Last Train à Terre du Son - Crédit photo Weirdsound.net

Terres du Son, une liesse musicale

ours solairePosté par

Chaque été, le grand dilemme est de choisir le meilleur festival parmi les 1425 recensés en France. Je souhaitais en faire un que je n’avais pas encore fait, se voulant familial, avec une bonne programmation, pas excessivement cher, éco-responsable et dans un rayon de 300 kilomètres de Nantes (oula !! avec tous ces critères, ça me donne l’idée de lancer un site de comparateur de festivals comme pour chercher un hôtel, n’allez pas me piquer le concept). J’appelle une amie pour prendre de ses nouvelles et lui exprime mon souhait. Du tac au tac, elle me répond : “Eh bien va au festival Terre du Son à Mont !” BANCO !!!

Me voici sur la route pour le festival Terres du Son. Je fais un léger détour par Tours pour récupérer cette fameuse amie, je vous la présente… Lonella travaille pour le festival No Logo et va à Terres du Son pour promouvoir son festival ( Les 9-10 et 11 août à Fraisans pour les intéressés). Bref, nous arrivons dans la petite commune de Mont dont la population est multipliée par 9 (disons 10 pour arrondir) le temps d’un week-end. Une fois sur place, le festival n’est pas encore ouvert, nous en profitons pour découvrir le site. Pendant que l’artiste Angèle fait ses balances, nous mangeons à un stand (oui déjà !). Sur place, les festivaliers vont avoir le choix puisque 4 scènes sont installées, voir 5 si l’on compte le coin chill, ambiance plage et tropiques. On se dirige à l’espace presse pour siroter une grenadine et préparer notre première interview du week-end avec Last Train. Une interview que l’on a adorée et qui est à découvrir ici.

Les portes sont ouvertes au public. Le festival prend vie très rapidement car des centaines de festivaliers étaient déjà aux avants postes des grilles. Des cendriers portatifs sont distribués et le soleil se fait sentir. 13 artistes sont attendus pour ce premier soir.

Last Train à Terre du Son
Last Train à Terres du Son

LAST TRAIN AU SUMMUM

C’est l’un des groupes qui m’a motivé à venir. J’observe le quatuor situé à l’arrière scène, qui se prépare à ouvrir le festival sur la scène Ginkgo. Il reste de la place autour de moi car les festivaliers commencent seulement à arriver. Les premiers accords de guitare sont balancés et les fans de la première heure sont positionnés au-devant de la scène. La disposition est classique avec le bassiste à gauche, le guitariste à droite, la batterie au fond et au centre le chanteur, Jean-Noël, guitare à la main. J’ai peur d’être déçu car mon souvenir de 2016 au festival Rolling Saône était digne d’un “coup de cœur musical”. Mais n’allez pas dire cela aux lyonnais d’adoption qui ont fait les premières parties de Johnny Hallyday, Muse ou encore Placebo. Aujourd’hui ils n’ont plus besoin de cela et se retrouvent en haut de l’affiche.
La voix rauque portée par Jean-Noël nous emporte directement dans leur univers et la rythmique au son des guitares nous oblige à danser. Mieux ! La tête vacille lorsque Antoine donne de la puissance sur sa batterie (Il cassera 5 baguettes en 1h30 puis les jettera dans le public) nous laissant oublier qu’un torticolis peut très vite nous briser la nuque. Pas grave, c’est tellement bon ! Les titres s’enchaînent et le groupe transmet une incroyable énergie à la foule. On ressent également une profonde amitié entre les membre qui ne cessent de se jeter des regards, des sourires et de se rapprocher pour s’affronter avec d’un côté une Gibson et de l’autre une Gretsch. Qu’importe le gagnant, chacun offre une prestation de qualité avec un riff très rock, parfois aussi très rebelle, où l’on pourrait s’imaginer que Last Train vient tout droit de Manchester, avec sa culture musicale renommée. Lors de ce live, ils joueront leurs nouveaux morceaux qui sortiront le 13 septembre dans le prochain album “The Big Picture”.

Le concert est sur le point de se terminer mais Last Train semble ne pas avoir tout donné à son public. Les voilà possédés comme jamais. En sueur, face au soleil couchant, la batterie tape dans mes tympans pendant que Julien, le guitariste, renverse un ampli au sol puis en jette un second. On ne peut plus l’arrêter. Le bassiste saute partout alors que le batteur se déchaîne sur ses caissons. Jean-Noël use ses cordes vocales lors de ses derniers mots puis jette le micro au sol. Tous sont épuisés alors que Julien donne le dernier coup de guitare avant de la jeter au sol. Le public exulte pendant que le quatuor se relève pour s’enlacer, s’embrasser et saluer face à une foule plus que comblée et qui en redemande.

INTERVIEW : Last Train… L’avenir du rock français !

Last Train a vraiment évolué depuis la dernière fois que je les ai vus en 2016. Grandis en maturité, généreux en sonorité et décomplexés à les aimer ! Il est là le bon rock, c’est la relève et il a de beaux jours devant lui grâce à ce groupe qui deviendra légendaire.

Sitôt le concert terminé, il faut reprendre ses esprits. Je me précipite à l’espace presse car Sara Zinger m’attend pour une interview. Ouf, je suis pile à l’heure et voilà encore un échange passionnant dans lequel elle nous révèle de beaux secrets sur sa musique et son avenir… Mais je n’en dis pas plus car l’interview est à retrouver ici !

La nuit est tombée sur le festival, je suis à l’arrière-scène quand je vois deux minibus arriver à toute vitesse. C’est l’artiste Angèle qui fait son apparition accompagnée de ses danseuses. Une semaine avant, je vous parlais de son concert aux Eurockéennes de Belfort où l’hystérie avait pris le dessus. Ici, à Terres du Son, l’espace est suffisant pour que le public puisse apprécier le spectacle. Parents et enfants reprennent en chœur toutes les paroles de la jeune chanteuse belge et le succès est au rendez-vous. Pas de grand suspens de ce côté, la machine est bien rôdée. De mon côté j’en profite pour boire une bière et je me prépare au concert de Kompromat. Un show lumière de qualité avec un public qui ne cesse de s’exclamer face à l’artiste. Le festival s’est transformé en boite de nuit géante, c’est de la pure folie.

Kompromat à Terres du Son

SARA ZINGER S’ENVOLE

J’arrive en avance à la scène Chapit’ô sur laquelle va se produire dans quelques instants la jeune DJ et productrice Sara Zinger. D’ailleurs cette dernière est déjà présente pour installer ses machines. Des membres du public la félicitent déjà. Elle prend même le temps d’aller faire des photos avec eux en toute décontraction. Tellement rare de nos jours de voir cela avant les concerts qu’il faut le souligner. Les BPM sont lâchés et plus rapide qu’un V12, la foule danse en moins de 0,2 seconde. Le chapiteau est déjà rempli et Sara Zinger s’empare de son micro, se dirige au-devant de la scène, se penche et sa voix douce assure le live. Elle danse sur scène tout en faisant des allers/retours derrière ses machines. Ce n’est pas un live uniquement mais un véritable show. L’artiste joue avec son public et mettra tout le monde d’accord avec son magnifique cover de Pink FloydAnother Brick in the wall”. Je ne me lasse décidément pas de ce morceau. Le meilleur cover que j’ai pu entendre ses dernières années. C’est elle qui clôturera le premier soir du festival Terres du Son.

Sara Zinger
Sara Zinger

JOUR 2 – SOLEIL & COCKTAILS

Il fait toujours aussi chaud sur les terres du festival. Chacun y cherche fraîcheur et ombre. Dès 11h l’écovillage ouvre ses portes et c’est le moment pour moi de vous parler du festival dans son ensemble. Je me dois de souligner le fait que Terres du Son ne fait pas de Greenwashing mais est très engagé sur la question de l’écologie. J’ai dû me donner du mal pour trouver un mégot de cigarette au sol. Il y a sur le site tout ce qu’il faut pour trier, être sensibilisé et ne rien jeter pour respecter notre bonne vieille planète. Sur ce sujet je tire mon chapeau au festival (et aux festivaliers) qui a réussi son pari. Je dirais même que ça doit être un cas d’école et que les grands festivals devraient s’en inspirer. En plus de traiter de l’écologie, le festival s’engage sur de multiples sujets tels que les armes nucléaires, l’agriculture paysanne, la castration des porcs ou encore le harcèlement de rue et le racisme. Je suis ressorti du festival avec l’envie de changer mon regard, mon quotidien et même le monde. (Oui je m’emporte car je ne suis qu’un petit pion)

INTERVIEW : Sara Zinger, artiste aux multiples talents

Depuis que je vous écris ces mots, le festival a ouvert ses grilles pour le deuxième jour. On commence cette journée avec l’interview de Chevalien dont je vous parlerai un peu plus bas. Probablement l’interview la plus sincère et profonde que j’ai eue avec le groupe depuis que je réalise ce job. Puis, on fait une halte au concert de Lou Doillon ; l’artiste semble brûlée par le soleil (le visage était très très -trop- rouge). Le public, plutôt âgé par rapport à la moyenne, m’a plongé dans les concerts d’une autre époque. Vous savez, ceux où l’on crie des phrases un peu dépassées. Peu importe, l’ambiance est là et le show est assuré par Lou Doillon mais également par ses musiciens au looks extravertis qui apportent du fun à cette musique portée par la tristesse.

Lou Doillon à Terre du Son
Lou Doillon à Terres du Son
Balthazar à Terre du Son
Balthazar à Terres du Son

S’ensuivent les groupes Balthazar et Rendez-Vous. Ce n’est pas spécialement ma came mais chacun défend tellement bien sa musique que l’on se laisse emporter dans leurs univers respectifs. A 21h40, Gringe entre en scène, le public l’attendait. C’est difficile pour moi de vous en parler car c’est la quatrième fois que je le vois cette année… J’ai l’impression de me répéter. Ce qui est sûr, c’est qu’il assure toujours autant, qu’il joue encore plus avec son public (au risque de blesser les plus petits lors de pogos), et que ses textes sont un succès populaire. La différence que j’ai pu constater depuis ses premières dates, c’est qu’il commence à fatiguer. La tournée ne doit pas être facile et il n’hésite pas à le confier au public entre deux morceaux. Il doit avoir hâte d’être quelques jours en vacances. Mais ce ne sera pas pour maintenant car il a d’autres dates prévues… (Oui je vais le voir une 5e fois dans 2 semaines, ce n’est qu’un hasard de calendrier)

Gringe à Terre du Son
Gringe à Terres du Son

Sur la scène Ginkgo il y a ébullition alors que les techniciens sont encore en train d’installer le matériel. Dès qu’une personne fait son apparition, le public crie. Dès qu’un journaliste prend une photo, le public crie. Et dès que Vald arrive, le public HURLE à l’hystérie. La foule est compacte et le rappeur balance son flow tout en faisant des vas et viens sur scène. C’est une cohue incroyable au sein des journalistes… J’ai décidé de ne pas dire aurevoir et de changer de scène.

Direction la scène Propul’Son où Chevalien se produit. Le jeune Tourangeau produit sa propre musique qu’il est difficile, voire impossible de cataloguer (et c’est tant mieux). Juste pour vous faire une idée, je vous donne ma vision… Il produit de la musique rock métal aux paroles rappées. On retrouve sur scène le guitariste à gauche, la batteuse au fond et des percussions sur le côté. Le chanteur, lui, jongle entre les percussions et le micro qu’il a entre ses mains. Il crache ses textes face au public avec un pied posé sur le caisson de devant et créera très vite un pogo métalleux. D’ailleurs le public est très rock/métal alors qu’il pourrait également être très rap/hip-hop. Probablement car Vald joue au même moment sur une autre scène. Le chanteur s’en amuse même et le confie à la foule. Ce n’est pas bien grave puisque sa musique attirera plus d’une personne de passage. A l’écouter, l’artiste nous crie dans l’oreille tout ce qu’il pense et ressent. On a envie de le crier encore plus fort avec lui et d’y lâcher une vie pour mieux faire entendre son message. Il y a une vrai complicité entre les membres du groupe et aucun cinéma. Finalement, la sincérité et l’humanisme que j’ai découverts lors de l’interview, je la ressens pendant leur live. C’est pour moi la découverte du festival. Je dirais même que c’est LE coup de cœur de Terres du Son. Un genre musical qui vient perturber les mœurs et l’industrie. J’ai vraiment l’impression que Chevalien est précurseur dans sa musique et que certains ne sont pas prêts à écouter ou à aimer par peur de bouleverser leurs goûts musicaux. Personnellement, à l’heure où l’on catalogue tout, où l’industrie formate la musique, je suis ravi de découvrir un artiste comme Chevalien, qui prend des risques, qui ne se refuse rien et n’a pas peur de l’échec. Il faut le soutenir car ce sont des gars comme eux qui inventent la musique de demain.

Chevalien à Terre du Son
Chevalien à Terres du Son
Chevalien au festival Terre du Son
Chevalien au festival Terres du Son

Grâce à Chevalien, je termine le festival sur une excellente note. Malheureusement, je ne peux pas rester pour le dernier soir car j’ai des obligations. Je quitte donc le festival. A la sortie, j’ai le droit au traditionnel contrôle de police (c’est passé crème et j’ai même offert le cd officiel du festival à l’un des gendarmes tellement ils étaient cools) ! Sur le trajet, je me remémore le festival et je suis conscient que l’organisation a fait un travail remarquable pour offrir un tel moment d’évasion.

Avec l’aide de près de 1000 bénévoles indispensables et la présence de 40 000 festivaliers éco-responsables, l’association porteuse du projet (L’ASSO) a pu relever le défi d’organiser, les 12, 13 et 14 juillet derniers, trois jours de spectacles profondément vivants, d’échanges et de partages, dans ce cadre à taille humaine. A Terres du Son, l’écologie est une fête, et la bienveillance, une évidence. Rendez-vous l’année prochaine, les 10.11.12 juillet 2020 au Domaine de Candé à Monts (37).

ours solaire

Prisonnier entre les kicks et les gros drops, GuittWall se dit spécialisé dans les musiques techno, electro et l'univers underground. En réalité, son ego cache son admiration envers Mireille Mathieu, sa première source d'inspiration.
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