Damned ! Captain, Dave et leur bande remettent ça !

Dix ans déjà se sont écoulés depuis le petit dernier, « So who’s paranoid », qui n’avait, il est vrai, rien a envier aux autres . Et voilà qu’à l’aube de la soixantaine, les papys du punk  ressortent un album. Quarante ans après le single qui marqua officiellement le début de l’ère punk, « New rose », ils mettent en ligne un nouveau single, « Standing on the edge of tomorrow » avant la sortie prévue pour avril de ce qui sera leur onzième album, « Evil spirits ».

En 1978, le départ de Brian James (parti pour les Lords of the New Church ) après le premier album du groupe très marqué par le rock du Detroit des années 70 (Stooges, MC5) avait permis à Captain Sensible (Ray Burns) de donner toute latitude à son talent d’écriture et de guitariste. Passant de la basse (brièvement remplacé par Lemmy que l’on peut entendre sur la reprise de Sweet « Ballroom blitz ») à la guitare, il avait également pris les rênes de la composition. Son écriture, la tessiture riche de Dave Vanian et la qualité des lyrics avaient permis au groupe d’être reconnu par un public plus large que le punk.

Le départ de Captain pour l’album « Phantasmagoria » sera paradoxalement le moment où le groupe commencera à connaître le succès. Mais entre « Anything » en 1986 et 2001, il n’y aura qu’un seul album «Not of this earth ». Pendant cette période le groupe est surtout en tournée et c’est la future femme de Dave Vanian, Patricia Morrison, qui assure la basse (Gun Club et Sisters of Mercy). Captain revient au milieu des années 90, et depuis le groupe est surtout centré autour des deux derniers membres fondateurs, Vanian et Sensible. Si « Grave disorder » en 2005 renouait avec la veine punk, « Who’s paranoid », en 2008, alternait déjà les morceaux pop voir psychédélique comme « Dark asteroid » et les moments de pure énergie (« Maid for pleasure »). On y trouvait aussi des morceaux entre pop à la Beatles et ballade de crooner, style qui sied si bien à la voix de Vanian (« Dr. Wolfenstein »), avec toujours cette imagerie de films fantastiques de série B pour habiller le tout.

Sur « Machine Gun Etiquette », leur troisième album en 1979, les morceaux comme « I just can’t be happy today » ou « Smash it up  partI & II » s’orientaient aussi vers des sonorités plus pop 60’s pour le premier ou plus progressif pour le second.

On retrouve tout au long de leur carrière, ce balancement entre rock brut et compositions plus travaillées. Mais la voix particulière de Vanian rend reconnaissable n’importe quel morceau des Damned. Malgré le temps qui passe, les concerts du groupe restent des moments de plaisir intense et la qualité des prestation scénique ne baisse pas, témoin ce passage au Hellfest en 2017.

« Standing on the edge of tomorrow » débute par une ambiance de film de SF de série B (et, oui, encore…) que ne dément pas le graphisme de la pochette. La fureur des débuts s’est atténuée, et la composition se rapproche plus des moments progressifs ou pop du groupe.

Sorti aujourd’hui (25 janvier 2018), en exclu, le clip du single :

La musique du groupe a su évoluer au fil du temps et s’affranchir des modes pour dépasser les figures imposées. Mélangeant allègrement les tempos rapides, les passages punk, des nappes de clavier et des ambiances psyché, on sent que Captain, Vanian, Paul Gray (bassiste de 80 à 83 qui revient) et Monty Oxymoron, le clavier fou-fou, et Pinch (batterie depuis 1999, ex-English Dogs) se font plaisir. À nous aussi.

Peut-être des dates françaises cet été ou au printemps? On vous tiendra au courant.

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Mise à jour le 25 janvier : ajout du clip et du nom du batteur (sorry Pinch).