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The Dropkick Murphys - Dirty Old Town cover
Washington Dead Cats - I'm A Dead Cat
Bob Vylan - We live here
Ghost - Kaisarion
Decius
The Brains

I’m a free bitch !

I’m a free bitch !

Stefani Germanotta de son vrai nom, connue sous le nom de Lady Gaga n’est plus à présenter et les derniers exploits de la chanteuse, aussi adulée que détestée, m’ont donné envie de reprendre la plume pour retracer le parcours de cette artiste dont le talent n’a pas de frontières.

Les débuts du succès

Lady Gaga, nous la connaissons surtout pour ses tubes pop parfois trashs avec les grands classiques comme Poker Face, Bad Romance ou encore Born this Way.

Ce sont ces titres qui ont fait la popularité de la reine de la Pop du 21ème siècle, pour le grand public. Certains la connaissent pour ses apparitions plus que dérangeantes parfois, mais nous nous arrêterons au principal… Derrière cette facette très provocatrice et très commerciale, il faut se le dire, se cache une véritable artiste bourrée de talents.

Lady Gaga, c’est plus qu’une chanteuse machine à fric que toute maison de disque rêverait de signer.

À l’âge de 4 ans, elle sait déjà jouer du piano. À 13 ans, elle écrit sa première balade « To Love Again ». De formation classique sur le plan musical, elle l’est aussi dans son éducation, puisqu’elle fera ses études dans un couvent à Manhattan. Ces fondations lui permettent au moins d’acquérir la discipline, la détermination et la sensibilité pour construire sa future carrière. Ce qu’elle veut, c’est faire carrière dans la musique, par quelque moyen que ce soit : elle y arrivera. Dans sa tête, elle est déjà une star, et elle percera un jour au l’autre dans l’industrie de la pop. Car malgré sa formation, c’est bien de la pop que la Lady veut faire. Mais pas n’importe quelle pop, une pop commerciale certes, mais qui a un sens, une sensibilité et qui marque les esprits, à la façon de Madonna, a qui elle sera bien souvent comparée (pour le plus grand malheur de la Madonne). Elle se retrouvera donc à sa majorité à bosser dans un cabaret, en tant que chanteuse. Mais elle sombre dans l’alcool et la drogue et autre dérives addictives. Pourtant, aujourd’hui, Gaga considère cette période comme un passage quasi obligé ; sûrement le syndrome de l’artiste torturé. Après quelques dérives, un groupe dans lequel elle sera chanteuse dont on n’entendra jamais vraiment parler, en 2006, elle se fait repérer par un producteur et commencera à écrire des chansons pour d’autres artistes comme Britney Spears, The Pussycat Dolls … (bon ok, ce n’est pas non plus de la grande scène musicale)

C’est en 2009 que le public connaîtra réellement Lady Gaga, qui sort son premier tube Just Dance. C’est un grand succès commercial. Et Lady a misé sur tous les ingrédients pour que ce titre soit un bon produit de vente.

Je dois avouer qu’à cette époque, elle me faisait beaucoup rire, mais je n’accrochais pas réellement à son personnage trop provocant, trash parfois et surtout, qu’on se le dise, elle avait tout l’air d’une bimbo écervelée. Oui, comme la plupart des gens à cette époque, je suis tombée dans ce panneau. Le premier album THE FAME est un grand succès. On y retrouve notamment Poker Face, Paparazzi, Eh, Eh (Nothing else i can say).

Lady Gaga - The Fame 2009
Lady Gaga – The Fame 2009

L’âge d’or Gaga

Quelques mois plus tard sort le 2nd album THE FAME MONSTER, et là je dois avouer qu’elle a commencé à m’intriguer un peu la Lady. A l’instar de ses « copines » bimbos de scène, elle tape dans le lourd. Et la révélation a eu lieu lorsque j’ai écouté et vu pour la première fois le clip Bad Romance. (au passage, il est en 2010 le clip le plus vu de l’histoire de Youtube). Là, je me suis dit qu’elle n’était pas seule dans sa tête, que son univers se démarquait bien des autres stars pop qu’on avait connu jusqu’ici. Du trash, la provoc’ avait passé la barre de l’acceptable, un univers bien glauque commençait à se dessiner autour de l’artiste. Une chose est sûre, cette nana avait une putain de part d’ombre qu’elle arrivait à sublimer et je trouvais cela fascinant. Ceci dit, pas certaine de vouloir connaître le sens de toutes les métaphores glissées dans ce clip …

Aucun détail n’est laissé au hasard. Le moindre petit geste est calculé au millimètre près.

Et en fin de compte, était-ce vraiment la bimbo écervelée que je croyais ?

Car une chose très importante est à savoir sur cette femme, c’est que tout, absolument tout est sous son contrôle. Au delà des textes, des mélodies de ses chansons, ce sont aussi les chorégraphies, les costumes, en passant par les mises en scène, Gaga met son nez dans tout ce qui est à trait à son art, car c’est bien comme cela qu’elle vit ses chansons, ses performances. Tout est un art. Et uniquement cela. D’ailleurs, elle se constitue sa propre équipe artistique, tous âgés à l’époque de moins de 26 ans, la « Haus of Gaga ».

2011, l’année de la consécration pour Gaga. Avec la sortie de son 3ème album BORN THIS WAY. A l’apogée de son art, cet album est une réussite du début jusqu’à la fin. L’introduction de cet opus n’est autre que la chanson du même titre. L’univers n’est pas plus sombre, mais bien l’ouverture sur une toute autre dimension, l’ouverture d’un esprit bien plus grand, un appel à toute une génération à s’accepter tel que nous sommes arrivés ici, peu importe ses préférences, ses origines, ses handicaps.

Avec ce titre, Lady Gaga devient une sorte d’ambassadrice de cette génération qui s’assume, ambassadrice d’une forme de liberté, peu importe les conventions, et appelle à sortir des cases de cette société devenue trop rigide. Sa pop entraînante illumine les cœurs perdus et sera un remontant, un shoot quotidien pour un bien grand nombre ! Au delà des messages, la musique, bien que toujours aussi pop, a pris une direction aussi plus rock. Les guitares débarquent (bon on reste dans l’univers pop, elle se lance pas dans des grands riff la Gaga), comme en témoigne Bad Kid ou Electric Chapel. C’est aussi un jeu de langue qui se balade tout au long de l’album, tantôt espagnol, allemand, même si le français n’est pas au rendez-vous sur cet opus. BORN THIS WAY, c’est aussi Judas, ce titre dont le clip raconte l’histoire d’une femme en « couple » avec Jésus, mais amoureuse de Judas, et tout cela dans un monde de bikers, aux connotations sexuelles (comme d’habitude) et souligne le talent de Gaga à mélanger les époques, les styles, et avec classe s’il vous plait.

A noter que Lady Gaga, catholique, puise énormément son inspiration dans la religion. Dès le premier album, on retrouve beaucoup de clins d’œil à Dieu, Jésus, le catholicisme. Une sorte de provocation tout de même, qui a bien évidemment créé un bon nombre de remous auprès de la communauté catholique à travers le monde, allant même parfois jusqu’à interdire la diffusion de ses chansons, ses concerts. Faits qui, d’ailleurs, ne sont pas sans rappeler une certaine autre pop star bien connue qui à eu l’audace de titiller la grande croix à une époque bien moins ouverte (aller, une deuxième comparaison à celle qui s’est fait toucher pour la toute première fois comme une vierge …) Et cette inspiration biblique ne la quittera jamais.

La chute

Novembre 2013 voit la sortie de son 4ème album ARTPOP.

Lady Gaga - Artpop 2013
Lady Gaga – Artpop 2013

Album écrit durant sa tournée, puis achevé durant sa convalescence, suite à une grave blessure de la hanche en février 2013, qui la mettra hors jeu un bon nombre de mois. De ma vision personnelle de cet album, c’est la déchéance de l’art qui faisait jusqu’ici le succès de Lady Gaga. Déjà vu, des sonorités presque copiées collées sur ses succès précédents, la dimension narcissique est là poussée au delà de la limite de l’esthétique, un opus sans fond, sans formes, sans queue ni tête. Des sons électroniques balancés à gauche à droite, sans direction, ou bien je n’ai pas vu la route ! J’ai cru à la fin du mythe ; Une tristesse profonde à l’écoute de cet album, que je n’arriverai même pas à écouter jusqu’au bout, tellement la peine est profonde de voir cette star se casser la gueule ainsi. A en regarder le peu de clips sortis de cet opus, la Lady ne dégage plus le peps et l’envie d’avant, son regard a changé mais le déni est profond. Un refus de plonger dans son véritable soi après des années à avoir porté des costumes. La recette Lady Gaga provoc’, masques et compagnie ne fonctionne plus. Quelque chose en elle, cette blessure, la transformera au plus profond.

Il faudra attendre 2016 pour revoir Lady Gaga sur le devant de la scène (avec en parallèle quelques projets annexes comme l’enregistrement en 2014 d’un album bien plus jazzy et très agréable pour l’oreille avec Tonny Bennet, CHEEK TO CHEEK, et le démarrage de sa carrière d’actrice en 2015 dans la série AMERICAN HORROR STORY : Hotel. Et je n’écouterai plus jamais Hotel California de la même manière …)

American Horror Story - Official photoshoot
American Horror Story – Official photoshoot

La maturité en plus

Visiblement, l’introspection est réussie puisque c’est une Gaga métamorphosée qui débarque avec l’album JOANNE. Joanne en hommage à une tante partie trop tôt, qui met tout de suite une ambiance bien plus personnelle sur cet album très posé et doux, d’une grande sensibilité et une sincérité très déroutante, bien loin de ce que nous avait concocté la dame jusqu’ici. Et cet opus, il fait plaisir !

https://www.youtube.com/watch?v=FoIHdH1Y37s

Lady ne cache plus sa fragilité, au contraire, elle l’a met en avant et montre ce qui lui manquait pour faire d’elle une artiste complète : sa vulnérabilité. On reste dans le domaine de la pop, mais une pop plus acoustique, mais aussi plus nuancée. Bye bye les extravagances. Un exutoire d’années à souffrir, et c’est aussi une sorte de paix qui est déposée sur cet opus, faisant sortir son enfant intérieur. Bref, une Lady mature, plus femme que jamais, plus jazzy, plus rock’n’roll aussi, yeah ! Le documentaire FIVE FOOT TWO sorti en septembre 2017 sur Netflix suit d’ailleurs la star dans l’enregistrement de cet album, mais aussi la préparation de son show magnifique au SUPERBOWL 2017, ainsi que tous les doutes, les tortures mentales et physiques de l’artiste.

Et cette maturité l’emmènera vers The Edge of Glory qu’on lui connait aujourd’hui avec le film musical A STAR IS BORN, où la chanson composée par la Lady Shallow rafle tout sur son passage, des Grammy’s passant par les Bafta pour finir en apothéose aux Oscars.

Oscars 2019 - Lady Gaga
Oscars 2019 – Lady Gaga

Lady Gaga, cette artiste hypersensible, touchante, portant le poids immense de son exigence envers elle-même, prête à tout pour arriver à chaque fois au plus haut de son art, de son univers si atypique qui nous fait voyager à travers les dimensions de la planète Gaga. Mais derrière Lady Gaga se cache Stefani, une adulte enfant qui s’émerveille pour toutes les petites choses pouvant toucher son cœur si émotif et c’est ce qui fait toute la beauté de son art, et qui pousse toute une génération à se dépasser, c’est là ou réside la magie musicale et artistique de Lady Gaga.

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