Festival Primavera Sound 2019 - Tame Impala

Primavera Sound 2019 – Pèlerinage musical à Barcelone (part 2)

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Temps de lecture : 17 minutes

Chers lecteurs, je vous ai laissé quelques jours, quelques semaines… que dis-je quelques mois… les obligations Weirdsoundiennes m’ont rattrapé et j’ai assisté cet été au Knot Fest, au Festival Beauregard, au Check in Party et à Scopitone depuis la sortie de la Part One du report sur le festival Primavera Sound 2019. Pas grave, depuis t’as pris ton billet je suis sûr pour l’édition 2020 en vente depuis début juillet. Peut-être même que t’as voulu prendre tes billets d’avion et réserver ton Airbnb ce qui serait quand même un peu con, c’est dans un an t’as le temps ! Retour donc sur mon pèlerinage musical annuel à Barcelone début juin pour les Primavera Sound…

Remettons-nous dans le contexte. On s’était laissé au petit matin de la 1ère grosse journée de festival sur un final électro monumental de la DJ Russe Nina Kraviz légèrement trop botoxée mais génialissimement talentueuse.

Plage Barcelone Primavera Sound 2019
Sea, Sieste and Sun -Barcelone Primavera Sound 2019

Je ne vais pas vous faire un dessin… et mon côté sénile ressort du haut de mes 34 ans… oui, déjà 3 jours dans les pattes. La fatigue se fait ressentir, on essaie de se dire qu’il faut allonger la nuit, pour se reposer, mais l’organisme est complètement à la ramasse et finalement… on ne retrouve pas le sommeil après un réveil vers 13-14h. Il existe donc un petit effet de saturation avant de reprendre la 1ère pression de la journée sur le site du festival.

Day 4 : The Music Day’s Before Tomorrow

Toujours est-il que… un peu comme on se remet sur un vélo ou sur des skis… naturellement, on retourne sur le site du festival, les automatismes à la clé. J’arrive donc au Primavera Sound vers 17h en cette 4ème journée.

Lucy Dacus : une disciple de Courtney Barnett ?

Comme souvent, la scène Rayban accueille en début de journée des artistes en devenir internationaux qui méritent déjà une scène de la taille de l’amphithéatre Barcelonais du Parc Del Forum. Ce fut le cas pour la songwriteuse américaine Lucy Dacus accompagnée de ces « gars » zikos. La dame est connue pour son partenariat avec Julian Baker (qui était présent au festival la veille) sur l’EP Boygenius.

Lucy Dacus - Primavera Sound 2019 - @Jeremy Bears
Lucy Dacus – Primavera Sound 2019 – @Jeremy Bears

Les 2 albums de Lucy Dacus sont très folks dans l’approche, et le concert devient finalement assez rock, des morceaux frôlant le shoegazing comme sur Night Shift :

Lucy Dacus au Primavera Sound 2019 Barcelone – Night Shift

Pour ma part, très emballé par ce live… Lucy Dacus fait désormais de ma short list des artistes à suivre (et qui vont tourner pas mal sur l’année assurément) et à réécouter sur les albums No Burder (2016) et Historian (2018).

Un concert… et c’est donc reparti : toutes les courbatures, et les tracas de fatigue sont oubliés !

Concert fini, on file découvrir avec Alain et Ghislaine (9 ans que je fais les Primavera avec eux quand même) le groupe Snail Mail sur la scène Primavera (si tu ne suis plus où est quelle scène et que ça t’intéresse de re-visualiser le plan ou si tu t’en fiches complètement : retourne sur le premier article). Pour décrire rapidement le projet du groupe, une musique vraiment top, les musiciens sont talentueux, … mais comme cela peut arriver, la voix de la chanteuse est un peu trop nasillarde et plaintive à mon goût, cela finit par faire saigner les oreilles (son chant… pas la musique).

Scène Night Pro : la scène des découvertes dont celle de Mayberian Sanskülotts

On reste 3/4 morceaux et je me dirige (pour la 1ère fois du festival version 2019) vers la scène des découvertes Night Pro. Petite explication, la scène Night Pro officie depuis maintenant près de 10 ans sur le festival. L’objectif est de proposer une chance et une visibilité dans un festival international à des musiciens un peu moins plébiscités que des groupes comme Tame Impala et Interpol ou de têtes d’affiches ramenant les foules telles que Rosalia, ou Carly Rae Jepsen (où je n’ai mis les pieds, j’avoue). Par exemple, l’an dernier, le groupe autrichien Cari Cari (énorme révélation 2018 selon moi et mon objectivité) était passé sur Night Pro pour un show blindé et vraiment extra.
Revenons-en à nos moutons, je viens assister au live des hongrois de Mayberian Sanskülotts. Notre vision très française pourrait, au nom, nous faire penser à un groupe de ska révolutionnaire. Que nenni,… j’avais accroché avec l’écoute du titre Cesare’s Stray Sight (Especially You) et du clip lié :

Les Hongrois de Mayberian Sanskülotts – Cesare’s Stray Sight

Les concerts sur Night Pro sont relativement court (30 minutes max) et malheureusement pour la chanteuse Csordàs Zita (à tes souhaits) et ses musiciens, la régie a mal géré les branchements et les balances… au final, 10 minutes de retard sur le concert pour des problèmes techniques… Mayberian Sanskülotts met sa frustration de côté et nous délivre une musique rock ambiant assez nordique rappelant les danois d’Efterklang. Sur certains morceaux, on vire sur des envolées rock voir post-rock.

Mayberian Sanskülotts 2019
Mayberian Sanskülotts 2019

Pond : une référence de psyché-pop

Ma co-festivalière Célia m’a rejoint pendant le live des originaires de Budapest et on fonce direct à Pond sur la scène Adidas. On s’attendait à un gros attroupement… et bien on ne s’est pas loupé. Du coup, l’orga s’est un petit peu foirée.

Pond - Primavera Sound (2)
Pond – Nick Allbrook – Primavera Sound 2019

Explication : un peu plus tard dans la soirée, Tame Impala joue un concert avec le statut de tête d’affiche de la soirée… et Pond est composé de Nick Allbrook (ancien membre de Tame Impala et leader de Pond) mais également de Jay Watson et Joseph Ryan (membres actuels). D’ailleurs, régulièrement, les 2 groupes tournent ensemble. Ce fut le cas au Primavera, mais aussi à la Route du Rock à Saint-Malo cet été. Pond a certe, une réputation bien moins importante que Tame Impala… mais le festivalier catalan les avait déjà découvert en 2017 sur une main stage… Le live est toujours en écoute intégrale :

Live de Pond intégral au Primavera Sound 2017

Et pour finir l’explication… la scène Adidas n’a que très peu d’espace en termes de jauges de public potentiel… bref, on est un peu compressé, tassé (ce qui est très très rare au Primavera)… dommage pour profiter du live.
J’arrête le bureau des pleurs… le concert des co-champions de la pop-psyché enflamme le public dès le premier morceau Daisy. Les morceaux suivants sont du même acabit : l’excellent Sweep Me Off My Feet est initié à notre plus grand plaisir.

Nick Allbrook a toujours autant la bougeotte mais il est un peu plus habillé qu’en 2017. Le live est vraiment excellent… Pour les fans de Tame Impala (surtout de la première heure) qui ne connaîtraient pas, n’hésitez pas une seconde !

Pond - Primavera Sound (1)
Pond – Primavera Sound (1)

Un final avec le méga-super-titre Giant Tortoise (à la 10ème minute du lien vidéo au-dessus sur le live de 2017).

Le déchirement devant Just Mustard…

On est aux anges… mais on ne peut se reposer. Le concert de Kurt Vile and The Violators démarre à 19h40 sur la scène Pull&Bear.

Katie Ball (Just Mustard) - Primavera Sound -
Katie Ball (Just Mustard) – Primavera Sound –

Passage oblige par la scène Pitchfork, on s’arrête le temps de 3 morceaux pour le début du live de Just Mustard. Le groupe a été programmé quelques jours avant suite à l’annulation de la rappeuse Georgia Anne Muldrow (alors perso j’y gagne grave au change, …) Et je peux vous dire que les irlandais nous balancent du lourd. De vrais enfants spirituels de Slowdive… assez extra, assez shoegaze, … c’est horrible de devoir les quitter (je suis fan de Kurt Vile, je m’en serais voulu de le louper)

Allez, lecteur, un petit aperçu d’un groupe qui, si il passe près de chez toi… ne doit en aucun cas être loupé :

Petit aperçu des irlandais de Just Mustard – Deaf Primavera Sound 2019

C’est donc non sans une petite larme à l’œil que je délaisse les buveurs de Guiness pour rejoindre les petits génies folk-rock Kurt Vile & the Violators.

La somptuosité de Kurt Vile & The Violators :

Kurt Vile - @Caroline Vandekerckhove (2)
Kurt Vile – @Caroline Vandekerckhove (2)

Grand adepte du songwriter Kurt Vile, j’avais coché, en impératif, le live de l’ancien membre fondateur de The War On Drugs. Un véritable talent pour la composition, des textes à la mouvance très alternative, l’originaire de Philadelphie marque depuis quelques années de son aura le folk indé américain et international. Il a forgé sa réputation dans ce milieu indé grâce à ses 8 albums studios dont Lotta Sea Lice (2017) en binôme avec Courtney Barnett (bien que tout deux présents au Primavera Sound, nous n’aurons pas eu le bonheur de voir Courtney et Kurt partager la scène en simultanée). L’album Bottle It In apparaissait dans mon top 10 des albums 2018, mais j’inclurais Wakin On A Pretty Daze (2013) dans le top 3 de mes albums folks de toute mon existence de ma life…

Mais parlons du concert… A l’instar de son homologue musicien canadien Mac DeMarco, Kurt Vile a un petit penchant pour les boissons alcoolisés. Et à l’instar de son homologue canadien, Kurt Vile était dans un état des plus correct… tant mieux pour nous.

Kurt Vile - @Caroline Vandekerckhove (1)
Kurt Vile – @Caroline Vandekerckhove (1)

1 heure, c’est bien entendu très court, mais Kurt Vile et les Violeurs (ah… cette manie française de vouloir tout traduire… un nom de groupe mon foie, assez particulier quand même) nous ont concocté sur la Main Stage Pull&Bear un condensé de titres addictifs et percutants…

Et on démarre par Loading Zones du dernier album Bottle It In, les fans sont déjà aux anges, quelques têtes bougent au rythme musical… les néophytes sont plus mesurés. Kurt Vile enchaine sur les premiers accords de Jesus Fever, attaque sa guitare électro-acoustique au son très « désaccordé » comme à son habitude, devenant du nectar dans nos oreilles… qui s’avère finalement très raccord !

Kurt Vile – Primavera Sound 2019 – Bassackwards

On poursuit avec Bassackwards et Check Baby, morceaux de 2018… puis l’album Wakin on a Pretty Daze est mis à l’honneur (maaaaaaaiiiiiiiisss ouuuuuuuiiiii…) avec Girl Called Alex et sa rythmique guitaristique somptueuse… gardez-le pour vous… la vision et l’écoute de ce morceau au Primavera m’a fait ressortir, à mon retour en France, ma guitare folk que je n’avais pas retouché depuis 3 ans…

Girl Named Alex – Kurt Vile

Le philadelphien poursuit avec les standards Wakin on a Pretty Day (j’ai besoin de faire un dessin pour vous indiquer l’album ?) et Pretty Pimpin … bref le public est happy à l’écoute des standards de l’artiste.

Mais l’heure est prête à s’écouler, KV conclue cette belle parenthèse musicale par Wild Imagination de l’album Believe I’m goin down… morceau que je mets à un niveau similaire à Girl Called Alex, précité ci-dessus.

Wild Imagination Kurt Vile & the Violators

C’est beau, la voix de Kurt a ce timbre si particulier, les musiciens participent à la création de cet univers folk… On a retenu notre respiration, on peut re-expiré… et juste être heureux d’être présent !

DMBK : Diabolo Manzana Banana Kiwi ou Derby Motoreta’s Burrito Kachimba ?

On ressort de nos émotions folk-indé pour retourner sur la scène Ray-Ban et découvrir (pour ma part) le groupe Derby Motoreta’s Burrito Kachimba (enfin de son petit nom DMBK). L’écoute d’album ne m’avait vraiment, mais alors vraiment vraiment pas emballé… un (hard) rock espagnol un peu trop chantant à mon goût… mais vu qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis… j’avoue que mon opinion s’est fortement rehaussé au cours de leur show.

Derby Motoreta’s Burrito Kachimba – Primavera Sound 2019

Le chanteur Dandy Piranha et l’un de ses guitaristes Gringo (je vous promets que c’est vrai… il s’appelle Gringo) portent un amour pour les pantalons bien moulants… mais ils ont aussi le don d’enflammer le public avec leur musique et leur show dantesque à mi-chemin entre Wolfmother et King Lizzard… Le live est pêchu, larsenisé, bon il chante espagnol, mais quel show !!!

Jawbreaker : Retour vers le futur du subjonctif

Les équipes de copaings se séparent comme cela arrive souvent au Primavera… une dernière bière trinquée, le planning de retrouvaille acté : mes collègues allant voir Carly Rae Jepsen, je file voir Jawbreaker pour ma part.

Jawbreaker -Primavera Sound @ChristianBertrand
Jawbreaker -Primavera Sound @ChristianBertrand

Le punk rock garage émo des américains fait le taf. Le trio a écumé les salles de concert et les festivals de rock entre 1988 et 1996, année de scission du groupe… Jawbreaker s’est reformé en 2017 après 11 ans de pause pendant lequel le trio a continué les projets parallèles.

Le groupe a une réputation toujours assez confidentielle… perso, je n’ai jamais trop suivi. Pour ceux qui le souhaitent, live en intégralité ci-dessous :

Jawbreaker – Primavera Sound 2019

Pour démarrer les hostilités, The Boat Dreams From the Hill, essoufflement garantie, shoegazing du public (enfin cheveux dans le vent, coucher de soleil au loin). Quelques minutes de présence devant la scène Primavera, suffisent à comprendre que certains festivaliers sont venus au festival (essentiellement) pour la venue des New-Yorkais (alors ça reste du garage californien selon mes critères quand même).

Blake Schwarzenbach et ses compères Adam Pfahler et Chris Bauermeister nous ont sélectionné une playlist best-of mêlant leur 4 albums studios dont le très bon 24 Hours Revenge Therapy sur lequel nous avons pu nous délecter (en plus du morceau d’ouverture) avec les titres Condition Oakland, Ache, Jinx Removing

Jawbreaker - Primavera Sound 2019
Jawbreaker – Primavera Sound 2019

Petit coup de cœur perso quand les ke-pun (prononcez [ Queue-Pont ], c’est le verland de punk) joue Accident Prone (du dernier album Dear You) aux influences très grunge (à 44:28, dans la vidéo ci-dessus).

Le live est finalement passé à toute vitesse, c’est un genre musical qui n’est pas trop trop ma came, que j’écoute agréablement… mais le talent ne se refuse pas et Jawbreaker en avait à revendre.

CHAIles pinky-sushi !

Je vous l’ai expliqué maintes et maintes fois, les Primavera Sound donnent lieu à une préparation méticuleuse en termes de programmation… et concernant CHAI… j’avais catégorisé ce groupe en mode : ça peut l’effectuer… ou ça peut être un véritable carnage…

Chai - Primavera Sound @SharonLopez
Chai – Primavera Sound @SharonLopez

Ce fut une tuerie. Les 4 nanas de CHAI nous ont fichu un de ses shows complètement sur-vitaminés… du grand n’importe-nawak ! En bref, un girls band rock jap, des morceaux courts et efficaces… niveau vestimentaire, très simple : c’est un peu les gilets roses, (enfin elles sont en combinaisons complètement roses), mais pas de mouvement de contestation chez les japonaises de CHAI… plutôt une joie communicative, de la couleur, des sourires, des danses… euh… minimalistes que vous pouvez apprendre facilement je veux dire.

Quelques pépites parmi tous ses morceaux :

  • Une reprise de Great Dj de The Ting Tings
  • E.O., aux tendances très punk
  • Le morceau CHOOSE GO sur lequel l’influence des brésiliennes de CSS est très marquée.
CHAI – Primavera Sound 2019

C’est punk, c’est rock… Mana (chanteuse-claviériste) et Kana (claviériste-guitariste) jumelles à l’initiative du groupe, Yuuki (basse) et Yuna (batterie) sont également dans l’auto-dérision. C’est bluffant attachant et je me répète mais supra-communicatif !

Les retrouvailles avec mes collègues faites devant ce concert, on reste halluciné par la vibes des 4 japonaises… On adhère et on adore !

Conclusion : Le leitmotiv de Julie et Célia mes cops de festoches pendant tout le reste du festival : « si ça vient du Japon : on y va ! ». Bon c’est pas faux, c’était cool et a permis de nous mettre en orbite pour bien démarrer notre 2ème Primavera night!

CHAI pour information est au programme du Pitchfork Festival sur Paris le 1er novembre prochain.

Pause technique, ravitaillement… et direction Scène Pitchfork d’ailleurs !

Aldous Harding : la claque folk !

Mon épouse ne sera pas heureuse… mais j’ai eu un véritable coup de foudre sur le live d’Aldous Harding (t’inquiète pas chaton… je parle d’un coup de foudre musical). La beauté des morceaux, la qualité sonore proposée, un public fantastique très silencieux et admiratif créant une ambiance de petite salle… devant pas loin de 5.000 personnes.

Aldous Harding - Nos Primavera Sound 2019 - @Luis Sousa
Aldous Harding – Nos Primavera Sound 2019 – @Luis Sousa

Notre ami Alberto nous vendait le live d’Aldous Harding depuis 2 jours maintenant… je m’étais tâté à aller voir la songwriteuse au Stereolux à Nantes quelques jours avant… et quelle claque… auquel s’ajoute un petit frisson dans le dos qui remonte dans la nuque ! Rien que d’y penser, j’en suis encore abasourdi.

Aldous Harding - Nos Primavera Sound 2019 - @Rita Carmo (1)
Aldous Harding – Nos Primavera Sound 2019 – @Rita Carmo

Ses musiciens sont pertinents, très calmes, créant un demi-cercle autour de la néo-zélandaise Hannah Harding, aux mimiques de visage si particulières à la limite du convulsif et de l’expérience mystique.
La musique est apaisante, belle, douce et chargée d’émotion. L’heure tardive du live n’aurait pas dû cadrer avec cette tendance musicale très posée… mais les festivaliers français que nous sommes se sont fait littéralement happer. Je ne vais pas remettre toute la playlist jouée ce soir… mais après le coup de foudre du concert, je vous mentionnerai le coup de cœur sur 2 morceaux :

  • Imagining My Man de l’album Party sorti en 2017. Plus que des mots… je vous laisse l’écouter.
Aldous Harding – Imagining My Man
  • Un final aux petits oignons sur le morceau The Barrel, titre phare de dernier album Designer (2019)… et puis plus que des mots… un moment magique :
Aldous Harding – The Barrel

Le concert se clôture, je m’étais promis d’être pro-actif sur l’écoute de l’album… et… promesse finalement tenue !

Amyl & The Sniffers - Primavera Sound - Jonathan LESAGE
Amyl & The Sniffers – Primavera Sound – Jonathan LESAGE

Voir CHAI, puis Aldous Harving puis Amyl and the Sniffers… je pense que je dois avoir une passion pour les montagnes russes en termes de rythmiques. Oublié la folk, oublié les japonaises tout droit sorti d’un manga, on revient à de la punk agressive, des morceaux de 1 minute 30. Amy est à donf… et est habillée ras-la-… euh… assez court car elle ne joue pas d’instruments musicaux de type guitare ou harpe et qu’elle aime bien avoir une certaine liberté de mouvement lui permettant d’entrer en communion avec le public (tain ! je m’en sors bien, j’ai failli me faire défoncer par mon rédac-chef).

Amyl and the Sniffers - Primavera Sound 2019
Amyl and the Sniffers – Primavera Sound 2019

Revenons-en à nos moutons-punks décomplexés. Un peu comme pour POND… mauvais choix de programmation d’installer Amyl and the Sniffers sur la scène Adidas, c’est littéralement blindé ! Je vous laisserai prendre connaissance du live report du dimanche à l’Apolo (car oui, j’aurais vu 2 fois Amy dans la semaine des Primavera). Je vais donc synthétiser par quelques mots clés : Kétamine, roulade avant et roulade arrière, pogo, combustion intérieure sur les enchaînements de morceaux wok’n’woll, (signe avec la main droite d’auriculaire levé, annulaire et majeur baissé et index levé… en beuglant yoooooouohhhhhooouuu ou yeeeeeeeeeeeeeeeeeeaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhh men ou I ‘M NOT A LOOOOOOOOOSER (c’est l’un des titres). Si vous n’avez à regarder qu’une seule vidéo dans cet article c’est celle-là :

Amyl and the Sniffers – I’m Not A Loser

On kiffe, on reste jusqu’au bout et en fait, on surkiffe (même qu’on loupe le début du live des autres australiens Tame Impala)!

Du coup, je rajoute quelques mots-clés pour les recherches Google ou plutôt des hashtag: #Immanquable, #Sur-oxygéné, #Punk-rock-défonce-tout, #transpi, #pogo, #attention-à-la-fringale, #Iloveleskangourousetl’Australiequiestunpaysavecunescènerockquidéchiretout.

Concert fini = ravito… puis on file à Tame Impala !

Tame impala : ils font le taf… et ils le font bien !

Les australiens de Pond plus tôt dans la journée nous avait proposé un concert ++, on attendait comme des milliers (dizaine de milliers même) avec impatience la prestation de Tame Impala

Tame Impala - Primavera Sound (1)
Tame Impala – Primavera Sound (1)

Comme à leur habitude, le show est professionnel et maîtrisé. J’ai déjà eu l’occasion de les voir au Parc Del Forum en 2013 et en 2016… donc tous les 3 ans et vu que jamais 2 sans 3. Je m’engouffre dans la foule avec mes co-festivaliers pour assister à un live qui, cela devient une habitude avec eux, a une acoustique parfaite.

Tame Impala - Primavera Sound (2)
Tame Impala – Primavera Sound (2)

La population est relativement anglo-saxonne (tout du moins à l’endroit où nous sommes). Le public chante à tue-tête et par cœur le répertoire de Tame Impala. Visuellement c’est également parfait, les jeux de lumière et les projections psychédéliques créent une ambiance propice à un voyage de près d’1h30. Le dernier album Currents est joué principalement (8 morceaux sur les 15 titres présentés ce soir), avec un démarrage de live avec l’effervescence du tub planétaire Let It Happen (qu’on loupe en partie de notre dépendance à Amyl and the Sniffers).

Tame Impala – Let It Happen

Le public reprend en cœur les « Evennnnnttttuuuuuaaaaaaalllllllyyyyyy, la-la-laaaa-laaaaa-la-la-la-la du morceau éponyme Eventually. Petit aparté, ce morceau me ramène 3 ans en arrière, avec une coupure son / lumière de 2/3 minutes en plein milieu de celui-ci… Tame Impala, non décontenancé, avait repris à la micro-seconde prêt sous les applaudissements des festivaliers.

La bande de Kevin Parker enchaîne également les morceaux The Moment à la rythmique clavier et batterie entêtante, The Less I know the better au riff de guitare faisant danser les festivaliers et la douce psyché de Nangs.

Les autres albums ne sont laissés en reste, notamment Lonerism (qui est un peu dans mes albums préférés du groupe…InnerSpeaker est une véritable tuerie… Currents est, selon moi, un peu trop pop – radio bien que très très bon) avec les génialissimes Apocalypse Dreams, Mind Mischief et le rock Elephant (oui, oui… c’est bien la musique de pub Blackberry, mais concentrez-vous plutôt sur la qualité du morceau et cette ligne de basse transcendante).

Tame Impala – Elephant

Nous avons la chance d’écouter en live Borderline (nouveau single sorti sur 2019) puis Why Won’t You Make Up Your Mind ? est entonné… je pars en cahouète, danse incontrôlée, mouvement de tête dans le rythme, les anglos-saxons présents à nos côtés deviennent nos amis.

Tame Impala – Why Won’t You Make Up Your Mind ?

Final assez pausé avec Feel Like We Only Go Backwards et New Person, Same old Mistakes. Tame Impala est venu en tête d’affiche du festival… et ils ont répondu à l’appel ! Les Australiens sont perfectionniste, mais franchement ce qu’ils sont bons sur scène ! En un mot, un seul : wahou !

Primavera Bits… passage du côté obscur !

Atmosphere-Primavera-Sound-@AlbaRuperez-ConvertImage
Atmosphere-Primavera-Sound-@AlbaRuperez-ConvertImage

Nous reprenons nos esprits… il est l’heure… l’heure du passage du côté obscur. Cette fois-ci, on file et on reste toute la fin de nuit sur Primavera Bits. Avec un enchainement de dj… absolument de ouf… c’est qualitatif et quantitatif :

Overmono dj set, ça démarre fort !

On rejoint la scène Desperado Cube (rappelez-vous, c’est la scène électro à 360°), pour commencer à dandiner sous les beats d’Overmono. Un set assez spécifique, pointu mais vraiment très bon, donné par les Frères Russell. Une ambiance bass music, limite Rave londonienne. On ne voit que la fin malheureusement, mais on ne peut pas être partout.

Joy Orbison… ça continue fort ! 

Sans presque s’en apercevoir, Overmono est remplacé par Joy Orbison. Près de 10 ans de notoriété suite à la sortie de Hyph Mngo, Joy Orbison est pour notre plus grand plaisir présent pour un show au Primavera Sound. Le genre est assez similaire à celui d’Overmono, d’où une continuité presque passée inaperçue. Electronica, bass music et influences dubstep très marquées, nous permettent de nous évader complètement. Un petit Gin Tonic dans une main (oui, on a le droit de faire un petit écart aux bières Heineken à 2%), la foule se masse autour du Dj Londonien avec l’arrivée tardive de festivaliers qui entrent dans la zone Primavera Bits.

Atmosphere-Primavera Sound - @sergioalbert
Atmosphere-Primavera Sound – @sergioalbert

La nuit continue, et même qu’on est pas fatigué,… et qu’on veut pas que cela s’arrête. On arrive pile au moment de la soirée, où l’on fait les calculs :

Ils nous restent 2h-3h de musique électro, autrement dit, nous avons de quoi profiter… mais en même temps, la musique étant tellement de qualité, le temps file à une vitesse impressionnante.

Helena Hauff : l’Hambourgeoise reine de l’acid-wave-techno!

Perso, je suis absolument fan d’Helena Hauff, productrice et dj allemande. Je décrierai ses créations avec le mot « sombre ». Ambiance pesante, bass et drums pesantes, on se sent dérangé pendant toute la durée de son set… je me répète un peu, mais imaginez vous dans une friche industrielle paumée, ou un blockhaus pas haut de plafond avec des néons qui grésillent, et vu que vous aimez ce genre d’endroit en vacances, vous mettez 110 décibels de set de Helena Hauff… et vous comprenez mieux l’effet Club Med.

Helena Hauff au Primavera Sound 2019 (à Porto)

L’album Discreet Desires (2015) est selon moi toujours, un album culte. Habituée des festivals, son son spécifique entre techno et acid-wave fait mouche. Festivaliers et moi-même sont aux anges, C’est parfait !

Agoria, un final les pieds dans le sable !

Le live d’Helena Hauff fini, nous nous dirigeons vers la scène Lotus. Particularité de cette scène, on est sur la plage, la mer n’est pas loin… et puis il est 5h du matin. Le soleil ne va pas tarder à faire son apparition.

Mais tout d’abord, nous avons encore une heure de live d’Agoria qui fait parti des artistes ayant l’honneur de boucler cette journée du vendredi. Agoria est égal à lui-même. La sortie récente de son album Drift en avril 2019 (premier album depuis 8 ans…) est l’occasion pour le frenchy de faire quelques dates cette année. Un live maitrisé, dansant, et finalement bien plus techno que Drift à l’écoute assez pop.

Agoria – Primavera Sound – Vidéo d’une ambiance de ouf!

Une heure de live avec un soleil qui pointe le bout de son nez… l’endroit est magique… on a un peu de sable dans les chaussures, on a quelques festivaliers complètement perché à nos côtés (oui… un jeune homme a bien creusé un trou dans le sable, s’est entouré de 7 gobelets plastiques et a mis le feu au papier journal qu’il a intégré dans chacun des verres…. C’est bien bizarre, on s’éloigne de 2-3 mètres mais on se marre quand même)

Live d’Agoria

Un 2ème nuit se clôture à Barcelone. Heure pour nous de retraverser le site du festival et de retourner dans nos pénates : Festoche – Métro – Dodo ! A très vite pour la Part 3!

John O'Cube

Sous ses airs de traders aux combines maladroites, John est fasciné depuis son plus jeune âge par la musique. Brillant titulaire d'un fichier excel récapitulant l'ensemble des concerts vu depuis le début de sa vie étudiante, il cherche désormais la renommée en additionnant son record de présence en live devant Mogwai ou Deerhunter ou divers groupe folk, rock, pop, indé,... Malheureusement, malgré une énergie débordante, on le perd souvent à l'heure de l'électro... ne vous méprenez pas, il ne commence pas à rédiger des articles pour la firme Weirdsound, il est plutôt perdu au 5 ou 6ème rang d'un scène électro douteuse, lunette de soleil sur le nez car "l'électro s'écoute mieux avec des lunettes de soleil".
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