ASGEIR: « afterglow » aux lueurs plus electro

Il y a 3 ans, je découvrais  Asgeir (Trausti Einarsson) et son 1er album « in the silence » à la fois magnifique et surprenant…..Immédiatement conquis, j’étais heureux, quelques mois plus tard, de le voir programmé au « festival des Inrocks » à Nantes/ Stéréolux / en Novembre 2014 , de surcroît avec The Acid (dont j’adorais l’album!!) et Baxter Dury, presque aussi talentueux que son père Ian dont j’avais acquis les albums 3 décennies auparavant!

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2014…mon coup de cœur pour Asgeir y compris pour l’album en islandais.

Son album était d’abord paru, en 2012, dans sa langue natale, l’islandais et avait connu un succès sans précédent alors que, par ailleurs, Asgeir se classait aussi n°1 dans les charts islandais  avec un rappeur-star islandaise- BlazRoca en réalisant/chantant le titre « Hvitir Skor » montrant l’ouverture musicale d’Asgeir , grand fan de Nirvana (cf sa reprise de « heart shaped box » paru aussi en « Picture disc » en 2014) et de Nick Drake.

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Laugabarkki…. dans le « silence » et la nuit polaire totale pendant 3 mois!

Asgeir, né dans un ilot du nord de l’Islande en septembre 1992, passa sa jeunesse dans une autre île d’une soixantaine d’habitants, Laugarbakki où, dit-il, « il n’y avait rien à faire et beaucoup de silence » , influençant le titre de son 1er album. C’est là que sa mère lui acheta sa 1ère guitare alors qu’il avait 6 ans. Sa passion musicale pour Nirvana, Dylan et Johnny Cash connait cependant une éclipse entre 13 et 17 ans où Asgeir devient champion d’Islande de javelot. Une blessure le fait revenir à la musique pour notre plus grand plaisir.

Asgeir dans une version acoustique très épurée de « Going home » avec Julius.

A 20 ans, Asgeir sort donc son 1er album, traduit l’année suivante par John Grant, chanteur américain qui s’est installé en Islande. Tous les titres de cet album ont été écrits par le père d’Asgeir qui, à 73 ans, est un poète islandais reconnu. L’album « in the silence » est classé folk rock voire même folk electro même si ce dernier aspect reste discret dans ce 1er album. Le timbre de voix d’Asgeir est très particulier mais aussi très reconnaissable et attachant, capable de monter dans les aigus. De nombreux titres ont émergé dans cet album très réussi comme « In the silence » mais aussi, sortis en singles, « King and cross« , « Torrent » et son piano sautillant, « Going home« , un de mes titres préférés. Mention spéciale aussi au très beau et intéressant « head in the snow » avec son parfum trip hop indéniable. J’aime , enfin, beaucoup aussi  » Higher » et , dans un style folk cool   « Was there nothing« , morceau très épuré et chœurs parfaits!! Bref, un album très réussi , aux mélodies éthérées, dans lequel on pouvait attendre, parfois, un peu plus de fougue.

« Torrent  » un des très beaux titres du 1er album « In the silence ».

C’est entre Noël 2015 et Janvier 2016 qu’Asgeir a composé l’essentiel de son nouvel album, retiré dans son village de Laugarbakki dans la nuit polaire… 3 titres écrits par son père , le duo étant aussi rejoint par son ami d’enfance, Julius Robertsson qui a plaqué son boulot pour écrire certains titres comme « here comes the wave in » ou « Hold », seul titre écrit en islandais et le restant.

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« Afterglow » dans sa version vinyle colorée.

 

Début mai 2017 parait donc l’album « Afterglow » qui, d’emblée, semble plus audacieux en étant plus électro aussi. Le 1er titre, « Afterglow », démarre sur un piano et des beats  tandis qu’Asgeir chante qu’il va « chasser les ombres » . C’est l’un des 3 titres écrits par le père d’Asgeir (Esnar Georg Einarsson) et traduits ensuite par son frère qui l’accompagne aussi souvent à la guitare. La voix s’envole pour le refrain « River of light, I know the afterglow makes it alright », me faisant penser à London Grammar (Tiens ils jouent ensemble à Nîmes en Juillet!!). Des cordes enrichissent ensuite la mélodie. « Unbound« , second titre, passe le relais de l’écriture au frère d’Asgeir: la rupture avec le 1er album est plus nette avec un parfum de Bon Iver mais sans abus de vocoder!

« Stardust » revient au rythme plus syncopé caractéristique du 1er album.  « Here comes the wave in » nous fait retrouver les ombres du 1er titre . Dans « Underneath it », Asgeir, multi-instrumentiste, est seul, sans aucun autre musicien, pour un très beau titre où plane à nouveau Bon Iver mais aussi Anthony alias Anohni. « Nothing » clôt la 1ère face (du vinyle!)..titre épuré,écrit et composé par Asgeir qui est seul au piano/synthé.

La video très kitsch et décalée de « Stardust »

 

« I know you know » est plus rythmé et révèle la patte originale d’Asgeir: le titre est plus complexe, compilant les expériences sonores et ponctué par quelques notes de synthé. Asgeir dit avoir travaillé un an sur ce morceau.

Avec les 3 titres suivants (8/9/10), « Dreaming », « New day » et « Hold », on retrouve les cuivres (et notamment le trombone que j’affectionne) abandonnés depuis le 1er titre. « Dreaming » nous abandonne..au rêve (!!). « New day » est la chanson la plus folk et celle qui fait sans doute le plus le lien avec le 1er album. « Fennir Yfir », dernier titre en anglais, démarre lentement au piano puis prend une dimension classique/orchestrale avec cordes et cuivres en gardant une touche moderne avec des tonalités electro. « Hold », seul titre en islandais, rajoute une dimension plus originale , les chœurs flirtant avec le gospel!

 Asgeir multi instrumentiste seul aux manettes…..Karaoké déconseillé!

Un très bel album dont on peut apprécier aussi la beauté du vinyle coloré de l’édition spéciale à laquelle je n’ai pu résister (ah le merchandising!!)

Asgeir sera en concert:                                                                                                                         le 14 Juin à Bordeaux  / le 17 Juin à Metz/  le 20 juin à Tourcoing.

En Juillet aux Arènes de Nîmes avec London Grammar.

 

Bonus: Asgeir à La cigale à Paris /15 novembre 2014/ et le lendemain à Nantes!