Immersion dans l’univers Pop Rock d’Orouni

Rémi Antoni du groupe Orouni. © : Mathieu Dufour Rémi du groupe Orouni. © : Mathieu Dufour

Il pleut en ce lundi 26 novembre 2018, la météo annonce une semaine maussade, qu’à cela ne tienne, ce soir j’ai rendez-vous au Point Éphémère pour assister à la prestation du groupe Orouni, en première partie de The Saxophones. Il me faut donc « mouiller le maillot » sans passer pour une poule mouillée (vous me suivez ?).

En prélude à cette soirée, j’ai passé une heure avec Remi Antoni, la cheville ouvrière du groupe, pour en apprendre un peu plus sur son univers pop folk que je ne connaissais pas. Une heure durant laquelle je ne me suis pas ennuyé, au premier abord, il paraît timide, mais mon Dieu qu’est-ce qu’il parle, tellement de choses à raconter qu’on ne l’arrête plus.

Somewhere in paris

Rémi avec qui j’ai rendez-vous ce matin, est la voix du groupe Orouni, c’est lui qui a eu l’idée de fonder cette bande en 2005 au Danemark, pendant son séjour Erasmus. Alors qu’un festival du coin recherche des artistes pour jouer sur scène, il envoie sa demo qui sera retenue. Sa première prestation est un seul en scène, une guitare-voix très dépouillée, très folk. C’est ainsi qu’est né Orouni, un nom qu’il a piqué au chanteur de jazz américain Slim Gaillard, « je cherchais le nom du groupe et j’ai choisi Orouni qui est un mot inventé par un musicien de jazz ».

De retour à paris, l’envie de remonter sur scène ne le quitte plus, lui qui n’a jamais baigné dans un environnement musical à proprement parler. Au départ, il ne se voyait pas évoluer dans cet univers, ses parents écoutaient plutôt de la musique française (Charles Trenet, Boby Lapointe), ils avaient également beaucoup de vinyles anglais des années 60 (Bob Dylan, Beatles). « L’environnement musical dans lequel j’ai baigné ne me plaisait pas, c’est pourquoi je suis arrivé dans la musique très tard. Mes parents, tout comme mon frère qui est architecte et ma sœur prof d’espagnol, ne font pas du tout de musique. C’est vraiment mon parcours à moi tout seul » tient-il à préciser.

L’EP Somewhere In Dreamland, c’est le remix de quatre chansons de l’album « Grand tour » avec Emma à la voix. Ce qu’il semble apprécier, puisqu’au départ elle faisait les voix et les chœurs en arrière plan « Quand c’est une fille ça met mieux en valeur la mélodie. » Il suffit de regarder le clip en noir et blanc “Nora(Naked)” pour le constater, une voix sublime, qui mérite d’être connue.

Il se voit plutôt comme compositeur de chansons que chanteur, ce n’est pas la partie qu’il préfère le mieux, « j’aime quand il y’a des alliances de voix, que ce soit Léonard Cohen ou Belle & Sebastian, entre une voix masculine grave et une voix féminine plus douce. »

Un peu perfectionniste sur les bords, il fonctionne à l’oreille, amateur de pop folk et guitare folk, l’alliance des deux lui va bien, pas question de faire un choix. Au début très Folk, sa trajectoire musicale va évoluer pour se positionner aujourd’hui dans la pop-folk. Compositeur aux arrangements puissants, Orouni nous offre une pop parfumée d’exotisme, lui qui sortait son deuxième album Jump Out The Window en 2008, compose la totalité de ses chansons et n’aime pas trop jouer le rôle d’interprète « en tant que musicien, on se définit beaucoup plus par ce qu’on écrit, par ce qu’on compose, que par ce qu’on interprète ». il chante également en anglais afin d’avoir un public large et diversifié.

Rémi du groupe Orouni. © : Julia Borel
Rémi du groupe Orouni. © : Julia Borel

Mais tout n’est pas rose dans le monde de la musique, surtout quand on n’est pas accompagné par un major ou un gros label, c’est la triste réalité du milieu quand on évolue en indépendant. financièrement, c’est pas le top, surtout pour un groupe où il faut rétribuer tout le monde. « c’est pas un monde idéal, il faut trouver de bons partenaires pour pouvoir réussir (…) moi je ne fais pas ça pour gagner de l’argent, mais parce que ça me fait plaisir et ça me met dans un état incroyable

Face aux groupes très jeunes qui envahissent actuellement les ondes, la marge de manœuvre est très faible, surtout quand la mode actuelle c’est de faire de la musique urbaine. L’exposition médiatique n’est pas la même. Mais qu’à cela ne tienne, l’avenir semble s’éclaircir pour le groupe, puisqu’il vient de signer avec un label indépendant.

Orouni, côté scène

On revient sur la soirée au Point Éphémère où le groupe a été invité à jouer en première partie de The Saxophones.

Emma du groupe Orouni sur scène. © : Weirdsound
Emma du groupe Orouni sur scène. © : Weirdsound

C’est Emma Broughton qui ouvre le bal pour son seul au micro accompagnée du pianiste, un titre en anglais où la ligne bleue est évoquée par une voix douce et reposante, qui peut monter très haut quand il le faut. Le groupe au complet s’empare ensuite de la scène avec Rémi au micro qui dédie le morceau In The Service Of Beauty aux architectes, un clin d’œil à son frère architecte ? Les musiciens assurent à l’arrière, ils sont particulièrement bons derrière leurs instruments, une qualité technique qui mérite d’être reconnue. Mention spéciale pour Raphaël Thyss !

Rémi du groupe Orouni sur scène. © : Weirdsound
Rémi du groupe Orouni sur scène. © : Weirdsound

« Qu’est-ce qui est pire entre être coincé dans un barrage filtrant le jour du Black Friday ou être coincé pendant 48h dans un ascenseur ? » Orouni nous apporte la réponse sur scène avec « The lives of Elevators ». Moment de douceur quand Emma se met à jouer à la flûte traversière sur le litre « The sea Castle » avec le trompettiste Raphaël en fond, une flute qui sert à reprendre sur scène les lignes écrites pour les cordes. C’est très groovy, le public semble apprécier, sans se forcer, ça coule de source.

Le groupe Orouni sur scène. © : Weirdsound
Le groupe Orouni sur scène. © : Weirdsound

Petit clin d’œil aux gilets violets. J’ai à peine le temps de me retourner pour constater que la salle est déjà pleine. Ça promet. « No news is bad news » qui se trouvera sur le prochain album est ma préférée, la mélodie m’est familière, mais je ne me souviens plus où je l’ai entendu.  Une folk pop entraînante qui me donne envie de bouger sur la piste, mais je ne vais pas m’infliger ce sacerdoce devant le public. Une pop parfaite qui surprend et étonne.

On ira, pour la suite, se faire des bisous au Liban, en échos aux pays où on risque gros, en s’embrassant sur la place publique. Une mélodie qui donne envie de faire des bisous, partout et à tous. The Sea Castle viendra joliment mettre un terme à cette belle prestation, qui restera une belle surprise en cette fin d’année. Orouni nous a offert ce soir là, une pop libératrice, emprunte d’exotisme et fédératrice. Une complicité sur scène, où, chacun à sa place, assure le show, ce qui présage un bel avenir au groupe.

Le groupe Orouni sur scène. © : Weirdsound
Le groupe Orouni sur scène. © : Weirdsound

Le lendemain, ils prenaient le train pour Bordeaux, où ils étaient encore en première partie de The Saxophones à l’iboat, deux univers loin d’être antagonistes.

le nouvel album de Orouni sera disponible au printemps 2019.

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