L’Apocalypse selon SHAKA PONK : la Métamorphose

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¡ Holà compaňeros !

Pour mon premier article de l’année je vous propose un petit blabla sur le dernier album de SHAKA PONK qui est sortie il y a déjà quelques semaines. La fin d’année et ses agitations habituelles m’ont empêché de vous faire un petit topo sur la programmation définitive du Hellfest. C’est pour cela que c’est Mister Fatherubu qui s’en est chargé. Heureusement que les patrons sont là pour tenir la baraque ! Je suppose que pas mal d’entre vous sont encore envahies des vapeurs éthyliques des fêtes passées, comme moi, mais malgré l’épais brouillard qui nous entoure, on va s’en sortir quand même. Allez, assez papoté, on monte le son et let’s Rock Baby !

Tout d’abord, pour tout ceux pour qui le nom de Shaka Ponk ne dit rien, un petit résumé s’impose.

SHKPNK

Shaka Ponk est un groupe d’ électro rock français (cocorico!) mélangeant le hard rock, le funk et le hip-hop. Ils sont connus pour avoir dans leur rang un membre virtuel, Goz, un singe en image de synthèse, qui les suit partout.

Le groupe débute fin 2003 avec une petite notoriété en Allemagne mais c’est en débarquant en France que l’aventure SHK PNK débute réellement. Le groupe est constitué de 6 musiciens :

de gauche à droite :

Ion (batterie)Steve (claviers – Samples) – Samaha Sam (chant depuis 2011) – Cyril (guitare) – Frah (chant) et Mandris (basse).

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Depuis la création du groupe, la petite bande nous a déjà fait slamer sur 6 albums en comptant le dernier. Loco Con Da Frenchy Talkin’ (2006-2008), Bad Porn Movie Trax (2009-2010), The Geeks and the Jerkin’ Socks (2011-2013), c’est cet album qui les fait connaître du grand public grâce à des sonorités plus commerciales (My name is stain) et une magnifique collaboration avec le leader de Noir Désir, Bertrant Cantat, The White Pixel Ape / The Black Pixel Ape (2014-2015) et The Evol’ dont je vous parle tout de suite.

The Evol’ est donc la dernière galette du groupe, sortie sous le même label que les précédentes, Tôt ou Tard. Lorsque j’ai appris la nouvelle à la radio, les yeux encore collés d’une nuit encore bien trop courte, le demi tour au frein à main sur le périph’ s’imposait ! Je cours dans le premier disquaire que je trouve sur mon chemin, j’entrouvre la petite porte de la boutique, que dis-je, j’explose cette p***** de porte automatique qui ne me détecte jamais, je hurle à me péter un œil « le nouveau Shaka Ponk nom de Dieu de tireli pouet pouet ! ». J’arrache le cd des mains du stagiaire apeuré qui me garde à distance en me jetant des bouts de viandes crus pour faire diversion. Et là, tout s’apaise. La pression retombe et je décide donc de me faire un petit coma de deux ou trois minutes. Je reprends mes esprits, toutes ces émotions ont dû me faire transpirer car je suis trempé. A moins qu’il y ait un lien avec le seau de la serpillière qui était plein à mon arrivée. Bref, je me dirige vers la caisse où un jeune homme m’encaisse sans un mot. Il n’a pas l’air à l’aise et puis, pourquoi il tient de la viande dans ses mains ? Cette boutique est étrange, ils n’ont même pas pris la peine de réparer leur porte d’entrée, je ne sais pas ce qu’il a pu se passer… Bref, ce n’est pas le sujet …

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L’album en lui même est très beau. Sur la pochette on voit Goz, la mascotte embrasser une jeune femme tatouée. La polémique qu’il y a pu y avoir sur cette image dans les médias, disant que le groupe prônait la zoophilie est, à mon sens, injustifiée. En réalité, elle illustre le texte écrit par Cécile Coulon, que nous avons la chance de découvrir comme livret dans le cd, accompagné de magnifiques croquis signés Liberator. Une nouvelle de 36 pages qui se déroule dans un monde post apocalyptique où nous suivons un singe qui sort de son zoo. L’ atmosphère de ce texte où les créatures que nous croisons se changent en d’autres créatures plus évoluées, grâce aux baisers qu’ils se font. Une ambiance Kafkaïenne mélangeant toutes les espèces vivantes (animale & végétale) en une orgie musicale. Tout cela met dans le bain. Nous sommes déjà dans l’univers sans même avoir encore appuyé sur play.

Et la suite est à la hauteur. On sent tout de suite qu’un nouveau procédé d’enregistrement a été utilisé par le groupe. En effet, eux qui avez pour habitude d’enregistrer leurs albums dans le tour bus se sont enfermés en studio pendant presque 2 ans. Dès le premier morceau, Gung Ho, la sonorité est beaucoup moins synthétique que les albums précédents. Une introduction acoustique guitare-voix nous pose le sujet puis la guitare et la batterie surpuissantes de CC et Ion déboulent et tapent dans le dur directement. Gros, très gros son qui sonne comme un bon vieux Led Zepp. Du hard rock, du vrai. Le clip de ce titre est un mini film à la Sin City très réussi.

Fear Ya est, à mon avis, le titre le plus représentatif du groupe. On retourne aux premiers albums avec cette voix robotique présente tout au long du morceau. Un couplet répétitif mélangeant synthé et grosse saturation qui monte en pression (pas la bière) pour enfin exploser sur un refrain libérateur où les hurlements de Frah nous réjouissent les tympans. Pour les puristes des premiers albums, cela vous rappellera Spit présent sur Loco con da Frenchy Talkin’.

Faking Love prend la suite de Sex Ball Samaha Sam nous montre ses talents de rockeuse. Idem sur le titre Bunker, un coït romantique entre Garbage et Marylin Manson sous acides. Wrong Side nous offre un clip choc, magnifique, sur le choix, le doute, la perdition, à voir absolument.

Wataman (sans doute mon titre préféré de l’album) fait revivre un instant notre Lemmy bien aimé. La Motörhead attitude du morceau est flagrante et la voix de Frah appuie l’illusion. Un très grand morceau qui fait plaisir. Ouf ! Le rock n’est pas mort !

Un invité est présent sur Slam & Slam’ed. Edouard Baer nous gratifie d’un monologue, je vous rassure, beaucoup moins hypnotisant que dans Astérix. Il nous racontant la dure vie d’un slameur, d’un ton blasé mais passionné. Un titre funky qui donne envie de remuer son popotin.

Share a line sonne plus brutal avec un riff presque métalleux et des synthés très rythmiques. En réalité un titre très indus.

Deux chansons de l’album sont un peu à part. Plus acoustiques, plus posés. Summer Camp, une réponse à Road Trippin’ des RHCP et Mysterious Way que l’on pourrait croire coécrit avec Tenacious D ou Led Zeppelin. Ce dernier nous offre en plus un clip de toute beauté où chaque détail est travaillé. Il y a quelque chose à voir dans tous les recoins de la vidéo.

Je n’ai pas cité toutes les chansons mais je pense en avoir déjà trop dit. Je vous laisse découvrir ce bijou que Shaka Ponk nous a apporté en cette fin d’année 2017. Un album étrangement lié dans son hétéroclisme, taillé pour le live. Une réelle réussite. Étant à la fois une rétrospective et un regard sur ce vers quoi Shaka Ponk tend à vouloir aller. D’ailleurs, si vous voulez assister à l’ un de leur live survolté et slamer avec eux comme des dingues, THE MONKADELIK TOUR commence dès le 20/01 au Zénith de Lille. Ils seront ensuite, entre autre, au Zénith de Nantes le 22/02 et le 23/03 à l’ Accorhotels Arena. Toutes les dates sont sur le site officiel du groupe .

Shaka-Ponk

Une fleur transperce le béton.

“ Les animaux se sont enfuis du zoo quand la ville est devenue noire et bleue et rose. […] il m’embrasse, cette fois-ci, ça dure longtemps, c’est mouillé, tendre et fou.“

La Métamorphose.

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