Do you remember Grebo? It was a wonder stuff!

Grebo Garta? Greta Garbo? What the f**k is Grebo?

Bien. Prenons notre livre d’histoire du rock et ouvrons le à la page « England in the 80’s-90’s ». Dans les Midlands, plus précisément dans la ville de Stourbridge, à trente minutes de Birmingham, en 1981, Clint Mansell, Adam Mole, Chris Fradgley, Malcolm Treece et Miles Hunt (Neveu du clavier d’ELO, Bill Hunt) y forment un groupe qui après quelques temps, le départ de Fradgley, Hunt et Treece, l’arrivée de Graham Crabb et de Richard March, prendra le nom de Pop Will Eat Itself. Ils mélangent alors joyeusement pop, punk, indus, électro, rap… et récupère le terme de Grebo qui désignait  jusque là des bikers et des types aux cheveux longs (et gras) écoutant du rock. Le NME s’empare également du mot et le vulgarise pour l’étendre aux groupes de la région qui émergent durant cette même période à cheval sur la fin des eighties et le début des nineties. La presse anglaise nommant ainsi d’office cette vague de « sub-culture » musicale comme elle le fit pour le Punk.

En 1986, après une carrière faites de succès, d’excès et d’expérimentations diverses, dont l’introduction de samples et de Dr. Nightmare, une boite à rythme, chacun part de son côté. On retrouvera Mansell avec le réalisateur Darren Aronofsky pour qui il composera la musique de tous ses films, dont sa célèbre B. O. avec le Kronos Quartet pour Requiem for a dream. On lui doit aussi la musique du très remarqué Moon du fils de David Bowie, Duncan Jones.  Il collaborera également  avec Trent Reznor sur The Fragile de NIN en 1999. March, avec Robert « Fuzz » Townshend arrivé tardivement dans le groupe, formera Bentley Rythm Ace, groupe électro-pop foutraque qui vaut le détour. Miles Hunt et Malcom Treece? Nous reparlerons d’eux un peu plus loin dans cette chronique.

Alors que les fondateurs du genre se séparent, d’autres groupes prennent la relève et vont se mêler incognito à la vague pop anglaise qui se prépare tranquillement à exploser en cette fin des années 80. On pourrait citer Jesus Jones ou Gaye Bikers on Acid qui marquèrent également le genre. Mais peut-être moins que PWEI ou ceux dont il est question ci-après.

En 1986, toujours, même lieu, John Penney, Gareth « Rat » Pring, Alex Griffin, Matt Cheslin et Matt Worton fréquentent le même établissement scolaire et décident de monter leur groupe. Dans un premier temps, ils jouent devant leurs amis lycéens. Particularité? Ned’s Atomic Dustbin comprend en son sein deux bassistes. L’un joue dans les graves, l’autre dans les aigus. De concerts en concerts, ils arrivent sur le devant de la scène musicale en même temps que les Happy Mondays, Stone Roses, Pale Saints ou autre Inspiral Carpets. En France, ils vont se confondre avec cette floraison surtout mancunienne. À la fin des années 80, le groupe se produit régulièrement en première partie d’un autre combo local du même acabit, héritier de PWEI et donc représentatif du genre, bien que plus pop, The Wonder Stuff.

Leur premier single, Kill your television grimpe dans les charts en même temps que grandit leur réputation live. Leur premier album, Bite, n’est pas vraiment un L.P. en soit, mais une réédition des singles. Ainsi, God Fodder, véritable premier album, sort en avril 1991 et atteint le top 4 des charts album  U.K.. Leur style, mélange de guitares martelées sur des rythmes rapides et la sonorité particulière des deux basses, tend vers la power-pop. NAD commence à connaitre un certain succès aux U.S.A où M. T. V. bouscule les habitudes de diffusion grâce à une mise en avant des clips passés en boucle. Le groupe sortira encore deux albums, Are you normal? et Brainbloodvolume. Ce dernier s’ouvre sur des compositions plus matures, des sons plus diversifiés, des riffs de guitare plus metal-indus et un chant qui n’est pas sans rappeler Trent Reznor, avec l’ajout de claviers et de samples. Ils se séparent en 1995.

On ne pouvait pas finir un article sur ce genre musical sans parler de The Wonder Stuff. Issue d’une collaboration avec Pop Will Eat Itself sous le nom de From Eden, la première formation se réunit en mars 1986 avec Miles Hunt , Malcom Treece (donc ex. PWEI), tous deux au chant et à la guitare, Rob « The Bass thing » Jones et Martin Gilks. Ils enregistrent leur premier album, The eight legged groove machine en 1988. Le son est beaucoup plus pop que chez les autres représentant du genre, fleurtant même avec le folk lorsque parfois vient se greffer le violon de Martin Bell qui rejoint les autres musiciens sur l’album Hup en 1989. Paul Clifford remplace Rob Jones qui part aux U.S.A. et décédera en 1993, peut-être d’une O.D., peut-être d’une insuffisance cardiaque…

Le groupe marque par les choix forts qu’il peut faire, comme lorsqu’ils préfèrent se produire dans un lycée à la demande d’un fan, plutôt qu’à Wembley. Issue de cet album, Don’t let me down gently est leur premier single à se classer dans le top 20.

Never loved Elvis sort en 1990, atteint le top 3 des ventes en Angleterre, et voit la consécration du groupe qui joue désormais devant des stades de 20 000 personnes. Ils atteignent pour la première fois le n°1 des ventes de singles avec une reprise de Tommy Roe, crooner des années 60, Dizzy, avec Vic Reece au chant. Celui-ci est un acteur comique peut-être plus connu par chez nous pour chanter le générique original de Shaun the sheep, série d’animation des studio Aardman.

De plus en plus, The Wonder Stuff ne se contente plus de délivrer une pop dansante aux accents rock, mais introduit de des instruments aux sonorités folks, comme des mandolines, des banjos ou des violons, et privilégie souvent les guitares acoustiques, intégrant aussi des influences country.

The construction for modern idiot sera leur dernier album avant leur séparation en 1994, peut-être minés par une tournée de 78 dates. On y retrouve le groove-pop mâtiné de folk qui caractérise de plus en plus leurs compositions. Un album live de cette tournée, ainsi qu’un film, sortira en 1995, Live in Manchester.

Après une reformation en 2000, le groupe connaitra de nombreux changements de line-up, Hunt continuant de tourner avec différents musiciens issus de cette scène de Birmingham des années 80/90, comme Robert « Fuzz » Townshend.

Ils enchaineront en 2004, Escape from Rubbish Island, premier L.P. depuis dix ans, et Suspended by stars en 2006. La musique y est plus électrique et on y retrouve des accents de la première période.

En 2006, Martin Gilks, batteur originel qui avait repris du service dans les années 2000, se tue en moto.

Hunt tourne désormais aussi en duo avec sa femme et violoniste de Wonder Stuff depuis 2005, Erica Nockalls.

En 2009, suivant cette vague revival de la période (voir l’article https://weirdsound.net/2018/01/08/la-cote-de-largus-wishbone-ash/), le groupe se produit en concert et joue leur album Hup en intégralité et le réenregistre.

En 2012, sort leur 7e album studio, Oh No It’s… The Wonder Stuff. On y retrouve là aussi des morceaux, comme Oh, no,  d’une veine plus pop-rock proche des débuts, et des passages plus folks-rock (Friendly company). Ils entament ensuite une brève tournée avec… Pop Will Eat Itself et Jesus Jones.

30 goes around the sun, enregistré à Stourbridge en 2016, sort pour célébrer les trente années de carrière du groupe. La recette pop-folk qui s’est de plus en plus affirmée depuis Never loved Elvis est toujours présente, l’énergie des débuts s’est grandement atténuée au profit d’un song-writing plus maitrisé, mais on sent que chez Hunt, ce plaisir de jouer est toujours intact après presque quarante ans de carrière. C’est vraiment une chose merveilleuse.

http://thewonderstuff.co.uk/

 

0