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Villagers: Fever Dreams aux multiples couleurs

Villagers: Fever Dreams aux multiples couleurs

En cette fin Août 2021, le nouvel album studio, le cinquième, des Villagers, Fever Dreams, vient de paraître, toujours sur le label Domino. J’avais seulement découvert le groupe avec leur troisième album, le très bon Darling Arithmetic, paru début 2015. Début 2016 paraissait une sorte de Best Of des 3 premiers albums, What have You Been All My Life. Il comporte, cependant, des versions nouvelles enregistrées en une seule prise. Le concert de Nantes, fin Février 2016, fut plus qu’une confirmation. Le goupe de Conor O’Brien nous livrait un superbe set, montrant qu’il allait falloir désormais compter avec lui.

Fever Dreams: un album « généreux » et collaboratif

Conor O'Brien, le frontman de Villagers crédit photo Rich Gilligan
Conor O’Brien, le frontman de Villagers crédit photo Rich Gilligan

En 2018, j’étais à nouveau conquis par un album ambitieux, The Art Of Pretending To Swim, flirtant avec l’electronica. Il était suivi, fin 2019, d’un E.P, The Sunday Walker, prolongeant la pop folk rock faussement mélancolique du groupe. On attendait, bien sûr, la suite, impatiemment. En effet, une grande partie de ces nouvelles chansons avait été enregistrée par le groupe, lors d’une session en studio, fin 2019 début 2020. (achevée en Février lors du premier confinement irlandais!)

L’album est écrit et peaufiné sur une période de 2 ans car la Covid est passée par là. Conor O’Brien a eu ainsi tout le temps de retoucher les titres dans son Home studio de Dublin. Contrairement aux albums précédents, Conor O’Brien insiste tout de même pour dire que ce nouvel album des Villagers est bien le fruit d’une collaboration plus grande et étroite avec ses autres musiciens. Il revient sur la genèse de l’album en nous éclairant: « J’avais envie d’écrire quelque chose qui soit aussi généreux pour l’auditeur que pour moi même. Parfois, les états les plus délirants peuvent entraîner les rêves les plus extatiques et euphoriques« .

« L’idée initiale de l’album, en termes de direction dans laquelle il allait, était que je voulais juste faire de la musique qui ferait vibrer le groupe dans une pièce », explique Conor O’Brien dans une ITV à L’Irish News, il y a quelques jours. « Donc, le cœur de ce que vous entendez sur l’album est le son de musiciens qui jouent à peu près ensemble dans une pièce et réagissent les uns aux autres. La section de verrouillage du processus ne faisait qu’ajouter à tout cela et travailler à distance avec des joueurs de cordes et les cuivres » ajoute t-il.

L’album a été mixé par David French. Celui ci est bien connu pour sa participation à de nombreux albums, de Caribou à Arlo Parks, en passant par Frank Ocean, FKA Twigs ou The XX. Conor O’Brien est très heureux d’avoir fait appel à David French et le résultat est brillant! Il avoue humblement qu’il n’aurait pas été aussi bon sans cette aide précieuse!

Fever Dream, album vaporeux aux multiples couleurs

Villagers nous livre, avec Fever Dreams, un album qui nous transporte, entre rêves et hallucinations. Pas question de flirt avec les Dance Floor, vous l’avez déjà deviné. L’album doit s’écouter de façon presque sacrée et minutieuse. On en découvre alors toutes les subtilités musicales et une palette incroyable. Fever Dreams montre surtout la maîtrise totale de Conor O’Brien, en matière d’écriture et de composition. Pas d’étiquette musicale précise et tant mieux! On s’est éloigné de la pop folk rock. On trouve surtout le goût de l’expérimentation; Le parfum psyché s’affirme davantage dans un titre comme The First Day mais d’autres couleurs musicales, notamment jazzy, s’affirment aussi de plus en plus.

Comme le titre The First Day, l’album est une invitation au voyage proposée par Conor O’Brien. La chanson, nous dit le chanteur, fut inspirée par un voyage au festival Another Love Story, dans le comté irlandais de Meath. La tentative, d’abord électro, s’est transformée en évocation , visuelle et cinématographique, des joies des relations humaines. Conor O’Brien dit avoir aussi trouvé l’inspiration dans différents lieux. Ainsi, des baignades nocturnes sur une île néerlandaise ont du contribuer au très beau titre Song in Seven. Ok, pour l’évocation de la mer du Nord chaude, vous avez le droit de ne pas être d’accord!

Les sources d’inspiration sont aussi littéraires et artistiques. Le frontman confesse aimer l’écrivain chroniqueur irlandais Flann O’Brien mais aussi David Lynch ou le peintre Stephen Lowry. L’album est donc le reflet de cette palette d’inspirations et en propose les couleurs, parfois douces, parfois plus cauchemardesques.

Un album plus expérimental jazzy?

Villagers en Live interprétant 3 titres de l’album Fever Dreams Tracklisting: The First Day 4’10 So Simpatico 10’57 Circles in The Firing Line et son final plein de surprises!

Ce fût ma première impression à l’écoute de Fever Dreams. Sur le plan musical, ce 5ème album montre Conor O’Bien et Villagers encore un peu plus marqués par les sonorités jazzy. Le chanteur compositeur guitariste joue aussi de la trompette. Il avoue aimer Duke Ellington et Coltrane et les albums précédents reflètent déjà son amour des cuivres. Il les utilise cependant davantage encore dans celui ci. Le titre Restless Endeavour tend même vers le free jazz expérimental noisy. J’imagine Robert Wyatt fan de ce titre! On retrouve aussi le beau saxo de Ben Castle sur le chef d’oeuvre So Simpatico. Circles In The Firing Line, un de mes 3 ou 4 titres préférés, s’achève, après ses enchevêtrements jazzy folk psyché, sur un punk rock endiablé. L’art de la surprise!

Le piano n’en demeure pas moins présent sur des titres comme Momentarily, Deep in My Heart ou le très beau Faith In Providence. Villagers confirme surtout son sens de la mélodies et des harmonies complexes. La touche gospel nous séduit sur Momentarily et le parfum Soul sur Song In Seven. Le final de l’album, avec Fever Dreams puis Deep in My Heart est une bonne synthèse de cette excellence. Excellence dans la richesse et la complexité des sons….Un impératif: l’album doit s’écouter avec beaucoup d’attention, je crois vous l’avoir déjà dit!

Villagers: so simpatico et si… authentique

So Simpatico, un des sommets de l’album Fever Dreams de Villagers

Début Juillet, So Simpatico fut le deuxième extrait dévoilé de l’album. Après un démarrage très doux sur quelques notes de Glockenspiel, le titre frôle le chef d’oeuvre en reflétant bien toute l’atmosphère et la richesse de l’album. Conor O’Brien nous éclaire sur celui-ci: C’est une chanson sur la dévotion, que ce soit envers une personne, soi-même, ou l’art d’être en vie, la quête d’authenticité est au coeur du morceau. Nous avons jammé puis enregistré une première version qui avait trop de paroles. Je suis rentré avec cette prise et je l’ai simplifiée jusqu’à ce qu’elle devienne l’expression la plus pure possible. C’est une chanson pop sur l’essence de l’amour. »

La réalisatrice du clip video , Rosie Barret, ne s’est pas trompée sur ce qui fait le charme et l’authenticité du titre mais aussi de Villagers: « So Simpatico est le voyage initiatique d’un clown triste qui fait la paix avec lui-même, ce qui lui permet de retrouver une joie de vivre longtemps disparue. Faire le récit visuel de cette magnifique chanson a été une chance pour moi puisque j’admire la musique de Conor depuis longtemps.

A noter, enfin, que le premier pressage de l’album vinyle vous propose 4 pochettes différentes. Elles sont interchangeables au gré de votre humeur. Les pochettes sont toutes liées aux thèmes de l’album, à travers des constellations établies par Ptolémée au 2ème siècle: Ursa Major (l’Ours) en pochette principale renvoie à la grande Ourse évoquée dans Song In Seven mais aussi Aquila(L’aigle), Cassiopeia(l’élan) ou Serpens(Le Serpent). A ce propos, Conor O’Brien précise: « Je pense que les constellations sont des représentations de la façon dont nous recherchons des figures, du sens et des modèles afin d’acquérir un sentiment de contrôle sur notre existence et nos vies. » Dans So Simpatico, Conor O’ Brien nous martèle « The More I Know, The More I Care« …..la quête d’authenticité.

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