Cat Power: « wanderer », le sublime retour de la vagabonde

Cat Power "Wanderer"...ma version deluxe reçue hier! Cat Power "Wanderer"...ma version deluxe reçue hier!

J’ai découvert Cat Power en 1996 avec l’album « What would the community think« , album que m’avait offert mon ami L.M qui travaillait alors avec Matador Records qui venait de signer la chanteuse pour son 3ème opus. Chan Marshall aka Cat Power avait alors 24 ans et révélait son songwriting brillant marqué parfois par le désespoir (« In this hole« ) qui m’avait alors déjà séduit. Depuis 22 ans, cet album entre rock indé et folk rock, je l’ai suivie , avec des intermittences, je l’avoue, dans la séduction, davantage déçu par les albums après  » The Greatest » (2006) que j’avais encore alors acheté.

« In this hole » 1er titre de l’album de 1996 « What would the community think« .

 

Aujourd’hui, 5 Octobre, jour de parution de ce 10ème album, « Wanderer » (chez Domino), Cat Power devrait réconcilier tout le monde et surtout les amoureux de la 1ère décennie discographique. Depuis 2012 et le décevant (pour moi!) « Sun » qui l’avait aussi épuisée, 6 ans se sont écoulés: Cat Power semble avoir retrouver une certaine « sérénité » (est ce le mot qui convient?)   après avoir soigné son burn out, son œdème puis en ayant un fils et en reprenant, enfin, son piano et sa guitare car le label Matador venait de lui rappeler qu’elle lui devait encore un album. Entre 2015 et 2017, Cat Power a ainsi vagabondé entre Miami où elle avait emménagé avec son enfant et Los Angeles où l’album a été mixé par Ron Schnapf (qui s’est surtout illustré avec Elliott Smith). Mais Matador a refusé l’album sous le motif « qu’il n’y avait pas de tube évident » et, après rupture de contrat, Cat Power s’est retrouvée chez Domino (qui ne va pas regretter cette arrivée puisque l’album est magnifique!).

 

 

Déjà alléché par les deux puis trois premiers extraits, j’avais pré-commandé l’album en édition vinyle limitée (ah! les collectors!) d’autant que Domino l’accompagnait du 45t (7′) du titre « Woman » et d’un titre bonus…. »Woman » pouvait déjà s’avérer être un titre phare puisque les backing vocals étaient assurés par Lana Del Rey qui va sans doute, par son biais, faire connaître Cat Power à des millions de fans potentiels . Le choix était purement amical, précisons le tout de même! Sur Woman », Cat Power chante » The doctor said I was better than ever….the doctor said I was not my past, he said I was finally free » (tiens « you are free » était aussi le titre de son bel album de 2003),pouvant ainsi faire penser qu’à travers cet extrait très introspectif et intime, Cat Power a du tourner une page avec un certain passé aux moments difficiles. Cat Power a aussi confié quelques mots sur cet album: « L’album résume mon parcours jusqu’à présent et le cours que ma vie a pris au fil de ce parcours: aller de ville en ville, avec ma guitare, en racontant mon histoire, en admirant des gens qui l’ont fait des générations avant moi, des chanteurs folks (Cat Power admire Dylan), des chanteurs de blues (comme le groupe dont faisait partie son père, qui partait souvent sur la route)…ce sont tous des vagabonds (wanderers) et j’ai la chance de figurer à leurs côtés. La pochette de l’album fait d’ailleurs écho au titre!

 

Cat Power n’en oublie pas ses racines du Sud Est étasunien (la Géorgie)  comme peut le rappeler le 1er et très court (mais très beau!) titre « Wanderer intro » avec ses choeurs superbes. Cat Power enchaîne avec « In your face », un titre très cool avec piano rappelant Nick Cave puis « You get », titre plus rock où Cat Power s’interroge sur la société américaine. Le déjà tube « Woman » , ave une belle intro que l’on ne trouve pas sur la version single /clip précède « Horizon« , belle ballade qui évoque les rapports de Cat Power avec sa famille: le piano fait à nouveau merveille!

 

 

« Stay » démarre la face B du vinyle: c’est une reprise magnifique du titre de Rihanna (co-écrit par Justin Parker qui a aussi co-écrit plusieurs titres pour…Lana Del Rey!). Seule au piano, Cat Power nous livre une version épurée et dépouillée…C’est superbe même si c’est aussi empreint de tristesse puisque Cat Power a décidé de cette « cover »/reprise après la mort d’un ami et alors qu’elle achevait son album.

« Black » surprend par quelques mots murmurés en français après quelques accords à la Brassens, répètant plusieurs fois « La grande Faucheuse », avant que les chorus n’accompagnent Cat Power en poursuivant ainsi sur le thème de la mort. « Robbin wood » , magnifique de dépouillement avec Cat Power quasi seule à la guitare précède le splendide « Nothing really matters » , au piano et à la voix sublimes.  « Me voy » nous plonge dans une délicieuse et déchirante mélancolie. Reste à clôturer l’album…. « Wanderer exit » le fait de façon somptueuse avec quelques ajouts de cordes.

Sur mon 45t bonus on trouve , hormis « Woman », un autre titre, « what the world needs now »….tout un programme!! piano sautillant et quelques siffllotements accompagnent la voix de Cat Power .On a surtout envie de réécouter l’album!

Tous les titres, et cela reste rare aujourd’hui, méritent notre/votre écoute: délicatesse émotion et puissance se mêlent pour, au final, un des grands albums de 2018. Notons enfin, qu’en bas du poster contenant aussi, au dos, les paroles des chansons, une mention nous interpelle: « cet enregistrement est dédié à la vérité et à ceux qui sont dans la lutte« . Cette dédicace rappelle le message que lui a confié Patti Smith alors que Cat Power avait 25 ans…elle l’encourageait « à dire la vérité en tant qu’artiste » alors que Cat Power évoquait, en le regrettant, « l’absence de vérité » dans « In the hole » précédemment!

« Metal heart » (un titre de l’album « Moon Pix » de 1998) .. un parfum de Patti Smith!

 

Et un Bonus: Cat Power à Nantes/Stereolux en Mai 2014 (festival Indigènes)

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