Le Bout du Monde Samedi : Dans la chaleur bretonne!

Le Festival du Bout du Monde, le « Boudu » pour les connaisseurs, tenait cette année sa 19ème édition. Dans une ambiance très familiale, il se déroule sur les trois premiers jours du mois d’août, sur la prairie de Landaoudec dans la presqu’île de Crozon (Finistère), qui se trouve ne pas être le coin le plus vilain de France, bien au contraire ! Le projet du festival est de faire découvrir et partager des musiques du monde entier, c’est une réelle invitation à un voyage musical. Parmi les artistes invités, certains sont déjà connus et reconnus, d’autres sont des découvertes, et c’est là précisément que résident les possibles petits moments de bonheur. Parallèlement à l’aspect purement musical, le Boudu est engagé sur le plan écologique. Partout, vous trouverez une poubelle pour y jeter vos papiers, votre emballage de sandwich, votre barquette plastique vide. Le souci du tri se retrouve jusque dans le restaurant des bénévoles : on ne jette pas dans n’importe quelle poubelle ! Par ailleurs, les gobelets boisson sont réutilisables et consignés de la valeur d’un ticket boisson(1.25eur), récupérable à la fin du festival. Engagé, le Boudu l’est aussi humainement. C’est pourquoi cette année il a laissé une belle plage d’expression à l’Association SOS Méditerranée. Les festivaliers pouvaient aussi s’engager à minima en faisant don de leur déconsigne, ou plus ! Une très belle série de photos de sauvetages en mer réalisée par la photographe Maud Veith était exposée au Fort, à l’espace presse.

 

Si le festival a commencé hier, aujourd’hui est pour ma part le premier jour. Je suis néanmoins arrivé hier soir en cette jolie Terre Bretonne. Au camping, j’ai préféré une solution plus confortable, et par chance (vu le moment tardif auquel je m’y suis pris), j’ai trouvé un très chouette hôtel à Camaret-sur-Mer. Accueil très chaleureux, une vue splendide sur le port depuis ma chambre, le séjour s’annonce bien !

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Vue sur le port de Camaret-sur-mer (photo ehyobro weirdsound)

L’ouverture des portes aux festivaliers se faisant à 14:30, je décide de m’y rendre une heure plus tôt, afin de pouvoir faire une « visite » des lieux avant invasion, non sans au préalable passer par l’espace presse. Et maintenant, parlons musique!

Boogie Belgique : Un concentré de talent!

Je vous propose de commencer ce voyage musical pas très loin de chez nous. Passons la frontière au nord de la France pour visiter nos amis belges auxquels on a mis la misère en demie à la coupe du monde, côté Wallonie. Au Cabaret de Seb, c’est le groupe Boogie Belgique qui ouvre le bal. En écoutant la programmation du festival, leur musique m’a beaucoup plu, et j’aurai le plaisir de les interviewer plus tard dans l’après-midi.

Écoutez cette pure pépite : Need somebody, tiré de l’album Volta

Groupe électro tendance Jazz formé autour d’Oswald Cromheecke, ils sont 5 sur la scène : un guitariste, un clavier, un batteur, un saxophoniste, et un trompettiste. Leur originalité? Avoir su mixer des sons d’une autre époque comme le swing era à des rythme modernes comme le hip-hop. Il y a une petite touche de nostalgie ultra efficace. La rythmique est bonne et donne la pêche. Set efficace, on en redemande, et j’ai d’ores et déjà décidé de retourner les voir pour leur deuxième set ce soir !

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Oswald Cromheecke, le créateur de Boogie Belgique (Photo ehyobro weirdsound)

Caro Emerald : Le Jazz venu du Nord!

Reprenons notre voyage, et de Wallonie, montons un peu plus au nord, vers les Pays-Bas, à la rencontre de Caro Emerald, chanteuse de Jazz rétro. Ce n’est pas une mince affaire que de donner le premier concert de la journée sur la grande scène, qui plus est avec son style musical. Eh bien n’ayez crainte mon bon Monsieur, rassurez vous ma bonne Dame, Caro assure et communique son énergie, sa gaîté, et son plaisir qu’elle développe avec son band généreusement doté !

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Caro Emerald sur la scène Landaoudec du Bout du Monde (photo ehyobro weirdsound)

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La chaleur n’aura pas eu raison de son énergie débordante. Convaincante, la chanteuse style rétro ne s’empêche pas pour autant de toquer à la porte d’un répertoire plus moderne.

Le concert terminé, il est temps de recharger les batteries et manger un morceau! Celui qui prétend ne pas trouver de quoi manger en se faisant plaisir au Boudu est un fieffé menteur, ou le type le plus difficile au monde. Viandes grillées, burgers, pasta, tartiflettes, plats des îles, de Madagascar, végétariens, glaces, etc, etc… Et encore, je n’ai pas tout vu !

Grand Corps Malade : La force sereine!

Une fois rassasié, reprise du voyage et retour vers la France, en région parisienne, pour écouter celui qui s’est taillé une réputation XXL dans le domaine du slam depuis ses débuts en 2005. Il ne sera pas la découverte du festival, mais évidemment plutôt l’une des têtes d’affiche.

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Grand Corps Malade sur la scène Landaoudec du Bout du Monde (photo ehyobro weirdsound)

Sa voix reconnaissable entre mille déclame ses textes, le flow facile, le regard malicieux et bienveillant. Accompagné de ses musiciens, Grand Corps Malade livrera sur scène la plupart des titres de son dernier album, Plan B. Émouvant, lorsque relatant un moment de sa vie de père, il évoque la question de l’un de ses fils : « Papa, les dinosaures ont disparu. Les humains aussi vont disparaître ? » Ou encore lorsqu’en voiture, avec son fils à l’arrière, son nouveau titre passe à la radio. Lui tout fier demandant à son fils « Alors, tu en penses quoi ? » Et son fils de répondre : « Tu peux mettre Maître Gims ? »

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Je ne puis rester au concert jusqu’à la fin, car j’ai rendez-vous avec Yaël et Gil de Lola Marsh pour une interview, à l’espace presse. L’interview paraitra ultérieurement sur Weirdsound.

Ken Boothe : Mr Rock Steady

Envolons-nous maintenant en Jamaïque. Pas très branché reggae, j’ai comme tout le monde ou presque le Legend, best of de Bob Marley. Il y a en revanche un groupe que j’affectionne tout particulièrement, UB40, vu deux fois en concert. Ok je vois déjà les fans de reggae me tomber dessus à bras raccourcis et force grands cris « mais ce n’est pas du reggae ça ! » Bin si, un peu quand même, ce n’est tout de même pas du métal si ? Bon… Revenons donc à nos moutons en terre jamaïcaine puisque Mr Boothe nous vient tout droit de Kingston. A 70 ans, et pas moins de 19 albums à son actif, il ne découvre pas la scène, et l’on sent même toute son expérience.

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Ken Boothe, sur la scène Landaoudec du Bout du Monde (Photo ehyobro weirdsound)

Un set chaleureux et énergique sous cette chaleur décidément toujours écrasante, (je ne sais pas comment il supporte son sweat + tee-shirt !

 

Ainsi que je me l’étais promis, je suis allé voir le deuxième set de Boogie Belgique. Bien m’en a pris, puisqu’une partie des morceaux joués était différents !

Lola Marsh : Et l’on plane à 10 000!

Un sandwich double merguez frites et une Coreff ambrée plus tard, (oui cela vaut bien la peine d’avoir un tel choix culinaire pour en arriver à un merguez-frites !), je me préparais pour le concert de Lola Marsh… Mais qu’est ce que j’entends par me préparer, me demanderez-vous ? Eh bien voilà, Lola Marsh c’est mon gros coup de cœur 2017, rien de moins. Je les ai vus au Stéréolux de Nantes en novembre dernier ; un superbe concert, planant, kiffant, qui restera pour moi dans les annales. C’est également lors de ce concert que j’ai retrouvé Ziggy (voir article de Ziggy sur le concert), et que ma participation à Weirdsound a trouvé ses origines. Qui plus est, j’ai eu le plaisir de les interviewer (Yael et Gil) plus tôt aujourd’hui.

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Lola Marsh sur la scène du Cabaret de Seb au Bout du Monde (Photo ehyobro weirdsound)

L’ex participante de The Voice Israël et le multi-instrumentiste Gil Landau arrivent avec leur groupe sur la scène du Cabaret de Seb à 23h00, pour nous livrer un set magistral d’Indie Pop Folk sucrée.

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Yael Shoshana Cohen (Photo ehyobro Weirdsound)
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Gil Landau (Photo ehyobro Weirdsound)

Je ne sais pas combien parmi le public connaissaient Lola Marsh, mais à coups sûrs, ils ne l’oublieront pas. Noyau dur de la formation, Yael et Gil laissent transparaître leur complicité et leur plaisir d’être sur la scène. Yael chante, danse, siffle, pour le plus grand bonheur des oreilles, et des yeux… Ce moment passe vite, trop vite… Ont été chantées : Strangers, Whishing girl, You’re mine, Sirens, She’s a rainbow, Remember Roses, Hometown, et en rappel In good times. Deux autres titres que je ne connaissais pas (ni sur l’album ni sur l’EP), ont également été joués. J’ai pu rester, en kiff total, devant la crash barrière tout au long du concert. Si ça, ce n’est pas le bonheur !

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Yael Shoshana Cohen (Photo ehyobro Weirdsound)

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Ce moment tant attendu m’a laissé dans les nuages, je décide donc de rester dans le quartier VIP Backstages, pour redescendre tranquillement, et attendre le prochain concert sur cette même scène…

Hugh Coltman : La class’ à Dallas!

Ce concert n’était initialement pas dans le programme du Boudu. L’annulation de Stephan Eicher quelques jours avant de début du festival pour raisons médicales a contraint les organisateurs à se retourner fissa ! Rapidement le choix s’est tourné vers Hugh Coltman, disponible et en tournée actuellement. Ce dernier a remplacé Puerto Candelaria sur la scène du Cabaret de Seb, tandis que Puerto Candelaria se voyait confier les clés de la grande scène Landaoudec pour remplacer Stephan Eicher plus tôt dans la soirée.

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Hugh Coltman sur la scène du Cabaret de Seb au Bout du Monde (Photo ehyobro Weirdsound)

C’est donc chez Queen Mum en compagnie de Hugh Coltman que je prendrai mon digestif de la soirée. Ce chanteur crooner à la voix impeccable se trouve être un excellent musicien de Jazz. Il maîtrise la guitare, le piano et l’harmonica. Je pense que les amateurs de jazz en ont eu pour leur argent, Hugh Coltman ne se contentant pas de chanter ou jouer. Il occupe également tout l’espace de la scène, et laisse les musiciens partir dans de magnifiques solos.

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On ne saurait non plus cantonner sa musique au jazz, puisque nous avons également entendus du blues et du rock rétro endiablé. Carton plein pour le band qui a électrisé le public ! Classe, en chemise et veste impeccable, heureusement à cette heure tardive la chaleur avait laissé place à une petite fraîcheur appréciable.

01:40 C’est ainsi que s’achevait pour moi cette première journée au Boudu. Je traversai une bonne partie de la prairie de Landaoudec et laissai Daara J Family ambiancer la grande scène avec leur Hip-Hop sénégalais, tout heureux que j’étais d’avoir revu et interviewé Lola Marsh, et de ces très beaux concerts du jour. A demain pour la suite…

 

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