Mais tu as un autre groupe où tu es vachement plus en avant.

Matthieu : Ouais mais j’ai du mal à parler dans le micro, t’inquiètes !

W : Sans parler dans le micro, tu es quand même ultra-présent sur scène.

Matthieu : Je joue surtout sur l’aspect fassiessal … Non ça ne se dit pas ? Avec les gueules ou les danses et tout . Moi, ça me fait marrer.

W : Ce qui m’a fait connaître ULTRA VOMIT, c’est le live a Goéland. Vous avez des nouvelles de Kevin ?

Nicolas : C’est qui ? C’est le mec dans le quiz ?

W : C’est celui qui monte sur scène et qui se fait pourrir en se prenant Pov’ Connard dans les dents !

Nicolas : Ah oui ! Après, ça, on le fait tout le temps. Bon bah lui il s’est fait humilier de manière plus virulente parce que ça a été vu par plusieurs milliers de personnes. D’ailleurs le mec de l’Olympia il va bien se faire bolosser , ça c’est sûr. Il faudra bien le choisir celui-là.

Matthieu : Faudrait limite le choisir à l’avance !

Nicolas : Après, lui, j’ai pas trop de souvenirs, mais ça s’est bien passé. Par contre j’ai un souvenir d’une fois en région parisienne où c’était chaud. On regarde dans le public pour choisir et on voit un mec tout timide qui lève la main et au moment où je le regarde, il la baisse genre « c’est chaud ! ». Forcement mec, c’est sûr, c’est toi ! Il se fait pousser par ses potes alors il y va. Mais sur scène le micro, il tremble à fond. Il le tient à 15 mètres et puis tu sens, il n’y a aucun son qui sort. Et le mec, on lui demande ce qu’il veut chanter. Il avait un super T-shirt Je Collectionne Les Canards. Alors il dit Je Collectionne Les Canards. Ok ! Super ! C’est parti ! Et on se met à jouer un autre morceau qui n’a rien a voir !

(rire)

Nicolas : Et le mec, il ne reconnaît pas ! Il marmonne. Il se faisait humilier !

(rire)

Nicolas : Au bout de 30 secondes, je dis stop arrêtez ! Tout le monde le hue ! À ce moment, c’était chaud. Il était dans la difficulté et il se faisait humilier. Du coup je le rassure : « Nickel mec ! Ça s’est bien passé ! ». Et j’ai appris qu’il y avait plein de monde de son lycée et que ça avait fait le tour des réseaux sociaux. Et que de mec fragile c’est passé à pov’ connard. Il se faisait vraiment bolosser avec ça. Il avait créé un groupe pov’connard pour machin.

Matthieu : Ah ouais !?

Nicolas : Jusqu’au jour où le directeur a contacté notre tourneur pour expliquer que c’était chaud. Qu’il y avait un élève qui se faisait bolosser.

Matthieu : Qui se fait bolosser, plutôt décontracté le directeur !

Nicolas : « Si vous pouviez intervenir … ». Et du coup on n’est pas intervenu, vu qu’on met du temps à faire les trucs et du coup, le gars s’est suicidé …

Matthieu : NOOOOON ! Non mais là c’est horrible !

(rires)

Nicolas : Non, en gros Manard est intervenu. Il a mis un mot mais tout ça pour dire que c’était chaud. Ça pouvait être tendu quelquefois.

Matthieu : Tout est parti de toi et de cette main furtive !

Nicolas : Une bonne main molle ! (rire) Non mais tu n’as pas envie, tu dis non. Lui, il a hésité ! (rires)

W : En parlant d’humiliation, apparemment on est lancé, c’est avec Andréas que tu as fait Poussin Agression. Juste pour te dire que je m’en remets toujours pas …

Nicolas : Ouais c’est trop bien ! Tu connais ?

Matthieu : Non c’est quoi ?

Nicolas : Oh ! C’est à voir !

W : Est ce qu’il y a une suite de prévue à Poussin Agression ?

Nicolas : Ce soir !

Matthieu : Ce soir ?

Nicolas : Ce soir projection sur grand écran de Poussin Agression ! Non mais c’était hyper spontané, plus que ça, tu ne peux pas. Mais au fur et à mesure des épisodes, je commençais à que sentir … (rires) à sentir que ça devenait un petit peu … fallait réfléchir au scénario et tout. Je ne veux pas dire qu’on s’est arrêté au bon moment parce que des scénarios sympas j’en ai plein. Surtout que c’est filmé au portable !

W : On s’attache tellement à Poussin !

Nicolas : Il est magnifique. Je suis quasi sûr qu’il va revenir sur le devant de la scène. « Oh Nicolas j’ai une vue imprenable sure … Oh je les aperçois, ils sont magnifiques»

[ ! ! ! PAUSE ! ! ! ]

A cet instant, un rêve s’est réalisé. Poussin en direct live !

Revenons à l’interview !

Nicolas : Le cri ! Il est hyper malsain. On l’a filmé tout pété en plus !

Matthieu : Comme « Bonsoir Monsieur ».

Nicolas : Tu connais ?

W : Non ça ne me dit rien.

Matthieu : C’est du pur David Lynch !

Nicolas : C’est un film d’horreur qu’on a fait. Il dure 6 ou 7 épisodes. C’est pareil, c’est complètement cinglé, on filme au portable. Et c’est là qu’on s’est rendu compte avec Andreas de l’importance, et tant que tu n’as pas fait l’expérience toi-même, tu ne t’en rends pas compte, de l’importance du son et de la musique dans un film. Par un son sur une image la plus jolie possible, tu sous-entends qu’il va se passer un truc horrible. Et c’est ultra important ! tu mets une petite fille dans un champ en train de cueillir des pâquerettes avec un son de basse, tu te dis c’est sûr elle va se faire enlever par des aliens.

« Bonsoir Monsieur ma porte est bloquée, bonsoir Monsieur ma porte est coincée. » (rires) Mais la plupart des gens ne sont pas prêts pour ça.

Matthieu : J’étais broyé de rire, mais il fallait m’expliquer. Je les connais donc ça aide.

Nicolas : Il faut que je raconte quelque chose. Il y a quelque temps place du commerce, il y a un petit gars qui s’approche et qui me dit : « Excusez- moi, vous êtes Nicolas de Poussin Agression ? ». Alors je fais ouais ! Je me marre c’est une super approche. Il m’a broyé. Je commence à parler un peu avec lui et je lui demande si il vient nous voir dans deux semaines au Ferrailleur. Il fait : « De quoi quel concert ? ». Andreas et Nicolas et Ultra Vomit tu connais ? Il ne connaissait que Poussin Agression et je me suis dit : «  Si tu peux être reconnu juste pour ça, c’est balaise ! ».

(rires)

 W : Merci à vous deux pour votre temps et, je l’espère, à très bientôt !

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Love in Pub !

[L’entretien ayant duré un certain temps, l’interview express d’ULTRA VOMIT fera l’objet d’un prochain article de votre humble serviteur ! Alors patience !]

Un rendez-vous mémorable qui est à graver dans les annales de WEIRDSOUND.NET (il  n’y a rien de sexuel pour tous les déviants qui se posaient la question !).

Vous pourrez donc slamer comme des canards sans ailes devant ULTRA VOMIT aux NUITS DE L’ERDRE le 29 juin prochain ainsi qu’au MOTOCULTOR FESTIVAL le 18 Août et à l’OLYMPIA le 13 octobre !

L’ Interview Express d’ Ultra Vomit très prochainement !

uv tournée
Dates à retenir d’urgence !

ultra-vomit.com

ultravomitofficiel

lanuitdelerdre.fr

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