Yeast : un brillant EP à découvrir absolument en live !

Yeast au ferrailleur / crédit photo : Guillaume Joliot Yeast au ferrailleur / crédit photo : Guillaume Joliot

Jeudi dernier le ferrailleur, petit bar concert à Nantes, proposait une soirée très lyonnaise avec 2 groupes venant de la région Rhône-Alpes qui profitaient de l’invitation de ce lieu pour nous présenter leur nouveaux EPs respectivement. Curieusement, je ne connaissais pas le groupe Yeast. Vous non plus peut-être. Ça tombe plutôt bien ça ! Et pour ceux qui ont déjà vibré sur leurs sonorités, alors il n’y a pas de secret pour vous, sûrement que vous pouvez prédire mes prochains mots…

La nuit est tombée sur la ville nantaise, je marche en direction du hangar à banane, petit lieu en bord de Loire où bars, salles de concert et librairie se mélangent aux couleurs d’anneaux lumineux. Nous sommes jeudi soir et il ne fait pas très frais pour un mois de novembre, pourtant peu de monde s’y promène. Une fois arrivé devant le ferrailleur, de bons habitués du bar-concert trinquent déjà au week-end qui se profile, alors que des touristes s’arrêtent pour boire une mousse en terrasse. Le premier concert commence dans une heure, et j’en profite pour échanger en terrasse avec le groupe Yeast composé de quatre amis lyonnais. Le sujet tourne autour de leur nouvel EP, « Dust of Light » qu’ils ont enregistré en février et qui est sortie le 12 octobre dernier. Entre ces deux dates, Léo, le chanteur du groupe, m’explique « on avait envie de bien préparer la sortie [de l’EP] avec la création de clips et la préparation de la tournée, au final ce n’est pas un temps excessivement long ».

On fait de la musique très aérienne.

Avant de venir à cette soirée, j’ai écouté leur dernier EP et une chanson m’a vraiment interloqué, c’est le dernier titre « We are the same ». Un morceau magnifique par sa sonorité et par ses paroles qui dénoncent le monde actuel. Yeast se défend à ce sujet en m’expliquant : « C’est surtout un ressenti, on ne fait pas de morale aux gens, c’est une image de ce que l’on ressent. On voyage beaucoup, on rencontre du monde. Finalement, peu importe qui vous êtes, on est là pour partager un bon moment ensemble ». Ne pouvant m’empêcher de les féliciter pour ce titre, je souligne le fait qu’on peut entendre 2 phrases en français à 1’28 précisément, une première pour eux. Léo me reprend aussitôt : « On avait déjà deux phrases en français dans « Walls », mais c’est une volonté qui est plus poussée par l’artistique. C’est principalement au niveau des sonorités et on continuera à développer cela sur les prochains mois. On aurait aimé écrire ce titre totalement en français, mais ça devenait très vite un titre engagé, très cru. Et l’idée de nos textes, c’est de rester imagé, car on fait de la musique très aérienne. Il ne faut vraiment pas que ça desserve la musique ». Avant de se quitter, je leur demande s’ils ont un rituel avant de monter sur scène. Timidement, ils se regardent et avoueront par la voix de Judicaël, bassiste du groupe : « 30 minutes avant le live, on s’isole les quatre dans notre loge avec notre manager, on se fait des câlins et des bisous pour se donner de bonnes énergies. Ça fait un peu caprice d’artiste, mais ça permet de bien se préparer et quand on arrive sur scène, on est déjà à fond dans le concert ».

Yeast ferrailleur 5
Léo, chanteur du groupe Yeast au ferrailleur

C’est le moment pour eux de partir s’isoler justement. J’en profite pour boire une bière (ce sera la seule de la soirée, promis) en terrasse avant le premier concert. Et rappelez-vous, ce groupe de touristes évoqué précédemment, curieux de ce qui se mijote à l’intérieur du bar-concert décide d’annuler leur restaurant en centre-ville pour vibrer en musique, ce n’est pas beau ça ?

C’est le moment de rentrer dans la salle de concert, avouons-le, il n’y a pas grand monde et le public reste timidement sur les côtés de la salle. Le premier groupe rentre en scène. C’est donc un groupe nantais, The Rams, qui ouvre la soirée. Très courageusement, le chanteur du groupe met le public à l’aise, et fait tomber le 4e mur, tel qu’on pourrait l’appeler au théâtre, en jouant au milieu de la foule. En quelques morceaux, le groupe a chauffé la salle pour Yeast qui se prépare en coulisse. La salle commence à se remplir tout doucement, les lumières s’éteignent, le changement de plateau s’effectue, les synthés sont installés, Yeast va commencer…

Le groupe commence fort avec son premier titre en guise d’introduction, une façon pour eux d’annoncer la couleur au public. Juste après ce morceau, c’est le moment de prendre la température. Léo, le chanteur, salue les spectateurs, de notre côté, tout le monde joue le jeu et on se sent très vite acteur de leur musique. Ils enchaînent leurs différents titres avec une énergie débordante. Contrairement à l’écoute CD, Yeast apporte des nouveautés en live. L’instrumental est au cœur de leur concert notamment avec cette forte présence de synthétiseur et, il faut le dire, ça groove grave ! On pourrait même parler d’un live rock garage tellement qu’ils en veulent. Yeast nous offre un vrai show avec des moments de partage avec le public, mais on ressent également une profonde complicité entre les membres du groupe qui ne jouent pas chacun dans leur coin. Non, non, non !! Durant tout le live, chacun sortira de sa zone de confort pour aller défier ses camarades sur scène comme s’il leur était demandé de donner le meilleur d’eux même. Une pression positive qu’ils se communiquent entre eux. On notera des moments un peu plus calmes avec le titre « Cold Live », nous offrant un break évasif où l’on se laisse porter par leur musique et nous permettant de reprendre une bouffée d’oxygène avant de se lâcher sur le dernier morceau « We are the same ». Sur ce titre, le public est conquis, s’exprime en dansant et, sans surprise, Yeast est chaleureusement applaudi à la fin de leur prestation. Un rappel est même scandé, mais nous ne reverrons pas le groupe pour un ultime morceau. Yeast laissera la place à leurs amis lyonnais Two Faces qui clôtureront la soirée au ferrailleur.

Maintenant que Yeast a présenté leur EP au grand public, ils vont le défendre lors des prochains mois et lorsque l’on évoque la possibilité d’un album en préparation, Yeast nous confie : « On nous pose beaucoup la question en ce moment. C’est super cool de savoir qu’il y a une attente. C’est clairement quelque chose dont on parle entre nous. On a tous qu’une hâte, c’est de s’y mettre ».

Yeast ferrailleur
Judicaël, le bassiste du groupe Yeast au ferrailleur

En parallèle de leur EP et de leur tournée, Yeast s’est fait repérer par le constructeur automobile Citroën qui les accompagne dans leur développement. D’ailleurs, on peut retrouver leur titre « Black Night » dans les publicités de la marque française. Et après la publicité, c’est le cinéma qui est venu frapper à leur porte puisque deux de leurs titres sont utilisés dans le film “Rip Tipe” avec Deddy Ryan diffusé sur la plateforme Netflix. Preuve que Yeast a de beaux jours devant eux avec leur musique colorée et aérienne. D’ailleurs lorsqu’on leur demande de se projeter en 2030, le groupe rigole et Arthur, le guitariste, me répond : « On espère partager notre musique avec encore plus de monde. Avoir encore plus de moyens pour développer notre set et s’acheter plein de synthétiseurs ». Tout le monde explose de rire jusqu’à ce que Cyril, le batteur du groupe, réplique : « Ce serait pas mal qu’il y est moins de malheur dans le monde, qu’on n’ait pas besoin de dénoncer tout cela et qu’on parle que d’amour ».

 Si vous n’êtes toujours pas déterminé à aller les voir en live, sachez qu’ils m’ont confié chacun un mot qui résume leur concert : « Energie – Brut – Partage – Sincérité ». Un groupe que l’on risque bien de revoir dans les prochaines années. On se donne donc rendez-vous en 2030 ( ou peut être un peu avant quand même).


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