Old Caltone : prince des ténèbres!

Bela Lugosi dans Le Mystère de Dracula (1931) Bela Lugosi dans Le Mystère de Dracula (1931)

Un matin dans ma boite aux lettres, je découvre un pli cartonné, contenant visiblement un CD…jusque là rien de bien anormal me direz vous! J’ouvre l’enveloppe et je tombe sur la pochette de l’album de Old Caltone : Final Horror. Juste après le petit déjeuner, vers 14h, ça peut surprendre, jugez par vous mêmes :

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Old Caltone – Pochette de Final Horror (2018) : Tu t’es vu quand t’as bu?

Qui s’amuse à mettre ce genre de saloperie  artwork dans ma boite aux lettres? Old Caltone serait il un groupe crypto post vomito punk? (Ne vous précipitez pas sur Wikipédia, je viens d’inventer cette catégorie). Et bien non! Après quelques menues recherches, j’ai découvert qu’il s’agissait du projet parallèle du fondateur du groupe français Talisco, aka Jérôme Amandi. Nous voilà rassurés! Nous l’avons vu sur scène au festival des Escales de Saint Nazaire l’année dernière, où il était alors en pleine tournée suite à la sortie de son second album, Capitol Vision. L’énergie du leader de Talisco nous avait alors séduit!

Mais pourquoi cet alias, Old Caltone, et ce titre, Final Horror? Quelques explications s’imposent…Jérôme Amandi est un grand admirateur des films d’horreur des mythiques studios anglais de la Hammer, et plus particulièrement des péloches portant sur le personnage de Dracula (d’où la sympathique photo de Bela Lugosi en intro de cet article).  Pour sa part, le pseudo de Old Caltone provient du nom d’un vieux cimetière de Edimbourg en Écosse. J’espère que comme moi, votre niveau d’attention est grimpé de 300% : Hammer, Dracula, cimetière et musique : ça s’annonce bien cette affaire!

Final Horror est une mixtape, entièrement imaginée et supervisée par Jérôme Amandi, ce dernier allant cherchant son inspiration dans différentes bandes de films de science fiction et d’horreur. Il faut donc envisager ce Final Horror comme une sorte de BO imaginaire d’un film portant sur le plus célèbre des vampires… Dès les premières minutes, j’ai pensé à certains de mes groupes favoris, ayant déjà versé dans l’usage de sample issus de films de Georges Romero et autres classiques de l’horreur : Gorillaz, The Misfits, Rob Zombie…Auxquels on pourrait adjoindre le punk Jamie Reid ainsi que les groupes gravitant autour de la mouvance batcave. Alors? Vaste blague? Parodie? Album génial? On en discute juste en dessous.

Final Horror : un album monstrueusement jouissif!

L’album commence sur une courte intro , dont l’orgue ne sera pas sans rappeler les nuits passées sur les chaines du câble à regarder de la série B, ou les mythiques Contes de la Crypte…

Le premier morceau débute, Mr.D. Dès les premiers instants, une rythmique soutenue s’installe, vous forçant à bouger vos gambettes de manière incontrôlée! Ça sonne très électro sinon, La restitution est super bien sur mes enceintes de salon (dixit ma voisine qui a du l’entendre 15 fois) : on a envie de danser comme des petits fous!

The Creator (From Jack) déboule, avec un sample de Dracula savoureux sur les premières secondes (voix de Christopher Lee il me semble). Nosferatu prend cependant le chemin du dancefloor et on y suit le prince des ténèbres avec grand plaisir. Sur ce début d’album, les sonorités électro, à la limite de l’esthétique rave, sont vraiment plaisantes : elles vont directement trouver leurs places dans mes playlists pour les soirées estivales à venir…

Le clip de The Creator (from Jack)

Changement d’ambiance avec le morceau suivant, Two Devils. Toujours électro, mais marié avec un brin de hip hop / trip hop, vraiment intéressant. Nous serions tentés de faire un rapprochement avec certaines productions de Gorillaz, une inspiration éventuelle pour le travail de Jérôme Amandi sur cette mixtape? Le titre suivant, Calm, n’a jamais aussi bien porté son nom! Un morceau planant, sans pour autant être endormant!

le clip vidéo du titre Two Devils

On passe à In The Beginning! Ambiance posée, quelques notes de piano et arrangements aériens…C’est assez amusant, la première comparaison qui m’est venue à l’esprit, c’est avec EELS, et la voix de Mark O Everett…C’est un beau morceau en tout cas!

Petit interlude trente secondes avec Into The Garden. Nuland s’annonce avec une rythmique et un sample très 8 bits old school. Là encore on se fait surprendre! L’avant dernier morceau de ce Final Horror, The Beast se présente. Un excellent morceau, à mi chemin entre Woodkid et Gorillaz.

Le dernier titre, Final Horror (from Mr.Shadow) est là encore une petite merveille. Le morceau fait un peu plus de 6 minutes, un épilogue où on se laisse gentiment bercer, sans user de paroles inutiles.

Verdict : Avec Old Caltone, rejoignez l’armée des morts dansants!

Ce Final Horror est une excellente découverte! Bien loin des sonorités, plus grand public, de Talisco, Jérôme Amandi nous offre une petite pépite de son DIY. Do It Yourself parce que réalisé entièrement par ses petites mains, mais il ne faudrait pas omettre pour autant la qualité de la production de ce Final Horror. Toute l’alchimie de l’album tient d’ailleurs là dessus : Une inspiration musicale totalement décalée, servi par une production et une qualité sonore de très grande classe. Se rajoute à cela l’impression d’un hommage sincère, à un genre cinématographique que personnellement j’adore…Oui je l’adore! (mon amour, mon trésor, Pauline Ester sors de ma tête!). En définitive, je ne peux que vous conseiller de prendre une heure de votre vie pour découvrir ce Final Horror, un des albums les plus intéressant que j’ai eu entre les mains cette année!

 LIENS :

L’album à écouter en ligne : https://www.deezer.com/fr/album/62824102

Le label Roy Music : http://www.roymusic.com/old-caltone/