Møme : L’Australie, la France & le Monde!

Samedi 29 juillet dernier, le DJ français Møme clôturait la deuxième soirée des Escales à Saint Nazaire. Ce fut pour nous l’occasion de le rencontrer et de lui poser quelques questions, sur l’album Panorama et sur ses projets à venir. Møme nous reçoit chaleureusement dans sa loge et nous entamons la discussion

Tu es en tournée depuis un moment maintenant, ayant eu l’occasion de te voir à Nantes au Zénith, au Printemps de Bourges et à Beauregard, j’ai l’impression que tu es de plus en plus à l’aise…

Oui Effectivement, je prends beaucoup de plaisir sur scène et j’ai vraiment trouvé mes marques !

Pas trop fatigué avec toutes ces dates qui s’enchainent ? Sachant qu’il y a les Etats Unis qui arrivent derrière ?

J’arrive à prendre un peu de repos, enfin vite fait quand même ! (rires)

Quelles sont tes attentes pour la tournée aux USA ?

Ça va être un autre style de tournée, je pars en mode conquête, j’y vais sans mon show ni mon équipe, mais vraiment avec le minimum pour jouer dans des salles plus petites, sans doute 200/300 personnes…ça va être un autre trip !

Il va falloir tout refaire depuis le début, pierre par pierre !

Oui voilà ! (rires) Il va falloir repasser par toutes étapes et proposer quelque chose qui plaise au public là-bas. Pour moi c’est super intéressant, c’est un moyen de se remettre en question et d’expérimenter de nouvelles choses.

Sachant que tu as imaginé l’album Panorama du fait de ton voyage en Australie, tu es quelqu’un qui aime bien voyager visiblement ! Le voyage est une aide dans ton processus de création ? Où tu aurais pu composer Panorama en restant à Paris ?

Ah non ça aurait été impossible ! (rires). Pour moi Panorama c’est un souvenir, c’est une expérience autant humaine qu’artistique – C’est une parenthèse dans ma vie et aujourd’hui encore je suis dans cette parenthèse que cet album a ouvert. C’est certain qu’en restant en France je n’aurai surement pas imaginé un album qui ressemble à Panorama. J’aurai certainement eu un meilleur son du fait du matériel que tu trouves dans un vrai studio, mais je n’aurai pas eu les idées que tu trouves aujourd’hui dans Panorama. Les idées elles viennent de là-bas !

Sachant qu’en Australie, tu as composé en « autarcie » depuis ton van transformé en studio mobile…

Oui c’est ça ! C’était nécessaire.

Tu t’attendais à ce que l’album rencontre un tel écho, notamment sur les plateformes de streaming et en termes de médiatisation ?

Non du tout, et encore aujourd’hui, Je ne regarde pas les chiffres, même si je suis conscient de l’engouement qu’il a rencontré. Je ne m’attendais pas au succès qu’à rencontrer Aloha par exemple !

Je te confirme qu’on l’entend partout ! (rires)

Oui, et même aux USA, Aloha a reçu un accueil super positif ! C’est un des éléments qui a permis de lancer la tournée là-bas.

Faut dire que ce morceau il est génial, c’est un succès mérité ! (rires)

En tout cas il a donné de la visibilité à l’album Panorama, et c’est un peu grâce à lui que les choses se sont enchainées comme ça…Sachant que c’est un album qui pour moi est assez « indé », il y a deux ou trois musiques assez mainstream ou pop, ça s’entend quand je les joue, c’est beaucoup plus mélodique, mais pour le reste Panorama est vraiment orienté électro. Je suis vraiment content du résultat en tout cas. Surtout réalisé dans les conditions d’enregistrement que l’on évoquait ! Pour moi ce n’est pas un album dit « commercial », ça reste de la musique indé, et quand je vois comment il a été relayé et l’accueil que je reçois du public, c’est fantastique, ça me donne de l’espoir pour la suite !

Tu peux je pense ! (rires) Justement c’est quoi la suite ?

Bonne question ! (rires). J’ai des grandes ambitions, du fait que j’ai accès à plus de moyens forcément, je vais m’investir à 200% dans la préparation d’un nouvel album.

IMG_0360Møme durant le concert aux Escales – Photo Weirdsound / B.GUILLET

Le premier album était intimement lié à l’Australie, demain pour le second album tu poses tes valises où ?

Ça c’est LA QUESTION ! (rires) Plus sérieusement, je prépare un tour du monde pour l’année prochaine, je ne vais pas en dire plus, ça sera un voyage particulier…

Gardons le suspense alors !

Et puis je ne veux pas m’avancer trop, je sais que mon expérience prochaine aux Etats Unis et au Canada va surement me changer, me motiver, peut-être même me donner l’envie de faire l’album là-bas, je n’en sais rien ! Bon j’ai encore un peu de temps, je vais tourner jusqu’à la fin de l’année déjà…

Peut-être une petite pause entre les deux ?

Ah non pas de pause ! (rires) Je m’éclate dans ce que je fais, je n’ai pas besoin de vacances !

Là tu me tends une perche, dans un univers parallèle où tu n’aurais pas été musicien, tu aurais fait quoi comme métier ?

Elle est dure ta question ! (rires) – Un métier passionnant surement ! Je ne sais pas…

Un métier où tu aurais eu le même niveau d’engagement que t’offres la musique ?

Oui sans doute, ce qui est certain c’est que je n’aime pas trop cette idée de société où tu mets les gens dans une case… La musique m’offre une forme de liberté par rapport à ça. C’est une forme d’expression qui vient des tripes, ça me permet de me sentir vivant…Pour te répondre j’aurai sans doute fait un métier dans le sport, avec de l’adrénaline etc..

Sachant que si je suis bien renseigné, toi tu es plutôt branché sur le surf ?

Oui, le surf, le snowboard, les sports de glisse en général !

T’aurais pu être moniteur de snow ou de surf en fait ! (rires) Reprenons un peu de sérieux, tu as fait le conservatoire de Nice, mais qu’est-ce que tu écoutais quand tu étais gamin ou ado ?

J’aimais énormément la musique classique quand j’étais gamin, plus tard j’étais comme tous les ados de ma génération, j’ai écouté Skyrock et les artistes qu’on entendait à l’époque. Après il y a des albums qui m’ont marqué comme Inside In / Inside Out des Kooks, Enter the Chamber de Wu Tang Clan et puis Led Zepplin aussi ! J’ai appris la guitare en autodidacte grâce à Led Zep et Metallica !

Ça va, il y a pire comme prof ! (rires)

Au niveau de l’électro, un groupe qui m’a marqué c’est Trentemøller aussi !

Avançons dans le temps, aujourd’hui en 2017, tu as déjà fait quelques featuring pour Panorama. Il y aurait des artistes avec qui tu rêverais de collaborer ?

C’est souvent des rencontres imprévues, en ce moment en plus j’ai de la chance, les gens avec qui j’ai envie de collaborer, ça se fait tout seul ! Pour la fin de l’été je vais sortir un titre avec Jason Meideros qui à coté a aussi un projet qui se nomme AllttA (ndl : où on trouve aussi 20Syl de C2C), d’ailleurs je vais jouer ce nouveau titre ce soir.

Et puis sinon pourquoi pas Lady Gaga ou Pharrell Williams ! Mais ça c’est déjà plus people ! (rires)

Ça pourrait être fun ! (rires)

IMG_0354.jpgLa classique photo souvenir! A droite, Møme, à gauche votre serviteur! – Photo Weirdsound

Il est plus de minuit, Møme joue dans moins d’une heure sur la grande scène. Nous sommes dans l’obligation de stopper l’interview pour lui laisser le temps de respirer un peu et de se préparer. J’espère que nous aurons l’occasion de recroiser cet artiste sympathique et bourré de talent : affaire à suivre !

0