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Golden Hours: une alchimie musicale réussie

Golden Hours: une alchimie musicale réussie

Les Golden Hours sont, pour les photographes, les moments de lumière magique qui accompagnent le lever ou le coucher du soleil. C’est aussi un titre de Brian Eno (de 1975) et surtout, aujourd’hui, un « super » groupe qui sort son premier album éponyme sur le label Fuzz. Le terme de « super groupe » est souvent utilisé lorsque ses membres -ici les quatre-viennent de groupes différents pour en former un nouveau. Golden Hours nous propose ainsi un très beau premier album, fruit d’une alchimie musicale réussie.

Golden Hours: entre Grèce… Belgique et Berlin

Titre ouvrant l’album éponyme de Golden Hours

En Février, en vous présentant le titre Dead On extrait de l’album, nous vous rappelions que le groupe était né d’une aventure grecque de deux de ses-futurs-membres. On vous en dit un peu plus aujourd’hui. Lors de l’été 2021, le guitariste Rodrigo Fuentealba (Palavicino), chilien arrivé en Belgique à l’âge de 2 ans, joue alors avec The Fuzztones. Il retrouve dans le même van sur une route grecque Tobias Humble (batteur de Gang Of Four) alors que leurs groupes respectifs jouent ensemble dans les mêmes clubs et festivals cette semaine là. Tobias Humble nous raconte la suite: « Rodrigo et moi nous sommes d’abord rencontrés à l’arrière d’une camionnette, en route vers Athènes, tous les deux avec la gueule de bois et en sueur, nous distrayant du voyage périlleux en aboyant des noms d’influences EBM et post-punk pendant que nos compagnons de voyage faisaient de leur mieux pour empêcher le chauffeur de transformer notre trajet en une tragédie grecque pour les siècles à venir. » Lorsque la navette s’est arrêtée à l’hôtel, au son des pneus qui crissent et des passagers soulagés, le groupe Golden Hours était déjà bien ébauché!

Il faut aussi, bien sûr, maintenant trouver d’autres compagnons de route pour continuer l’aventure musicale. C’est Rodrigo Fuentealba qui va vite se charger d’embaucher deux acolytes.

« Nous avions prévu de nous retrouver à Berlin, où j’avais pris contact avec Hàkon (Adalsteinsson, ndlr), étant fan de son travail avec The Third Sound et Brian Jonestown Massacre, et Wim (Janssens, ndlr), que je connaissais de Bruxelles et appréciant son travail avec Joy Wellboy et Tricky. À Berlin, nous avons eu trois répétitions bruyantes, travaillant sur des morceaux en vrac, parfois interrompues par une cigarette silencieuse, un verre et quelques sourires. Un studio a ensuite été réservé et, pendant deux jours, cinq chansons ont été enregistrées clandestinement dans un endroit secret de Berlin – le groupe ajustant sa dynamique pour éviter les yeux aiguisés de la Polizei errant dans les rues à l’extérieur » raconte Rodrigo avec un brin d’humour.

Fin Octobre 2021, Rodrigo Fuentealba est invité à l’édition de Desertfest à Gand(Gent en flamand!). Un festival à dominante rock psyché et stoner -mais pas que-où Golden Hours va faire ses premiers pas sur scène. Le groupe va ensuite passer 5 jours dans la salle du Balzaal Vooruit à écrire, répéter et poursuivre la belle aventure musicale. De retour à Berlin, le reste de l’album a été enregistré au cours d’une autre session de deux jours, Wim se chargeant du mixage. « Wim est l’alchimiste sonore du groupe« , explique Tobias, « il a travaillé pendant ce qui lui a semblé être des lustres, fusionnant les désirs inébranlables et souvent contradictoires des membres du groupe en un être complet qui ferait frémir un Shelley« .

Golden Hours: une alchimie musicale réussie!

Instrumental au parfum de Space Rock Motorik hypnotique

Wim Janssens fut l’alchimiste sonore du groupe… tant mieux! Cela va nous éviter de tomber dans une étiquette trop restrictive-comme souvent- et qui énerve de plus en plus tout le monde! Bon, j’ai vu plusieurs fois The Brian Jonestown Massacre, y compris avec Hakon Adalsteinsson à la guitare et revu Hakon avec The Third Sound pour un concert superbe. Quand, de plus, on est sur le label Fuzz, on s’attend à une dominante rock pysché mais celle ci va souvent nous surprendre en étant Dark mais parfois même presque dansante. Laissons d’ailleurs la parole à Wim Janssens: « Les antécédents musicaux de chaque membre sont assez larges, mais d’une manière ou d’une autre, quand nous venons ensemble, il y a une définition assez claire de ce à quoi notre musique devrait ressembler. Il y a une belle friction entre le bruit que nous produisons et l’amour de la mélodie qui semble nous dépasser au bon moment« .

C’est d’ailleurs aussi l’occasion de rappeler un fondamental qui a prévalu pour toute la construction de l’album. « Dans un accord silencieux, chaque idée est testée et sera ensuite développée en une chanson ou ignorée en un clin d’œil. Aucun temps n’est perdu. Tout se passe assez automatiquement. » précise Wim.

L’album s’ouvre sur Come And Find Me. C’est un des premiers titres du groupe, bruitiste, sombre et mélodique à la fois. Wim Janssens nous éclaire: « une basse implacable rappelle le fantôme de The Birthday Party (Groupe australien de la fin des 70’s début 80’s, ndlr), la batterie maintient un rythme violent et avance de manière urgente comme un colosse nihiliste, tenant une torche enflammée, à la recherche d’un endroit où dormir. Les guitares s’ouvrent comme un vortex et aspirent l’air de la pièce, tandis que le chanteur vous exhorte à venir le rejoindre sur son lit de mort. Ce sont les vibrations d’un dimanche après-midi en enfer. Un hit sur n’importe quelle station de radio adoratrice du diable ».

Alternance d’instrumentaux et de titres chantés.

Un de mes trois titres préférés

Drone Club est un instrumental pouvant être…dansé. The Forgotten One est plus mélodique et va ravir tous les amateurs du genre. Les solos de guitare de la fin du titre le rendent cependant péchu. Japan On My Mind est superbe-et un de mes titres préférés. Titre plus lent, notes de claviers entêtantes. On retrouve un instrumental avec le rapide Run Man Run. Très beau mélange de Rock et de rythmes motorik pour un titre torturé et presque anxiogène. On peut le comprendre quand on écoute Wim Janssens :  » Vous entendez des voix quand il n’y a personne autour de vous, des rumeurs et des chuchotements encapsulent votre esprit déjà tordu ? Alors celui-ci est pour vous ! Courez ou faites-vous mordre par un chien à six bras et trois têtes qui joue du saxophone, frappe la batterie et gratte la guitare comme un chien de chasse de l’enfer, s’attaquant à votre âme mesquine. Que la guérison commence, qu’elle me submerge, impitoyable vague de bruit ».

La deuxième partie de l’album est tout aussi brillante. Calling Me Home est bien dans la veine de The BJM et The Third Sound et ne peut que plaire notamment aux fans de ces deux groupes. Dead On, titre de plus de 6 minutes est un petit bijou saupoudré de guitares fuzz hypnotiques. Il s’achève par quelques sifflotements morriconiens. Not Enough poursuit, de façon instrumentale et rapide, cette trame musicale sonore quasi cinématographique. Keep On Dreaming posssède une longue intro instrumentale rythmée par la batterie et une belle basse et quelques éclats de guitare. Au bout de 2 minutes, une voix sepulcrale vient s’incruster dans le morceau avant que des effets de reverb de guitare nous embarquent dans une atmosphère plus rock psyché….. »Keep on Dreaming« ….

Golden Hours pochette de l'album 2023
Golden Hours pochette de l’album 2023

https://fuzzclub.com/

https://goldenhours1.bandcamp.com/album/golden-hours

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