Download festival 2018 jour 3 : “The champagne of bands! »

la programmation du Download 2018 la programmation du Download 2018

Je vole honteusement l’expression du chanteur de The Hives, Howlin Pelle Almqvist pour mon titre, car elle est bonne. Et vrai. Le troisième jour du Download nous offre le haut de gamme, la classe premium, la crème de la crème ! Cette journée sera une suite de claques de gauche à droite à vous en foutre des torticolis. J’ai tellement spontanément tendu l’autre joue, que je me ferai dorénavant appeler Jésus ! Si si, j’insiste.

Pourtant, la journée avait mal commencé. Un peu trop d’arrêt au stand Jack Daniel’s de l’espace VIP (il fallait bien tous les goûter non ?!) et les kilomètres à user mes Vans déjà mal barrées, eurent raison de ma capacité à entendre le réveil.

Voici le « running order » de ma matinée : lever, pieds en compote, RER, retard, « ratage » de la moitié de The Struts (que je rêvais de voir live depuis cinq ans), « maudissage » de moi-même, litre de café, direction le pit de la main stage pour …… (roulement de tambours SVP).

Wolf Alice :  Alice au pays du métal

Ce dimanche, la louve londonienne est en France accompagnée de sa meute. À savoir trois jeunes gars dévoués, au look punk du meilleur goût. Les British ont le sens du détail, observez la sangle rose du bassiste, une pure merveille ! La jeune femme est vêtue d’une splendide robe à fleurs, que n’auraient pas reniée nos arrières-grands-mères, un dimanche de promenade au bord de la marne durant l’entre-deux-guerres. Ça aurait pu faire kitch à mort, mais sur elle, joli brin de fille, ça fait cool. Mais il faut dire que la Telecaster aide quand même.

Leur son est mélodieux, mais aussi puissant. À mi-chemin entre la pop « radio-friendly » et le punk tendu, mais diplomate de certains groupes comme Blink 182 ou Offspring. La voix est maitrisée et ce sont surtout ses musiciens qui s’agitent sur scène. Elle, par contre, adopte une posture plus détachée qui lui va bien. Faisant passer l’essentiel de son interaction avec le public par le regard et le chant.

Les refrains s’enchainent et la foule les reprend en chœur, son public est avec elle donc. Très belle première découverte de ce jour. Qui ressemble assez (tous en ayant ses différences) au groupe Findlay, emmené par une jeune mancunienne très douée que Weirdsound a eu l’occasion d’interviewer lors de la Nuit de l’Erdre. Restez branché donc. Ça arrive bientôt.

Royal Republic : votre majesté

Qu’est-ce qui est mieux que du bon rock ?! Plus de bon rock mes amis. Après la Grande-Bretagne, je m’envole … vers l’infini et au-delà, heu non, pardon. Vers la Suède. J’ai l’occasion de prendre une photo de près du quatuor de Malmö. Imaginez la scène au ralenti : Ils descendent de leur minibus arborant tous un magnifique blazer doré, accompagné d’un skinny jean noir et, comme tous rocker qui se respecte, de lunettes de soleil.

J’entends de loin Adam (le chanteur), très pro, procéder à quelques vocalises. Relativement Très inexpérimenté, je rate lamentablement ma photo. Il parait que c’est comme ça qu’on apprend. Bref.

Quelques minutes plus tard, je suis au pied de la scène, les « Shiny Sacandinavians » arrivent, courte présentation et moteur, ça tourne ! L’impact est instantané, ils mitraillent des power-chords à vitesse grand V accompagnés par une batterie marteau piqueur. Le chanteur possède un timbre assez rond et chaud malgré un chant assez haut ce qui est un vrai plaisir à attendre, je me note mentalement qu’il faut que je pense à lui piquer son style de chant (ce que je renouvellerai le lendemain en écoutant Volbeat).

Fascinant dans ce groupe aussi, le charisme de ses membres. Égalitarisme nordique probablement, mais en tout cas cela propulse la performance. Les quatre compères ont l’air ultra cool, affichant une confiance quasi prosélyte et un look de hipster du Grand Nord. Décidément, les Suédois sont les meilleurs en tout. Avouons-nous vaincus.

Frank Carter & The Rattlesnakes * : prêt pour le combat

À 17h, la Main Stage devient le terrain de jeu de Frank Carter & The Rattlesnakes, groupe formé en 2015 par l’ex frontman des Gallows et de Pure Love. Jouissant d’une belle réputation de l’autre côté de la Manche, Frank Carter navigue depuis 2006 entre les eaux du punk hardcore et d’un pop-rock façonné pour les stades.

Avec deux albums à leur actif (Blossom et Modern Ruin, sortis respectivement en 2015 et 2017), les Rattlesnakes représentent la jonction musicale des deux genres, matérialisée sur scène par la présence très seventies du guitariste Dean Richardson, et de Carter, donc, pur produit de l’Angleterre prolétaire, arborant plus de tatouages qu’un corps entier de Marines, avec pour seul apparat vestimentaire un short de boxe thaï.

De fait, le chanteur est prêt pour le combat, et quitte rapidement le ring pour s’offrir un bain de foule dès la première chanson. Conquérant marchant sur la foule, il se révèle être l’entertainer parfait pour électriser une audience déjà bien remplie. Qu’il enjoigne le public à réaliser le plus gros circle pit du festival, où qu’il fasse slammer leur band manager pour son anniversaire, Carter prend plaisir à interagir avec la foule.

Derrière une esthétique ultra-violente, le chanteur porte un discours rassembleur et féministe, qui contrebalance la noirceur de certaines paroles de ses chansons (I Hate You, notre préférée). Le groupe délivre une performance parfaitement maîtrisée, avec pour point d’orgue le tube Lullaby (dédicacée à la fille de Carter, en ce jour de fête des Pères), qui fait sauter comme un seul homme les festivaliers. Mention spéciale à Wild Flowers, pièce punk rock parasitée par des sonorités indie, excellent exemple de l’hybridité musicale d’un groupe qu’on vous engage fortement à voir en live.

*Chronique et photos par Thibault Saillant

The Hives : coolests kids in town

Le moment tant attendu arrive enfin, sur la main stage l’équipe technique procède aux derniers ajustements pour le groupe. La foule s’amasse autour du promontoire, impatiente de voir le quatuor de Fagersta, en Suède (petite bourgade d’à peine 12 000 habitants) prendre les choses en main. Pour le néophyte, les Hives, véritables stakhanovistes, parcours les routes depuis 1997. Pour ma part, c’est mon premier concert du groupe et je dois vous confier que je suis impatient.

Le groupe s’empare de la scène, sans sourciller, en maître des lieux. Leur force de persuasion magique leur vient très probablement de leur costume noir et blanc. Très vite Pelle Almqvist déploie tout son talent de frontman, la scène lui appartient, le public aussi. Il se dandine élégamment, tel un coq dans sa basse-cour, haranguant la foule à chaque refrain. Elle lui répond avec des cris de joie et en redemande.

Nicholaus Arson, frère de Pelle et cofondateur de l’ensemble, n’est pas en reste. Sous la définition de cool, dans le Petit Larousse, trône probablement sa photo. Il porte une moustache fine à la Errol Flynn (ou Douglas Fairbanks, au choix), les appuis son très écartés, la guitare repose légèrement sur la cuisse droite et la banane 50’s frisée gigote sur sa tête comme de la gelée anglaise. Il matraque sa Telecaster de grands moulinets, comme un Viking hachant menu son malheureux ennemi.

De l’autre côté de la scène, plus discret, mais tous aussi charismatique dans son genre, Vigilante Carlstoem, a lui, tous du bucheron, la carrure ainsi que la somptueuse barbe rousse.

Chris Dangerous, le batteur, que l’on remarque moins, car il est au fond comme vous vous en doutez, porte admirablement bien son nom de scène. Sa batterie ne te demande pas la permission elle te fait groover que tu le veuille ou non, tous en laissant monter en toi une euphorie électrisante.

Petit bémol du jour, Pelle, après s’être offert un solide bain de foule, demande d’une façon discutable, à un cameraman innocent, de lui refaire son lacet. Moyen. On mettra ça sur le compte de la folie de l’instant. Peut-être était-il trop pris par son personnage de dandy exubérant.

En tout cas, cette journée nous aura prouvé qu’après les Krisprols et les meubles design au nom imprononçable, la Suède est aussi maitresse dans la confection des groupes de garage rock tonique, mais raffiné. Après ce duel au sommet avec The Hives tenant du titre talonné de peu par le challenger Royal Republic. Pour ma part, je m’incline et me convertis sans plus attendre à leur paganisme chatoyant.

Foo fighters : daddy’s home  

Dave Grohl est à la maison ce soir ! Comme avec les Hives, le public est déjà conquis, et entonne les hymnes des Foo Fighters avec son jovial frontman. Il semblerait que les années n’aient pas d’effet sur le rockeur états-unien (qu’on a vu chanter et jouer de la guitare une jambe dans le plâtre tout de même). Fait intéressant, l’ex batteur de Nirvana s’est entiché des Struts (dont je vous parlais plus tôt) sur sa tournée américaine, et il semblerait que les chanteurs des deux mastodontes soient désormais cul et chemise. Ce qui n’est pas pour nous déplaire. Je dois dire qu’une collaboration entre ces deux machines de guerre, me laisse rêveur !

À ce propos, je ne peux que chaudement vous recommander l’écoute de The Struts, groupe britannique qui allie l’élégance mélodique des Queen à la rigueur hard-rock d’Aerosmith. Et puis … le chant de Luke Spiller.

La troisième journée se termine et je me dirige clopin-clopant vers le RER. Demain, ce sera les Guns’n Roses.

Le site du festival : http://www.downloadfestival.fr/fr

Chronique jour 1 : https://weirdsound.net/download-festival-2018-jour-1-dans-la-fournaise/

Chronique jour 2 : https://weirdsound.net/download-festival-2018-jour-2-teen-spirit-occultisme-et-metaux-lourds/

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