Alex Lahey : La fougue de la jeunesse!

Alex Lahey, sur la grande scène du port, aux Escales 2018 Alex Lahey, sur la grande scène du port, aux Escales 2018

Parmi mes coup de cœur sur la programmation des Escales 2018, se trouvait la jeune Alex Lahey, chanteuse auteure compositrice australienne de Melbourne, la ville invitée. Lancée assez rapidement par le succès de son titre You don’t think you like people like me (2016), l’EP B Grade University sortira assez rapidement en janvier 2017. Puis un album, I love you like a brother, sortira sur son propre label (Nicky Boy records) en octobre de la même année.

Rock Pop Punk assez enlevé avec des refrains redoutables (Garbagiens ?), elle a la pêche et la donne également. Sa musique a ce petit quelque chose qui met du baume au palpitant, un goût de reviens-y, et un parfum de sincérité. Ziggy et moi avons pu rencontrer l’artiste sur sa journée de repos du samedi, puisqu’elle donnait un premier concert le vendredi et un second le dimanche. Je vous en propose ici la lecture.

 

Weirdsound : Quel âge as-tu ?

Alex Lahey : Mon anniversaire est demain ! Je vais avoir 26 ans.

W : Super ! Eh bien joyeux anniversaire alors ! En avance…

A.L : Merci !

W : Peux-tu me dire un peu qui tu es ?

A.L : Je suis Alex Lahey, de Melbourne. Je suis musicienne et je fais du Rock’n’roll. Je joue de la guitare et je chante mes propres chansons, avec mon groupe. (W : Pas exactement le genre de réponse que j’attendais, car tout cela je le savais…)

W : Avec quelle musique as-tu grandi ?

A.L : Avec tout ! Mes parents avaient des goûts très éclectiques, je suis donc vraiment très chanceuse d’avoir été bercée par ces musiques étant enfant. Aujourd’hui encore, j’écoute vraiment beaucoup de styles différents. Bien sûr, je n’aime pas tout, mais je suis très ouverte.

W : Quelqu’un en particulier t’a inspiré ?

A.L : Je ne sais pas… Personne dans ma famille n’est musicien. J’étais juste fascinée par la musique, et je me demandais ce que ça faisait de jouer. Donc j’ai voulu essayer.

W : Donc faire de la musique, ce n’était pas un accident, c’est ce que tu voulais faire ?

A.L : Tout à fait ! C’était absolument délibéré ! J’ai toujours voulu être musicienne et rien d’autre…

W : Quelle est ta formation musicale ?

A.L : J’ai étudié le saxophone, j’ai donc un background Jazz, sans rapport avec ce que je fais maintenant.

W : Ta chanson Wes Anderson est très sympa. Il ne peut pas ne pas y avoir de rapport avec Wes Anderson le réalisateur… Pourquoi ce titre, et qui est ton ami dans le clip ? (L’ami en question se trouve être un morceau de bois carré sur lequel sont collés deux yeux et une bouche.)

A.L : Ah ! J’étais sur l’écriture d’une chanson, quand je suis allée au ciné avec quelqu’un pour voir un film de Wes Anderson. J’ai alors pensé que ce serait un chouette nom pour ma chanson, parce que quand tu penses à Wes Anderson et son univers, c’est très stimulant visuellement. Dans le clip, mon ami est une planche de bois avec un visage. Il n’avait pas vraiment de nom, on l’appelait donc Plank (planche en anglais). On a du vivre ensemble quelques temps (le temps du tournage). Cela a bien fonctionné puisqu’il vit maintenant chez moi, dans mon studio !

W : Je vois… Le clip est original et drôle, j’ai bien aimé !

A.L : Merci ! On s’est beaucoup amusé en le faisant !

W : Ton album I love you like a brother a un son plus rock que ton EP B Grade University, voir même parfois punk. On a une expression française qui signifie littéralement : lâcher les chevaux. Est-ce que cela fait sens pour toi ?

A.L : Oui tout à fait ! Tu veux dire ROOAAAAAARRR ? (Elle serre les poings rageusement)

W : C’est ça ! C’est ce que tu as fait avec ton album ?

A.L : Carrément, lance-toi et tu verras bien ce qui se passe ! C’est ce que j’ai fait. Lâche les chevaux et vois jusqu’où ils vont !

W : Dans ton clip Ivy League, on te voit peindre un tableau. Est-ce vraiment toi qui peint ?

A.L : (Elle rit) Non ! C’est un ami qui l’a fait pour moi, et c’est aussi lui qui a réalisé le clip. Si tu regardes bien, la main qui peint est une main d’homme, c’est la sienne.

W : Tu écris tes chansons et composes tes musiques seule ? Comment se passe ton processus de création ?

A.L : Je fais tout seule. Généralement, j’écris sur mon ordinateur, avec un soft pour créer les arrangements. La plupart du temps, je compose toujours à la guitare. Donc d’abord la guitare, puis j’écris la chanson et enfin j’essaie de trouver les arrangements.

W : Tes thèmes favoris ?

A.L : Les relations à autrui. Pas simplement les romances, mais la famille, les amis, et même avec soi-même !

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Alex Lahey, sur la Grande Scène du Port aux Escales 2018, photo ehyobro weirdsound

W : Dans le style musical que tu as choisi, beaucoup de chanteurs ou de groupes de ton âge m’ennuient. Mais quand j’écoute tes chansons, je trouve ça très bon. Est-ce parce que je sens une sincérité dans ta création ?

A.L : Je ne sais pas… Mais c’est très gentil à toi de me dire ça ! En fait je fais juste ma musique, je n’essaie pas de me comparer à qui que ce soit. Je n’essaie pas de satisfaire quelqu’un d’autre que moi. Si les gens apprécient, c’est du bonus !

W : Mais si tu fais de la musique, ça ne peut pas être purement égoïste, parce que tu donnes quelque chose de toi à celui qui t’écoute.

A.L : Oui, je me donne moi-même c’est vrai. En fait je fais en quelque sorte confiance aux gens pour aimer ce que je fais, comprendre mon propos…

W : Donc si j’aime, génial, si je n’aime pas, tu t’en moques ?

A.L : Non… (Hésitation) Tu as le droit de ne pas aimer. Je ne m’en moque pas, mais je ne vais pas m’accrocher avec toi pour ça ! (Rire)

W : Que penses-tu de l’influence de Pitchfork (site spécialisé dans la critique de musique) ? S’ils aiment l’album, chacun trouvera l’album excellent, et si au contraire ils le sabrent, alors personne n’écoutera.

A.L : Je ne pense pas que leur influence soit telle… Il y a tellement de monde qui écoute de la musique et tant de moyens différents de la découvrir ! C’est à chacun de se faire son propre avis. Je ne veux surtout pas que les gens apprécient ma musique parce qu’on leur a dit qu’elle était bonne. Et je ne veux pas non plus qu’ils ne l’aiment pas parce qu’on leur a dit que c’était mauvais !

W : Ils ont aimé ton album, donc c’est plutôt bon pour toi…

A.L : Oui, évidement ! (Rire) Personne ne dira publiquement : ils n’aiment pas ma musique, super ! Mais je ne ferai rien pour que ça aille dans un sens ou dans l’autre !

W : Comment t’imagines-tu dans 10 ans ? Tu as le droit de me dire que tu préfères profiter du présent.

A.L : J’espère faire la même choses, produire des albums, prendre mes propres décisions, jouer devant de plus en plus de monde dans le monde entier, m’amuser, fonder une famille. La chose la plus importante ; faire ce que l’on aime.

 

W : Quand tu ne chantes pas, que fais-tu ?

A.L : Je dors !!! A la maison j’adore cuisiner, lire, me relaxer, écrire des chansons, et recharger mes batteries

W : J’ai une question stupide à te poser, je ne peux pas m’en empêcher. Comment va ta Toyota Corolla ? Je te pose la question parce que mon père en avait une il y a 30 ans et c’était déjà à l’époque un tacot, juste fait pour que personne ne se gare sous notre fenêtre.

A.L : Je ne l’ai plus je l’ai vendue ! Elle était sur la mauvaise pente et commençait à déconner ! Mais c’était une bonne voiture…

W : Celle de mon père a eu une fin tragique lors de sa sortie annuelle : joint de culasse…

A.L. : Moi c’est le ventilateur… (rires)

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Alex Lahey sur la Grande scène du Port, aux Escales 2018 – Photo ehyobro – weirdsound

W : Comme tu es de Melbourne, ville invitée du Festival, je voudrais que tu me vendes un voyage en Australie, et que tu m’expliques pourquoi il faut absolument que je visite Melbourne.

A.L : Ok alors il faut que tu ailles à Melbourne car c’est la ville australienne qui bouge le plus musicalement. C’est une ville très fun où il fait bon vivre, avec des gens aimables et sympas. Melbourne est sûrement la ville d’Australie qui ressemble le plus à une ville européenne. En fait tu ne te sentirais pas tellement dépaysé !

W : J’ai oublié de te demander… Es-tu ou as-tu été Busker ? (Les buskers de Melbourne sont des artistes de rue) Je pense avoir commis un impair en posant cette question tant elle a été super mal à l’aise pour y répondre. Elle a même paru humiliée par la question.

A.L : Non ! Du tout ! (Elle a du mal à parler, le mot refuse de sortir de sa bouche) Ce n’est vraiment pas pour moi… Mais j’ai beaucoup de respect pour les gens qui le font, ils sont très courageux. Mais pour moi, ce serait la même chose si j’étais nue dans la rue devant tout le monde. Donc vraiment non, ce n’est pas pour moi !

W : Ai-je oublié de te poser une question qui permettrait de mieux te connaître ?

A.L : Je ne crois pas… On a couvert pas mal de choses !

W : Merci Alex!

A.L : Merci pour tes questions, c’était sympa.

 

Bon, je n’ai finalement pas du trop la traumatiser, puisqu’elle a posé pour la photo…

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Photo Ziggy Weirdsound

Liens :

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