Download festival 2018 jour 1 : dans la fournaise !

la programmation du Download 2018 la programmation du Download 2018

Vendredi 15 juin, le soleil est à son zénith. La navette affrétée spécialement par le festival nous dépose à l’entrée de la base aérienne 217. C’est encore vingt minutes de marche qui m’attendent me dit-on. Je m’engouffre alors avec les autres festivaliers dans ce long labyrinthe à voie unique bordée de hautes grilles de ferraille branlantes, qui nous guident vers l’entrée du festival.

Nous passons entre des bâtiments administratifs désaffectés (ou juste mal entretenus) qui donnent à ce lieu l’air d’un épisode de The Walking Dead. Fort à propos pour un festival métal me direz-vous !

Arrivant à l’entrée, moyennant quelques échanges avec le staff pour me faire orienter, j’obtiens mon précieux sésame. Dix minutes plus tard, me voilà dans la fournaise Download festival, pour quatre jours de hard-rock, punk, métal (et tous ses sous-genres) en veux-tu en voilà !

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Évènement poids lourd propulsé par la maison LiveNation, le Download est à la hauteur de mes espérances. Ce sont 360° de kiff qui s’offrent à mes yeux ! je m’arrête un instant pour contempler béatement les lieux. Je suis entre les deux « Main Stages », édifices gargantuesques de 40 mètres de haut et 100 mètres le long qui accueillent les grosses têtes d’affiche. À l’opposé se trouvent trois stands, un Zippo, un Monster Energy Drink, un Beer Factory (hey, salut toi ! Nous y reviendrons). Il y a aussi une grande tente contenant des stands divers (tatouages et autres fantaisies), et un terre-plein garni de palettes habilement transformées en canapés rock’n roll (voir photo ci-dessous), ou les premiers festivaliers ont déjà élu domicile, armés (vous vous en doutez) d’une pinte.

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Terrasse IKEA

Il me reste à découvrir la seconde partie du festival. Mais je dois avant récupérer mon pass photo à l’espace presse. Le Download a mis les petits plats dans les grands. De vastes tables rondes et des canapés en cuir sont à notre disposition. Mais aussi des casiers, une machine à café à volonté (oui monsieur !) puis une borne de jeux d’arcade avec les classiques des 90’s (hey, salut toi ! Nous y reviendrons). Et enfin, une terrasse toute droit sortie d’une pub IKEA (le modèle GLUKPLONK je crois).

Rapidement, je me prépare. Quelques minutes plus tard, je suis harnaché de mon appareil photo en bandoulière d’un côté, mon sac avec mes batteries de secours et autres accessoires de l’autre et mes ray-bans enfoncées sur le nez. Je me sens comme un GI avant la bataille, c’est le calme avant la tempête. Qu’entends-je ?! Beethoven ?! Non, ce sont les premières notes du set de Billy Talent qui résonnent jusqu’à moi. Je cours comme un dératé, mon attirail bringuebalant, manquant de me viander lamentablement à plusieurs reprises. J’arrive près de la scène, mes lunettes de travers et suant à grosse goutes. Je montre d’un geste lâche et confiant mon pass au type de la sécurité et me voilà dans le pit.

Billy talent 

J’ai toujours trouvé que le pop-punk musclé de Billy Talent était une version plus virile de celui de leurs homologues américains, les Green Day (vous me direz les premiers viennent de Toronto, le grand froid a dû les endurcir, pour comparer, les Green Day sont d’Oakland, Californie). Cette impression générale m’est confirmée aujourd’hui. Le groupe canadien, en champion du BTP, monte face à nous un mur du son, brique après brique ou devrais-je dire titre après titre, ils nous rappellent que leur réputation n’est pas surfaite.

La sacro-sainte paire, guitariste et chanteur fait son effet, Benjamin Kowlewiscz à des poumons d’acier, mais généreux, il fait participer le public sur over and over, alors que Ian D’sa ferraille copieusement sur sa Stratocaster ornée de la feuille d’érable canadienne.

Pogo car crash control : les kids de Lésigny ne lésinent pas (sur la disto)

Ayant eu vent d’un groupe punk-métal français, chantant (tenez-vous bien) en français, je me suis fait une mission d’aller prélever un échantillon de ce « Métal de Molière ». Je n’ai pas été déçu, les Franciliens donnent tous sur scène. Composé d’Olivier au chant-guitare, Simon à la seconde gratte, Louis aux fûts et Lola à la basse, le groupe fait danser (pogoter plutôt) son public. Debout devant les amplis, l’œil vissé dans mon viseur je sens le souffle des basses sur mon flanc gauche, et je me dis que mes bouchons -30Db ne sont pas de trop pour protéger mes précieuses oreilles.

L’esthétique est punk et sincèrement « je-m’en-foutiste » (en témoigne l’autocollant « Free Fuck » sur la guitare du chanteur). Pas d’habile coup marketing ici, mais plutôt du talent, de la sueur et du sang (pardon je m’emporte). Le tout interprété dans la joie et la bonne humeur. Un peu à l’image de la couverture de leur premier EP qui passe le message suivant « on va vous mutiler, mais c’est cool ». Olivier, le chanteur, l’a d’ailleurs affirmé en interview : « sur l’album, on voulait plus de violence ».

Lola, la jeune bassiste, épaule son instrument, vise en direction de la foule et tire quelques salves qui le font grave ! (Basse, grave, humour… OK je sors). Quelques minutes plus tard, Olivier, en Moïse métalleux, ouvre la foule en deux puis la fait se refermer dans un pogo fracassant fort à propos. Ses interactions avec la foule sont très adaptées au style, il vocifère avec les cordes vocales a vif et exhorte les paresseux à presser le pas quand c’est trop lent à son goût. On comprend mieux pourquoi le groupe se qualifie d’un mélange « entre BB Brunes et Slayer ». Louis, le costaud du groupe, illustre fort bien le sobriquet de « cogneur » dont on affuble parfois le batteur. Sa batterie façon béton armé aiguille parfaitement les compos.

Le quatuor m’expliquera plus tard en interview que le nom du groupe vient du surnom de chacun des membres mis bout à bout. Louis aurait hérité de « Control » … ceci explique cela.

Alestorm : rock celtique de poivrot rigolo

Non, en fait je ne vais rien écrire, je crois que le titre suffit. Les Écossais tiennent la forme, pour les allergiques à l’anglais, Alestorm ça veut dire tempête de bière (je vous renvoie à ma phrase d’intro là). Les puristes appelleront leur musique du pirate métal et je leur répondrai, « je fais ce que je veux c’est moi qui raconte ! » Christopher Bower, chanteur-Keytariste (mais si vous savez, ces synthés en bandoulière, vestige des 80’s) attifer d’un splendide kilt évoquant son Écosse natale, harangue la foule et parle de « se foutre des pizzas dans le c** » avant d’embrayer sur The sunken Norwegian.

Sur scène, le quintette gesticule de bon cœur, tournoyant autour d’un canard de bain géant planté au milieu du promontoire. Dans cette ambiance potache, évoquant la quatre-fromage d’avant-hier et la bière éventée gout cendre de Marlboro, le public ne peut que se « fendre la gueule ». En bon professionnel, Bower remercie les photographes lorsqu’il quitte « le pit » et encourage la foule à en faire autant. Merci Christo !

Sidi Larsen : durs au grand cœur

Fervent défenseur du rock chanté en français, je ne pouvais pas rater les Toulousains de Sidi Larsen ! le groupe se réclame d’un métal rigoureux à la Rammstein, comme des plus belles plûmes de la chanson française. Et ça s’entend. Soniquement, les compos sont puissantes et administrées comme un direct du droit à la mâchoire. Les textes parlent de faits de société, ce qui fait du bien dans une époque où les chansons s’appuient toujours sur le duo gagnant : excès en tout genre et amourettes contrariées. Belle découverte donc !

Après quelques errances champêtres, je me rends au pied de la grande scène pour Ghost, qui m’a été chaudement recommandé par un spécialiste du genre.

Ghost : Metalus Satanicus

L’ensemble suédois n’a pas mégoté sur le décor. C’est mon concert d’initiation donc je n’ai pas de point de comparaison, mais l’univers satanique, façon Notre-Dame de (mal)Sainte-Croix, est au point. Mon olympus en mains, je sens des frissons courir le long de mon dos. Ce n’est que la masse des journalistes qui m’entoure qui m’empêche de prendre mes jambes à mon cou. C’est un mal pour un bien cela dit, vous avez des photos à regarder comme ça.

Tous les membres du groupe préservent leur anonymat grâce à des masques et déguisements. Le chanteur, la tête haute et le torse bombé tel un industriel à monocle du XIXème siècle, arbore un maquillage de zombie très convaincant. Saucissonné dans un costume noir, il parcourt la scène de long en large, semant la désolation sur la foule qui est sur le point de s’ouvrir les veines de bonheur. Avec un jeu de scène bien orchestré, le groupe dégage une force martiale paralysante et leurs mouvements subtilement chorégraphiés transpirent d’une assurance stoïque et scandinave.

Poète du dimanche 

La première journée touche à sa fin. Modeste journaliste de webzine, je n’ai pas le droit de prendre des photos d’Ozzy Osbourne. Énorme fan du Sabbat Noir et de la voix de son chanteur éternel, autant vous dire que j’attendais ce moment avec impatience. Assis sur une palette, je fume un petit Montecristo en regardant le coucher de soleil à l’opposé de la scène, comme un poète romantique du dimanche (du vendredi soir en fait). Avec dans la main une IPA veloutée prélevée à la Beer Factory (je vous ai dit qu’on y reviendrait), je réfléchis au sens de la vie en éructant une gorgée du divin breuvage.

La voix d’Ozzy est toujours là, mais l’interprétation est un peu paresseuse. En même temps, le gars interprète ses compos depuis quarante piges, laissons-lui un peu de répit. À quand des albums de folk intimistes pour lui et les autres papis du rock. Nos stars françaises n’ont pas cette envie de rester des rockeurs absolument. Regardez Jean-Louis Aubert ou encore Bernard Lavilliers dont les interprétations ont pris une belle patine digne d’un Bordeaux patiemment mûrit.

Bref, gardons ces élucubrations pour une autre chronique. J’ai entendu dire que Weirdsound vous réservait de belles surprises dont vous avez eu un avant-goût avec les clips de la semaine, mais…chut.

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Attention T-shirt à message !

 

Le site de l’édition 2018 : http://www.downloadfestival.fr/fr