avec Weyes Blood: Au 1er rang …..pour regarder la terre!

Il y a quelques mois, en Octobre 2016, je découvrais Natalie Mering, alias Weyes Blood, à l’occasion de la sortie de son 3èm album (2ème véritable en fait) « Front row seat to earth« . Un album magnifique de pop-folk symphonique, accompagné d’une belle pochette (photo prise dans le sud californien, à la limite du désert me précisa Natalie Mering) et de textes qui ( s’) interrogent sur l’Amour et l’état de notre monde.

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« front row seat to earth »/pochette dédicacée du dernier album de Weyes Blood.

Natalie Mering, née il y a 28 ans à Santa Monica/Californie a choisi son pseudo en référence à « Wise blood« , roman de l’écrivaine Flannery O’Connor, classée « Southern gothic » pour son style littéraire. Natalie Mering a grandi à L.A avec un père musicien qui l’a bercé avec Jeff Buckley mais aussi les Beatles, Suzanne Vega et Stevie Wonder confiait-elle récemment aux « Inrocks« ; Elle évoque dans une autre interview à « libération » en Octobre dernier, que ses idoles restent Kim Gordon (de Sonic Youth), Tim Buckley et John Maus (musicien avant gardiste que l’on retrouve notamment jouant de l’orgue pour Panda Bear ou Ariel Pink). Expérience de la drogue , la salvia divinorum, et expériences/escapades musicales , dans l’underground expérimental de Portland et New York avant de revenir chez elle, à L.A, pour y confectionner son dernier album.

A l’écoute de son disque, on a l’impression d’être entre passé et présent brûlant….La chanson « Generation Why » (generation Y!!), l’une de mes 4/5 préférées avec son clip superbe illustre bien cette perception. Natalie Mering chante « Y.O.L.O » (You Only Live Once »!!) Why??? La video, dans laquelle on aperçoit un tag « love is beautiful », s’achève sur un autre tag mural « the future was here », que Natalie affirme avoir trouvé  » par hasard sur les décors en ruine du tournage »!.

Dans son interview, via Skype, pour « libération » (octobre 2016), Natalie Mering, multi-instrumentiste, explique ce qui a motivé l’écriture de ses derniers morceaux: » Nous vivons une nouvelle étape de la mondialisation à travers la technologie qui nous connecte et qui nous abreuve d’informations. Plus que jamais, le monde ressemble à une pièce de théâtre se déroulant sous nos yeux plutôt qu’à une réalité sur laquelle nous aurions encore prise ». c’est ainsi qu’elle explique le titre de son album « au 1er rang pour regarder la terre »: « C’est comme si nous n’étions que les spectateurs de la comédie humaine« . « Puisque nous nous sentons désarmés, nous ne pouvons rien faire d’autre que nous pelotonner les uns contre les autres: ce n’est pas par hasard que nous passons nos vies, smartphone en main. Les téléphones ne sont pas magiques: c’est juste que nous nous trouvons dans une ruche et que nous éprouvons très fort le besoin de nous sentir connecter pour nous rassurer du désastre à l’œuvre au dehors »…

D’autres titres me séduisent aussi beaucoup…. »Diary » qui ouvre l’album, Mais aussi « Used to be« , « Can’t go home« , « Seven words » ou même « Away above » avec une belle intro a capella et le dernier titre qui est aussi celui de l’album , morceau instrumental à la fois classique et très moderne !De nombreux titres débutent par des passages instrumentaux ou vocaux. L’orgue vintage (style hammond??) est souvent présent (titres 1,2,4…) comme les chœurs. La voix de Natalie Mering est puissante et claire à la fois, faisant souvent penser à Karen Carpenter(du duo The Carpenters dans les années 70 et décédée à l’âge de 33 ans) et Joni Mitchell avec parfois un zeste de Carole King.

Son album a été produit avec Chris Cohen, song writer de talent (et notamment membre de Deerhoof entre 2001 et 2006).

Début Janvier 2017 est paru aussi un E.P où l’on trouve Weyes Blood  avec Ariel Pink..  un autre style mais séduisant aussi notamment sur le titre « Tears on fire » dont j’aime bien le côté un peu déjanté.

Mercredi 7 Avril, Weyes Blood était au « fuzz Yon », à la Roche/yon pour un de ses 3 concerts français et pour notre plus grand bonheur!

On ne peut que regretter d’abord le peu de spectateurs (une trentaine!!pourquoi?) qui ont transformé ce concert en concert privé/intimiste. Les absents ont toujours tort!

La 1ère partie est assurée par Jack Ladder, musicien australien à la voix de baryton, bassiste pour les besoins de la tournée de Weyes Blood et qui fêtait ses 34 ans au « Fuzz Yon » . Première partie plaisante, les influences de Nick Cave (et même le look dandy!) et Lou Reed étant indéniablement présentes.

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« Diary », 1er titre du dernier album et du concert(photo Ziggy)

Le set de Weyes Blood débuta par le magnifique « Diary » qui ouvre le dernier album , précédant là aussi d’ailleurs « Used to be »…..Natalie Mering est souriante, échange avec ses musiciens et le (maigre!) public et surtout montre qu’elle a une voix puissante et profonde capable d’emporter son auditoire. Elle joue principalement son dernier album (tous mes titres préférés!) et quelques morceaux du précédent et déjà prometteur « The Innocents ». Un rappel de 3 titres révèle une chanteuse capable de reprendre aussi brillamment des titres dont elle n’est pas l’auteure comme « Moonlight shadow« .

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Weyes Blood/ Fuzz Yon/la Roche-yon/6Avril 2017/ photo Ziggy/

 le groupe (à gauche Jack Ladder) interprétant « Generation why ».

Après le concert, Natalie Mering vient dédicacer ses disques et discuter avec ses fans dont je suis. Elle me confirme que le tag « Future was here » (présent dans le clip « GeneratinWhy ») se trouvait là « by chance », mais dément être présente dans un titre du prochain album de Mac DeMarco (comme annoncé dans « les Inrocks »).

Pour faire écho à ce qu’ elle chante, dans « Generation Why », « It’s not the past that scares me » (ce n’est pas le passé qui m’effraie), elle avoue, (comme son compatriote Kurt Wagner de Lambchop il y a quelques semaines me l’avait dit)être inquiète pour le futur et les U.SA représentés par Trump, même si la Californie( à très large majorité démocrate) est un peu comme une oasis qui ne connait pas les divisions profondes des U.S.A. »Tout y est différent« .

J’ai ensuite avalé les kilomètres sous le clair de lune (clin d’œil au rappel) en écoutant à nouveau le dernier album de Weyes Blood et avant d’apprendre ce matin que Trump voulait montrer les muscles. Merci au « Fuzz Yon » pour cette belle soirée et bon voyage à Weyes Blood (la longue route vers Tourcoing les inquiétait un peu..!)

Ci dessous l’un des très beaux titres du précédent album « The Innocents ».

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