Low ©Nathalie_Foss

Les clips de la semaine, volume 66

Après plusieurs mois d’absence, les clips de la semaine (ah, ah, ah! chez Weirdsound le temps ne se déroule pas de la même manière qu’ailleurs, bienvenu dans une autre dimension) reprennent sur les chapeaux de roue. Comme le veut notre credo, le but de ces articles est de vous faire découvrir un maximum d’artistes qui nous ont interpellés. Aucune soumission ici à des injonctions quelconques de promotion, mais bien des titres que nous avons aimés et voulons vous faire partager. Cette nouvelle sélection regroupe des sorties de fin d’année et du début de 2022. Vous y trouverez de quoi relancer la machine en ce début du mois de janvier. Du pêchu, du contemplatif, du mélancolique, du joyeux. Bref : « we’re back! »

SOM-Moment

Allez, on remet la machine en route avec un groupe de l’écurie Pelagic qui décidément multiplie les sorties. SOM est un groupe composé de membres de Caspian, Junius, ou Constants qui ont déjà marqué le post-rock/metal. Plus dans la lignée d’un Deftones teinté de shoegaze, leur musique fait la part belle aux guitares gavées de réverb et de feedback et est qualifiée de « doom pop » par le site Metal Injection. Pourquoi pas. Extrait de leur album à paraitre le 21 janvier prochain, The Shape of Everything, le single Moment, premier extrait, en est une bonne illustration. Une musique où les guitares et les synthés créent une ambiance paradoxalement lourde et psychédéliquement aérienne. Le symbolisme du sable comme image de notre immanence (dans le sens nietzschéen du terme—relisez vos cours de philo du lycée ou ouvrez wikipédia :)) parcourt le film où la chute de la silhouette pourrait représenter celle de notre espèce, ou, si l’on préfère une interprétation spirituelle, celle de la Genèse…

AUA-Post Human Blossom

Un petit tour chez nos voisins allemands avec le duo expérimental-Kraut AUA, soit Fabian Bremer et Henrik Eichman. Post Human Blossom est rythmé par un beat entrainant habillé de synthés et de guitares qui s’intriquent et se dissolvent pour former une nappe où vient se poser une voix sous mixée et aérienne. The Damaged Organ sortira le 21 janvier chez Crazysane Records.

Dead Chic-Too Far Gone

Une agréable surprise avec ce Dead Chic qui voit le retour du chanteur de Heymoonshaker, Andy Balcon. Son chant particulier et sa voix éraillée qui collait si bien au blues/folk du duo qui avait sorti Noir en 2015 et s’appuyait à l’époque sur le human beatbox Dave Crowe avait reçu une reconnaissance quasi unanime de la critique. Il s’associe cette fois avec Damien Félix (Catfish, Bigger) pour un album dont le premier single aux accents d’heavy blues est une mise en bouche pour le moins alléchante qui laisse augurer du meilleur pour le second titre qui sortira le 17 janvier chez Upton Park. Une série de concerts devait suivre, certainement reportée à cause des restrictions sanitaires. On surveillera ça de près. Un duo à suivre.

The Harts Industry-Water Snakes

Extrait du second E.P. du groupe bourguignon, All Covered In Gold, ce Water Snake évoque des images d’inaccessibilité, de miroirs aux alouettes. Leur pop-rock est à rapprocher des Foals, Kings Of Leon ou Editors. « Entre extase béate et crainte de l’échec. Le clip de Water Snakes symbolise à la fois cette peur, mais également l’imprudence d’une sensation de paix. A la manière d’un rite, symbolisant à la fois l’échec, mais aussi le passage à une nouvelle ère, les membres du groupe sont noyés par eux-mêmes.Comme pour rappeler que les victoires comme les défaites sont toujours à portée. » écrit le groupe sur son Facebook.

Terry Russell-We Have To Get Through

Passage difficile d’un amour qui ne se reconnait plus dans l’autre, d’une séparation, Terry Russell et Solenn Coignoux-Estingoy se répondent sur ce titre folk doucement mélancolique, tout en nonchalance. Tourné en Super 8, les images du clip collent parfaitement à l’atmosphère de la chanson et accentue encore le sentiment de nostalgie qui baigne le morceau. Terry Russell c’est la moitié du duo Little Mouth qu’il compose avec son complice Thomas Ceccato qui signe la musique de ce premier single extrait d’un album à sortir cette année.

Penny Was Right-Happy Machine

Un peu de retard à l’allumage pour ce clip qui date déjà d’octobre 2021. Le groupe parisien a en effet sorti deux singles cet automne. Fortement influencé par la scène punk us (Blink 182, Sum 41…) Penny Was Right formé en 2013 et menée par la chanteuse Dalia, s’est quelque peu assagi au fil du temps (mais pas trop, hein) et s’interroge au travers de ce titre sur ce qui nous construit, évoque la difficulté de trouver sa place dans la société, la construction de l’identité en l’absence d’un parent, et questionne donc la notion d’héritage. Sorti chez Upstartz Records en décembre, l’album Happy Machine est aussi en écoute sur les plateformes de streaming (même s’il est préférable d’acheter directement sur Bandcamp ou auprès du label ou du groupe…).

Turpentine Valley-Parabel

Dans la série la Belgique a du talent (rappelez-vous la chronique sur Hippotraktor), Turpentine Valley et son post-rock/metal nous propose le premier single de leur album Alder qui sortira le 25 février 2022 (Drunk! Records), Parabel. Reprenant les codes du genre, mur de guitares éthérées, montées en intensité et cassures de thème, basse vrombissante et batterie dont l’évolution du beat emmène jusqu’au paroxysme du titre, le trio délivre une musique intense et colorée, des ambiances qui peuvent se faire angoissantes, ou au contraire parfaitement apaisées.

Ronnie’s Visit – Eyes Wide Open

À la lecture de ce titre, on peut aisément deviner l’importance que revêt le cinéma pour Baptiste Bacquet aka Ronnie’s Visit. Outre l’emprunt du titre au dernier film de Stanley Kubrick, son nom est inspiré de la B. O. d’Howard Shore pour le film de Cronenberg La Mouche. L’artiste évoque aussi volontiers des cinéastes ou des compositeurs tels qu’Angelo Badalamenti comme influence. Sa musique oscille « entre rêve et cauchemar, entre onirisme lynchien et romantisme noir, [avec une] atmosphère [qui] se veut résolument mélancolique et vaporeuse. » Son premier E.P., Nouvelle Chair! sortira le 11 février.

Low – I Can Wait

Ce titre est un nouvel extrait du treizième album studio Hey What du duo Alan Sparhawk et Mimi Parker aka Low. Nominé pour les Grammy, le L.P. est sorti en septembre dernier chez Sub Pop. Ils devraient se produire (croisons les doigts) au Primavera cette année. Titre à la fois en douceur et en tension, I Can Wait a quelque chose du témoignage d’époque. On ressent comme une attente et une énergie tout en refoulement. Les textures sonores arrivent comme des vagues et contribuent largement à cette étrange sensation. Un petit bijou d’écriture.

The End

Fini pour cette semaine. Un bon week-end à tous, bonne écoute et surtout n’oubliez pas de soutenir les artistes et labels indé en cette période difficile (et qui dure !) pour les artistes de spectacle vivant (sans oublier les techniciens !). À… la semaine prochaine?

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