In Cordis Humani : Entretien avec J.J.S. de REGARDE LES HOMMES TOMBER

Pour les non – initiés, REGARDE LES HOMMES TOMBER, c’est comme un mec dans son 4×4 qui te roule dessus, fait marche arrière en repassant sur ce qu’il reste de toi, s’arrête sur ton visage et fait un burn en démarrant. Bien sûr, tout ça avec amour et tendresse. La musique de REGARDE LES HOMMES TOMBER se caractérise par une puissance et une profondeur qui ne faillit jamais dans une atmosphère sombre et une ambiance fataliste travaillée. Souvent associé aux mouvements black métal, sludge et post-rock, l’expérience RLHT vous fera sans doute économiser quelques allers-retours chez le psy du quartier. En effet, les thèmes abordés par le groupe sont dignes des plus grandes épopées. Imaginez … Vous êtes sur le dos d’un ange qui se fait bannir du Paradis (et oui, vous avez forcément choisi celui qui se fait virer. Bye bye les plaisirs à outrance !) et là, c’est la descente sur Terre. Une chute qui n’en finit plus. Un retour à la réalité, brutal et sans faux semblants. Tous les vices, tous les méfaits de l’humanité vous saute alors aux yeux. Vous croyez devenir fou mais vous vous rappelez que vous êtes en train de chevaucher un ange, certes déchu, mais un ange quand même. Et ça, ça le fait grave ! C’est quand même plus classe qu’une Harley !

Le groupe s’est formé en 2011 et à l’époque, il n’y a pas de frontman. Le premier concert se fera donc uniquement en instrumental. Un premier live qui leur permet de rencontrer le label sous lequel ils sont encore : LES ACTEURS DE L’OMBRE PRODUCTIONS.

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Le groupe est actuellement composé de T.C (chant), J.J.S. et A.M. (guitares), A.B. (basse) et R.R. (batterie).

Deux albums sont déjà au compteur du groupe. Un premier album éponyme et EXIL sortit en 2015.

Après un nombre impressionnant de dates à travers l’Europe et des dizaines de festivals, dont le HELLFEST (deux fois en 2013 et 2017), le groupe se consacre à l’écriture de son troisième opus.

Allumez vos bougies. Faites péter l’encens. Tamisez les lumières. Vous êtes prêt pour cette analyse de l’humanité que nous propose REGARDE LES HOMMES TOMBER depuis ces dernières années. C’est avec J.J.S. que nous avons pu échanger.

Enjoy it !

W : Pour nos lecteurs qui vous découvriraient, peux-tu revenir sur la naissance du groupe ?

J.J.S : En 2010, mon groupe de l’époque venait de spliter et du coup, je me suis retrouvé sans groupe. J’ai commencé à composer des morceaux dans mon coin sans but précis. Juste, des trucs que j’aimerais entendre si j’allais en concert et je ne suis rapidement retrouvé avec 3 – 4 titres. J’avais du mal à avoir du recul, du coup j’ai fait écouter à des potes qui passaient chez moi. Les mecs ont été soufflés et m’ont dit « vas-y on monte un groupe direct ! » et c’était la naissance du projet ! On a commencé nos premières répètes en début 2011. On a bossé dans l’ombre pendant des mois et des mois puis on a donné notre premier concert en Mai 2012.

W : Et d’où vient le nom du groupe ?

J.J.S : Il vient d’un film de Jacques Audiard. On a trouvé que la phrase collait bien avec l’ambiance de notre musique, notre univers et nos thématiques.

W : Quels sont les influences du groupe ?

J.J.S : Quand j’ai commencé à composer, je voulais surtout mettre des ambiances et des émotions en musique. Je ne voulais pas forcément m’inspirer de tel ou tel groupe, cependant, les ambiances qui me touchaient le plus venait de groupes qui jouent du black métal, Post Black, Post Hardcore et Post-Rock. Je me souviens qu’à l’époque, j’écoutais énormément de Post Rock, notamment SIGUR ROS, un groupe que j’aime toujours autant.

En Black, j’écoutais beaucoup DISSECTION, EMPEROR et SECRET OF THE MOON.

W : Quel est le processus de création au sein du groupe ? Paroles ? Musique ?

J.J.S : En musique, j’apporte souvent la matière première, le squelette. On retravaille ensuite, en fond, les morceaux en répète jusqu’à parvenir à un résultat qui nous convient tous. Pour les paroles, on demande à un ami lettré, passionné de mythologie. On lui donne la thématique générale et lui va tisser des textes en fonction, avec beaucoup de références aux mythologies.

W : Vous n’avez jamais voulu chanter en français ?

J.J.S : On s’est beaucoup posé la question au début. Puis, au final, on a choisi l’anglais, la langue du « Rock » pour que les textes soient lus ailleurs qu’en France. Mais on n’exclut pas sortir un album en français.

W : Comment se passent les enregistrements ?

J.J.S : Pour les albums, ça se passe en studio. Une fois qu’on est content des compos et qu’on les maîtrise, on part en studio. Ce qui ne veut pas dire qu’elles restent figées. Même quand on les enregistre, les compos évoluent encore. Pour le dernier album, nous sommes allés chez Francis Caste, au Studio Saint Marthe, qui a fait du super boulot.

W : Quels sont les retours du public ?

J.J.S : Ils sont très bons et motivants. On a fait une grosse centaine de concerts depuis le début et à chaque fin de concert, on prend le temps de discuter avec les gens au merch’. C’est vraiment intéressant d’avoir leur avis, retours. C’est toujours beaucoup d’encouragements et de remerciements.

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W : Quelques mots sur le dernier album , EXILE ?

J.J.S : Notre dernier album est sorti en 2015 maintenant, sur le label Les Acteurs de L’Ombre Productions, tout comme le premier. On poursuit notre exploration des méfaits des idéologies, religions, et quêtes de pouvoir sur l’humanité. Ce sont aussi beaucoup de thèmes liés à l’autodestruction.

W : Quels sont les projets futurs à court et long termes ? Comment vois-tu l’avenir du groupe, un troisième album peut être ?

J.J.S : On vient de finir l’exploitation du second album. On a tourné sans relâche pendant 2 ans. Là, on a décidé de prendre une pause indéterminée pour composer le 3ème album. C’est en cours.

W : Qui s’occupe du design des albums, qui est très travaillé ?

J.J.S : Nous travaillons avec des infographistes basés à Paris, nommés Fortifem. Ils font un super travail de gravure. Leurs visuels font partie intégrante de l’univers du groupe. Leur renommée est grandissante et maintenant des pointures font appel à eux. Je t’invite à aller voir leur travail.

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W : Comment en es-tu venu à la musique ? Et surtout, pourquoi ce genre-là ?

J.J.S : Je ne sais pas trop, j’étais assez jeune, 10 ans. Chez moi, personne ne jouait de la musique, ni mes parents, ni mon frère, ni dans la famille proche… Un jour un pote s’est mis à la guitare, il y avait une école de musique dans notre bled. J’ai dit à mes parents que moi aussi je voulais faire ça. Ils m’ont inscrit et très vite je me suis pris d’une grande passion pour cet instrument et pour la musique. Je passais des heures dans ma piaule à jouer, à écouter et découvrir toutes sortes de trucs. C’est le genre qui m’a le plus subjugué et ressentir des émotions. Je me souviens qu’un jour mon grand frère a débarqué avec les vieux albums de Metallica. Quand j’ai écouté, je n’ai rien compris, une grande baffe et tout de suite, j’ai compris que c’était ça que je voulais faire. Je voulais ressentir cette énergie, cette force, savoir jouer des trucs aussi épiques !

W : Quel est ton meilleur souvenir au sein du groupe ?

J.J.S : Sans contexte, notre prestation au HELLFEST 2017. Nous avons joué devant plus de 10 000 personnes. C’était juste incroyable. On ne s’attendait pas à un tel accueil.

W : A l’inverse, quel est ta pire expérience live ?

J.J.S : Au début du groupe, on devait faire deux dates, à Poitiers et Angoulême. Juste avant de partir, le deuxième guitariste est tombé malade, on est parti à 4. J’avais oublié de prendre une réserve de médiators. À, l’époque on jouait encore sur des petites scènes, voire des rades, et à Angoulême, je perds mon médiator sur la première note du concert… Dans le noir, impossible de le retrouver. J’ai fait une partie du concert au doigt puis avec une pièce haha ! C’était horrible, et j’étais seul à la guitare… Je ne sais pas ce que le public a entendu, mais ça ne devait pas être agréable…

W : Pour toi, quel est le titre le plus représentatif du groupe ? Et pourquoi ?

J.J.S : C’est un titre du premier album, Ov Flames, Flesh, Sins. Dans ce titre, il y a tout se qu’on peut trouver de mieux dans le groupe : les ambiances, l’énergie, le fatalisme, le désespoir et la mélancolie.

W : Es-tu plus studio ou live ?

J.J.S : J’adore les deux. Le studio, c’est une expérience géniale, la plupart du temps, c’est le début d’un processus qui va jusqu’à la sortie de l’album et les concerts. En studio, il y a toujours cette tension et cette concentration liées au processus d’enregistrement et de création. Tu veux donner le meilleur de toi même pour sortir le meilleur album possible. Humainement c’est aussi un vrai moment de communion entre les membres… et de prise de tête aussi haha ! Mais c’est en live que l’ensemble prend vie. Beaucoup de groupes sont capables d’enregistrer des morceaux, mais moins sont capables de les jouer correctement sur scène et de tout donner, transmettre l’énergie ! Pourtant, c’est quelque chose de super important !

W : Et le musicien sur scène et au sein du groupe, est-il le même que dans la vie de tous les jours ?
J.J.S : Non, ce sont deux domaines bien différents. Quand tu es sur scène, tu es en représentation, tu te donnes en spectacle, tu renvoies une image. Tu es là pour faire vibrer les gens, les faire voyager. C’est un peu du théâtre, en quelque sorte, où tu crées tout un univers ! Dans la vie de tous les jours, je suis calme, posé, pantouflard haha ! Sur scène, une vraie boule d’énergie !

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Notre interview se termine, je remercie encore J.J.S pour le temps qu’il a pu nous accorder ! En espérant que cela vous ait donné envie de découvrir Regarde Les Hommes Tomber : un groupe à suivre, assurément !

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Bandcamp RLHT

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