SHAKA PONK : Le live qui enflamme le zénith !

Le 22 février dernier, j’eus la joie de me retrouver sur une des dates du MONKADELIC TOUR, la tournée qui suit la sortie du dernier album de SHAKA PONK (voir L’apocalypse selon Shaka Ponk). Tout cela n’était pas gagné car d’une part, j’avais complètement oublié la date ; bien que cela faisait déjà un moment que je voulais y aller. D’autre part, la salle affichait complet. Vous l’aurez compris : ça ne s’annonçait pas une mission des plus faciles. Je les avais vu au Zénith de Limoges au début de leur tournée précédente mais n’avait pas pu apprécier le show (un mal de dos atroce pensait que c’était le meilleur moment pour se pointer ! ). Bref, je ne vais pas commencer à me plaindre, mais zut quand même !

La veille du concert je reçois un message de mon cher ami Fouad qui me dit :

«  Hey Benman ! Ça te botte deux places pour Shaka Ponk ? »

Moi, d’un ton enthousiaste (bien que par message, on ne l’entend pas) :

« Wazaaaaaaaaaa ! Carrément ! Fouadman, si tu n’étais pas mon pote, que tu t’appelais Fouadounette et …» .

STOP !

Me voilà donc en route, après ma petite journée de travail, pour aller récupérer le sacrosaint ticket ! Ni une, ni deux ! Emballé c’est pesé ! En cinq set ! (On va arrêter là les expressions parce que ça devient insupportable !), je me retrouve avec les places dans la poche intérieure de mon cuir, direction le Zénith. Il est quand même déjà presque 18h30 et j’aime bien arriver un peu en avance histoire de jauger l’ambiance et de pouvoir boire une bière ou deux avant … Bon, quatre ou cinq ! En plus, je dois essayer de refiler une place que j’ai en trop. Et oui je suis le loup solitaire de Weirdsound.

Le public arrive petit à petit. Tous les âges sont représentés. Jeunes, vieux, bikers, bobos, adolescents, des familles complètes. Tout ce joli petit monde créé une atmosphère plutôt paisible. Qui imaginerait que nous sommes tous là pour un concert de rock et que dans quelques minutes nous allons tous nous changer en bêtes remplies de bières et trempées de sueur. Après un quart d’heure à agiter mon billet en trop au dessus de ma tête comme un cowboy qui essaye de lancer son lasso, je décide qu’il fait beaucoup trop froid pour continuer. De toute façon, le regard du mec de la sécurité m’a bien fait comprendre qu’il valait mieux arrêter ma vente à la sauvette. Quelle idée aussi de se mettre devant la billetterie. Je passe les portes et me dirige vers la buvette. Et oui, il faut bien commencer. Je déambule au milieu des spectateurs et des boutiques de merchandising.

L’ambiance électrique d’avant concert est étrangement absente.

Je m’avance dans la fosse pour les 10 dernières minutes d’attente avant le début de la première partie. Les gens autour de moi n’ont que des louanges à faire à propos des lives de Shaka Ponk . Même ceux qui ne les ont jamais vus sont déjà conquis :

« Ils envoient du steak ! Quand ils mettent le feu, ils ne font pas semblant !».

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Les lumières s’éteignent et c’est le groupe ALB qui ouvre les festivités, mené par Clément Daquin au chant, piano et guitare. ALB, un acronyme qui le représente car le leader du groupe fait tout, tout seul, et n’est accompagné que de son batteur Raphaël Jeanne en live. Le groupe s’est fait connaître en 2006 avec l’album studio Mange-Disque et le titre I am your body, qui a été utilisé dans la publicité de la Peugeot 208. Le groupe fait la première partie de Shaka Ponk depuis 2014.

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Un live plutôt bien mené qui ne laisse pas le temps de s’ennuyer. De l’ électro – pop efficace avec un univers bien marqué, oscillant entre Justice et Phoenix. Petit instant agréable lorsque que Clément nous raconte qu’il est déjà venu jouer plusieurs fois à Nantes, mais qu’ habituellement, c’était plutôt au Ferrailleur. Leur tour de scène s’achève après 45 minutes sous les applaudissements. Une voix nous annonce que le concert débutera après 20 minutes d’entracte, qui est la bienvenue, car les pintes englouties avant Alb sont déjà prêtes à me quitter.

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Il fait noir  dans la salle.

Les premiers spots qui s’allument dans une ambiance nucléaire laissent entrevoir les ombres de Ion (batterie) et de Steve (synthé) entrer sur scène sous les hurlements, rejoints peu de temps après par CC (guitare) et Mandris (basse) vêtu d’un magnifique manteau de fourrure orné d’une crête digne des punks anglais des années 70.

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Cette fois, le show est commencé et les deux compères, Frah (chant) et la magnifique Sam (chant) en indienne post-apocalyptique, sont déjà en train de passer d’un coté à l’autre de la scène devant l’écran géant qui déroule des animations plus impressionnantes les unes que les autres.

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A ce moment précis, je ne vois plus la scène. Non pas parce que toutes les mains applaudissent mais parce qu’une nuée de téléphones portables est dressée au plus haut.

J’arrête mon article un instant car je ne peux pas m’empêcher d’écrire ce que je pense. Je vais appeler ça « le coup de gueule de Moskowmonkey ! ». Je ne pense pas faire le buzz avec ça mais au moins cela va soulager ma conscience, et qui sait, vous serez sans doute d’accord avec moi.

Mesdames, Messieurs et autres adolescents remplis d’hormones en pleine ébullition, je vous en supplie, lorsque vous êtes à un concert, quelque soit le genre musical, vous seriez gentils d’arrêter de lever vos p***** de portables toutes les 10 secondes. Quel est l’intérêt ? Ca me dépasse ! Je veux bien que l’on prenne une ou deux photos / vidéos en souvenirs. Mais passer la totalité du concert à regarder à travers son téléphone, ça, c’est pas possible ! Autant rester devant son ordi ou sa téloche. Au moins, vous vous éviteriez un torticolis et des crampes aux bras et vous ne seriez pas dérangés dans la stabilité de votre cadrage par quelqu’un comme moi, juste à coté de vous, qui pogotte tranquillement dans son coin et sur lequel, vous avez en plus le cran de gueuler « Oh ! Tu peux arrêter je suis en train de filmer ! ». WHAT ?! Sachez qu’il ne faut en aucun cas dire cela, car telle une panthère qui guette sa proie, mon âme tout entière ne se concentrera que sur une tâche, qui est devenue principale, vous emmerder un maximum.

Bon je m’arrête là, le message est passé et je commence à vriller des yeux sous le coup de l’adrénaline. J’ai mis de la bave plein mon écran, ça devient dégueulasse.

Où en étions nous ?

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A peine rendu à la moitié du premier morceau, Killing Hallelujah, Frah est déjà en train de slamer dans le public. On nous avait promis du spectacle … nous ne sommes pas déçus et ça ne fait que commencer. Avant la fin de la chanson, la musique se calme et les deux chanteurs demandent au public de s’asseoir. Cela fait une sensation étrange de voir une fosse remplie se mettre au ras du sol. La musique reprend petit à petit. Un décompte ; 3-2-1 ! La fosse se soulève littéralement. Énorme. Là, c’est du lourd. Les titres s’enchainent à une vitesse frénétique. On Fire / Wanna Get Free / Twisted Minda. C’est là que l’on se rend vraiment compte de la puissance de chacun des titres du groupe, qui sont taillés sur mesure pour le live. Un ultime slam mémorable de Frah, qui traverse toute la fosse et grimpe jusqu’à la moitié des gradins, lui permet de rejoindre Samaha, pour quelques titres en corps à corps avec le public ; qui est bien évidemment ravi. Une magnifique reprise de Nirvana (Smell Like Teen Spirit) qui, je l’avoue, m’ a dressé le poil. Comme l’a si bien dit Guy Carlier, ce titre sonne comme une ode à la révolte. Les sentiments de tous les lundis du monde, bons et mauvais, tristes et joyeux, remplis d’espoir ou plongés dans la détresse. No comment.

La pression est à son comble, le public conquis. La machine Shaka Ponk incendie le zénith. Les premiers rangs se tentent même un wall of death, certes un peu timide, mais nous ne sommes pas au Hellfest, et un wall of death reste un wall of death. Les tubes nous écrasent de leur efficacité. Rien est à jeter. Shiza Radio fait jumper la salle comme à un concert de kepons tandis que Gung Ho nous déboite les cervicales à force d’headbanguer comme des malades. La puissance du show monte, sans jamais faiblir.

La scène s’assombrit et Goz (la mascotte du groupe) en gorille bio-mécanique énorme se lance dans un battle furieux avec Ion. Battle ou duo ? C’est le public qui départage tel un match de boxe, rude et intense entre deux amis qui remettent ça à chaque date. Les deux batteurs sont rejoints par les plus grands, qui nous ont quitté trop tôt. Prince, Bowie, Jackson et Kilmister renaissent le temps d’un titre en imagerie animée et c’est déjà au tour de Mandris de rivaliser avec notre Lemmy chéri. Classe ! Après cet affrontement titanesque, une voix bien connue nous fait vibrer les oreilles. La voix du grand Bertrand Cantat entame le début de Palabra mi Amor. Encore un titre explosif qui clôture la set list … ou presque.

Le zénith est inondé de lumière rouge. C’est la fin mais nous sentons bien que Shaka Ponk n’a pas dit son dernier mot. Un monde mystérieux, apparaît sur l’écran, dont seul le groupe connait le chemin pour arriver à un graphisme aussi réussi. Mysterious way

Wataman est l’avant dernière chanson de ce concert et sonne la renaissance d’un Motörhead Shakaponnesque. Le show se termine sur Rusty Fonky avec sa ligne de guitare métal/funk et un super slam giant (on dirai un burger comme ça !) de Frah qui se jette férocement du haut d’un cube blanc, dans la fosse. Impressionnant !

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La salle se rallume et le groupe remercie chaleureusement le public pendant un long moment. C’est agréable de voir des artistes qui ont du mal à quitter la scène.

Le souvenir que je garderai de ce concert, c’est un moment intense. Wahou ! En live, Shaka Ponk, c’est du costaud. C’est un concert de rock, un vrai. C’est la rigueur d’un spectacle millimétré, la puissance d’un groupe qui se déchaîne et se donne à 100% pour son public et un public qui lui rend bien. Ce n’est pas tous les groupes qui peuvent amener à faire un circle pit au zénith de Nantes. En bref, Shaka Ponk c’est la violence de la révolte, la puissance d’un groupe uni, l’amour d’une passion dévorante qui mène à l’orgasme de corps qui se touchent. C’est le mélange des générations et la transmission d’une passion, d’une culture commune. Le show Shaka Ponk c’est une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie. C’est un rite de passage. Un groupe autonome qui va, j’en suis sûr, atteindre des sommets, que très peu de groupes français ont atteint. On ne ressort pas d’un concert de SHK PNK comme on y est entré. Quelque chose à changé. C’est à ça que l’on reconnaît les grands. Bravo à vous les monkeys !

Quoi ?

Moi ?

Fan ?

Peut être, fortement, bien sûr !

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Je vous conseille vivement de franchir le pas. Vous ne serez pas dessus. Shaka Ponk sera de retour dans nos contrées au festival La Nuit de l’ Erdre le 1er juillet 2018, vous m’y trouverez certainement.

Les prochaine dates du groupe : le 22-23/03 à l’Accor Hotel Arena (Paris) – 08/03 Bordeaux et le 17/03 à Lyon.

shakaponk.com

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