Mon top (très subjectif) de 2017

Comme il est de coutume à cette période de l’année, voici le retour des classements et autres « top » des albums et artistes qu’il ne fallait pas manquer en 2017 ! Pas de panique, vous pourrez toujours vous rattraper en 2018, une fois plusieurs kilos de dinde et de marrons digérés (et je ne parle même pas des bouteilles de mousseux !). La liste qui va suivre est purement subjective, et n’implique que mon propre avis et mes gouts personnels, au combien douteux ! Certains de ces albums sont sortis à cheval entre fin 2016 et début 2017, mais j’ai fait le choix de les intégrer quand même, j’espère que cela ne choquera personne !  A contrario de l’actualité quotidienne, totalement déprimante, 2017 aura été une riche année musicale : au moins on n’aura pas tout perdu. Allez, c’est parti mon kiki !

10 – Black Angels – Death Song

J’ai eu la chance d’acheter la version limitée de l’album lors du dernier disquaire day. C’est une merveille pour tout fan de rock psychédélique, et accessoirement pour tous les fans des Blacks Angels. Ziggy a fait un article sur l’album, et il a eu la chance de les voir en concert lors du festival Levitation à Angers en septembre 2017. Une valeur sure en tout cas !

 

9 – Agnès Obel – Citizen Of Glass

Agnes Obel continue son travail d’orfèvrerie musicale, et chacune de ses sorties est un petit chef d’œuvre ! La musicienne danoise nous propose ici un troisième album véritablement somptueux. En même temps, « somptueux » est un terme qui reviendrait souvent si je devais définir la discographie de cette artiste, qui préfère la qualité à la quantité. Citizen Of Glass est inspiré, en partie, de l’affaire Snowden. Agnes Obel a repris le terme de citoyen de verre présent dans un article parlant des révélations autour de l’affaire. Il désigne un citoyen dont on peut suivre le moindre mouvement et la moindre pensée via les technologies de surveillance modernes.

Citizen Of Glass n’est surement pas un album funky ! A l’instar des deux autres albums, c’est une œuvre contemplative, un peu mélancolique, mais magnifique. On s’immerge dans la musique de Citizen Of Glass dès les premières minutes de Strech Your Eyes pour ne retrouver la réalité que quarante petites minutes après ! Un album à écouter si ce n’est pas déjà fait !

L’excellent morceau Familiar – Agnes Obel / Citizen Of Glass

8 – Depeche Mode – Spirit

Admirateur devant l’éternel de Depeche Mode, j’attendais avec impatience, et appréhension, ce nouvel opus du groupe. Dave et Martin ont bien œuvré, avec un album traitant de sujets actuels (environnement, déliquescence du monde politique et financier…). On pourrait trouver l’album sombre, ce qui collerait bien avec le reste de la discographie de DM, mais il s’agit surtout d’un appel, d’un cri pour une insurrection globale avant qu’il ne soit trop tard. Musicalement, Spirit est un album très réussi, que je rapprochais de son ainé Sound Of The Universe, plus que de Delta Machine. J’ai eu la chance de les voir en juillet dernier au Stade de France à Paris, et vous savez quoi ? C’était génial ! Là où ça l’est encore plus, c’est que votre humble serviteur et Ziggy allons les revoir le 24 janvier prochain à Bordeaux, et en juillet à Beauregard ! Pourrons nous approcher, ne serait-ce que quelques minutes, le groupe ? Suite au prochain épisode !

Where’s the Revolution, morceau phare de Spirit!

7 – Justice – Woman

Un album que j’ai rapidement chroniqué à sa sortie et qui s’avère être une pure merveille. Ma platine a joué Woman un nombre incalculable de fois, pour le plus grand plaisir de mes voisins. Justice conserve tous les ingrédients de leurs succès précédents, qu’ils saupoudrent de sonorités dignes des seventies et des meilleurs moments de l’italo-disco ! Alternant le chaud et le froid au fil des morceaux, on danse comme des petits fous (Alakazam!, Randy, Safe and Sound…) ou bien on se laisse bercer par des morceaux plus planant (Stop…). En concert, le duo est toujours aussi bon, en témoigne leur excellent passage à Paris au mois d’octobre dernier. La justice à rendue son verdict : Woman est au top !

Justice en live – Safe And Sound

6 – The Moonlandingz – Interplanetary Class Classics

Un des meilleurs albums de rock indé que j’ai eu entre les mains cette année ! Cet ovni musical vous emmène dans l’univers d’un groupe de rock imaginaire, mené par Johnny Rocket. C’est complètement déjanté, dommage que nous n’ayons pas pu les voir sur une de leurs dates françaises ! Derrière ce super album on retrouve avec plaisir Lias Saoudi et Saul Adamczewski de Fat White Family. Pour ceux que ça intéresse, je vous invite à reprendre ma chronique sur cet album. On ne sait pas encore s’il aura une suite, mais en tout cas qu’est-ce que c’est bon !

 

5 – Møme – Panorama

Celui-là, je peux vous dire que je l’ai écouté partout ! Dans la douche, dans les transports en commun, dans la voiture…Møme est issu de cette nouvelle génération talentueuse qui renouvelle le panorama de la musique électro en France, et visiblement un peu partout dans le monde ! Il suffit de voir le succès que rencontre notre jeune artiste partout où il passe, et le nombre impressionnant d’écoutes de ses tubes que sont Aloha, Alive, Playground…En plus le personnage est très sympa, comme vous le prouvera l’interview qu’il a eu l’amabilité de nous donner avant son passage sur la grande scène des Escales de Saint Nazaire. Un artiste facile d’accès et visiblement plein d’imagination, un premier album qui cartonne, des salles pleines : on a hâte d’entendre la suite !

 

4 – Vitalic – Voyager

Il nous aura fait danser toute l’année ! Vu trois fois en concert cette année, je réaffirme ici que Voyager est, selon moi, le meilleur album de Vitalic. Délicieusement rétro, avec des hommages appuyés aux années 70/80, l’album s’écoute d’une traite, chaque morceau ayant la capacité à vous faire bouger votre petit popotin ! Rajoutez à cela des superbes prestations en live, où les titres de Voyager s’intègrent parfaitement aux classiques de Vitalic (Bells, No Fun, La Rock 01…) vous obtenez l’un des albums incontournables de 2017. Suite au concert nantais du mois de novembre, j’ai eu l’occasion de publier un article que je vous invite à lire si le sujet vous intéresse !

Vitalic en live à la Rotonde à Paris – 2017

 

3 – Queens Of The Stone Age – Villains

Les Reines de l’Age de Pierre sont toujours les rois ! C’est le titre de mon article suite au magnifique concert de QOTSA à Paris au mois de novembre dernier. Fan du groupe depuis une quinzaine d’années, je me suis précipité sur Villains dès sa sortie. Comme la plupart des habitués du groupe, j’ai été surpris par la construction de cet album, très différent de Like Clockwork et à des années lumières des premières parutions de QOTSA. Contrairement à certains chroniqueurs qui reprochent à Josh et à ses gaillards de s’être éloignés du stoner, je ne peux que les en féliciter. A travers de nouvelles expérimentations musicales, qui traduisent l’envie de Josh Homme de tourner la page de Like Clockwork, QOTSA nous offre un album, qui est sans doute leur plus simple d’accès pour une personne qui découvrirait le groupe. Certes, certains morceaux sonnent très pop-rock (Fortress), mais on s’en fout non ? On peut s’en foutre pour la raison suivante : Villains est un putain de bon album ! Déconcertant peut-être, mais véritable preuve d’un groupe bien vivant malgré vingt ans de carrières et 7 albums au compteur !

 

2 – Lana Del Rey – Lust For Life

On va encore accuser de favoritisme à l’encontre de Lana ! N’ayons pas peur des mots, Lust For Life est son meilleur album ! Ziggy nous en a fait un article élogieux il y a quelques temps, et je ne peux qu’aller dans son sens. Cassant son image de diva songeuse et abonnée au spleen baudelerien, Lana Del Rey flingue de la plus belle des manières l’Amérique de Trump, le machisme…Lust For Life est un album surprenant, faisant preuve d’une maturité et d’un engagement qu’on ne connaissait pas jusqu’à alors chez la chanteuse. La belle s’évade de la bulle dans laquelle nous l’avions emprisonné et ça lui réussit bien ! Contemporaine, et en prise avec les problèmes du monde réel, cela ne l’empêche cependant pas de nous envoyer un Summer Bummer magique, qui nous rappelle à quelque point la jeune chanteuse reste un personnage fascinant, n’en déplaise à certain(e)s !

 

1 – Rone – Mirapolis

Le grand absent de la photo en ouverture de cet article, c’est conceptuel pour un top 10 de ne pas indiquer le grand gagnant…Il faut dire que mon cher livreur de disque a pris un peu de retard avec les fêtes. Ceci étant, Mirapolis est disponible sur toutes les plateformes de streaming ainsi qu’en boutique physique (ça m’apprendra à commander en ligne). Par où commencer ? La magnifique pochette réalisée par Michel Gondry ? Cela serait un peu réducteur !

Plus sérieusement, en écoutant Mirapolis, vous allez tomber dans un monde doux, tranquille, tendance lunaire…et ça fait sacrément du bien quand on est lassé des vicissitudes du quotidien. Mirapolis est logiquement un album de musique électronique, mais il dépasse largement ce cadre. Basé sur le nom d’un parc d’attraction devant lequel passait souvent le jeune Rone (de son vrai nom Erwan Castex), Mirapolis est une ville imaginaire, où s’exprime tout l’imaginaire et le talent du musicien. Vous y trouverez des moments touchants (Lou avec la voix de la fille de Rone imitant le cri du loup), des drôleries (Mirapolis et sa fête foraine), un clin d’œil dansant au festival Astropolis (Brest)…Rone a fait le choix d’intégrer quelques collaborations de renom (Baxter Dury sur Palm Trees, Saul Williams sur Faster…) mais l’album reste, paradoxalement, très intime.

 

L’ajout de la batterie de John Stanier (batteur des groupes Metal Helmet / Battles), est un plus indéniable aux compositions De Rone, leur donnant des sonorités et des mélodies plus chaudes et humaines. Mirapolis est une pépite dans le champ de la musique électronique, capable de vous faire passer par toutes les émotions. Chaque morceau vous emmène un peu plus loin dans le monde imaginaire, captivant et onirique, de Mirapolis, et in fine celui de Rone. Cet album gagne facilement sa place sur mon podium (très) personnel concernant 2017 !

Sorti en novembre, l’album a déjà reçu de nombreuses critiques positives, la mienne en sera donc une de plus ! Rone est en tournée dans toute la France, notamment avec une date à Nantes au Lieu Unique le 31 mars prochain, bien entendu nous y serons.

Bon, pour cet article il a fallu faire des choix déchirants ! Au titre des bons albums que je n’ai pas mis dans mon top, on citera forcément le dernier Arcade Fire, Everything Now, opus assez décrié par la presse (comme en son temps Reflektor). Nous allons avoir la chance de voir Arcade Fire sur scène en avril prochain à Nantes, j’ai hâte d’y être !

On pensera aussi à Molécule ! Découvert lors de son concert au Printemps de Bourges, Molécule m’a collé une sacrée claque dans la figure ! Ou devrai je dire, une belle déferlante bien iodée ! Composé à partir de sons et de samples enregistrés lors du séjour de Molécule sur un bateau, l’album 60° 43′ Nord est planant et puissant à la fois. On ressent réellement l’immensité de l’océan et la force des éléments naturels, qui viennent à la rencontre du petit monde métallique et grinçant que représente le bateau. Difficile de résumer Molécule à de la simple « techno », ce premier opus est une expérience envoutante qu’il vous faut absolument prendre le temps de vivre. Un album dingue, que j’ai honte de ne pas avoir chroniqué ! On se rattrapera en 2018 ! Pour rester dans le champs de l’électro et de la techno, j’ai bien apprécié All Wet, le dernier album de Mr.OIZO : des featuring sympas, de bons clips, quelques tubes en puissance (Hand in The Fire, End Of The World…), que demandez de plus ?

Je rajouterai, pèle mêle, le dernier Etienne Daho, album de grande qualité, pour l’un des rares chanteurs français que j’apprécie beaucoup ! Le Marilyn Manson sortis à l’automne, Heaven Upside Down, chroniqué ici par moskowmonkey. Un bon album, différent de The Pale Emperor, mais ces deux dernières galettes me redonnent foi dans le sire Manson. Les Foo Fighters bien évidemment ! Qu’ont-ils encore à prouver ? Rien du tout ! La bande à Dave Grohl nous propose un Concrete & Gold de très bonne facture, à la fois rebelle et incisif, et en même temps adulte et contemplatif à travers des titres étonnants mais efficaces ! Je finirai par un groupe que j’affectionne depuis maintenant plus d’un an, le Villejuif Underground, voilà cinq garçons à suivre de près ! Un bon rock garage/psyché qui a su trouver son public et qui commence à se forger une sacrée réputation ! On vous a promis une interview il y a quelques temps, promis, vous l’aurez sur le site courant janvier !

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