Pochette de l'album The Falling TUY

The Underground Youth: le dark Folk post Punk de The Falling

The Underground Youth sort son 10ème album, The Falling, ce 12 Mars sur le label Fuzz Club Records. Un album qui est une occasion de revenir brièvement sur le groupe fondé et porté par Craig Dyer et Olya Dyer. Evocation aussi d’une histoire d’amour musical avec le fondateur du label Fuzz, Casper Dee. Aujourd’hui, le couple Dyer est complété par Leo Kaage (batteur, claviers mais aussi mixeur/producteur) et Max James (basse, croisé jadis avec Johnny Marr).

The Underground Youth : une love story musicale avec Fuzz club

Le titre ouvrant l’album Delirium en 2011

La création du label Fuzz Club est, en effet, indissociable de The Underground Youth. Nous sommes en hiver, en 2010. Casper Dee, dans la neige et l’obscurité du cercle polaire norvégien, va saisir l’opportunité d’un concours de circonstances. Il vient de découvrir The Underground Youth, s’est cassé une jambe et une galerie lui propose d’acheter un Bansky qu’il possédait. Casper Dee accepte l’offre, la rentrée d’argent lui permettant de créer un label. « J’appelle Craig de TUY et n’ai plus jamais reculé » raconte t-il dans une ITV en 2013.

Dès l’été 2011 sortait le 5ème album de TUY, Delirium, sur le tout nouveau label Fuzz Club Records. Le label s’internationalisait déjà rapidement avec l’arrivée des islandais de Dead Skeletons et Singapore Sling. L’année suivante étaient signés aussi mes chouchous italiens de Sonic Jesus. Comme Sean Bouchard et son label Talitres, en France, Casper Dee avait aussi une approche et une éthique contrastant avec la grande industrie musicale. Il ne produit que des artistes dont il aime la musique, privilégiant la relation humaine. « Si votre intention est purement de faire de l’argent, alors vous frappez à la mauvaise porte » disait-il en 2013.

A noter aussi que Casper Dee ayant été collectionneur et amateur d’art, il eût une approche artistique apportant un plus au label. Cela se traduisit dans la volonté de sortir des éditions spéciales, de luxe, avec des pochettes souvent belles et originales. C’était d’autant le cas lorsque les musiciens étaient aussi peintres, dessinateurs ou designers. Olya Dyer a ce double rôle pour TUY.

The Underground Youth, de Manchester à Berlin.

Un de mes titres préférés de TUY et un superbe album.

The UndergroundYouth est le projet solo de Craig Dyer, en 2008, à Manchester. Il appelle ainsi son projet car un des premiers poèmes qu’il avait écrit s’intitulait Underground Youth. Tout en venant de Manchester, TUY se démarque tout de suite de la scène musicale mancunienne. Il faut dire que ceux qui ont influencé Craig Dyer, dès sa jeunesse, sont surtout de écrivains-poètes musiciens comme Dylan, Leonard Cohen, Patti Smith et ceux de la Beat Generation. Nous allons en retrouver plus qu’un parfum dans le dernier album.

Dès 2009, un premier album, Morally Barren, voit le jour, suivi très vite de Voltage puis en 2010, les albums Mademoiselle et Sadovaya. Mademoiselle est un album dont la pochette fait penser à Barbara. Je n’ai découvert cet album et TUY qu’en 2016 lors de sa réédition physique par Fuzz. Les influences rock psyché se font davantage sentir et l’album est superbe. Certaines de ces perles, comme Hope & Pray ou Mademoiselle ont été jouées à Nantes, en live (Scène Michelet), en 2019. Ce fut un grand plaisir pour moi!

The Underground Youth Nantes Juin 2019
The Underground Youth Nantes Juin 2019 Photo benoit@weirdsound.net

Aujourd’hui le couple Dyer est installé à Berlin, surtout connu pour sa scène techno mais pas que ! Dans une itv à un website de Banja Luka, Treci Svijet, Craig Dyer évoquait d’ailleurs « la scène alternative Punk très excitante » de la capitale allemande. Il rappelait aussi que c’était la raison pour laquelle beaucoup de groupes ou musiciens, comme eux, s’étaient installés à Berlin.

The Falling, un album dark et mélancolique mélangeant les styles.

Clin d’oeil à Dylan et Cohen

Le nouvel album, The Falling, séduit dès le titre éponyme d’ouverture. En effet, la chanson The Falling nous embarque immédiatement dans un voyage musical et cinématographique. L’addiction va durer tout au long des 8 titres de l’album. On pense alors à Nick Cave, les cordes ajoutant une dimension mélancolique que l’on va d’ailleurs souvent retrouver. Le 2ème titre est en allemand. Vergis Mich Nicht peut se traduire par « ne m’oublie pas ». Si l’harmonica est un clin d’œil à Dylan, la voix de Craig Dyer rappelle, cette fois, Cohen. Mais l’atmosphère est ici différente. Un peu lugubre avec une volonté de dépouillement avoué par Craig Dyer: « L’idée était de dépouiller le son du groupe pour permettre un espace de respiration pour les paroles« . Résultat magnifique !

Dans Egyptian Queen, l’orgue, la guitare et le violon subliment la voix de Craig Dyer complétée par celle d’Olya. Le parfum Cohen subsiste dans And I avec ses chœurs aériens et sa guitare mélancolique. Dans A Sorrowfull Race, nous apprécions à nouveau le beau jeu de guitare acoustique. Dans ce titre Craig Dyer chante « Pourquoi il accomplit tellement plus que moi, en si peu de temps, je ne comprendrai jamais pourquoi…je continuerai juste à écrire, ligne après ligne« . « Line after line » est martelé une dizaine de fois. « Cette chanson est en quelque chose comme une attaque personnelle sur moi même…et la narcissique frustration envers ceux dont le succès a éclipsé le mien » confesse d’ailleurs Craig Dyer.

For You are the One emprunte la voie folk rock post punk où se mélangent Nick Cave et…Dropkick Murphys ! C’est un de mes titres préférés. »Je voulais ce titre sautillant, ivre et optimiste, quelque chose qui ne ressemble à rien de ce que j’avais écrit avant« ….. »L’ajout du violon sur l’album améliore chaque titre mais c’est celui ci qui en en est le plus affecté » précise Craig Dyer. Cabinet of Curiosities peut sembler un emprunt à Jacco Gardner mais il n’en est rien ! Les notes de guitare de ce très beau titre sonnent très années 60th et peuvent refléter une certaine nostalgie du passé. C’est « Letter from a Young Lover » qui clôt l’album de belle manière, donnant envie d’en recommencer l’écoute !

Si Tunng a inventé la Folktronica, Dropkick Murphys le Punk Celtique, on pourrait dire que The Underground Youth ont été les pionniers du dark folk post Punk.

Avec un violon pour sublimer le titre

The Underground Youth: The Falling, un album intimiste et « lettre d’amour au passé ».

Si l’album révèle une grande honnêteté d’écriture, il reflète aussi une part de sincérité et d’intimité que la pandémie et le confinement ont pu contribuer à accentuer. L’album a été enregistré pendant la pandémie par Craig Dyer et son guitariste producteur Leo Kaage, qui ont transformé leur appartement en Home Studio.

« L’album me montre revenir à une approche d’écriture de mes premiers albums, écrivant des démos comme des titres plus dépouillés à la maison » avoue Craig Dyer. « Ce qui avait démarré comme un set de chansons romantiques et profondément personnelles surmonta aussi les frustrations environnantes et les sentiments dans lesquels la situation nous avait plongés« . Né avec la tristesse d’une pandémie mondiale, « l’album fonctionne aussi comme une lettre d’amour au passé » confie aussi Craig Dyer.

Craig Dyer a ainsi écrit son album « le plus sincère » qu’il n’ait jamais fait. « Ce disque a été aussi honnête que possible sur le plan des paroles « ajoute encore Craig Dyer, « ce qui inclut de montrer des sentiments qui furent peu-être plus durs à affronter« .

Un titre intimiste

Epilogue: The Falling et The Underground Youth…..incontournables !

Si certains d’entre vous sont encore passés à côté de The Underground Youth, ce dixième album, The Falling, doit vous réveiller d’urgence. The Underground Youth reste encore trop dans l’ombre, trop Underground. Il doit cependant trouver une place de choix dans votre discothèque !

https://fuzzclub.com/

Ziggy

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