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Clinic: Fantasy Island au parfum electro tropical

Clinic sort, ce Vendredi, son 9ème album studio, Fantasy Island, toujours sur le label Domino. Formé à Liverpool en 1997, le quatuor est devenu un duo après leur dernier album, Wheeltappers & Shunters en 2019. Fantasy Island signe donc un nouveau départ pour un duo qui fait preuve toujours d’originalité.

Fantasy Island, nouveau départ pour Clinic, devenu duo.

Fine Dining, une des nombreuses perles de Fantasy Island

En 2019, Clinic sort son 8ème album, Wheeltappers And Shunters, opus séduisant que nous avions chroniqué. Vingt ans après son premier album, le groupe-constitué toujours de ses 4 membres fondateurs, emprunte alors le titre de son album à une émission de variété des années 70. L’album se voulait « une vision satirique de la culture britannique, haute comme populaire » explique alors Ade Blackburn, frontman et multi-instrumentiste, tout en dénonçant « le côté sombre et pervers « de cette époque pré-Thatcher et de la « culture dominante »

Ok….le titre du nouvel album, Fantasy Island, est aussi emprunté à une série américaine diffusée entre 1977 et 1984. Le groupe qui entre en studio lors de l’été 2019 devient un duo. Ade Blackburn et Jonathan Hartley sont les survivants de Clinic et le ton se veut différent de l’album précédent. Au delà du titre, le mode « disco-funk » revendiqué veut nous transporter dans des climats tropicaux plus ensoleillés , à l’image du titre On The Other Side.

Jonathan Hartley tient à le préciser: « Clinic regarde vers un avenir meilleur….Fantasy Island est un album très positif, il s’agit plus de ce que vous pouvez faire que d’être défaitiste« . Il ajoute aussi: « Il s’agit de regarder l’avenir et les différents scenarii qui peuvent se dérouler« . L’enregistrement de l’album se voulait plus « global, international et tourné vers l’extérieur ».

Clinic: les ingrédients de Fantasy Island

Fantasy Island, titre éponyme de l’album de Clinic

Si l’album a été enregistré en été, dans un studio du Merseyside, cela peut expliquer aussi partiellement les bonnes vibrations groovy. Tous les titres bénéficient d’une énergie où de nouvelles influences se font aussi sentir.

Tout d’abord des références littéraires, revendiquées par le duo, notamment l’ouvrage Message et Massage de Marshall Mc Luhan (1968) et Les Mondes Futurs de H.G Wells. Il cite aussi le roman de Richard Brautigan Retombée de Sombrero : un Roman japonais où se mêlent délire, désespoir et humour. Les Thèmes ainsi abordés par Fantasy Island sont le temps, la musique et le divertissement.

Sur le plan musical, Clinic a visiblement goûté au disco-funk, élargissant ainsi sa palette sonore. On trouve une machine « electronic acid bass », un clavier « Cocktail Rythm » des années 70, un cor numérique Casio et une batterie spatiale. Ce nouveau matériel est notamment utilisé dans la pièce maitresse de l’album, Refractions in The Rain. Le duo nous invite alors à « Nous lâcher ce soir, avec le nouveau shebang electro-rockabilly de Clinic« ! Bon! Voilà pour l’étiquette musicale proposée !

En vrac , Clinic cite Fun Boy Three, le groupe formé par 3 ex Specials entre 1981 et 83, Kid Creole & The Coconuts, les mixtapes italiens de cosmic disco, le Memphis Jug Band des années 30 et le vieux blues ; Il ne faut pas oublier non plus, comme depuis le premier album de Clinic, la synth-pop des années 80.

Fantasy Island, un kaleidoscope musical décalé

Refractions (in the Rain), la pièce maîtresse du nouvel album de Clinic

Le nouvel album de Clinic est un vrai régal avec 12 titres sans faiblesse. Ils nous embarquent dans un voyage ensoleillé, décalé et délicieusement parfumé des influences musicales précitées ; Les trois premiers titres sont courts (moins de 3 minutes) comme souvent chez Clinic. La voix d’Ade Blackburn et les instruments aux sonorités parfaitement distillées en font déjà des titres séduisants. Vient alors Refractions (in the Rain), le gros morceau (plus de 5 minutes, un exploit !) mais quel délice ! On retrouve un clin d’œil à Human League avec de belles lignes de synthés.

Petite pause cool un brin Rock psyché avec Dreams Come True. Les rêves peuvent devenir réalité, l’optimisme est de rigueur juste avant… Miracles ! On The Other Side, qui ouvre la deuxième face du vinyle, nous replonge dans l’atmosphère cotonneuse envoûtante…un saxo et un peu/beaucoup de reverb pour nous emmener très loin. On est déjà sur l’île de la Fantaisie, perdus au cœur du Pacifique et c’est d’ailleurs le titre éponyme qui suit.

La très belle Cover du titre d’Ann Peebles

On ne s’attendait pas forcément à la reprise du standard d’Ann Peebles I Can’t Stand The Rain, en 1973. Si j’avais adoré la reprise de Tina Turner en 1984, celle ci est plus décalée et demeure excellente ! Une audace et une vraie réussite ! Les trois derniers titres ne dérogent pas au reste de l’album ; on est plutôt sur un down-tempo cher aux groupes des 90’s avec Feelings. Dans Hocus Pocus, on attend la guitare de Fripp. Grand Finale maintient la touche tropicale hawaïenne. Guitares, claviers et échos sont au service d’une voix qui murmure autant qu’elle chante.

Epilogue: un album cohérent!

Clinic duo toujours masqué pour Fantasy Island
Clinic duo toujours masqué pour Fantasy Island au parfum tropical

Peu importe l’étiquette de la nouvelle voie -electro pop disco funk- suivie par Clinic. L’album Fantasy Island, aux influences disparates, n’en demeure pas moins un album très cohérent ; le mixage de Claudius Mittendorfer y est aussi peut-être pour quelque chose. Il a travaillé avec Parquet Courts, Interpol, Temples mais aussi….. Panic! At The Disco…

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