Primavera Sound (main photo) @Kimberley Ross

Primavera Sound Part 3 – Un final en apothéose

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Primavera Sound Festival – Jour 5

Déjà 5 jours, et si vous êtes bien motivés, je vous laisse reprendre connaissance des deux premières parties de ce long festival report…

Je suis redondant mais les organismes commencent à être sévèrement atteints… les réveils sont de plus en plus difficiles… mais le soleil est encore une fois au rendez-vous et finalement, je suis de nouveau bien content de retourner sur le site du Parc El Forum pour cette 5ème journée au Primavera Sound.

Le temps de me nourrir un peu, de prendre mon jus de citron pressé détox et je me dirige vers la scène Pitchfork.

Retirada, la catalogne à l’honneur

Les hostilités démarrent avec le groupe Retirada, duo catalan (et barcelonais) composé d’un guitariste-chanteur (Daniel Ramos Fernandez) et d’un batteur (Albert Isnardo). Et j’avoue prendre une belle grosse claque. Une tendance très indé-rock, la rythmique est parfaite, la mélodie est accrocheuse. Daniel utilise parfaitement son looper pour des envolées somptueuses sur chaque morceau. Au bout de 5 jours, je n’ai pas honte de le dire, mais Retirada fait partie de mes très très belles découvertes de ce Primavera Sound.

Retirada 2 - Primavera Sound 2019 - John O'Cube
Retirada – Primavera Sound 2019 – John O’Cube

Post-concert, j’écoute assidûment Son leur dernier album… et je ne peux que vous conseillez de vous y atteler.

Un petit avant-gout avec Planetes… morceau qui me créé un petit frisson de plaisir :

2 catalans qui dépotent (Retirada!)

Je n’en loupe pas une miette, le public est également conquis. Enivrant, bluffant et sincèrement… pouah-cha-cha !

Kirara, l’efficacité coréenne

Concert fini, et comme à l’accoutumée, même pas le temps de rêvasser. La semaine précédant le festival, je découvre Kirara, une nana coréenne déjantée. Un son très dance, assez simpliste, mais dont les lives semblent relativement barrés. On est donc dans un quitte ou double…

Kirara - Primavera Sound 2019 @hara_amoros
Kirara – Primavera Sound 2019 @hara_amoros

Voici Rio , allez c’est parti toi aussi danse devant ton PC :

Kirara – La “Corée” brésilienne de Rio

C’est donc devant une foule de… 30 personnes grand max que je rejoins la scène Night Pro (la scène découverte)… et bien je peux vous assurer que bien que peu nombreux au début, la jauge a grandi au fur et à mesure du concert. Kirara a fichu une ambiance de ouf !

Kirara en live, elle ne réinvente rien, mais ça a le mérite de fonctionner!

Pour décrire, une musique assez techno/dance entre du Daft Punk et du C2C. Soit, elle est entre ses tables de mixage et son MacBook… mais ça a le mérite d’être efficace !

Elle se présente « Je suis Kirara, je viens de Corée… vous connaissez la Corée ? … euh vous savez… Kim Jong-un ». Rire dans la foule.

Vous pouvez découvrir son dernier album Sarah.

Built to spill, des pères fondateurs

La folie coréenne finie, je retrouve tous mes collègues festivaliers (dont Johann, récente recrue Weirdsound, venue ce soir-là) pour Built to Spill sur la scène Primavera. Fondée en 1992, à l’initiative de son leader Doug Martsch (guitariste et chanteur et leader), c’est typiquement le type de groupe qui peut s’avérer difficile à mettre dans une case précise, tellement ils ont créé leur propre case. Mais je dirais qu’on s’approche assez facilement de The Pavement. Built to Spill sont connus et reconnus comme des précurseurs pour une palanquée de groupes américains et internationaux dans le milieu de l’indé-rock. Une voix unique, un groupe qui a écumé les salles et les festivals, par contre… ce sont pas des causants.

Comme c’est souvent le cas au Primavera Sound certains groupes sont invités pour jouer un album en entier. Ce fut le cas avec les Breeders, il y a quelques années nous délectant de l’intégralité de Last Splash, mais également Television avec l’emblématique Marquee Moon. Cette année… Built to spill joue en intégralité leur album sorti avant le nouveau millénaire Keep It Like a Secret.

Un album de qualité qui ravit les fans du groupe. On démarre avec Time Trap, le premier morceau joué pose les jalons : Professionnalisme, et changement de rythme. Built to spill enchaîne avec You Were Right puis Center of Universe, qui pour le coup nous rappelle vraiment les mélodies de Stephen Malkmus. A la limite de la posture épileptique, Doug continue les morceaux sans mots un seul destiné au public (enfin perso je m’en fous, tant que la musique est good…) avec notamment Temporary Blind, The Plan aux tendances très Sonic Youtienne et comme tout bon concert… et bien cela monte crescendo… Petit (gros en fait) faible pour Else.

Built to spill 2 - Primavera Sound - @Toni Rosado
Built to spill (Brett Netson) – Primavera Sound – @Toni Rosado

T’es super emballé et tu te poses plein de questions sur ce tip-top concert… et bien je te revoie dans une heure, 5 minutes et 51 secondes… bon live et bonne écoute :

Live intégral de Built To Spill – Primavera Sound 2019

J’espère que cela s’est bien passé. Avant l’interruption vidéo, je m’apprêtais à causer des 15 minutes de Broken Chairs, morceau anthologique des originaires de l’Idaho. Alors, bien sûr vous allez me dire, on est sur des mélodies complexes, ce n’est pas Iggy Pop devant nous qui saute partout… bien entendu, un live de ce groupe dans une petite salle vaudrait 10 fois celui-ci… mais perso, en m’isolant de mes collègues, en me faisant bercer par les solos guitares de ce(s) morceau(x) et par cette voix inimitable… et bien… je pars en orbite complète tel Thomas Pecquet.

La conclusion se nomme Carry the Zero… d’une lignée similaire à Broken Chairs une sorte de morceau fleuve, prenant complètement l’auditeur aux tripes.

Built to spill (Doug Martsch) 2 - Primavera Sound - @Toni Rosado
Built to spill (Doug Martsch) – Primavera Sound – @Toni Rosado

Si vous n’avez pas le courage de découvrir ou re-découvrir l’ensemble de la discographie de Built to Spill, concentrez-vous sur cet album Keep It Like a Secret, c’est un excellent aperçu des compétences, des qualités de ce groupe emblématique malheureusement si peu connu du public.

De mon côté… cette 4ème journée sur le site démarre tambour battant. 100% de réussite en 3 concerts… vivement que ça dure.

Frank Carter and the Rattlesnake, les premiers slams du festoche ?

Frank Carter & the Rattlesnakes - Primavera Sound @Xavi Torrent
Frank Carter & the Rattlesnakes – Primavera Sound @Xavi Torrent

La parenthèse Built to Spill close, nous nous orientons de nouveau vers la scène Adidas, dont la scène punk rock fait mouche depuis le début de cette édition 2019. Et encore une fois, la quintessence punk nous provient d’un pays anglo-saxon… et plus précisément, le Royaume-Uni… et plus précisément, l’Angleterre, et plus précisément du comté de Hertfordshire et plus précisément… bon j’arrête…

Frank Carter & the Rattlesnakes 2 - Primavera Sound @Toni Rosado
Frank Carter & the Rattlesnakes 2 – Primavera Sound @Toni Rosado

Encore un groupe qui fait le taf, on n’atteint pas la folie d’Idles ou d’Amyl and the Sniffers, mais si vous appréciez ces 2 groupes, filez voir en concert le rouquin hyperactif. On alterne entre du punk-pop quasi ambiant jusqu’au hard-core quasi décérébré avec Heartbreaker.

J’assiste à mes premiers slams du festival (alors 2 choses… primo, ça slame assez peu en Espagne, secundo… je n’étais pas partout, je vous rappelle qu’il y a près de 20 scènes).

Frank Carter & The Rattlesnakes – Primavera Sound 2019

Pour faire simple : respect et robustesse !

Frank Carter & the Rattlesnakes 3 - Primavera Sound @Toni Rosado
Frank Carter & the Rattlesnakes 3 – Primavera Sound @Toni Rosado

Drab Majesty

Suite à Frank Carter, très rare (mais alors très très rare car c’est la première fois en 10 ans) Gap de 50 minutes me concernant dans la programmation… le calme plat, rien qui m’intéresse (notamment Rosalia qui m’intéresse vraiment pas, mais comme dirait Evelyn Thomas… C’est mon choix). Je prends le taureau par les cornes… et sessions posage – repas & pause technique. Et le temps passe vite, car il est déjà 22h et démarre alors, sur Adidas, le concert surprenant de Drab Majesty. Le projet très très Darkwave a été créé par Andrew Clinco en 2011 rejoint par Alex Nicolaou en 2016. Lunettes noires vissées sur les yeux, perruques blondes (ce sont des perruques rassurez-moi ?), on entre avec Dot in the sky dans une ambiance 80s, le groupe aurait clairement pu être choisi pour faire la BO de Stranger Things.

Drab Majesty Primavera Sound 2019 @frente-sónico-futurista
Drab Majesty Primavera Sound 2019 @frente-sónico-futurista

Les influences sont multiples entre The Cure et Kraftwerk avec les morceaux 39 by Design, Unknown to the I et Kissing the Ground :

2 belles blondes… (Drab Majesty – Primavera Sound 2019)

Forget Tomorrow prouve que le groupe a des compétences pour sortir des titres post-punk tandis que Cold Souls me fait irrémédiablement penser à l’ambiant de Slowdive

Cold Souls – Drab Majesty

Que dire… les américains sont surprenants, pas très très causants non plus, mais d’une sérénité qui me fait utiliser les superlatifs.

En bref, très belle surprise !

Un petit coucou à Jarvis Cocker avant la confidentialité dynamique des chiliens de Sistemas Inestables

Dans ma préparation programmatique, j’avais coché le surprenant groupe chilien inconnu aux bataillons de Sistemas Inestables. Le trajet menant au Night Pro, j’en profite pour faire un arrêt de 2 morceaux devant Jarvis Cocker, leader de Pulp. Ce n’est pas trop ma tasse de thé mais les 10-15 minutes auxquels je participe s’avèrent plutôt bonnes musicalement et scéniquement. Belle surprise, même si Jarvis a une tendance à beaucoup, mais alors beaucoup parler. Du genre à faire un speech de 2 minutes avant chaque nouveau titre. Bon, j’ai venu, j’ai vu, je suis vaincu…

Jarvis Cocker Primavera Sound 2019 - @Toni Rosado
Jarvis Cocker Primavera Sound 2019 – @Toni Rosado

Go to Sistemas Inestables… La scène Night Pro est toujours aussi peu peuplée en comparaison des autres scènes, mais le public s’amasse quand même pour rencontrer les chiliens. Pour essayer de vous cadrer ce groupe, on est à mi-distance entre Tortoise et Cavern of Anti-Matter. Visuellement d’ailleurs, la ressemblance avec Tortoise est très frappante avec 2 batteurs en face à face qui martèlent régulièrement en simultané.

Les fils chiliens cachés de Tortoise – Sistemas Inestables

Pas de poussage de chansonnette, on est également sur de l’instrumental avec des sons électroniques et des soupçons de jazz. Le produit fini est top, dynamique, dansant, enivrant. Bien que très confidentiel tant musicalement qu’en termes de renommé, les chiliens Sistemas Inestables ont conquis le public présent. Laissez-vous emporter par leur album O, sorti en 2018.

Sistemas Inestables – Primavera Sound 2019 – @HaraAmoros

Primal Scream… les choses très très sérieuses commencent…

Primal Scream fait le taf dès le début…

L’une des grosses attentes pour moi du festival… les pensionnaires de Glasgow nous faisaient l’immense honneur de fouler la scène Primavera en ce dernier jour au Parc El Forum. Et force est de constater, que Primal Scream n’a pas loupé son intervention. Bobby Gillepsie, co-créateur du groupe en 1982… et ancien batteur de The Jesus and Mary Chain quand même, est tout de mauve paré… il virevolte et est complètement sous stéroïdes.

Primal Scream Bobby Gillepsie- Primavera Sound 2019 @Alejandro García

Alors forcément… Screamadelica est mis à l’honneur pour le plus grand bonheur du public cosmopolite s’amassant devant eux. Un live qui commence fort avec Movin’On Up… il ne m’en fallait pas plus pour mener les nombreux festivaliers présents en orbite stratosphérique. La ligne de synthé, les années 90 dans nos oreilles, les chœurs emblématiques… yeeeepppppeeee ! En 4 mesures, j’ai d’ores et déjà décidé que Primal Scream entre dans mon top 3 des 6 jours de présence au Primavera Sound (Courtney Barnett ayant juste été exceptionnel à J3)… pour le 3ème… euh je dis rien continuez à lire.

Vous connaissez pas Movin’On Up… allez moment culture :

Movin’On Up – God Save the Primal Scream

Pas de repos, Jailbird jaillit des enceintes. Très typé Oasis je trouve ce titre… enfin préférant Primal Scream à Oasis (et vu les dates de création des 2 groupes): disons plutôt que Oasis a tout pompé sur Primal Scream…

J’en suis presque essoufflé… mais les britanniques nous portent l’estocade… Can’t go back... et son mur de gratte qui nous hérisse le poil :

“Can’t go back, I can’t go back , Can’t go back, I can’t go back , Can’t go back, I can’t go back , To the place I was before”

Le pied est des plus totals. Je vais essayer de raccourcir la description de chaque titre joué. Mais Bobby initie les titres dont les clips sont des plus hallucinants Miss Lucifer aux sonorités très Prodigy – ienne, Swastika Eyes de l’album Chaosmosis très électro également en fonds sonore (niveau clip on se croirait dans un épisode de MASH…) et enfin Kowalski de l’album Vanishing Point (avec la présence en 1997 de Kate Moss dans le clip super barré).

Primal Scream nous achève avec un triptyque musical

Le live file à une vitesse incroyable… et se clôture par une véritable oeuvre d’art musicale en 3 actes… 

1. Country Girl

Vous ne comprendrez peut être pas ma relation avec ce morceau… mais pour moi c’est un véritable hymne. Avec mes meilleurs potes nantais entre 2005 et 2008, c’était notre chanson de départ. La chanson qui disait… bon on met les chaussures, on finit notre verre, et on sort dans la ville nantaise maintenant… le booster pour dire : « on va être géniaux ce soir, cette musique est avec nous… l’adrénaline monte… rien ne nous arrêtera ».

Country Girl : Les majorettes aux United States c’est quand même autre chose!

Et bien vous savez quoi, plus de 12 ans… j’ai de nouveau dansé comme un fou sur ce titre Country Girl, et crié comme un putois… Vu l’ambiance des festivaliers… je ne suis pas le seul à avoir un lien particulier avec ce tube !

2. Loaded (de Screamadelica encore et encore)…

Sûrement et tout simplement (cela reste mon avis et puis non ce doit être l’avis de tout le monde, je vous laisse pas le choix cette fois-ci), LE meilleur morceau de Primal Scream. Ce titre représente complètement la musique 90s à Londres. On s’esclaffe sur les “Whoo – Whoo“,… On chantonne tous à tue-tête le lead cuivre… “naaaaaaaaa-nananananaaaa-nananananaaaaa –nananananaaaaa-nanananananana… naaaaaaaaa-…” Et puis pour ceux qui ne font pas que du Yaourt… on s’époumone avec les « I don’t wanna lose your love » des chœurs transcendants !

Loaded – Le meilleur morceau of the world des Nineties?

L’ensemble musical est parfait, le riff est entêtant, les gens sont justes joyeux… perso, j’ai la ptite larme de bonheur… signe du morceau que tu as déjà vu en live maintes fois, où qui te fait te lever de ton fauteuil quand ton copain le cale à 3h du mat au cours d’une soirée… t’es emporté, t’es joyeux…

Et oui, c’est bon… je suis émotif… ça va… je vous ai déjà dit que ce sont des larmes de joie !

3. Rocks

Grand final, Rocks démarrent, le public vient de se prendre 12 minutes de folies (avec les 2 morceaux précédents)… on est tous hyper-vitaminés… la liesse est complète. Le riff rock ravageur nous électrise, on ne veut pas que ça s’arrête…

La re-descente est difficile, mais avec mes collègues festivaliers… on est tout fou après ce live dément et ce triptyque musical final extraordinaire. Je vais tenter de résumer ce live en 3 grands principes:

  • Showman
  • Intemporel
  • Transpi (euh oui, on s’est vraiment laché)

Stereolab… les choses très très sérieuses continuent…

En introduction, je vous dirais :

  • Etre parmi les groupes qui enchaînent direct après Primal Scream… pas simple…
  • Après 5 jours de festival, se farcir 2 des meilleurs lives du festival coup sur coup… je n’aurais pas misé un kopeck dessus.

Stereolab est un groupe que j’ai déjà écouté par le passé… mais comme bon nombre de mes potes… on est quand même passé complètement à côté d’eux, pendant beaucoup beaucoup d’années. L’écoute de leurs albums avant ma venue au Primavera Sound (et assister à leur live) m’a donné des regrets de ma méconnaissance de ce fleuron Franco-Anglais.

Stereolab - Primavera Sound 2019 - @Toni Rosado
Stereolab – Primavera Sound 2019 – @Toni Rosado

Stereolab introduit avec le psychédélique Come and Play in the Milky Night. Très vite on s’aperçoit que leur musique n’a rien de compliquée en soit, mais c’est juste beau… on intériorise énormément, on est dans une véritable bulle. Extase complète…

Si ça, c’est pas du talent… Stereolab – PS 2019

La scène Ray Ban accueille les retardataires quand Stereolab nous livre la pop psychédélique de Brakhage (reconnaissable à sa ligne de Xylophone) et Baby Lulu, petit instant de repos avant de se faire littéralement percuter par le riff fender de French Disko et les vocalises de Laetitia Sadier (la Française de l’équipe)… Ce titre a été pris et repris de nombreuses fois (notamment par The Raveonnettes mais aussi par Editors). Allez c’est bien marrant de les voir djeuns :

French Disko (période grunge?) – Stereolab 1993

Déjà une grosse moitié du concert de fait… Ping Pong est entonné avec ses déjà 25 ans d’anciennetés… et l’écoute n’en fait aucun doute, Stereolab sont précurseurs de toute une génération musicale qui existe encore aujourd’hui.

Ping Pong – Stereolab

Enfin les organisateurs ont eu l’excellente idée de filmer les 3 derniers morceaux.

Revivez la claque de milliers de festivaliers sur les 2 derniers morceaux (La vidéo démarre sur le somptueux Percolator) John Cage Bubblegum (aucun doute sur les origines françaises de la chanteuse Lætitia Sadier), et surtout surtout Lo Boob Oscillator. Ce final est à l’image du live de Stereolab… une mélodie pop, sucrée et addictive… qui part en cahouet complète… au bout de 2 minutes de morceaux, pour un final en apothéose de 10 minutes.

Les 3 derniers titres de Stereolab au Primavera Sound 2019

10 minutes où tu oublies le nectar et l’ambroisie… tu virevoltes plutôt dans la noise de Sonic Youth. J’ai vécu un Loaded au précédent concert extraordinaire… j’ai vécu 10 minutes de transe absolue sur le final de Stereolab du morceau Lo Boob Oscillator précité. Presqu’une conclusion de festival qui nous ravage et nous tourbillonnent le cerveau… le sourire montent aux oreilles, on ferme les yeux, on danse, on est vraiment vraiment en transe…

Stereolab 2 - Primavera Sound 2019 - @Toni Rosado
Stereolab (Laetitia Sadier)- Primavera Sound 2019 – @Toni Rosado

Un seul regret… le titre Changer n’a pas été joué… Allez pour les afficionados ! Mélangez 100g de Spectrum, 3 litres de My Bloody Valentine,… et saupoudrez de Stereolab et voilà :

Changer – Stereolab

Primavera Bits : Le retour du côté du côté obscure !

Le grand Richie Hawtin nous propose Close

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richie-hawtin-close-at-primavera-sound

Après 2 lives de hautes volées… on passe du coté obscure (Primavera Bits). Rappel aux étourdis, les Primavera Sound ont une zone de 4 scènes uniquement destinée aux sets électros (et c’est non-stop entre 14h et 6h du mat). Nous nous orientons vers la scène Lotus pour se retrouver les pieds dans le sable et découvrir le fantastique set de Richie Hawtin « Close »… je prends peu de risque en disant que ce fut l’un des meilleurs sets électro du festival (et pourtant, Nina Kraviz ou Helena Hauff c’est du lourd), puissant, visuellement magique (Richie est entre ses 2 machines).

Richie Hawtin – Close

Le jeu de lumière fait le reste du boulot, l’atmosphère Saturday night rend le moment électrique, avec ce petit soupçon chez tous les festivaliers encore présents de vouloir profiter de la moindre seconde de ces derniers instants au Parc El Forum. Richie Hawtin nous balance donc un set très minimaliste mais d’une efficacité lourde et pesante ! Je surkiffe…

… puis Avalon Emerson clôt le débat !

Sans même nous en apercevoir, le dj anglais résident à Berlin laisse sa place à Avalon Emerson qui enchaîne de suite. Un set de 1h, dans une lignée similaire à Richie Hawtin pour le grand final. 6h du matin approche… le moment le plus magique des Primavera Sound également:

  • Un gros son électro sous les premiers rayons du soleil,
  • Un sentiment partagé entre le regret que cette parenthèse de quelques jours se boucle…
  • … et la béatitude de participer et d’avoir la chance de participer à ce moment unique!
Avalon Emerson - Primavera Sound - @SergioAlbert
Avalon Emerson – Primavera Sound – @SergioAlbert

Avalon Emerson veut pousser après 6h… l’orga lui refuse malheureusement. Elle s’excuse auprès du public encore très nombreux…

C’est pas grave le moment reste gravé : sourire sur les lèvres, pieds dans le sable et lunettes sur le nez !

Prima c’est fini ?

Et ce sont sur ces beats électro et un lever de soleil sur la marina du Port Forum que se solde ce 6ème jour de festival (5ème me concernant). La plus grande partie des festivaliers vivent leurs dernières minutes, les sourires sont présents sur les visages de tous… quelques-uns ont peut-être un peu trop attaqué les psychotropes pendant la soirée… rendant ces derniers instants plus complexes… Pour notre part, nous sortons en prenant notre temps du site puis direction le bar « le Chino »…

Lever de soleil Primavera Sound 2019 - Scène Lotus - John O'Cube
Lever de soleil Primavera Sound 2019 – Scène Lotus – John O’Cube

L’étymologie du nom du bar est très très simple… il est tenu par des chinois (aucun discours polémique de ma part… je ne fais que relayer le nom donné à ce lieu par les barcelonais). Sachez le… c’est le véritable after du Primavera Sound. Il y a 3 ans jour pour jour, on était à 70 dans ce bar de 11m2 à chanter Sometimes des Strokes à tue-tête relayé sur une pauvre chaine hifi Aiwa derrière le comptoir (un festivalier avait branché son ipod dessus)…

Mais ce bar n’est que la partie immergée de l’iceberg, la place jouxtant « Le Chino » est juste complètement blindée… facilement 2000 personnes s’y installent pour un after afin de faire perdurer cette petite bulle apnéïque.
Il est 9h, on s’est bu une dernière bière au Chino… il est quand même temps de rentrer… dodo !

Primavera Sound – Day 6… sur les rotules, mais on ne lâche rien!

Vos paupières sont lourdes… très lourdes, vous êtes allongés et votre respiration est calme… j’expire… je souffle… pchhhhfffffttt ! Votre tête et vos cheveux sont toujours lourds… très très lourds… mais vous ne savez plus où vous avez foutu cette fichu boite de doliprane… pschhhhffftttt !!!! Et votre haleine de chacal qui boit de la bière depuis 6 jours, vous incommode vous-même…

Dimanche est donc synonyme de lever à 16h et d’une glandouille totale m’amenant à faire l’impasse sur les concerts au CCCB (Centre Culturel Comtemporain de Barcelone… accueillant quelques groupes dans sa cour intérieure). Peu de groupes intéressants sauf peut-être Filthy Friends, groupe de Corin Tucker de Sleater-Kinney et de Peter Buck de R.E.M. . Mes collègues festivaliers Alain et Ghislaine (à qui je fais confiance dans leur critique) m’ont parlé d’un concert plutôt bon mais assez standards (ce n’est pas la surprise de l’année en gros).

Sala Apolo - Primavera Sound 2019 - John O'Cube
Sala Apolo – Primavera Sound 2019 – John O’Cube

On rejoint la Sala Apolo avec Julie pour le 1er concert à 22h30…

Agost : ambiant-pop-post-rock visuellement et musicalement

Agost - Primavera Sound 2019 Sala Apolo @XaviMolina
Agost – Primavera Sound 2019 Sala Apolo @XaviMolina

Les espagnols d’Agost nous emmènent dans une ambiance à la Sigur Ros. On est sur une musique aérienne mais assez rythmée. Les projections audiovisuelles accompagnent les titres du groupe sur ce post-rock léger au son électronique, un mix entre Animal Collective et Beach House. Annabel Ligero au chant est captivante, accompagnée de Borja Pardo guitariste/claviériste et de Fede Weiss derrière sa machine et sa batterie électronique, fonctionnant avec un système de capteurs un peu comme ceux utilisées par Thylacine).

Agost – Inure

Les créations musicales sont diversifiées mais fortement plaisantes. Après la découverte de Retirada!, la scène Catalane s’avère être pleine de surprise.

The Beths : Essai Transformé

On reste sur la scène Apolo pour un groupe kiwi (enfin néo-zélandais) The Beths. Le groupe déborde d’une joie communicative, et nous distille une pop-rock joyeuse donc et assez californienne dans l’approche. J’adhère pas trop à la voix de la chanteuse Elizabeth Stokes, mais musicalement ça dépote… du coup, bah ça dépote! Très sympa, pêchu et l’effet petite salle crée clairement un sacré dynamisme à ce live!

Les Néo-Zélandais de The Beths

On approche alors des (vrais) derniers instants de notre festival… j’avais commencé celui-ci avec un dilemme entre Cate Le Bon et Lonker See dans cette même salle de l’Apolo, je finis sur un énième et dernier dilemme, entre Amyl & the Sniffers (mais déjà vu vendredi soir… et déjà époustouflante aussi au Printemps de Bourges) et Efrim Manuel Menick

Efrim Manuel Menuck : Thee Silver You Black Emperor Mont Zion ?

Clairement, de nom, sauf pour les afficionados,… ça ne devrait pas trop vous causer. Mais il faut savoir qu’Efrim Menuck est le co-fondateur de Godspeed You Black Emperor puis de Thee Silver Mont Zion. Il est accompagné par Kevin Doria (sur les projets Growing, Total Life et Hiss Tracts…bref un résident du label Constellation aussi). En gros, et pour synthétiser… on oublie les cuivres, les violons/violoncelles, et batterie faisant la réputation des 2 collectifs précités qu’on remplace par 2 grosses machines, avec des fils partout (on a plaint les roadies… ils doivent vivre l’enfer à chaque nouveau concert…).

Live Intégral de Efrilm Manuel Menuck au Primavera Sound 2019

La ligne du projet est à tendance électronique mais on retrouve le côté planant de Godspeed et quasi lyrique de Thee Silver! La force d’Efrim Manuel Menuck… et de ses morceaux fleuves de 15-20 minutes résident également dans la force de Godspeed au rythme lent et saturée, le côté presque dérangeant de la voix d’Efrim au timbre si particulier… je suis complètement happé (même en sachant que Amyl démarre son concert dans la salle au-dessus). Top, et hâte de revoir ce groupe.

Bien heureusement… les 2 concerts ne sont pas en simultanés en intégralité… et dès Efrim Manuel Menuck fini… on part à toute vitesse retrouver la show-woman Amyl and the Sniffers… pour le final (enfin mon final… je me suis déjà résous à ne pas rester jusqu’à 5h du mat, pour des groupes dont le qualificatif le plus précis que je peux donner est « bof »)

Amyl and the Sniffers : T’as encore pris trop de Redbull Amy !!!

Je me répète… mais Amy (d’Amyl and the Sniffers)… c’est un peu le principe de l’hyperactivité de 14 CE1 avant les vacances de Noël condensée dans le corps d’une australienne déjantée portant la coupe mulet du champion de tuning du fameux épisode de Strip Tease:

  • ça impose le respect…
  • t’aimes bien la voir en live,
  • t’aimes bien écouter ses albums le matin après le café (si tu écoutes pendant, tu renverses ton café),
  • …mais tu évites de l’inviter à un apéro dînatoire avec dégustation de cabernet sauvignon ou de merlot 1996… au risque qu’elle confonde œnologie et binge drinking !

Bref… le groupe et sa chanteuse furent égal à eux-mêmes, rock, punk, explosif… le public malgré la fatigue… oublie la fatigue, shoegazing individuel, slam et pogo dans les 10 premiers rangs (qui font toujours flipper… car les « pogo-tueurs » sont tous munis de leur bouteille en verre d’Heineken autorisée et vendue à l’Apolo (mais qui devient une arme conventionnelle de niveau 1, dans le cas d’un pogo).

Les meilleurs morceaux s’enchaînent aussi vite que le vent qui souffle en tempête, les tubes I Got You et I’m Not A Loser, le très Ramones Gacked on Anger,…

Comment mieux finir cette semaine… pas sûr d’avoir de meilleure idée. On ressort de ces 40min de live… épuisé, heureux, et satisfait de conclure cette semaine par un live encore incroyable des Australiens!

Un Uber, et malgré un sommeil difficile à trouver avant 4h du mat, c’est ainsi que se clôture les Primavera Sound 2019 pour votre serviteur.

Primavera Sound @PacoAmate

Catalanes, Catalans,…

Françaises, Français…

Au revoir, à l’année prochaine et…Vivement l’année prochaine!

John O'Cube

Sous ses airs de traders aux combines maladroites, John est fasciné depuis son plus jeune âge par la musique. Brillant titulaire d'un fichier excel récapitulant l'ensemble des concerts vu depuis le début de sa vie étudiante, il cherche désormais la renommée en additionnant son record de présence en live devant Mogwai ou Deerhunter ou divers groupe folk, rock, pop, indé,... Malheureusement, malgré une énergie débordante, on le perd souvent à l'heure de l'électro... ne vous méprenez pas, il ne commence pas à rédiger des articles pour la firme Weirdsound, il est plutôt perdu au 5 ou 6ème rang d'un scène électro douteuse, lunette de soleil sur le nez car "l'électro s'écoute mieux avec des lunettes de soleil".
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