Alex Hepburn de retour avec un album sincère aux sonorités Pop

Pochette du Single "If You stay" Pochette du Single "If You stay"

Le rendez-vous a été fixé chez Warner Music, le siège Parisien de sa maison de disque ce lundi 12 novembre, premier jour d’une semaine marathon pour la promo de son nouvel album dans la capitale. Il faut dire que ce nouvel album est attendu, lui qui était initialement annoncé pour 2016. Alex n’était pas prête, celle qui a débuté en écoutant James Brown, Nina Simone et Etta Jones, voulait prendre du temps pour sortir quelque chose qui corresponde mieux à son vécu et qui ne serait pas formaté par les maisons de disques. Du vécu donc, auquel elle voudrait que tout un chacun s’identifie, un pari osé qui ne risque pas de heurter le public puisqu’on retrouve une Alex plus en phase avec elle-même et une voix puissante et sonnante qui n’a pas pris une ride.

2019 risque d’être son année, après le succès de son tube pop rock « under », qui avait séduit les français et s’était hissé à la deuxième place des meilleures ventes, quand son premier album « together alone » c’était lui écoulé à plus de 110.000 exemplaires.

Après ses deux singles I believe et If you stay annonçant l’arrivée prochaine du second album à la fois hip-hop, pop et très soûl qui promet de belles surprises, l’artiste a accepté de répondre à nos questions, sans faux-semblant et dans une ambiance décontractée.

Alex Hepburn. © Wolf James
Alex Hepburn. © Wolf James

Weirdsound : Après le succès de ton premier album Together alone sorti en 2013 et une tournée galvanisante, tu as disparu des radars ?

Alex Hepburn : J’ai eu des problèmes personnels dont je ne veux pas trop parler et j’ai arrêté la musique pour un moment. Et aussi parce que ça prend du temps d’écrire un nouvel album vous savez.

Weirdsound : Tu t’attendais à un tel succès ?

Alex Hepburn : Non je ne m’y attendais pas du tout. Ça m’a beaucoup surprise.

Weirdsound : Pourquoi ?

Alex Hepburn : Parce que c’était mon premier album et aussi parce que je n’aime pas faire des prévisions pour ne pas être déçue du résultat.

Weirdsound : Tu reviens avec un album résolument pop et soûl, qu’est-ce qui t’inspire le plus ?

Alex Hepburn : Mes problèmes personnels, cet album est autobiographique, c’est du vécu, il parle de ce que j’ai pu traverser dans la vie.

Cet Album c’est vraiment moi, ce pourquoi je fais de la musique.

Weirdsound : Par rapport à ton précédent album on te sent plus à l’aise, plus en phase avec toi-même dans tes chansons.

Alex Hepburn : Sur le premier ce qui se passe c’est que tout le monde veut mettre son empreinte sur ta chanson. Entre les maisons de disques qui veulent faire ce qu’ils ont envie, et qui se foutent de l’artiste, surtout si ce sont de grosses maisons. Mais sur cet album, j’ai eu une vraie liberté artistique. Ce qui est marrant c’est que peut être les gens vont moins aimer, mais c’est vraiment moi, ce pourquoi je fais de la musique.

Weirdsound : Dans cet album tu te mets vraiment à nu, sans faux semblant, est-ce qu’un artiste a besoin de ça pour pouvoir composer ?

Alex Hepburn : Non il peut vivre la vie des autres, c’est comme un acteur vous savez. Tu as des artistes qui arrivent à raconter les problèmes des autres, ils ne savent même pas ce que c’est, ou ce qu’ils ont vécu. Moi personnellement non, si je ne connais pas je ne me risque pas.

Weirdsound : Tu ne voulais pas faire semblant ?

Alex Hepburn : Non, non, pas du tout, ce n’est pas moi.

Weirdsound : tu as donc eu carte blanche pour cet album ?

Alex Hepburn : Ils ont été super avec moi, ils m’ont laissée toute la liberté presque du style « va faire ton truc dans ton coin et ramène-nous un album » très sympa et puis mon manager est une grande amoureuse de soûl, c’est elle qui a choisi I Believe en premier. La chance que j’ai, c’est d’avoir une patronne qui comprend la musique aussi, parce que parfois si le patron ne comprend pas votre musique il ne s’y intéresse pas.

Weirdsound Le fait que la soul prenne le pas sur le reste de l’album, est-ce que c’était un vœu de ta part ?

Alex Hepburn : Oui tout à fait, je voulais rendre hommage aux chansons des années 70-80 du hip-hop, avec des textes de 2018. Je ne sais pas si on l’entend bien dans l’album mais les batteries sont contemporaines, après tu as des sons des années 60 dedans. C’est vraiment un mélange, je voulais quelque chose que j’allais aimer chanter. Tu sais dès qu’on sort de la soul, j’ai du mal à chanter, je n’arrive pas à faire les notes pop. Ma voix elle est ainsi faite. Mon artiste préféré c’est James Brown, rien à voir avec les autres, je ne sais même pas bouger sur des notes pop.

I believe I’ll be free One day I’ll be free

Maybe I’m smoking that good shit

I believe I’ll be free One day I’ll be free

Not matter how hard the time

The prison ain’t in my mind

Weirdsound : Dans le titre « I believe » tu dis « one day I will be free », est-ce qu’aujourd’hui tu te sens libre ?

Alex Hepburn : Non, jamais je ne me suis sentie libre, je pense que personne n’est vraiment libre dans la vie vous savez, il y’a le gouvernement, tout un tas de trucs et encore moi je n’ai rien à dire par rapport aux autres. On n’est jamais libre, vous voyez là je suis chez un label.

Weirdsound : Dans ce cas, en quoi crois-tu dans la vie ?

Alex Hepburn : le truc c’est que j’ai perdu tellement de personnes dans ma vie que j’ai besoin de croire qu’il y a quelque chose après. Le problème c’est que je m’entoure des gens qui pensent différemment, ils croient plutôt à la science. Difficile dans ces conditions de se raccrocher à quelque chose!

Weirdsound : Dans le très poignant dear mama du prochain album, tu rends hommage à ta mère, quelle est la relation qui vous lie alors qu’on sait que tu étais très proche de ton père avant sa mort ?

Dear mama

I  don’t  wanna  hurt  u 

I  just  go  and  let  u  down       

You  never  lose  your  love  for  me   

You  never  lose  your  love

Alex Hepburn : Parce que j’ai fait beaucoup de choix, comme d’autres on a beaucoup souffert, je ne dis jamais « oh my God » parce qu’il y a pire. Pour revenir à ma mère, je l’ai beaucoup vue souffrir et après avec les problèmes que j’ai vécus, peut-être je me suis un peu perdue et elle m’a vue souffrir. C’est très difficile pour une mère de voir son enfant souffrir sans savoir quoi faire. Toute ma vie j’ai eu des pertes, mais peu importe. Quand je vais bien c’est elle qui va mal. Je veux juste qu’elle soit heureuse.

Weirdsound : On a l’impression, quand on écoute cet album,  que ta voix est semblable à celle d’Amy Whinehouse, je sais que tu n’aimes pas quand on revient là-dessus, est-ce que ça te dérange vraiment ?

Alex Hepburn : Ce n’est pas dérangeant, c’est un grand compliment parce que c’est une artiste super, mais là où ça me dérange c’est qu’on a dû grandir à la même époque, on a eu des mêmes influences, des chagrins, on est tous les deux de Londres, je suis un peu gothique sur les bords. ( elle me montre ses vêtements. Elle est tout de noir vêtue )

Alex Hepburn. © Wolf James
Alex Hepburn. © Wolf James

Weirdsound : D’où vient ton amour pour la langue française ?

Alex Hepburn : Quand j’étais beaucoup plus jeune, on a déménagé en France avec mon père pour le travail. Je suis venue ici je ne parlais même pas un mot de français, j’ai dû l’apprendre pour pouvoir survivre.

Weirdsound : La France c’est une sorte de deuxième maison pour toi ?

Alex Hepburn : Oui tout à fait.

Weirdsound : Tu comptes t’installer ici un jour ?

Alex Hepburn : Non, je pense que j’aimerais bien habiter en Amérique, c’est mon rêve. I love America

Weirdsound : Avec Trump ?

Alex Hepburn : Vous savez je m’en fous de lui. J’aime les grandes maisons américaines, tout ce qui est grand. J’aime le hip-hop, je trouve que là-bas ils ont une grande liberté.

Je suis toujours célibataire (…) peut-être parce que je tombe toujours sur des connards.

Weirdsound : Dans une de tes interviews tu disais que tu étais un cœur à prendre, est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

Alex Hepburn : Oui je suis toujours célibataire (éclats de rires)

Weirdsound : Mais comment ça se fait ?

Alex Hepburn : Je sors d’une relation de trois ans, mais à chaque fois je me fais briser le cœur parce que je donne trop. C’est marrant parce que à chaque fois j’essaie de sortir avec des gens qui ne sont pas dans la musique. Je pense qu’ils ont peur. Dès que je reprends le travail ils ont peur, ils se disent « Oh my God ». Ils ont peur de la célébrité et puis je tombe toujours sur des connards (éclats de rires).

Weirdsound : Quel est ton plus grand regret ?

Alex Hepburn : (Elle réfléchit) je ne sais pas quoi dire, parce que j’en ai trop, je ne peux pas tous les citer, je préfère ne rien dire.

Weirdsound : Quelle est la définition d’un artiste pour toi ?

Alex Hepburn : Un vrai artiste c’est être soi-même, même si ça ne te rapporte pas grand-chose. Après c’est difficile, si tu as une maison de disques qui dépense des fortunes elle doit récupérer son argent. La pression n’est plus la même par rapport à quand tu es indépendant. Pour moi si tu es vraiment quelqu’un qui crée ses propres chansons, tu dois juste les assumer. C’est ainsi pour tout le monde, si tu fais des choses pour de mauvaises raisons, je ne sais pas si tu ressens de la joie.

Weirdsound : Est-ce que tu as la pression du public pour la sortie de l’album ? Tu te demandes s’ils vont bien l’accueillir comme le premier ?

Alex Hepburn : Je pense que c’est très différent, après ce qui ne change pas c’est l’âme de la personne, par exemple si tu prends Under et tu mets un piano voix c’est pas de la soul. Rien ne change vraiment, la différence c’est la production, elle est moins prenante, là il y’a plus de voix.

Weirdsound : Justement parlant de cette voix, quel est ton secret ?

Alex Hepburn : Je fumais beaucoup avant, je pensais que c’était ça, là j’ai arrêté de fumer depuis 4 ans et ça n’a pas changé, au contraire elle est mieux, elle a plus de peps. Je suis même allée voir un médecin pour savoir s’il y avait un problème, il m’a rassuré, tout va bien!

Weirdsound : Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter ?

Alex Hepburn : Je ne sais pas, que je sois plus heureuse et peut être fonder une famille un jour.

Alex Hepburn. © Wolf James
Alex Hepburn. © Wolf James

C’était ma dernière question, elle me demande si ça me va, elle dédicace ses singles et son prochain album à mon attention et à celui du magazine. On fait un selfie, elle me demande d’en faire plusieurs pour avoir le choix à la fin. Un dernier éclat de rires dont je garde l’origine pour moi et on se sépare. J’étais son dernier rendez-vous de la soirée, elle s’en va se reposer avant le marathon médiatique qui l’attend pour le reste de la semaine.

Plus d’infos

Le nouvel album d’Alex Hepburn sera disponible au printemps 2019.

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