STEVEN WILSON : À la croisée des genres

Alors aujourd’hui , mes petites meringues, je vais vous conter l’histoire d’un Monsieur pas comme les autres. Différent, non pas parce qu’il est d’une taille dépassant le raisonnable, non pas parce qu’il est recouvert d’écailles, mais tout simplement parce qu’il est sans doute l’un des artistes les plus prolifiques des deux dernières décennies. Et oui, je veux bien sur parler de STEVEN WILSON. Ce nom ne sonne peut être pas à vos petites oreilles sensibles et connaisseuses, mais ce gars là a forcement travaillé sur un album que vous connaissez. Bien plus qu’un simple musicien solo, il est aussi auteur, compositeur, producteur, ingénieur du son et multi-instrumentiste. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Steven Wilson s’est fait connaître avec son projet solo devenu groupe par la suite, PORCUPINE TREE, en collaboration avec Malcom Stocks. Rien à voir avec l’élevage porcin, je vous rassure. La formation s’épanchait déjà dans le métissage musical, alliant rock psychédélique, ambiant, pop rock et métal progressif. Pour faire simple, du néo progressif. Bien que le mot simple ne corresponde en rien au loustic dont nous parlons. Le groupe s’est séparé en 2010, pour une période indéfinie, après plus de 20 ans d’existence.

Il serait trop simple de placer le travail de Mr. Wilson sous la bannière de rock progressif. La multitude de projet auxquels il a participé est impressionnante. NO MAN (avec Tim Bowners) où il expérimente la Trip Hop / Dream – Pop mélangeant jazz, post rock et musique ambiante. BLACKFIELD (avec Aviv Geffen, icône de la musique populaire israélienne) voyage sur les terres du rock alternatif. Steven Wilson a même participé au développement et à l’enregistrement de 3 albums du groupe de death métal suédois, OPETH. Et ça ne s’arrête pas là. Le maestro s’est lancé dans différents projets solo, qui ont eu plus ou moins de succès comme BASS COMMUNION, sortie sous un pseudonyme, mixant la musique expérimentale, l’ambiant et la musique minimale ou encore INCREDIBLE EXPANDING MINDFUCK, un effort essentiellement instrumental de space – rock / krautrock.

Depuis quelques années, Steven Wilson a entamé une série de re-mixages de certains albums cultes d’artistes des années 70/80 tel que YES,GENTLE GIANT, EMERSON, KING CRIMSON, XTC ou TEARS FOR FEARS.

J’ai envie de dire : « c’est quand les vacances !? ».

C’est sur, le bonhomme, là, il a pas le temps de s’ennuyer.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Steven Wilson est, avant tout, un amoureux de musique qui baigne dans cet univers hétérogène depuis sa tendre enfance, oscillant entre les albums de Donna Summer de maman et les 33 tours des Pink Floyd de papa. Cette bouillabaisse sonore va le suivre tout au long de sa vie, jusqu’à aujourd’hui, où l’expérimentation reste un mot d’ordre pour lui.

« Mon travail n’entre dans aucune case, c’est l’un de mes problèmes, je rêve d’un album où l’on passerait d’un titre à l’autre de l’univers, de Kate Bush à celui de Daft Punk ! J’espère y parvenir. »

Vous comprendrez bien que je ne m’attarde pas sur la totalité des albums de Steven Wilson, vu la productivité de l’artiste, mais je vais vous partager quelques titres qui m’ont atteint particulièrement. J’espère que cela aiguisera votre curiosité, car cela vaut vraiment le coup !

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Le premier album de Wilson que j’ai eu entre les mains fût THE RAVEN THAT REFUSED TO SING (and other stories). Et autant vous dire que ça m’a fait l’effet d’une bonne grosse patate dans la gueule. Dès le premier titre ,LUMINOL, il nous montre tout son génie créatif et son efficacité. Un riff de basse bien lourd et une rythmique de batterie venue de l’espace posent les bases d’un morceau que l’on pourrait croire métal. Je me voyait déjà bourriner les fûts de ma Tama Imperial Star (et oui la classe !) en reprenant le titre, quand d’un coup, sans prévenir, les guitares et les synthés nous tombent sur le coin de la pogne. Les secondes du titre s’écoulent et à chaque transition, il y a une nouvelle surprise. Une flûte qui entame un solo endiablé et des voix qui nous hurlent un hymne féroce. « Here we all are / Born into a struggle / To come so far / But end up returning to dust ». Pendant 12 minutes, j’ai pris une leçon de musique. Je n’avais jamais rien écouté de pareil. Wouahou !

Le trajet en voiture n’étant pas assez long, je me suis mis à faire le tour du quartier, encore et encore, pour écouter le reste de l’album. Un voyage cosmique sous champignons hallucinogènes digne des plus grands. Steven Wilson nous invite dans un univers étrange, presque burtonnien où l’artwork des opus est merveilleusement bien travaillé. Tout est beau. Tout est bon. Une trans-musicale intergalactique au fond du tunnel du lapin blanc, qui cette fois ci, s’en moque d’être en retard.

« Open your mind ! »

The Holy Drinker, The Pin Drop, The Watchmaker, que des titres surprenants. Une partition déroutante de beauté. Si je devais choisir un album, sans aucun doute, ce serait celui ci. THE RAVEN THAT REFUSED TO SING, à écouter d’urgence pour les malheureux qui n’aurait pas encore gouté à ce poison féérique. Je n’ai pas peur de le dire, cet album à changé mon approche de la musique. Et oui, rien que ça !

Son dernier album, TO THE BONE, le cinquième en solo, sortie en 2017 est plus synthétique mais tout autant hypnotisant. Une ode aux synthétiseurs, un clin d’œil au rock progressif et à la new wave des années 80, délicieusement parfumé à la sauce moderne (et non pas madère). Encore une symphonie magnifiquement orchestrée par le maître Wilson.

S’attarder plus longuement sur l’œuvre titanesque de Steven Wilson serait pécher. Prenez un instant, tranquillement installé dans votre canapé ou dans votre voiture. Choisissez un album, vous avez le choix, et cédez à des songes imaginaires dont vous aimeriez ne jamais revenir. La dernière note de la dernière chanson sonnera comme un réveil matin qui nous bannie d’un rêve beaucoup trop court. Mais ce qui est bien, c’est que vous pourrez remettre le CD pour un nouveau voyage. Peu importe quelle destination vous allez choisir ; Insurgentes (2009), Grace for Drowning (2011), The Raven That Refused To Sing (2013), Hand. Cannot. Erase. (2015) ou To The Bone (2017), ce qui est sûr c’est que vous vous direz que Moskowmonkey avait dit juste ! (Et oui je suis un sage. Gandalf, c’est moi qui lui ai tout appris !)

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Et pour tripper en live, vous pourrez voir STEVEN WILSON le 7 juillet à l’Olympia (la date du 12/03 étant complète) et le 22 juin au HELLFEST.

Si par malchance vous avez déjà prévu quelque chose ces deux dates (et ça c’est pas malin), sa tournée s’étend dans toute l’Europe et aux États-Unis. Avis aux voyageurs, il sera présent dans tout un tas de festivals pendant la saison estival (et en plus ça rime) : Festival Retro C Trop (Tilloloy – France) et Tollwood Festival (Munich – Allemagne) entre autres. Toutes les dates sont sur http://stevenwilsonhq.com/sw/tour-dates/

J’aurai tenu ma métaphore du voyage tout au long de l’article (métaphore filée poto !).

Steven Wilson à la croisée des genres. L’apothéose de la fusion des sens. Un gang bang auditif qui vous mènera à une jouissance sensitive universelle. Entre Pink Floyd et Radiohead, avec des accents jazz et métal ; sa voix nous mène dans d’autres mondes, encore inconnus.

Que dis-je, Steven Wilson est définitivement inclassable !

Steven Wilson est-il humain ?

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Steven Wilson website

HELLFEST

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