Les Escales Jour 3 : une fin en fanfare!

Les abords des Escales... Les abords des Escales...

Le bon temps passe toujours bien vite, en musique et en bonne compagnie. Ainsi nous sommes déjà au dernier jour des Escales. Même si la pluie est tombée quasi sans discontinuer ce matin, on ne va pas larmoyer, vu le joli programme musical qui nous attend aujourd’hui encore.

Alex Lahey : la fougue de la jeunesse!

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Alex Lahey, sur la grande scène du port, aux Escales 2018 (Photo Ehyobro)

Je l’avais interviewée hier soir, j’avais donc hâte de voir ce que l’artiste donnerait sur scène. (L’interview ainsi qu’un focus seront publiés ultérieurement sur Weirdsound.) Pour ce deuxième concert donné aux Escales, Alex Lahey joue sur la Grande scène du port. Elle fête aujourd’hui 29 août son 26ème anniversaire. Nourrie à divers univers musicaux dont le grunge, son titre « You don’t think you like people like me » (2016), l’a placée sur la route du succès. Remportant plusieurs prix, elle a pu sortir un EP la même année ; B-Grade University. Confirmant tout son potentiel, elle sort son premier album «I love you like a brother » sur son propre label Nicky Boy Record. La critique applaudit, et après avoir tourné partout en Australie, Alex est partie défendre son album sur les scènes américaines et européennes.

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Pas de chichi, l’artiste est nature ! Jean, tee-shirt, baskets. Elle enchaine ses chansons avec insouciance et efficacité, mêlant les titres de son EP et de son Album. Le live confirme ce que je pensais, il s’agit d’un bon rock pêchu, les mélodies sont soignées et les refrains (oserais-je dire garbagiens ?) particulièrement efficaces. Sur la setlist, j’ai retenu : Ivy League, Let’s go out, You don’t like people like me, Lotto in reverse, I love you like a Brother.

Je suis contraint de quitter le concert avant la fin pour réaliser ma dernière interview du weekend, avec Remi. Remi, le rappeur. J’ai dit Remi, pas Rémy ! Celui-ci est australien… Je publierai ultérieurement l’interview, mais reviendrai plus bas dans ce même article sur le concert auquel j’assisterai aujourd’hui.

 

Ben Whiting : Une belle voix et du bon folk.

Après mon interview de Remi, je retrouve Ziggy parti quant à lui se bourrer de Hamburgers et de pintes de bières assister au concert de la diva africaine Omou Sangare. C’est au concert de Ben Whiting, interviewé hier, que nous nous rendons maintenant. Je suis contraint de vous servir le même refrain, à savoir : interview à paraître ultérieurement sur Weirdsound…

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Ben Whiting sur la scène Estuaire des Escales 2018 (Photo Ehyobro)

Si vous aimez le folk, les belles mélodies, la musique qui évoque les grands espaces, alors vous serez servi par Ben Whiting, et sa belle voix. Busker dans l’âme, chanteur de rue devenu chanteur à succès, il retourne régulièrement chanter dans la rue où il s’est forgé, parce qu’il adore ça et en en éprouve un besoin viscéral.

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Ben Whithing, aux Escales 2018 (Photo Ehyobro)

Accompagné de son groupe, il nous a servi un set chaleureux qui a tenu toutes ses promesses. J’ai reconnu Wild flower, Private island, Frangipani, Fire in the wind, Walls, Bird Cage, et Dirty hands.

 

Jane Birkin : un diamant d’émotion…

L’album Birkin/Gainsbourg, le symphonique ne m’ayant pas convaincu, c’est sans grande attente (Ziggy non plus) que nous nous dirigions vers la grande scène du port. Je dois préciser ici que je continue de nourrir un très grand regret de ne pas avoir assisté au concert de la tournée Arabesque au début des années 2000.

20h, L’orchestre se met en place, ça claque déjà avant d’avoir commencé… Nobuyuki Nakajima, compositeur japonais, architecte des arrangements et pianiste, arrive à son tour, avec le chef d’orchestre. (Il est tellement prêt, pile face à moi, la photo est tellement immanquable que je n’en réussirai aucune. Et là, vous avez le droit de vous moquer ! Le Maestro lance l’orchestre, et après quelques secondes d’introduction, Jane arrive, tailleur noir chemisier blanc, sur le titre « La chanson de Prévert ». Aouuuuch, l’émotion… La magie opère de suite !

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Jane Birkin, sur la grande scène du port, aux Escales 2018 (Photo Ehyobro)

Pendant que Lost song continue de me broyer l’estomac, j’essaie tant bien que mal de prendre mes photos… Juste le temps des trois premiers titres pour photographier, je ne peux pas me laisser emporter par la vague d’émotion… Pourtant, au pied de la scène, si je pouvais, je resterais là, baba, comme deux ronds de flan, tant la musique est belle. En fait je n’ai pas vraiment de mots pour décrire ce qui fût à deux doigts de me tirer les larmes. Quand je pense que je venais à ce concert, « comme ça pour faire un tour ». Si la tournée qui se profile passe par chez vous, courrez-y ! Si comme moi l’album ne vous avait pas convaincu, croyez-moi vous changerez d’avis. Vous recevrez à coups sûrs quelques crochets du droit et du gauche, et le pire c’est que vous en redemanderez.

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Jane Birkin, sur la grande scène du port, aux Escales 2018 (Photo Ehyobro)

Baby alone in Babylone, Valse de Melody, Fuir le Bonheur de peur qu’il ne se sauve, Les dessous chics, Pull Marine, entre autres seront joués ce soir.

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Jane Birkin adressera un magnifique et vibrant hommage à Serge Gainsbourg, dont voici à peu près un tout petit extrait : « Comment réagirait-il s’il était parmi nous ce soir ? L’homme drôle qu’il était serait sûrement très heureux…».

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Glaö : Tribal Transe session!

Glaö, duo français que nous avons interviewé vendredi soir, (Interview à paraître ultérieurement sur Weirdsound) se produisait 6 fois sur les 3 jours des Escales, dans les Docklands, en donnant des concerts de 30 minutes. C’est à la cinquième représentation que nous nous sommes rendus. Le style musical c’est Electro Ethno Trance Dub Psychedelic… Ça vous parle ?

Les deux albums de Glaö ; Esprit es-tu là?, et O+

A l’entrée des Docklands, se trouvent des bars, des restaurants, une librairie, un vendeur de vinyles, et un bel espace merchandising auquel certains artistes se rendent pour des sympathiques séances de dédicaces. Un poil plus loin, un bel espace pour chiller, se reposer ou consommer. Une petite estrade sur laquelle on peut voir 2 didgeridoos, un ordinateur, une guitare, et une batterie. C’est donc ici que Glaö, alias David Gouin et Brice Tenailleau vont nous inviter dans leur univers musical. Ambiance tamisée, public assis par terre, rangé en arcs de cercle autour de la petite scène, un espace laissé libre entre cette dernière et les premiers spectateurs…

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Le duo Glaö dans les Docklands, aux Escales 2018, David Gouin à g, Brice Tenailleau à dr.  (Photo Ziggy)

Le duo arrive tranquillement. Le didgeridoo nous plonge rapidement dans une torpeur extatique, nous ne sommes plus à Saint Nazaire, nous sommes dans un ailleurs, nous ne sommes plus nous-mêmes, nous sommes autres. Par la magie des sons et des chants, nous ne nous appartenons bientôt plus. En témoignent ces deux femmes, qui profitent de l’espace libre pour venir laisser libre court à leur envie de danser. Bientôt suivies par 2, puis 5, puis 10 personnes, rapidement la salle s’enflamme, et alors que je me retourne, le public est bien plus nombreux qu’au début du concert. Chacun laisse libre court à quelque chose qui relève du tribal, c’est assez incroyable et en même temps pas étonnant au vu de la qualité des compositions et de la performance sur scène.

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David me confirmera plus tard, qu’effectivement, ce set aura été « le feu », et « le plus puissant du week end ». 30 minutes c’est ultra court, mais le duo venant de la région, j’ai bon espoir de pouvoir les revoir dans disons pas trop longtemps ? Voici la setlist (Merci David) du set auquel nous avon assisté : Ram, Conquête, Escales, Théorie des Cordes, Fairy Ritual, Connexion Capoeira.

 

Remi : Alléluia, il reste encore des vrais Rappeurs!

A peine 2h30 après l’interview, je m’apprête à revoir Remi, cette fois sur la scène. Rappeur australien, il a une double culture, de par sa mère Australienne, et son père Nigérian. Assez rapidement, il s’est rendu compte que sa différence de couleur impactait sa relation à autrui. Ceci lui a permis d’observer la discrimination dans ses différentes formes ; racisme, homophobie, misogynie, sexisme. Ses textes sont empreints directement de ses expériences vécues. Son style Old school n’est pas fait pour me déplaire, bien au contraire!

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Remi, sur la scène Parc Expo des Escales 2018 (Photo Ehyobro)

Sur la scène, il est accompagné de son producteur Sensible J à la batterie, et de N’Fa Jones, artiste hip-hop africano-australien au chant. Mon dernier concert hip-hop remonte à 2008 au zenith de Nantes, il s’agissait de NTM. Cela fait un siècle ! Ce soir, Remi m’a reconcilié avec le rap moderne, loin des clichés fric/caisse/bombasse et coco qui ne traine pas loin sur le verre de la table basse. Un set sérieux et vigoureux, qui ne laissera pas le public de marbre. Grosse ambiance sur la Scène Parc Expo. Comme me le disait Remi : « Les gens ne comprennent pas forcément ce que je dis, mais ils le ressentent, et ça, ça me plait ! » Tu m’étonnes…

Je ne résiste pas à la tentation de vous faire écouter l’un de ces titres :

 

Une pause s’impose ! Pas la moindre miette, pas la moindre goutte depuis le déjeuner, il commence franchement à faire faim ! Et là, j’avoue que c’est sacrément sympa de pouvoir se rendre à l’espace VIP, être servi ultra rapidement au bar comme à l’espace restauration, et se poser tranquillement assis sur les transats. Ok, il ne fait pas ultra chaud, mais on est bien, pas loin du petit clapotis de la mer, et du phare du port…

 

Meute : Deutsche qualität!

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Meute sur la scène Parc Expo des Escales 2018 (Photo Ehyobro)

Il est bientôt minuit. D’un point de vue raisonnable, j’aurais dû partir après Remi, voire même plus tôt. En effet, je commence à bosser à 5h du matin à Nantes. Eh oui, nous avons tout de même des métiers ! Mais je ne suis pas raisonnable, à quoi bon l’être ? Surtout quand on vous promet en concert de clôture un concept aussi original que Meute. Venue de Hambourg, cette fanfare s’est fait connaitre en reprenant des hits issus de la musique électro, utilisant les rythmes électroniques avec les instruments de ladite fanfare. Les arrangements sont réalisés par le trompettiste Thomas Burhorn. Les 11 gaillards qui composent la meute touchent sévèrement leur bille et le résultat est tout simplement bluffant, même pour moi qui ne suis pas branché électro !

Écoutez plutôt ce “remix” de Flume enregistré dans les rues de Berlin:

La pluie qui avait menacé dès l’ouverture du festival est réapparue pendant le concert final. L’on peut malgré tout remercier Dame Nature qui nous a tout de même été favorable (Même si mon retour sur Nantes une heure plus tard se fera sous une pluie assez forte).

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Un grand MERCI aux organisateurs des Escales, merci aux membres des différentes équipes, merci à la sécurité (un merci très appuyé au membre de la sécurité qui m’a éclairé tandis que je rangeais péniblement mon matériel photo dans le noir), merci aux artistes qui ont accepté de répondre à nos questions, merci à Frédérique M. pour son accueil, sa bonne humeur et pour avoir mis en place les rencontres/interviews avec les artistes. Je n’aurai qu’une doléance : la même chose pour les Escales 2019 !