Voyage intersidéral, et sidérant, avec Vitalic!

Vendredi 10 novembre, le Stereolux nous proposait (encore) une belle soirée musicale ! Deux évènements se tenaient en même temps, le concert de Lola Marsh, sur lequel Ziggy vous propose un retour dans son dernier article : Lola Marsh, Folk Pop Rock séduisant !

Et dans la salle Maxi, une soirée placée sous le signe de la musique électronique, avec la Mverte, Maestro, Paulette Sauvage, et un poids lourd de l’électro française, j’ai nommé Vitalic ! Vu la programmation, j’étais forcément prédisposé à me porter volontaire pour me risquer au premier rang de la salle Maxi. Pour faire vivre weirdsound, vous constaterez que nous prenons tous les risques !

Ceci étant, quelle semaine pour weirdsound.net mes amis ! Après un magnifique concert de Queens Of The Stone Age mardi dernier, me voici de nouveau sur les routes pour aller assister au concert de Vitalic. Quoi de mieux, après une dure semaine de boulot, qu’une session de musique électro de 22H à 04H du matin ?

Nous arrivons à 22H30 à la salle, pour assister à la fin du set de Paulette Sauvage, qui est d’excellente facture ! Je regrette amèrement d’être arrivé à la bourre…C’est la dernière fois que je vais manger thaïlandais, le service est trop long ! Le public est encore un peu clairsemé dans la salle, mais la performance de Paulette Sauvage est appréciée à sa juste valeur ! Ca danse et ça se trémousse : la soirée commence bien. Je prendrai sans doute contact avec Paulette dans les jours qui viennent pour le blog : affaire à suivre !

DSC_0038.jpgMaestro sur la scène du Stereolux / Photo weirdsound – B.Guillet

Après un ravitaillement en bière (au moins au Stereolux il y a du choix, et les prix restent décents…amis parisiens je vous salue !), nous retournons dans la salle pour voir, et surtout entendre, Maestro. Je connaissais un peu cette formation via leur LP Mountains Of Madness, paru en 2015 sur le réputé label Tigersushi. Le groupe est constitué de Mark Kerr (chant), Frédéric Soulard (synthé) et Antoine Boistelle (batteur).  Mark est l’ancien batteur des Rita Mitsouko, il chante dans Maestro, et, il a prêté sa voix à Vitalic sur la chanson Use It or Lose It présente sur son dernier album, Voyager. Frédéric et Antoine sont pour leur part des musiciens qui accompagnent régulièrement Vitalic. Nos trois gaillards ont donc tous un rapport avec Vitalic ! Aha ! Vous voilà démasqués !

Le début du show me laisse un poil dubitatif, j’ai du mal à rentrer dans la musique de Maestro, comme un moteur diesel, ça met un peu de temps à chauffer ! Finalement, grâce à une série de bons titres pris sur Mountains Of Madness, ça démarre sévère et j’apprécie beaucoup mieux les vingt dernières minutes.  Si je devais qualifier la musique de Maestro, je vous dirais que ça oscille entre l’électro, la synth-pop et l’industriel…Très rythmée, avec une large place laissée aux percussions, avec des samples et des passages clavier qui s’invitent régulièrement dans la composition. J’ai particulièrement apprécié les morceaux I Love You et A War Zone, pour ceux qui ne connaitraient pas Maestro, comme d’habitude vous trouverez de quoi satisfaire votre curiosité sur les plateformes de streaming.

Nouvelle pause, la salle est cette fois ci bien remplie, de même que le balcon. Je m’agrippe fermement à la crash barrière : hors de question de bouger du premier rang ! Sur scène les techniciens préparent l’endroit pour Vitalic ! J’ai une petite larme à l’œil en me remémorant mon premier concert de Vitalic dans le même lieu en 2006 : Ô temps suspends ton vol !

Avant de parler du concert, il me semble nécessaire de revenir sur son dernier album, Voyager, qui fut un de mes gros coups de cœur du début de l’année 2017. Vu que je suis une belle feignasse, j’ai « oublié » d’en parler sur weirdsound, il est temps de réparer cette erreur.

cover.jpgL’artwork de Voyager (2017)

Voyager est donc le quatrième album de Vitalic, de son vrai patronyme Pascal Arbez, et il est un monument à la gloire des compositions disco / electro des années 80. Les ombres de Moroder et Cerrone planent sur cet album ! Il faut croire que la période se prête à ce type de réinterprétation et de redécouverte, je pourrai prendre en exemple l’album Woman de Justice qui s’inspire, de manière évidente, des sonorités des années 80. L’électro française est en pleine période rétro futuriste, qu’on se le dise !

Personnellement, je n’y trouve rien à redire : J’ai toujours eu une passion immodérée pour les sonorités à la limite du kitsch ! Voyager, rien qu’à travers sa pochette, est la promesse d’une odyssée intergalactique mémorable. Mais il ne faudrait pas accuser Vitalic de céder à la mode du rétro (je vous voyais venir), il est bon de se rappeler du second album du bonhomme, Flashmob (2009), qui était déjà une véritable déclaration d’amour aux années 1980 et au disco.

En fait, à bien écouter Voyager, j’oserai affirmer qu’il s’agit du meilleur album de Vitalic que j’ai eu entre les mains. OK Cowboy (2005), son premier opus, était clairement orienté new wave, avec des nappes de clavier contemplatives proches d’un JM Jarre, et se démarquait des productions de l’époque (fin de la french touch, raz de marée EDM en train d’arriver) par ses sonorités ancrées dans le passé. Flashmob quant à lui assumait totalement son côté disco ! On passera sous silence un Rave Age (2012) descendu par les critiques (et pourtant pas si mal…) qui ressemblait plus à du David Guetta ou du martin Solveig qu’à Vitalic, pour en arriver à Voyager, sorte de synthèse quasi parfaite entre OK Cowboy et Flashmob.

Je vous invite à écouter Lightspeed (avec sa reprise des premières notes de Funkytown, c’est poilant), Waiting For The Stars (celle-là est exceptionnelle !), ou bien Levitation (ma préférée, beaucoup plus oppressante que le reste de Voyager, avec des sonorités proche d’un Embargo). Hans is Driving (featuring Miss Kittin), bon morceau très disco, et Nozomi, morceau plus contemporain dans sa structuration et parfait pour gigoter dans le noir sous les stroboscopes !

DSC_0113.jpgVitalic est dans la place! / Photo weirdsound – B.Guillet

Au Printemps de Bourges 2017, j’ai déjà eu l’occasion de recroiser Vitalic, venu présenter Voyager, et j’avais été emballé par la performance de l’artiste, qui a presque réussi à me faire oublier que Mr.Oizo passait derrière ! Scénographie parfaite, ambiance de feu, avalanche de morceaux pour faire danser, bref c’était génial ! Vitalic va t’il réussir à reproduire le même phénomène au Stereolux ? Vous le saurez en lisant le prochain paragraphe !

DSC_0104.jpgça ce n’est pas du jeu de lumières les coco? / Photo weirdsound – B.Guillet

Je constate avec grand plaisir que la scène présente le même jeu de lumières qu’au Printemps de Bourges, et mine de rien c’est du super boulot ! Je salue là l’effort des ingénieurs son et lumières qui ont réalisé une sacrée performance : la musique de Vitalic se marie parfaitement avec les lumières et les effets du show.

Les premiers instants de Lightspeed! / Vidéo weirdsound – B.Guillet

Dès les premières minutes ça décolle pour un voyage cosmique, Vitalic va nous jouer une grande partie de Voyager, Lightspeed toujours aussi bien en live, Levitation géniale et fortement attendue, l’incontournable Waiting For The Stars…Bien entendu nous aurons aussi droit à Bells, tube incontesté qui a marqué les années 2000 (du moins les miennes !), on savourera aussi No Fun, très bon morceau que j’avais oublié. Visiblement le public s’amuse beaucoup, notamment mes voisins, l’un d’eux ayant sans doute pris autre chose que de la bière, vu ses propos incohérents ! Pendant une heure on danse comme des petits fous, et j’arrive à faire quelques photos décentes !

Bienvenu dans l’espace infini! Merci Vitalic! / Vidéo weirdsound – B.Guillet

Encore une fois Vitalic nous a proposé un très bon concert, faisant preuve d’une belle maestria dans les enchainements de morceaux au service d’une set list où il n’y a rien à jeter ! La salle Maxi, de part ses proportions modestes, est parfaitement adaptée à ce type de concert, devenant l’espace d’un instant une sympathique boîte de nuit.

DSC_0109.jpgVitalic tire sa révérence! / Photo weirdsound – B.Guillet

Il est une heure du matin, j’ai un déménagement le lendemain et une demi-douzaine de bières dans le ventre : il est temps de rentrer ! Un gentil monsieur exploité par Uber nous ramène à la maison, mais dans ma tête je suis dans le poste de pilotage d’un vaisseau spatial allant à la vitesse de la lumière, explorant l’outre espace à la recherche des nouvelles compositions de Vitalic, qui je l’espère, ne tarderont pas !

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