Lo Moon et The Lemon Twigs à Nantes

Début Décembre, le 1er jour de la mise en vente des tickets, j’achetais mon précieux sésame pour cette soirée du 1er Avril que je ne voulais absolument pas rater, sachant qu’elle afficherait « complet » rapidement, ce qui fut le cas!

Après un magnifique concert, la veille et dans un autre style, de Dominique A, Stéréolux /Nantes nous conviait à une soirée dont The Lemon Twigs occupaient, bien sûr, la tête d’affiche. En 1ère partie se produisaient Lo Moon, que je ne voudrais certainement pas évoquer rapidement car rares sont les premières parties de qualité et ceux qui n’arrivèrent que pour The Lemon Twigs pourront regretter la brillante prestation de Lo Moon, groupe de Los Angeles, embarqué par The Lemon Twigs depuis le début de leur tournée aux U.S.A.

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Lo Moon/Nantes- Stéréolux/ 1er avril 2017 (photoZiggy)                                                         De gauche à droite: Sam Stewart/ Matt Lowell/ Crisanta Baker/

 

Court set d’un peu plus de 30 minutes mais oh combien intense et captivant, laissant entrevoir un groupe dont on devrait reparler! Autour de Matt Lowell (chant, guitare), on trouve Crisanta Baker , la bassiste – claviériste rencontrée grâce à un ami à L.A , après que Matt Lowell ait quitté New York. Le duo fut rejoint par Sam Stewart à la guitare (fils de Dave Stewart , la moitié du duo de choc-Eurythmics– dans les années 80 et d’une ex Bananarama) et Sterling Laws recruté à la batterie pour les besoins de la tournée. Lo Moon n’a qu’un maxi vinyle à son actif, paru en Février (et en vente seulement lors de leur concert) comportant leur magnifique morceau phare « Loveless« .

Ce titre, « Loveless« , Matt Lowell affirmait, dans un magazine californien, l’avoir retravaillé pendant plus de 4 ans, peaufinant de façon méticuleuse ce morceau (composé avec A.Bayer) et apparu sur youtube en septembre 2016. La voix de Matt Lowell (qui me rappelle parfois Ry X) nous transporte dans un autre espace temps « Loveless is your answer time will pass »…..          Les autres titres joués laissent présager d’un album somptueux (Lo Moon a signé avec Columbia mais veut prendre son temps avant de sortir le 1er album).

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  LO MOON: Sam Stewart/ matt Lowell/ Crisanta Baker/

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The Lemon Twigs/ Stéréolux Nantes/ 1 Avril 2017/ photo Ziggy

Au 1er plan Michael D’Addario et Brian à la batterie.

La valeur n’attend pas le nombre des années!!

The Lemon Twigs, ce sont surtout et d’abord 2 frères, Brian D’Addario , 20 ans et Michael, 18 ans cette année 2017. Dans leur maison familiale de Long Island, ils furent bercés par les Beach Boys, les Kinks , les Beatles et Procol Harum, même si les 2 frères sont nés 30 ans après les hits de ces groupes. Brian et Michael sont des enfants de la balle, avec un père (Ronnie D’Addario), musicien (son 1er album date de 1976) et producteur et une mère comédienne qui les emmena souvent à Broadway. Dès leur plus jeune âge(5/6 ans), Brian se retrouve avec une guitare entre les mains et Michael une paire de baguettes. En grandissant, ils écoutent Harry Nilsson , Todd Rundgren, admirent Radiohead et lou Reed , Queen et les Who (Michael les adore)et subissent l’influence des shows musicaux de Broadway qu’ils fréquentent.

Do Hollywood

En début d’automne 2016, parait leur 1er album « Do Hollywood »,enregistré à Los Angeles, non sans clin d’œil ironique à ce lieu mythique en choisissant, pour la pochette de leur album un cliché ne reflétant pas les paillettes. A propos de cet album, Michael, dans une interview aux « Inrocks », en septembre 2016, disait « c’est la bande son de notre enfance, l’hommage le plus sincère possible à la musique avec laquelle nous avons grandi. Mais nous ne sommes pas des antiquaires, d’ailleurs les morceaux écrits après l’album vont dans une tout autre direction ». Au delà des influences revendiquées, The Lemon Twigs (les deux frères sont entourés par la discrète mais efficace Megan Zeankowski à la basse et par Danny Ayala aux claviers), ne plagient pas du tout les groupes précités même si les vocaux de Brian peuvent faire penser à Mc Cartney et certains chorus aux inévitables Beach Boys.

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Comme la veille à Paris, The Lemon Twigs débutent leur concert par le titre qui ouvre leur album « I wanna prove to you« …..La salle s’enflamme et chante immédiatement et, pour la 1ère partie du set, c’est Brian qui chante, en jouant de la guitare, « ses » chansons, tandis que Michael s’affirme comme un brillant batteur malgré son bustier rose à paillettes.

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1ère partie du concert: Brian D’Addario guitare/chant  (photo Ziggy)

The Lemon Twigs enchaînent les titres qui enthousiasment et font chanter le public (cf « These words« !!), alternant morceaux de leur album et nouveaux titres(« why did you say that », « love stepped out » . Le titre « how lucky I am » permet à Michael de quitter sa batterie pour rejoindre Danny aux chorus tandis que Brian s’est glissé aux claviers.

 

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2ème partie du concert: Michael a laissé sa batterie à Brian.(photo Ziggy)

Dans la 2éme partie du set, Brian et Michael ont désormais échangé leur rôle (place et instrument). Michael se révèle être une bête de scène, interprétant à son tour et à sa manière « ses » chansons, sautant régulièrement, sans toutefois égalé Pete Townsend (des WHO.….l y a 40 ans..!) . Là encore, les titres comme « As long as we are together » alternent avec de nouveaux morceaux annonçant un nouvel album dont Brian dit, en scène, qu’il ne sait pas quand il sera réalisé mais dont Michael semble avoir une idée précise quant au concept global: »ce sera un concept album….l’histoire d’un petit garçon qui a l’apparence d’un singe.Il va à l’école au milieu des autres enfants, tombe amoureux et a une vie tout à fait normale……sauf que…c’est un singe » (interview aux « Inrocks » à l’automne 2016)…Le show s’achève sur « a great snake » qui fait penser à la période Pink Floyd/Syd Barret, avant un double rappel: un inévitable clin d’œil aux Beatles avec « The end » et « Queen of my school » déjà joué dans d’autres concerts et que l’on peut trouver sur le net!

Derrière un accoutrement glam version Bowie ou Queen (mais en moins soigné!), un groupe plein de talent dont émerge sans doute encore plus Michael.

Un bonus rare (et encore peu vu!!) pour terminer: le Père D’Addario (Ronnie) et Lemon Twigs en 2015…..Le père présente fièrement ses jeunes rejetons…les influences sont les mêmes mais le père est moins bon!!!

et………..Un live de « how lucky am I » /cbs morning saturday sessions..en 2016/

L’influence de Todd Rundgren en filigrane…..???