Nebula : Un retour inattendu!

En lisant la programmation du Hellfest version 2018, j’ai dû m’y prendre à deux fois pour être certain d’avoir bien lu : Nebula sera de la partie au mois de juin prochain à Clisson ! Je vous sens peu réceptifs à cette information, planqués que vous êtes, derrière vos écrans…Et pourtant, c’est une grande nouvelle ! Pourquoi me direz vous ? Les plus impertinents rajouteront : mais au fait c’est qui Nebula ? Salauds !

Vous aimez Fu Manchu ? Mondo Generator ? Kyuss ? Red Fang ? Orange Goblin ? Serge Lama ? (Un intrus est caché dans la liste), Nebula est donc fait pour vous ! Vous avez un ADN présentant des gènes stoneriens, un jour viendra où vous écouterez Nebula, si ce n’est pas déjà fait.

Nebula, est donc un magnifique groupe de stoner américain fondé outre atlantique en 1997, période prolifique pour la scène stoner. Le groupe est créé à l’initiative de trois anciens membres de Fu Manchu (autre formation de stoner dont il faudra absolument parler sur weirdsound un jour) : le guitariste et chanteur Eddie Glass, Mark Abshire à la basse et le batteur Ruben Romano.

Se mettant rapidement au travail, ils sortent un EP/album intitulé Let it Burn, une galette de six titres qui passera à huit un an après, et qui recevra un accueil très favorable des fans de stoner et de la presse spécialisée. Sans réinventer le genre, Nebula propose avec Let It Burn un bon vieux son blues-rock qui fait la part belle aux riffs de guitares bien lourds et à une batterie survitaminée, mais on y trouvera aussi du sitar et de la guitare acoustique ! Au niveau des inspirations, C’est très marqué années 70. On y ressent l’ombre d’un Black Sabbath sur quasiment toutes les compositions, de Monster Magnet…mais aussi, et de manière plus surprenante, de Hawkwind, groupe très apprécié par les garçons de Nebula. En écoutant les arrangements de la première chanson de Let It Burn, Elevation, vous trouverez effectivement des sonorités qui ne sont pas sans rappeler nos chers space warriors ! Let It Burn est un excellent album, à la croisée des chemins entre le rock psyché, le space rock et le stoner à proprement parler. Je vous conseille sa découverte, ça va en mettre plus d’un sur les fesses. Pour information, il vient d’être réédité en CD et vinyle : que sont quelques euros en face d’un plaisir quasi infini ?

Live du morceau Let It Burn (1998)

Grâce à Let it Burn, voilà nos trois compères propulsés au rang de grands espoirs pour la cause du stoner. Que font-ils alors pendant deux ans ? Rien ! Nada ! Chez Nebula, on n’est pas du genre pressé, il faudra attendre 1999 pour voir arriver le second album du groupe, nommé To The Center.

nebula - to the center.jpgLa pochette de To The Center – Plus stoner tu meurs!

Ce dernier est lui aussi sous fortes influences des années 70, on pourrait convoquer Black Sabbath, Hawkwind mais aussi Led Zepplin comme inspirations pour To The Center. Ceci étant, un aspect plus punk fait irruption dans la musique de Nebula, notamment avec la reprise de I Need Somebody des Stooges. A mes oreilles, on sent que la vague grunge est passée par là, et les petits gars de Nebula en ont visiblement tiré quelques enseignements ! Cet album a aussi été l’occasion de côtoyer Iggy Pop, qui est depuis un grand fan du groupe (ci ça ce n’est pas la classe…). Sur la même période Nebula sortira aussi deux EP : un en collaboration avec le groupe de stoner Lowrider, et un autre, Sun Creature, qui ressemble furieusement à du Fu Manchu.

Live de Nebula – Sun Creature (1999)

Arrive alors 2001 et l’album Charged, qui reste musicalement dans la droite lignée de ces deux prédécesseurs : c’est du bon stoner des familles avec une dose de rock psychédélique qui fait du bien à l’ensemble. C’est peut-être d’ailleurs cet attachement aux références psychédéliques qui fait la différence entre Nebula et les autres formations de la famille du stoner. Ils arrivent à conjuguer les fondamentaux du stoner (rythmes soutenus, basse très présente, paroles simples et efficaces…) avec une touche d’expérimentations (présence de guitare acoustique) et de sonorités propres au rock psyché. Sur cet album, les fans de Kyuss comme ceux de Jimi Hendrix pourraient faire la ronde ! Les chansons Beyond et Shaker auraient bien leurs places sur un album du grand Jimi, et que dire de Instant Gravitation, véritable manifeste musical du stoner ! Charged se termine par une chanson de plus de 9 minutes, All The Way, un morceau scotchant, porté par un riff lent et interminable, que les fans de doom metal sauront appréciés ! Vous l’aurez compris, Charged est un sacré album, il sera aussi le dernier avec Mark Abshire à la basse.

Giant joué en live par Nebula – morceau présent sur l’album Charged

En 2003, Nebula sort un nouvel album, intitulé Atomic Ritual. Il est produit en collaboration avec Chris Goss, légende du stoner qui est, excusez du peu, le producteur de Kyuss et un des membres fondateurs de Masters Of Reality, groupe considéré comme l’un des chefs de file de la mouvance stoner. Chris Goss a aussi travaillé régulièrement avec Queens Of The Stone Age (ça c’est pour votre culture générale : c’est cadeau !). Là encore l’album surprend dans le bon sens, on y retrouve 12 titres, dont la dernière Atomic Ritual Revisited en piste cachée, avec cette fois ci Simon Moon à la basse. Atomic Ritual est considéré comme l’album le plus abouti du groupe, servi par une production de très bonne facture. Comme déjà dit sur les trois précédents albums, le rock pysché et les seventies s’invitent une fois de plus, mais cette fois ci c’est magistral ! Des morceaux planants comme Paradise Engineer, Electric Synapse ou Strange Human, des guitares qui débordent de fuzz…C’est simple, vous passez une heure dans un autre monde. J’ai découvert en préparant cet article (et oui, on les prépare !), que sur la pochette de l’album on trouvait plusieurs références écrites tirées de l’œuvre de Aleister Crowley, célèbre occultiste que l’on retrouve dans les œuvres de nombreux groupes de metal, notamment Black Sabbath pour ne citer qu’eux.

So It Goes en live – Morceau présent sur Atomic Ritual ( filmé en 2005 au japon)

nebula apollo.jpg

La pochette de l’album Apollo de Nebula (2006)

On arrive en 2006 et à Apollo, la basse a encore changé de mains, c’est Tom Davies qui s’y colle. Bon le titre et la pochette de l’album ne laissent que peu de doutes, nous sommes en plein hommage au space rock ! L’album est fidèle aux productions précédentes de Nebula, et on y trouve cette alchimie entre pysché et desert rock qui distingue Nebula des autres groupes de stoner. Personnellement, je trouve cet album légèrement en dessous de Atomic Ritual et surtout de Charged, il n’en demeure pas moins très bon, et il ravira tout fan de stoner !  Quelques bons morceaux sortent du lot, comme Future Days ou bien The Eagle Has landed…Mais ! Mais on a l’impression d’écouter une sorte de best-of du groupe.

Le groupe se met en sommeil à compter de 2009, après la sortie de Heavy Psych, le dernier EP en date de Nebula. Et en octobre 2017, la nouvelle tombe ! Nebula reprend du service ! Leur label, Heavy Psych Sounds, en profite pour rééditer Let It Burn, To The Center et la compilation Dos EP’s (parue initialement en 2002). Ces rééditions sont accompagnées de bonus, vous trouverez l’ensemble dans vos crèmeries habituelles. Je vous conseille fortement de ne pas louper le passage de Nebula au Hellfest 2018, sachant que cette année, niveau stoner on est gâté ! Les programmateurs nous font le plaisir de convier Orange Goblin (si vous êtes gentils vous aurez un article dessus), Bongzilla et Eyehategod, trois autres excellentes références du microcosme stoner !

J’en profite pour vous annoncer que, dans le cadre du Hellfest, votre humble serviteur ainsi que moskowmonkey, allons essayer de vous proposer quelques bons articles sur les groupes se produisant cette année au festival ! Vous retrouverez l’ensemble dans la rubrique dédiée au Hellfest, j’espère que ça vous plaira !

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