La 31ème édition du festival Chorus, organisée par le Département des Hauts-de-Seine, s’est déroulée du 3 au 7 avril 2019, à la Seine Musicale. ©: @saint_xsl1

Un week-end à la 31ème édition du festival Chorus

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C’est le lieu phare de la politique culturelle départementale des Hauts-de-Seine, La Seine Musicale qui accueille l’évènement pour la troisième année consécutive, se dresse majestueuse devant moi. Un bijou qui révèle tous ses atours une fois la nuit tombée, un écrin architectural qui impressionne de par sa splendeur. Bref je ne suis pas là pour analyser le lieu, mais bien pour ce qui s’y passe. Nous sommes vendredi et comme tous les vendredis, ce soir on se permettra tout, surtout que c’est le premier événement de la saison des festivals.

Vendredi 5 avril 2019 : Première soirée électr(on)ique

Après un passage par l’accueil presse pour récupérer mon accréditation et la zone de contrôle pour les palpations habituelles, me voici dans l’antre de ce mastodonte. Cette année, les différents artistes s’exprimeront sur six scènes au lieu de cinq comme l’année dernière. La nouveauté cette année étant la scène Odela, qui comme la scène du parvis se trouve en extérieur, mais cette fois-ci à l’arrière du bâtiment avec une vue imprenable sur ce dernier.

Un petit coup d’œil sur la programmation pour m’apercevoir que j’ai loupé la prestation de Mikano, jeune rappeur d’origine Camerounaise que j’avais envie de découvrir, mais j’espère le recroiser cet été.

19h50 : 2Manydjs devant une grande scène trop vide

Le premier arrêt de la soirée sera à la grande scène, où deux djs sont devant les platines en train de mixer devant une salle à moitié vide. Il s’agit du binôme Belge Stephen et David Dewaele, deux frères qui feront tout leur possible pour réveiller ce bout de monde un peu timide. Ils feront danser la salle sur «Relax» de Frankie Goes to Hollywood quelques minutes avant mon départ. Un créneau horaire qui n’était pas à leur avantage, une programmation en fin de soirée me semble convenir à ce genre de prestation. Mais le Britannique Fatboy Slim était justement prévu pour ça.

20h : Un réconfort nommé Faroe

Je quitte la grande scène et me dirige vers le Club Tutti, cet arrêt n’était prévu dans mon programme, mais après avoir jeté un coup d’œil à la programmation, je me suis rendu compte que je pouvais découvrir un artiste de la sélection du prix chorus en 15 minutes. Je me suis laissé tenter. Le vigile à l’entrée me prévient que les verres sont interdits à l’intérieur, ça tombe bien, je n’en ai pas (pas encore…). Un souffle réconfortant m’accueille, porté par une voix grave qui pousse la chanson armé d’une guitare. Il s’agit de Faroe, le jeune musicien nous offre un moment de pure émotion, un peu troublé par les gamins qui courent dans tous les sens entre nos pieds. Et les enfants c’est pas interdit qu’ils nous gâchent ce moment ?

20h22 : Oktober Lieber, Prix Chorus 2019

Je passe du club Tutti au club Riffx qui se trouve juste à côté où Charlotte et Marion, du duo Oktober Lieber sont déjà sur scène derrière leurs différentes platines. On est face à de l’électro punk que le public prend plaisir à apprécier en ce début de soir, c’est un afterwork qui ne dit pas son nom. Il manque juste quelques verres dans les mains pour mieux apprécier l’ambiance, la nouvelle scène Odela en extérieur aurait été plus appropriée. Les deux parisiennes remporteront plus tard le Prix chorus 2019, une création du département des Hauts-de-Seine dotée de 10.000 euros en aide professionnelle.

Le duo Oktober Lieber. © Titouan Masse
Le duo Oktober Lieber. © Titouan Masse

21h40 : Et Tricky quitta la scène

La fosse de la grande scène est pleine comparé à tout à l’heure, c’est le premier grand nom du jour, mais le public restera sur sa faim. Je ne sais pas ce qui se passe, mais tout indique un souci avec les lumières, la scène est plongée dans un bleu nuit à l’arrivée de l’artiste. Mais de Tricky, on entendra à peine la voix, c’est plutôt sa musicienne que j’ai du mal à distinguer qui pousse la chanson. Au bout d’un moment l’artiste s’éclipse de la scène, excédé par le souci technique, le public piaffe, il ne reviendra pas. C’est dommage, j’avais vraiment envie de voir ce qu’il donne sur scène. La fosse se vide petit à petit et je fais partie de ceux qui rouspètent en quittant les lieux.

23h50 : La légende vivante Fatboy Slim

https://twitter.com/weirdsoundnet/status/1114449829982294016
Tout n’est pas perdu ce soir et nous le découvrirons très vite avec FatBoy Slim qui va retourner le public de la grande scène de la Seine Musicale, aidé d’un tableau sons et lumières à faire pâlir les grandes pistes européennes. Dans un univers de BD à base de lasers et vidéos, le Boy va mener sa barque d’une main agile qui provoquera des bouffées d’oxygènes à certains. Une prestation électrique pour ce qui constituait son unique show à paris en 2019.

Il ne fallait surtout pas se manquer pour cette grande soirée d’ouverture de la programmation du week-end, et malgré le couac Tricky, le festival Chorus s’en sort plutôt bien.

Samedi 6 avril 2019 : de l’Indé en veux-tu en voilà

Je me remets à peine de ma nuit, il faut dire que la soirée s’est prolongée jusqu’à 3h du matin au Séguin club de la Seine musicale, où un after était organisé. Ma motivation est au point mort, après une bonne douche, les choses semblent rentrer dans l’ordre.

Me voici donc de retour à la Seine Musicale pour cette deuxième soirée du week-end, le ciel n’a pas la même apparence que la veille, mais on ne se fait pas trop d’inquiétude, la majorité des salles sont en intérieur. Je retrouve un confrère rencontré à l’after.

19h : La folk Sud-Africaine de Bongeziwe Mabandla

Nous descendons au club Riffx où j’ai envie de découvrir l’étoile montante de la folk Sud-Africaine Bongeziwe Mabandla, dont j’ai lu quelques lignes de la bio dans le métro tout à l’heure. Une folk à la fois nostalgique et dénonciatrice, qui attire les foules. La petite salle est presque comble, l’ambiance chargée, on se laisse imaginer l’ambiance dans les champs de canne à sucre pendant l’apartheid, la musique comme échappatoire.

19h45 : Aparté avec Flèche Love

J’ai rendez-vous avec Amina alias Flèche Love à l’espace presse à 19h45 pour un aparté d’environ 15 minutes. Je suis resté sur ma faim la première fois que je l’ai vue sur scène, c’était au Pan Pipper au cours de la soirée spéciale femmes organisée par le festival les Femmes s’en mêlent. Un aparté au cours duquel je vais apprendre un peu plus sur son univers, ses doutes et ses combats.

20h30 : Apéritif dinatoire

Je rejoins des confrères dans l’espace VIP où un apéritif dinatoire est offert par le département, quelques happy fews se mêlent aux journalistes qui subitement, ne sont intéressés par aucun des concerts qui ont lieu au même moment. Je pose la question et c’est en chœur qu’on me répond « mais on l’a déjà vu lui, de toute façon c’est toujours la même chose. ». Et le 4ème verre que tu descends ce n’est pas un peu la même chose ? lance une voix à l’intérieur de moi.

21h10 : Un crooner au chapeau

Et voilà les photographes qui s’élancent, dans les couloirs de la Seine Musicale afin de rejoindre le parvis, certains étaient tellement concentrés devant leurs verres que le concert de Charlie Winston était sorti de leur esprit. Sur le parvis la foule est déjà présente, assez nombreuse, sur scène les premiers sons se font entendre. C’est caché derrière ce qui ressemble à une grande toile transparente, que le crooner fera ses premiers pas déclenchant très rapidement l’euphorie du public. Dans un duel avec son batteur, il nous a offert un grand moment où les riffs de guitare affrontaient les différents sons de la batterie. Un show qui fera vaciller le public du parvis et mettra l’artiste KO par terre, après avoir perdu son chapeau.

21h30 : une flèche sans poison

On quitte le parvis pour le club Tutti où flèche love ne va pas tarder à rentrer sur scène, la salle est déjà à moitié pleine et d’autres ne vont pas tarder à nous rejoindre. C’est dans une ambiance funèbre et sur Festa Tocandira que Amina fait son apparition devant nous dans une longue tunique noire sans manche, laissant apercevoir les tatouages qui magnifient son corps. Elle enchainera avec Umusuna, Los Nomades del Sol avant de faire danser toute la salle avec Sisters, qu’elle prendra la peine d’expliquer : « dans ce morceau, je parle de toutes les femmes, je vous invite à célébrer avec nous, femmes, hommes, trans… because tonight we are all Sisters ». Let’s celebrate !!!

22h10 : la folie Shaka Ponk

On n’a pas le temps de souffler qu’il faut déjà retourner vers la grande scène. Un monde fou furieux nous accueille, pas étonnant vu l’affiche de la soirée. Les geeks survitaminés de Shaka Ponk sont attendus par une salle comble, qui s’excite dans tous les sens, certains arborant des tee-shirts à l’effigie des membres du groupe. A l’arrivée du groupe c’est le délire, un vacarme assourdissant envahi la salle, les téléphones crépitent dans tous les sens. Le MonkAdelic Tour Part II déploie ses ailes sur la Seine Musicale, ce même spectacle qui leur a permis de remplir deux fois l’AccorHotels Aréna à Paris. Fidèle à sa réputation, Frah ne manquera pas d’effectuer son plongeon légendaire sur le public de la fosse, déclenchant immédiatement une cohue générale. Mais pour moi c’est du déjà vu, je connais la scénographie par cœur, je les ai tellement vus en festivals l’été dernier que feindre la surprise est plus fort que moi.

Il est temps pour moi de lever l’encre, la soirée s’étire jusqu’à 1h10, mais une autre soirée m’attend, un anniversaire prévu de longue date. Je quitte l’ile Séguin pour une autre île sans changer de ville, celle de la cité.

Dimanche 7 avril 2017 : Place à la jeunesse hip-hop

Généralement, dimanche rime avec repos, mais cet après-midi, point de repos dominical, la jeunesse a répondu présent. Il faut dire que la programmation de ce jour est pour quelque chose avec une palette de rappeurs à l’affiche, de quoi attirer une foule d’adolescents friands de ce genre musical. C’est armé de ma bible en matière de hip-hop que j’ai fait le déplacement aujourd’hui, un collègue qui s’y connait mieux que moi en la matière.

16h30 : Maes, Badboy à la gueule d’ange

Il ne nous faut pas aller bien loin pour tomber sur Maes, le jeune rappeur à la gueule d’ange est déjà sur la scène du parvis de la Seine musicale, devant une flopée de fans. Des ados pour la plupart qui s’excitent en sautant dans tous les sens dès qu’il prononce un mot. Sacoche LV en bandoulière, dans un ensemble noir de la célèbre marque à la virgule. Une tenue qui fera beaucoup de bruits sur les réseaux sociaux, la plupart des fans cherchant à l’avoir. Un twitto nous donnera plus de précisions sur la provenance « Collectif Ultra Paris, tu ne peux l’avoir que si t’achètes au CUP (groupe ultra du PSG) ».

17h10 : la première de Youssoupha à la Seine Musicale

Après il faudra foncer vers la grande scène pour Youssoupha. Une première pour son équipe et lui à la Seine Musicale cet après-midi avant son concert à la Salle Pleyel à Paris. Le rappeur passera en revue les nouveaux titres de son 5ème album Polaroïd Expérience, inspiré par ses photos d’enfance ainsi qu’une partie de ses anciens succès.  La salle se transformera en grande fête populaire de fin d’année au son de « Bonne année, bonne année, je te souhaite la bonne année… ».

17h45 :  Entre introspection et ambiancement avec Di#se

Di#se nous ouvrira les portes du club Riffx pour notre dernière descente vers le sous-sol, le jeune rappeur d’à peine 17 ans nous avait surpris lors de la soirée de présentation du festival le mois dernier. Aujourd’hui on en saura un peu plus sur son univers et ses textes à la maturité bluffante en interview, mais avant place au show. C’est devant un public clairsemé que le jeune rappeur assurera ses 45 minutes de show, la faute sans doute à la programmation (Youssoupha était programmé à la même heure) ou l’interdiction de ramener son verre dans la salle qui a freiné pas mal de monde à l’entrée. Un concept à changer à l’avenir pour permettre de profiter dans de meilleures conditions.

19h05 : les belges Caballero et JeanJass

Retour sur la grande scène avec Caballero & JeanJass, le duo de la nouvelle scène hip-hop Belge de passage à paris pour le festival chorus avec la tournée Double Hélice tour du nom de leur nouveau projet. C’est armé d’une cabine téléphonique France telecom que les deux complices livreront leur show sur scène, interrompu soit par la mère de Caballero lui passant un savon devant le public ou par un fan se plaignant de sa commande. Un show salué par un public essoré après leur passage.

20h30 : un piano +une voix = Scylla & Sofiane Pamart

Direction l’auditorium avec ses escalators et couloirs à n’en plus finir pour découvrir le duo charismatique Scylla au micro & Sofiane Pamart au piano, et se laisser envouter confortablement installés dans nos fauteuils. Évoluant entre rap et poésie, le duo revendique son appartenance à la grande famille de la chanson française à texte et c’est avec raison, puisqu’ils nous transporteront dans leur univers émotionnel et sincère dont on avait besoin en cette fin de soirée.

Scylla & Sofiane sur la scène de l'auditorium de la Seine Musicale pour le festival Chorus, dimanche 7 avril 2019. ©: @saint_xsl1
Scylla & Sofiane sur la scène de l’auditorium de la Seine Musicale pour le festival Chorus, dimanche 7 avril 2019. ©: @saint_xsl1

21h : le boucan SCH

On s’approche déjà de la fin de cette édition 2019 du festival Chorus et c’est avec un poids lourd du rap français en la personne de SCH, que nous allons clore ce week-end dans l’enceinte de la Seine Musicale. Le Marseillais qui vient de faire son grand retour avec un 3ème album JVLIVS, salué par la critique et les fans, est en terrain conquis ce soir. On oublie la bataille que se livrent les deux équipes de foot pour se concentrer sur son projet marqué par les titres phares comme Le Code ou encore Otto qu’il reprendra sur scène, micro dans la main Gauche et bouteille de sky dans l’autre. Une image qui ne surprendra pas les fans de Booba ou encore de rappeurs hardcore, d’ailleurs une odeur d’herbe se répand dans la salle, ceci explique sans doute l’excitation du public. Ça pogote dans la fosse, des ados qui ne semblent pas se soucier du lendemain. Je demande à mon collègue s’ils n’ont pas cours demain ? Il me regarde et rigole. J’ai sans doute oublié qu’il n’y a pas bien longtemps, j’étais pire qu’eux.

Il faut filer pour éviter la cocue à la fin, je jette un dernier coup d’œil dans la fosse, ils sont vraiment « Chorus » ces jeunes…

Bilan

Malgré les couacs du premier jour entre Ammar 808 et Tricky, la 31ème édition du Festival Chorus s’achève plutôt sur une note positive. Les spectateurs ont répondu présents en masse, puisqu’ils étaient plus de 13.000 à déambuler entre les 6 scènes installées dans l’écrin de la Seine Musicale. Une hausse de 18% par rapport à l’année dernière, de quoi motiver les équipes du festival pour qui tout n’a pas été simple.

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Rédacteur pour le site, amateur de Rap, RnB et autres musiques urbaines! Autant dire un oiseau rare chez weirdsound :le reste de l'équipe le chambre en permanence, mais rassurez vous, il le vit bien!
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