Archive, essai transformé au Stereolux!

Je voudrais en prémbule dire que je suis heureux de rejoindre Ziggy et Fatherubu pour participer au blog !

Il est des artistes dont on se souvient exactement quand et en quelles circonstances on les a entendus pour la toute première fois. Archive en fait partie pour moi. Ainsi, un dimanche de l’année 2008, tandis que je faisais mon ménage en écoutant Fip, mon attention fut captée par une chanson qui me fit poser mon balai sur le champ, et courir à mon ordinateur afin de me connecter au site de la radio, pour ainsi savoir qui diable était l’artiste. Voilà, mon histoire avec le groupe Archive commençait. Acquisition des albums Light et Noise dans un premier temps, les précédents viendraient ultérieurement. Quelques mois plus tard en 2009, sortait le magique et entêtant Controlling Crowds.

Controlling crowds

(Photo : pochette de l’album Controlling Crowds)

Archive défendra son album sur scène, passant par la Carrière de Saint Herblain près de Nantes. Ce sera là mon premier concert du groupe, il y en aura 4 autres avant celui de ce soir au Stereolux.

Plus qu’un groupe, Archive est un collectif, un concept( ?), centré autour de ses deux membres fondateurs que sont Darius Keeler et Danny Griffith, présents depuis les débuts d’Archive. Si les désaccords ont fait partir d’anciens membres, ou qu’il leur a été demandé de quitter l’aventure, il semble finalement que le brassage soit le mode de fonctionnement d’Archive, les changements s’opérant par les besoins liés aux évolutions musicales. Car oui, la musique d’Archive est en perpétuelle évolution. Entre le trip hop de Londinium (1996), et The False Foundation (2016), chaque album aura marqué une évolution, et proposé quelque chose de nouveau.

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(Photo : Ehyobro – Stereolux 24/11/2017)

Ecouter un nouvel album d’Archive, c’est systématiquement une expérience très intéressante. En effet, si Controlling Crowds m’a laissé sonné groggy K.O dès la première écoute, les albums suivants ont toujours nécessité un certain nombre d’écoutes avant de délivrer leur substantifique moelle. Non, la musique d’Archive ne se donne pas si facilement, elle se déguste comme un bon vin, comme une bonne symphonie, comme le plat d’un grand chef étoilé. Dès lors, elle délivre ses clefs, et le voyage peut commencer.

Sur scène, c’est encore une autre expérience. Archive sait jouer avec l’intime, et déchainer les enfers avec maestria sur des envolées rocks. Les lumières sont assez, voire très sombres, ce qui ne donne que plus de puissance lors des déferlements rocks, accompagnés de lumières vives et saccadées.

Ce soir, Archive est au Stereolux. Lors de leurs 3 précédentes tournées passées à Nantes, ils ont  joué à la Carrière. Il s’agit de mon sixième concert du groupe, après 2009 (Tournée Controlling Crowds – Nantes), 2011 (Grand Rex Paris lors de la tournée avec orchestre symphonique), 2012 (Tournée With us untill you’re dead – Nantes et Paris), et 2015 (Tournée Restriction – Nantes). Je suis donc très confiant s’agissant du concert auquel je m’apprête à assister.

(Videos : Ehyobro)

C’est à 18:30 que j’arrive au Stereolux pour commencer à faire la queue. Je préfère arriver assez tôt, car je veux être devant, pile entre Darius Keeler et Pollard Berrier , habitude prise depuis le premier concert. 15 personnes devant moi, cela devrait bien se passer, en sachant que beaucoup parmi les personnes qui arrivent tôt veulent en fait avoir accès aux places assises du balcon. Chaque artiste a son public. Celui d’Archive est vraiment sympa et « openminded », les discussions ne tardent donc pas à commencer. Souvenirs de concert précédents, joie de les retrouver une nouvelle fois, que penser du dernier album, mais où est donc passée Maria Q , etc, etc, etc.

Mais voici l’heure de rentrer dans la salle. Après avoir rapidement salué Ziggy, je file me placer stratégiquement, pile en face de Pollard Berrier, ou du moins de la place à laquelle il sera vraisemblablement.

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(Photo : Ehyobro, Nantes Stereolux 24/11/2017)

C’est Robin Foster qu’Archive a choisi pour assurer la première partie. Une visite sur youtube m’a fait comprendre que mes oreilles seraient contentées. Sujet de sa Majestée, Robin Foster vit en France depuis 20 ans. Ancien membre du groupe Beth, il a entamé une carrière solo dans les années 2000, il compose également des musiques de films. Fin guitariste, il sait faire chanter son instrument, et de sa musique se dégage beaucoup d’émotions. Tantôt nostalgique, tantôt endiablée avec ses montées en puissance, sa musique nous aura transportés tout au long de son set, et le public est clairement  conquis. J’achèterai 2 de ses albums à la fin du concert, dédicacés par l’artiste avec lequel j’échange, en français qu’il maîtrise à la perfection.

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A peine 30 minutes plus tard, c’est au tour d’Archive de rentrer sur scène. Un rideau de fils  en bordure de scène sépare le groupe du public. C’est Drive in nails qui ouvre le concert, avec ses sons  robotiques – futuristes. Il sera suivi de 3 autres titres du dernier opus ; Sell out, Stay Tribal, et The False foundation. Le rideau ne tombera pas durant ces 4 titres, et j’avoue que ce filtre commence à me crisper quelque peu… Les premières notes de Fuck you nous parviennent alors aux oreilles. C’est l’un des titres phares du groupe, l’un de mes préférés. Il m’avait fallu attendre le 3ème concert pour enfin l’entendre  en live.

(Video : Ehyobro)

Ce cru 2017 voit la chanson évoluer, avec l’apparition de synthé. C’est au premier refrain que le rideau, enfin, tombera pour la grande joie du public, et à mon grand soulagement. Le filtre n’est plus !

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(Photo : Ehyobro Nantes Stereolux 24/11/2017)

Retour au dernier album avec Splinters, lequel convient parfaitement à la voix de Dave Pen. Le titre achève de me persuader que si l’on a pas vraiment bien écouté l’album, alors il est compliqué d’en apprécier le suc. Sane et Bullets, chantées quasiment lors de tous les concerts d’archive depuis 2009, arrivent à leur tour, puis viendront Ride in Squares tiré de Restriction, et la petite perle The feeling of loosing everything.

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(Photo : Ehyobro – Nantes Stereolux 24/11/2017)

Dans la série des petites douceurs, une version écourtée de Light prolongera ce très joli moment planant. C’est au tour d’Empty Bottle de faire son entrée. Petit lifting inversé par rapport à Fuck you, voici une version avec moins de synthé, un poil plus rock. Pour amorcer la redescente avant la pause, c’est Blue faces. Le groupe doit être « pressé » d’en découdre car ils reviennent très rapidement pour le rappel. Bright Lights vient parachever la descente avec la voix envoûtante de Pollard Berrier.

(Photos : Michel.B – Nantes Stereolux 24/11/2017) Merci Michel!

Controlling Crowds, orphelin de sa longue intro, remet du rythme et de l’entrain dans les corps  qui se dandinent, et les têtes qui battent à nouveau la mesure. Arrive le dessert, et ce magnifique feu d’artifice qu’est Numb !

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(Photos : Ehyobro – Nantes Stereolux 24/11/2017)

Si Jim Morisson avait vécu à notre époque, il aurait pu écrire ce titre j’en suis convaincu ! Cette chanson donne toute sa puissance en live. Démarrant lentement tel une litanie, sur un chant qui évoque une douleur profonde et lancinante, elle s’envole avec force guitares, et coups de boutoirs opérés par la batterie, les stroboscopes nous aveuglent, on voit tout, on ne voit rien, ça n’en finit pas, nos oreilles sont pleines de son, la basse fait trembler ma chemise ! C’est une jouissance qui ne s’arrête plus, je sue à grosse gouttes juste à les voire jouer, le public est en transe, hurle, applaudit la performance ! Archive a encore frappé, Archive a rempli son contrat, Archive nous a botté les fesses sur ce magnifique Numb!

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(Photos : Ehyobro – Nantes Stereolux 24/11/2017)

La copie est très bonne, excellente même! Néanmoins 2 petits points me « chagrinent ». Pour la première fois, je vois Archive sans présence féminine ; ni Maria Q ni Holly Martin ne sont sur cette tournée et c’est bien dommage. Par ailleurs, la présence de Steve Harris manque cruellement, son jeu de scène et sa complicité avec Pollard Berrier était un triple  plus, notamment sur des titres comme Bullets.

En dehors de ces deux points, (et du rideau qui a traîné à tomber), Archive est bien un patron sur scène, et je rachète un billet volontiers pour la prochaine tournée dès qu’elle se présente, (et même les suivantes), rien que pour voir Darius Keller quitter son clavier pour aller battre la mesure en jouant au chef d’orchestre jusqu’au milieu de la scène !

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